Ne jamais oublier les coûts indirects de la guerre

Ne jamais oublier les coûts indirects de la guerre
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Ne jamais oublier les coûts indirects de la guerre

Ne jamais oublier les coûts indirects de la guerre
  • Le projet Costs of War de l'université Brown vient de publier une étude détaillée sur les coûts indirects des guerres en Irak, en Syrie, en Afghanistan, au Pakistan et au Yémen
  • Les opérations menées après le 11-Septembre ont entraîné le déplacement de 38 millions de personnes, soit le plus grand nombre de déplacements forcés depuis la Seconde Guerre mondiale

Le cadre dans lequel s'est déroulée la réunion annuelle des dirigeants du Groupe des sept (G7) la semaine dernière était particulièrement frappant. Aucun lieu n'illustre mieux les dangers de la guerre qu'Hiroshima, où la bombe atomique a explosé pour la première fois. C'est là qu'en août 1945, une bombe américaine a tué des dizaines de milliers de personnes. Les hôtes japonais ont voulu rappeler au monde les horreurs de la guerre nucléaire, dans un contexte marqué par la crise russo-ukrainienne.
Aujourd'hui encore, le débat fait rage sur le nombre de victimes de la tempête de feu provoquée par Little Boy. Les estimations vont de 70 000 à 140 000. Le défi est d'autant plus grand que les Japonais ne sont pas sûrs du nombre d’habitants de la ville à l'époque. Le chiffre doit-il inclure uniquement les personnes tuées lors de l'explosion ou doit-il englober la première semaine, le premier mois ou la première année? Le chiffre doit-il inclure les personnes décédées à la suite de l’exposition prolongée aux radiations?
Des décennies plus tard, la question du nombre de morts dans les guerres fait toujours débat. Les guerres coûtent cher. Calculer ces coûts au XXIe siècle est une tâche difficile, voire herculéenne, mais particulièrement importante. Les décideurs ont besoin de connaître le coût réel. L'évaluation des coûts directs de la guerre est beaucoup moins intimidante que les coûts indirects, c'est-à-dire l'impact à long terme sur les sociétés à travers les maladies, les suicides et la destruction de l'économie et des systèmes de santé.
Le projet Costs of War («coûts de la guerre») de l'université Brown vient de publier une étude détaillée sur les coûts indirects des guerres dites du «11-Septembre». Cette étude donne à réfléchir. Elle établit le bilan total des guerres en Irak, en Syrie, en Afghanistan, au Pakistan et au Yémen entre 4,5 et 4,6 millions de morts. Les morts indirectes sont estimées entre 3,6 et 3,7 millions. L'importance de ce problème tient au fait que le nombre de morts indirectes dépasse généralement le nombre de morts directes dans les guerres modernes.
Il ne s'agit pas d'une science exacte. Le rapport se demande notamment si, en 2023, même après le départ des forces américaines, un décès en Afghanistan pourrait ne pas être lié à la guerre. La faim et la malnutrition ont augmenté massivement depuis ce retrait malheureux en 2021. Ces décès sont-ils différents de ceux causés par les tirs de missiles?