Fin juin, le Premier ministre indien Narendra Modi est rentré chez lui après une visite aux États-Unis en grande pompe rappelant une visite d'État de haut niveau. Une déclaration commune a décrit les deux pays comme étant « parmi les partenaires les plus proches au monde ». La déclaration réitère également l'engagement des deux pays envers le groupe maritime de quatre membres connu sous le nom de « Quad », qui a « ouvert la voie à une collaboration plus forte dans la région indo-pacifique ».
Deux semaines après son retour, Modi a présidé le 23e sommet (virtuel) de l'Organisation de coopération de Shanghai, qui compte parmi ses membres la Chine, la Russie, l'Iran, l'Inde, le Pakistan et quatre républiques d'Asie centrale. Les critiques y ont vu un conclave anti-occidental, tandis que le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, l'a qualifié de « modèle fondamentalement nouveau d'intégration géopolitique ». La Russie et la Chine ont toutes deux sévèrement critiqué le Quad.
Quelle est la place de l'Inde ? Un éminent écrivain indien a déclaré que « la montée en puissance de la Chine [...] a fait d'un partenariat solide entre l'Inde et les États-Unis une véritable nécessité », tandis qu'un observateur américain a noté « l'espoir illusoire de Washington » que l'Inde pourrait être tentée de renoncer à son autonomie stratégique en faveur d'une alliance avec l'Occident. Le ministre indien des Affaires extérieures, S. Jaishankar, s'est fermement engagé dans la discussion en soulignant que l'Inde « ne peut pas être engagée dans des relations exclusives ».

