Nouveau gouvernement israélien: vers une relation plus nuancée avec l’Union européenne

Nouveau gouvernement israélien: vers une relation plus nuancée avec l’Union européenne
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Nouveau gouvernement israélien: vers une relation plus nuancée avec l’Union européenne

Nouveau gouvernement israélien: vers une relation plus nuancée avec l’Union européenne
  • C’est la première fois qu’un ministre israélien des Affaires étrangères est convié à participer à la réunion mensuelle du Conseil des affaires étrangères de l’UE et à prendre la parole devant les dirigeants
  • Si l’UE souhaite que l’intolérable situation actuelle change, il faudrait qu’elle prenne les choses en main, qu’elle utilise son pouvoir économique et diplomatique et qu’elle fasse preuve d’audace

Israël était sous l’emprise d’un même dirigeant pendant plus de douze ans. La transition du pays vers un nouveau gouvernement devrait donc apporter des changements tant sur le fond que sur la forme. Le Premier ministre par alternance et ministre des Affaires étrangères, Yaïr Lapid, s’est rendu à Bruxelles ce mois-ci pour entamer des discussions avec les dirigeants de l’Union européenne (UE). Cette démarche l’éloigne un peu plus du règne de Benjamin Netanyahou, au temps des frictions volontaires – ou mal calculées – avec l’un des principaux partenaires commerciaux du pays, avec qui le pays entretient également des liens culturels et scientifiques étroits.

C’est la première fois qu’un ministre israélien des Affaires étrangères est convié à participer à la réunion mensuelle du Conseil des affaires étrangères de l’UE et à prendre la parole devant les dirigeants, ce qui témoigne du mécontentement de Bruxelles à l'égard de la politique israélienne envers les Palestiniens au cours du mandat de M. Netanyahou. 

Comme d'autres instances dirigeantes dans le monde, l’UE adopte une approche hésitante à l’égard de la nouvelle coalition compte tenu de sa composition inhabituelle. Il y a peut-être une impression – voire de faux espoirs – qu’en dépit de l’impasse dans laquelle se trouve le processus de paix et l’inaptitude de ce gouvernement à s’écarter radicalement des politiques qui rendent impossible la réconciliation, la politique israélienne du Premier ministre, Naftali Bennett, et de M. Lapid gagnera en nuance puisqu’un certain équilibre naîtra forcément entre les différents courants idéologiques de la coalition. Avec le départ de Benjamin Netanyahou, les critiques acerbes formulées contre l’UE font désormais partie du passé, du moins pour le moment.

Le haut représentant de l’UE pour les affaires étrangères, Josep Borrell, a fait le premier pas en félicitant M. Lapid après sa prise de fonction et en l’invitant à Bruxelles pour discuter des moyens de «renforcer les relations bilatérales et de promouvoir la sécurité et la paix dans la région». Force est de constater, en lisant entre les lignes, que l’Europe exige des progrès concrets en faveur du processus de paix avec les Palestiniens, en échange d’une amélioration de sa relation avec Israël. À Bruxelles, les dirigeants politiques ne sont pas naïfs. Ils savent qu’aucune initiative de paix n’est actuellement en cours. De toute façon, l’UE est loin d’être prête à mettre tout son poids politique dans ce sens, tout comme les États-Unis ne sont toujours pas prêts à reprendre un rôle de premier plan en tant que négociateur de paix.

Néanmoins, en l’absence de conditions immédiates qui permettraient de mettre un terme au conflit sans fin entre les Israéliens et les Palestiniens, les dirigeants de l’UE se contenteraient de voir Israël – du moins sur le court terme – limiter ses activités de colonisation en Cisjordanie et de constater une amélioration du niveau de vie et du respect des droits des Palestiniens dans les territoires occupés et sous blocus.

Yaïr Lapid est peut-être nouveau sur la scène internationale mais il est loin d’être novice en politique. Il est conscient des limites de son pouvoir dans un gouvernement aussi hétérogène qui ne tient qu’à un fil depuis le début. Visiter le continent voisin lui a donné la chance de renouer les liens avec l’Europe après les dégâts laissés par M. Netanyahou. C’est l’occasion pour lui de convaincre ses interlocuteurs qu’il y a au moins un changement de ton, doublé d’un pragmatisme nouveau. M. Lapid, voire l’ensemble du gouvernement israélien, tente de tisser des liens amicaux avec l’UE sans rappeler, au moindre désaccord, que l’Europe a maltraité les juifs ou l’accuser ouvertement d’antisémitisme comme le faisait Benjamin Netanyahou.