Le régime iranien fait de plus en plus appel à une nouvelle forme de terrorisme: la cyberguerre. La communauté internationale, notamment les puissances occidentales, ne doit pas sous-estimer cet outil.
Dans certains cas, la guerre informatique peut se révéler plus dévastatrice que les opérations militaires. Elle risque en effet de perturber ou de contrôler l'infrastructure d'un pays. Cet outil peut s'attaquer aux services publics, aux hôpitaux, aux transports, à Internet, aux institutions municipales ou gouvernementales, voire au secteur de l'énergie. Il peut également servir à pirater les informations privées des citoyens, mais aussi à contrôler les missiles, les drones et les services de renseignement des pays.
Nombreux sont les dirigeants qui ont dénoncé les méfaits grandissants de cette menace des temps modernes. Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, a tiré la sonnette d'alarme l'année dernière: selon lui, les cyberattaques «s'avèrent aussi néfastes et dangereuses» que les attaques militaires et constituent «une menace aussi sérieuse que toute autre attaque dirigée contre un allié de l'Otan». Dans la même logique, l'ancien directeur du renseignement national américain, Dan Coats, a fait la déclaration suivante en 2018: «Nos adversaires et les autres acteurs malveillants recourent aux cyberattaques et à d'autres instruments pour façonner en leur faveur les sociétés et les marchés, les lois et les institutions internationales, ainsi que les points chauds de la planète.»
Afin de contrer la montée en puissance du cyberterrorisme employé par le régime iranien, les gouvernements doivent envoyer un message ferme à Téhéran, comme l'a fait l'Albanie la semaine dernière.
En réponse à la cyberattaque perpétrée par le régime iranien contre l'Albanie en juillet, Tirana a rompu ses relations diplomatiques avec Téhéran. Elle a ordonné aux diplomates iraniens et aux employés de l'ambassade de quitter le pays dans un délai de vingt-quatre heures. Dans une déclaration vidéo, le Premier ministre albanais, Edi Rama, a affirmé: «Nous avons mené une enquête approfondie qui a fourni des preuves irréfutables selon lesquelles la cyberattaque dirigée contre notre pays a été orchestrée et parrainée par l'Iran à travers quatre groupes qui ont exécuté cette agression.»
M. Rama s'est exprimé en ces termes: «Le gouvernement a décidé de rompre immédiatement ses relations diplomatiques avec l'Iran. Cette riposte radicale [...] est pleinement alignée sur la gravité et le danger de la cyberattaque qui a menacé de paralyser les services publics, de supprimer les systèmes informatiques, de pirater les archives de l'État, de détourner les données électroniques de l'intranet du gouvernement et de semer chaos et insécurité dans notre pays.»
En outre, l'Otan doit impérativement prendre des mesures proportionnées et analogues contre le régime iranien pour avoir attaqué un pays qui fait partie de l'alliance.

