Macron, président-candidat

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Macron, président-candidat

Macron, président-candidat
  • Ainsi va le système présidentiel français; la deuxième moitié de chaque premier mandat est généralement conçue pour en conquérir un second
  • Emmanuel Macron fera durer le plaisir de sa non-candidature jusqu’à la dernière limite permise

Il aurait tort de se priver d’un tel luxe. Mener une campagne de candidat déguisé dans le confortable habit du président installé. Depuis de longs mois, Emmanuel Macron calcule ses moindres sorties et ses prises de position à l’aune de ce que cela pourrait lui apporter dans les urnes. Qu’il s’agisse de sa manière de gérer la crise de la Covid-19 ou de sa volonté de projeter la puissance de la France à l’international, tout est occasion pour lui de tresser les contours d’une victoire à la prochaine présidentielle et donc un inévitable second mandat.

Ainsi va le système présidentiel français; la deuxième moitié de chaque premier mandat est généralement conçue pour en conquérir un second. Et toute la mise en scène politique est destinée à poser les traces d’un candidat à la recherche d’un second souffle. 

Emmanuel Macron n'échappe pas à la règle. Il aurait pu continuer tranquillement à gouverner là où ses concurrents s’essoufflent à démonter sa politique et sa stratégie. La seule manière pour eux d’exister. Chacun, pour se donner une contenance présidentielle, se positionne en premier opposant du président Macron.

Cette situation est à double tranchant. Elle a le don de mettre le président au centre de l’astre présidentiel mais elle présente l’inconvénient de concentrer le feu des critiques sur sa personne et ses choix. 

Aujourd’hui, alors qu’il n’est toujours pas officiellement candidat, Emmanuel Macron subit les foudres de la droite républicaine dont le nouveau leadership, homme ou femme, n’a d’autres choix que de le pilonner à l’arme lourde, histoire de créer le sillon qui distingue Emmanuel Macron de l’héritage politique de la droite.