N'espérez pas un accord sur la question chypriote

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N'espérez pas un accord sur la question chypriote

N'espérez pas un accord sur la question chypriote
  • Cette semaine est prévue à Genève une réunion informelle pour évoquer une éventuelle solution au problème de Chypre
  • En 2004, l'ancien secrétaire général des Nations unies Kofi Annan avait élaboré un plan visant à résoudre la question chypriote

Cette semaine est prévue à Genève une réunion informelle pour évoquer une éventuelle solution au problème de Chypre. La rencontre, qui se tiendra de mardi à jeudi sur la base de 5+1, réunira les Chypriotes turcs et les Chypriotes grecs en tant que principales parties prenantes, ainsi que les trois pays garants – la Turquie, le Royaume-Uni et la Grèce – et le secrétaire général des Nations unies.

La délégation chypriote turque se rendra à Genève avec le solide soutien du président turc, Recep Tayyip Erdogan. En effet, les positions des Chypriotes turcs et de la Turquie se sont sensiblement rapprochées après l'élection d'Ersin Tatar, l'année dernière, à la présidence de la partie nord de Chypre.

En 2004, l'ancien secrétaire général des Nations unies, Kofi Annan, avait élaboré un plan visant à résoudre la question chypriote. Il s'agit du plan le plus exhaustif qui ait été élaboré à ce jour. Il compte environ 9 000 pages ainsi que des annexes, des pièces jointes, des cartes et des documents de référence. Par ailleurs, l'Union européenne a invité Erdogan à peser de tout son poids sur les Chypriotes turcs pour qu'ils votent en faveur du plan d'Annan. Ce plan était contesté par les partis d'opposition en Turquie, qui considéraient qu’il privilégiait les Chypriotes grecs. Néanmoins, Erdogan est resté sourd à ces critiques et a décidé de persuader les Chypriotes turcs de le soutenir.

Au terme de nombreuses négociations, c'est le 24 mars 2004 que les dernières modifications ont été introduites à cette proposition, à Bürgenstock, en Suisse. Le mois suivant, le plan a fait l'objet de référendums menés simultanément dans les deux parties de Chypre. À la veille du référendum, le président de la partie grecque de Chypre, Tassos Papadopoulos, a imploré son électorat de ne pas voter pour le plan qu'il avait approuvé auparavant à Bürgenstock. La partie grecque de l'île a donc rejeté le plan avec 76% de voix défavorables, tandis que la partie nord l'a approuvé à 64%.

Paradoxalement, l'Union européenne a consenti à l'adhésion de Chypre comme membre à part entière à peine quelques jours plus tard. Elle a cependant exclu les Chypriotes turcs qui avaient voté conformément aux souhaits de l'Union européenne. Cet événement a marqué un tournant dans l'attitude d'Erdogan à l'égard de l'Union européenne; il s'est senti dupé.

Deux volets de la question chypriote pourraient faire la une à Genève. En effet, selon les accords de Londres et de Zurich de 1960, qui ont abouti à la création de la République de Chypre, la constitution considère les Chypriotes turcs et grecs comme deux partenaires politiquement égaux. Or les Chypriotes grecs souhaitent aujourd'hui créer une République fédérale bicommunautaire et bizonale et réduire ainsi la communauté turque à une simple minorité.