Les principaux acteurs du conflit en Libye ont accepté, dans des communiqués publiés vendredi dernier, un cessez-le-feu suivi d'élections anticipées, une nouvelle qui a été reçue par un soupir de soulagement collectif. Le Gouvernement d’union nationale (GNA) a annoncé la cessation des hostilités dans tout le pays et la démilitarisation de Syrte et d’Al-Jufra, deux zones très disputées. Son rival, la Chambre des représentants basée à Tobrouk, a publié un communiqué similaire sur le cessez-le-feu et a appelé à « des élections présidentielles et parlementaires anticipées en mars prochain ».
Certains ont appelé à tourner la page et à lancer un processus de « réconciliation nationale globale », faisant ainsi de Syrte une base temporaire pour le nouveau conseil présidentiel et réclamant que la capitale Tripoli soit « protégée par une force policière officielle de toutes les régions du pays en préparation à l’unification des institutions de l’État ». Les deux communiqués ont également appelé à mettre fin à l’embargo sur le pétrole qui a été imposé au début de l’année. Bien que le cessez-le-feu n’était pas prévu pour le moment, il semblait tenir et les Libyens ont donc profité d'un rare week-end calme.
Les initiatives des deux rivaux libyens ont été accueillies par un quasi-consensus mondial, avec des appels à saisir l’occasion et à essayer de faire avancer le processus de paix. Plusieurs pays clés impliqués dans le rétablissement de la paix dans ce pays en difficulté, ainsi que l'ONU, la Ligue arabe et le Conseil de coopération du Golfe (CCG), ont salué l'initiative de cessez-le-feu. Dans un communiqué publié vendredi, le CCG a demandé à toutes les parties en Libye d’ « adhérer à cette étape constructive » et de s'engager d'urgence dans un dialogue politique, par le biais de la médiation de l'ONU, « en vue de parvenir à une solution permanente et globale pour mettre fin au conflit en Libye et atteindre la sécurité et la stabilité ».

