Les relations entre l’Arabie saoudite et son voisin israélien sont pour le moins complexes. De l’extérieur, il est toujours compliqué de comprendre ce qui est de l’ordre du réel et ce qui est de l’ordre du fantasme. Ainsi, quand le prince Faisal ben Farhan al-Saoud, ministre des Affaires étrangères du Royaume, déclarait il y a quelques jours que la normalisation avec Israël apporterait d’énormes avantages au Moyen-Orient, on ne peut y voir qu’un indice intéressant sur ce que pourrait être l’avenir et sur la façon dont le Royaume voit son voisin.
Bien évidemment, une normalisation, et c’est ce que le gouvernement saoudien précise systématiquement, serait conditionnée à un règlement du conflit entre Israël et la Palestine. Toutefois, les propos plutôt encourageants et les signaux faibles montrant un rapprochement entre Tel-Aviv et Riyad sont assez fréquents ces derniers temps, y compris du côté israélien.
Ainsi, il y a quelques jours, le journal Makor Rishon, réputé proche des conservateurs sionistes de droite, sortait un numéro spécial Arabie saoudite, avec un dossier de 23 pages sur le pays. Venant d’un journal conservateur, on aurait pu s’attendre à une vision critique, mais pas du tout. L’Arabie saoudite y est présentée dans toute sa complexité et toute sa modernité.
Le pays y est comparé à Israël en termes de revenus par habitant, de taxes, de coût de la vie, les récentes réformes sont commentées, des pages touristiques montrent les sites culturels les plus remarquables et présentent les Saoudiens sous un jour plutôt sympathique. La tonalité du dossier montre une certaine déception par rapport à la nouvelle administration américaine. Selon les auteurs de l’article, si Donald Trump avait été réélu, il aurait davantage encouragé au rapprochement entre les deux pays.

