Quand les crises au Liban font ressortir le pire et le meilleur de l’humanité

Quand les crises au Liban font ressortir le pire et le meilleur de l’humanité
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Quand les crises au Liban font ressortir le pire et le meilleur de l’humanité

Quand les crises au Liban font ressortir le pire et le meilleur de l’humanité
  • La Banque mondiale a qualifié la crise économique du Liban de l'une des pires crises de la planète depuis le milieu du XIXe siècle
  • Le Hezbollah joue à des jeux de guerre à la frontière israélienne, menaçant d'entraîner le pays dans un conflit auquel la population s'oppose complètement

Historiquement, le Liban a toujours été associé au commerce, à la culture et la tradition. La «Suisse du Moyen-Orient» était une terre de beauté, avec un secteur financier solide et une gouvernance stable. Aujourd’hui, je ne reconnais pas mon pays. La situation au Liban peut se résumer à un mot: crise.

Le problème principal est la crise économique qui touche tous les aspects de la vie dans le pays. La Banque mondiale l'a qualifiée de l'une des pires crises de la planète depuis le milieu du XIXe siècle. Du fait de l’inflation, le prix des produits de consommation de la vie courante est monté en flèche, l'indice des prix à la consommation augmentant de plus de 208%, tandis que le coût de la nourriture et des boissons augmentait de 670%. Par ailleurs, les salaires perdent de plus en plus de leur valeur de jour en jour. Même l'armée est incapable de payer nos soldats, érodant le dernier pilier de la stabilité du Liban.

Mon pays souffre également d'une crise de santé publique évidente. Outre le fait de lutter contre la pandémie, la pénurie de carburant au Liban présente un nouveau défi pour les hôpitaux qui tentent de maintenir en vie les patients atteints de la Covid-19. La chute économique touche également le matériel médical. À l’instar de nos militaires, les professionnels de la santé quittent le pays, alors que la valeur de leurs chèques de paie diminue. La population prie pour la fin de la pandémie et pour obtenir un vaccin. Mais en attendant le salut, les élites contournent les files d'attente pour se servir.

Et puis il y a la crise politique. Le Liban est paralysé, sans gouvernement, depuis plus d'un an, tandis que des politiciens égoïstes se querellent dans le palais présidentiel. Les Premiers ministres désignés vont et viennent, alors que la population meurt de faim.

Le Hezbollah joue à des jeux de guerre à la frontière israélienne, menaçant d'entraîner le pays dans un conflit auquel la population s'oppose complètement. Les seigneurs de la guerre tirent des roquettes sur Israël – des actions coûtant des milliers de dollars qui devraient être utilisés pour soutenir les citoyens les plus démunis.

Ensuite, il y a les tragédies; des tragédies évitables qui déchirent les familles. Le 4 août 2020, des centaines de tonnes de nitrate d'ammonium ont explosé au port de Beyrouth, provoquant la mort de 218 innocents.

Pour commémorer l'anniversaire de l'explosion, j'ai pleuré sur le «cycle sans fin de souffrances» du Liban. Je ne savais pas qu'un peu plus d'une semaine plus tard, nous porterions à nouveau le deuil, cette fois pour les 28 personnes décédées dans l'explosion d'un réservoir de carburant au Akkar, dans le nord du pays. Encore une fois, la négligence et les crises d'origine humaine font des victimes.

Il est facile de perdre la foi lorsqu’on pense à la série de crises auxquelles le Liban est confronté, aux populations vivant dans des conditions inacceptables ou qui sont privées d’emplois équitablement rémunérés, aux bébés qui ont faim et aux personnes âgées dont les économies ont été anéanties. Il est facile de se mettre en colère contre ceux qui ont orchestré les crises – les fonctionnaires corrompus, les politiciens avides de pouvoir et les fanatiques aveugles –, car ce sont les pires de l'humanité.