Après l’horreur, la perte et la destruction, nous nous retrouvons avec une colère insatiable : ceux qui sont responsables de protéger et de faire progresser le Liban ont une fois de plus causé sa destruction. La seule lueur d’espoir dans cette obscurité était la visite du président français Emmanuel Macron qui avait pour but de faire preuve de solidarité envers les citoyens libanais et de fournir en même temps une large gamme d’efforts de soutien français.
« La France ne lâchera jamais le Liban », a déclaré le président ; quel dommage que d’autres dirigeants du monde n’aient pas suivi son exemple et n’aient pas fait le déplacement à Beyrouth.
L’une des raisons pour la fameuse vie culturelle du Liban est les décennies d’influence française ; elles ont contribué à renforcer la valeur capitale que nous accordons à l’éducation, à posséder une vision du monde éclairée, mais aussi à l’utilisation continue et répandue de la langue française. J’apprécie personnellement l’accueil chaleureux que nous avons reçu en tant que réfugiés à Paris lorsque nous avons fui la guerre civile libanaise ; les parisiens ont tout fait pour que nous nous sentions chez nous et que nous reconstruisions nos vies brisées.
M. Macron a été accueilli aussi chaleureusement à Beyrouth, car son arrivée était un rappel poignant de tout ce que le Liban a perdu au cours de la dernière décennie : le Liban si décontracté, mondialisé et cosmopolite que l’ombre noire et austère du Hezbollah et de l’Iran s’est efforcée d’étouffer. Dans la jungle du terrorisme, des conflits, du militantisme et de l’instabilité du Moyen-Orient, le Liban, à son apogée, était une oasis de tranquillité et de prospérité.
Comment MM. Berri, Aoun et Diab ont-ils pu regarder le président Macron dans les yeux, sachant qu’ils personnifient les symptômes de la maladie terminale qui a affligé cette nation meurtrie : la corruption, le népotisme, la collusion avec des États étrangers hostiles — gaspillant chaque centime des caisses de l'État, puis jouant des coudes pour raboter les fonds de reconstruction après le carnage de la semaine dernière.
Moi, ainsi que la majorité des citoyens libanais, préfèrerions mille fois être colonisés par des occidentaux que de nous noyer dans le despotisme théocratique de l’Iran et du Hezbollah.
Les Libanais sont écœurés et dégoûtés de ces parasites. « Je vous garantis que cette aide n'ira pas dans les mains de la corruption », a promis Macron au peuple indigné et bouleversé dans les rues de Beyrouth. « La France ne signera pas de chèques en blanc à des systèmes qui ont perdu la confiance de leur peuple », a-t-il déclaré, demandant que les élites de Beyrouth améliorent radicalement leur performance et entament des réformes : « C'est le temps des responsabilités aujourd'hui pour le Liban et pour ses dirigeants ».

