Une théorie prédominante sur la position de l'Iran envers le Plan d'action global conjoint (PAGC), ou accord nucléaire, veut que le régime de Téhéran cherche désespérément une reprise de l'accord.
Cet argument est étayé par les difficultés financières du régime et les pressions importantes auxquelles il se trouve confronté à l'intérieur du pays. Lorsque l'ancienne administration Trump a commencé à imposer des sanctions au régime après son retrait de l'accord, en 2018, les dirigeants iraniens ont été confrontés à deux soulèvements majeurs dans leur pays. Le régime est aujourd'hui en faillite à la fois sur le plan politique et économique, et Téhéran a de plus en plus de mal à maintenir le financement de ses milices et de ses forces, à l'intérieur comme à l'extérieur du pays.
Les mollahs au pouvoir font également face à l'un des pires déficits budgétaires des quatre décennies, depuis qu'ils ont pris le pouvoir. Ce déficit augmentera l'inflation et dévaluera la monnaie encore plus.
En conséquence, la relance de l'accord nucléaire lèverait les sanctions américaines primaires et secondaires sur les secteurs énergétique, bancaire et pétrolier de l'Iran. Avec un retour à l'accord, le régime de Téhéran verrait en outre des milliards de dollars renflouer son Trésor, tandis que le commerce avec l'Union européenne et les investissements occidentaux augmenteraient dans le pays.
Et si le régime n'était plus intéressé par l’accord nucléaire? En réalité, les actions et les politiques de l'Iran laissent entendre qu’il n’en veut pas. Sous l'administration Rohani et après l'entrée en fonction de l’équipe de Joe Biden, les dirigeants iraniens ont continué à créer des obstacles, refusant de rejoindre l'accord et empêchant efficacement sa reprise.
Dès le départ, le gouvernement de Biden a clairement indiqué aux dirigeants que les États-Unis souhaitaient revenir à l'accord nucléaire. Il a même annoncé qu'ils lèveraient toutes les sanctions liées à l'accord imposées par l'administration Trump.
Il aurait été aisé pour le régime de revenir à la pleine conformité et de rejoindre sans délai l'accord nucléaire. Mais il a fait traîner les pourparlers pendant six sessions et les dirigeants iraniens ont continué à exiger des concessions supplémentaires de l'Occident.
Le régime a également intensifié ses menaces nucléaires et accru ses tentatives pour extorquer des concessions plus importantes à l'administration Biden, comme il l'avait fait avec l'administration Obama. L'ancien ministre iranien des Affaires étrangères Djavad Zarif a admis lors d'un forum organisé par le Conseil des relations étrangères de New York qu'il ne voulait pas de l'accord nucléaire de 2015, mais qu’il préférait un nouvel accord. «Ne pas essayer de renégocier ce qui a déjà été négocié est une preuve de bonne foi», a-t-il affirmé, ajoutant dans le même discours que les États-Unis devaient «compenser nos pertes». La plus haute instance judiciaire iranienne avait déjà exigé que Washington verse 130 milliards de dollars (1 dollar = 0,86 euro) de «dommages et intérêts».
Les dirigeants iraniens ont exigé par ailleurs que les États-Unis lèvent les autres sanctions non nucléaires imposées par l'ancienne administration américaine sur les violations des droits humains ou sur les activités terroristes de l'Iran. L'administration Biden a accepté de lever de nombreuses restrictions, dont certaines n'étaient pas liées au programme nucléaire, mais Téhéran en voulait davantage. L’important négociateur iranien Abbas Araghtchi en est convenu: « L'information qui nous a été transmise du côté américain est qu'ils se préoccupent beaucoup de l'accord nucléaire et qu'ils ont jusqu'à présent déclaré qu'ils étaient prêts à lever une grande partie de leurs sanctions. Mais ce n'est pas suffisant pour nous. Par conséquent, les discussions se poursuivront jusqu'à ce que nous obtenions toutes nos demandes.»

