Dimanche, les Français se rendront aux urnes pour le premier tour de l'élection présidentielle. La candidate d’extrême droite pro-Russie et anti-Otan, Marine Le Pen, continue sa percée dans les sondages – une source de préoccupation sur les marchés financiers.
Certes, le président actuel, Emmanuel Macron, reste légèrement favori pour remporter les élections lors du second tour le 24 avril. Cependant, la politique française est instable, notamment en raison des répercussions du conflit en Ukraine. Un sondage d’Harris Interactive, en date de cette semaine, estime que Macron obtiendra 51,5% des voix contre 48,5% pour Le Pen au second tour. L’époque où il avait été élu à 66% des voix contre Le Pen en 2017 est bel et bien révolue.
Le soutien à l’extrême droite est à son apogée à l’approche du premier tour. Le Pen et son rival d’extrême droite, Eric Zemmour, un ancien chroniqueur chevronné, ont plus de 30% des intentions de vote (Le Pen est passé à 23% ces derniers jours). Macron serait en première position selon les sondages, avec environ 26,5% des voix au premier tour. Le candidat d’extrême gauche, Jean-Luc Mélenchon, occupe la troisième place, avec environ 17% – un pourcentage qui ne cesse d’augmenter.
Par ces temps politiques incertains, si Macron et Le Pen finissaient par s’affronter lors du second tour, ou si Zemmour ou Mélenchon en arrivaient à percer de manière imprévue, ce ne serait que la deuxième fois dans l’histoire moderne du pays que ni le centre droit, c’est-à-dire les républicains, ni le centre gauche, à savoir les socialistes, qui ont gouverné pendant presque toute la période d’après-guerre, ne sont qualifiés pour le second tour d’une élection présidentielle.
De nouveaux rebondissements inattendus ne peuvent donc être exclus, en particulier dans un contexte de méfiance à l’égard de la classe politique et de difficultés économiques pour de nombreux électeurs. Les investisseurs se font du mauvais sang face à une course très serrée alors que les taux d’emprunt ne cessent de grimper en France.
Par conséquent, au moment où l’Europe est témoin de la plus grande période d’instabilité depuis des années, voire des décennies, après l'invasion de l’Ukraine, Macron n’est vraiment pas sûr d’être réélu. Jusqu’à présent, il n’a que partiellement mené à bien son objectif de réduire le taux de chômage et de réindustrialiser la France grâce à des politiques axées sur l’innovation.
La vague de mécontentement à l’égard du pouvoir reste généralisée à l’échelle du pays, y compris le mouvement des Gilets jaunes, alimenté par les difficultés économiques qui risquent fort de s’intensifier à la suite des sanctions contre la Russie. Par ailleurs, les prix du gaz, de l’électricité et des denrées alimentaires devraient monter en flèche dans les semaines à venir.

