Macron et l’establishment français indemnes… pour le moment

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Macron et l’establishment français indemnes… pour le moment

Macron et l’establishment français indemnes… pour le moment
  • Il y a trois raisons fondamentales pour lesquelles les populistes formulent des vœux pieux en affirmant courageusement leur retour après leur défaite aux élections présidentielles
  • Immédiatement après avoir perdu de justesse au premier tour, Mélenchon a astucieusement appelé à une alliance unifiée de la gauche lors des élections législatives

Comme toujours, l’idole du président français Emmanuel Macron, Charles de Gaulle, a parfaitement résumé la situation. L’illustre fondateur de la cinquième République a résumé non sans une pointe d’ironie la difficulté de gouverner la nation perpétuellement troublée qu’est la France : « Comment voulez-vous gouverner un pays où il existe 246 variétés de fromage ? »

Après les élections législatives françaises des 12 et 19 juin, il est désormais presque certain que ce cadeau empoisonné incombera à Emmanuel Macron. En effet, malgré les discours courageux des ténors populistes de droite (Marine Le Pen) et de gauche (Jean-Luc Mélenchon), il est certain que la France traditionnelle, celle de l'establishment, se débrouillera pour gouverner.

Le résultat le plus probable est que Macron et son parti, La République En Marche, se retrouveront avec une majorité certes réduite, mais exploitable. Le pire scénario pour le président nouvellement réélu serait qu'il doive former une coalition avec le parti gaulliste traditionnel du centre-droit, les Républicains, mais cela ne lui poserait pas de réelle difficulté. Depuis sa première élection à l'Élysée en 2017, Macron – suivant le centre de gravité politique en France – dérive de toute façon vers la droite par rapport à son idéologie centriste initiale.

Il y a trois raisons fondamentales pour lesquelles les populistes formulent des vœux pieux en affirmant courageusement leur retour après leur défaite aux élections présidentielles. Tout d'abord, l'élan de la victoire présidentielle entraîne historiquement le parti du président nouvellement élu vers une majorité parlementaire. Depuis 2000, aucun président n'a échoué à convertir son triomphe électoral en une majorité lors des élections législatives suivantes. Compte tenu de la belle victoire de 17 points de Macron sur Le Pen au second tour du scrutin présidentiel la semaine dernière, rien ne porte à croire que cette tendance ne se confirmera pas cette fois-ci également.

Ensuite, aucun des ténors populistes n'a de véritable parti derrière lui. Au mieux, ils ont des factions axées sur leur personnalité pour les soutenir. Selon une tendance curieuse qui a dominé la politique française durant les dix dernières années, on assiste au déclin des socialistes traditionnels de centre-gauche et des Républicains de centre-droit au niveau présidentiel, au profit d’individus, qu'il s'agisse de Macron, Le Pen ou Mélenchon.

Si cette tendance s'est vérifiée au niveau national, cela n'a pas été le cas lors des élections parlementaires, où le courant dominant s'est maintenu. Par exemple, en 2017, bien que Le Pen ait remporté 34 % des voix au second tour de la présidentielle, son parti, le Rassemblement National, n'a réussi à obtenir que 8 des 577 sièges de l'Assemblée nationale. De même, le feu follet de gauche que représente Mélenchon n’a obtenu qu’un score minuscule de 17 sièges.