Situation explosive à Téhéran: 84 tentatives de suicides en un seul jour

Situation explosive à Téhéran: 84 tentatives de suicides en un seul jour
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Situation explosive à Téhéran: 84 tentatives de suicides en un seul jour

Situation explosive à Téhéran: 84 tentatives de suicides en un seul jour
  • Le suicide et l'auto-immolation chez les jeunes filles s’expliquent par la pauvreté sévère qui frappe toute la population
  • Deux soulèvements, en 2017 et 2019, ont été déclenchés par la pauvreté et le chômage. Khamenei n'a pu survivre qu'en faisant tirer sur les manifestants, tuant 1 500 personnes

Entre jeudi et vendredi dernier, 84 personnes ont fait des tentatives de suicide à Téhéran, et au moins 12 d'entre elles ont perdu la vie. Ces tentatives ont concerné des enfants, mais aussi des personnes d’âge moyen. Parmi les méthodes utilisées, l'automutilation, la pendaison, l'intoxication générale, ou encore l'intoxication par la drogue. 

Quatre-vingt-quatre tentatives de suicides à Téhéran en un jour indiquent une situation explosive. Mehdi Hosseinzadeh Fermi, sociologue et professeur d'université, a déclaré dans un entretien accordé au site Web progouvernemental Ebtekar que «la question de la confiance et du capital social se pose. La confiance entre la population, les institutions, et les responsables gouvernementaux a diminué. Malheureusement, l'augmentation du nombre de suicides indique une atmosphère anormale».

Une pauvreté sans précédent

Le suicide et l'auto-immolation chez les jeunes filles s’expliquent par la pauvreté sévère qui frappe tout le monde en Iran. Dans le pays aujourd'hui, le suicide est devenu monnaie courante, même au sein de la population estudiantine. L'an dernier, le Centre de recherche parlementaire a officiellement indiqué que 60 % de la population vivait en dessous du seuil de pauvreté. Pourtant, aujourd'hui, les organes de presse proches du régime évoquent 80%.  

La hausse des prix est omniprésente dans la République islamique. Il ne s’agit plus d’un seuil de pauvreté, mais plutôt de survie. Bon nombre d’Iraniens ne luttent que pour leur survie. Dans ce contexte, Khamenei a publié une fatwa, empêchant l'importation des vaccins anti-corona américains, britanniques et français, pourtant réputés, alors que le nombre de décès dus au coronavirus a fortement augmenté. Au moins 250 000 personnes sont mortes jusqu’ici à cause de la Covid-19.

 

Une énorme différence de classe sociale

Lors d'un débat télévisé sur l'élection présidentielle de mai 2017, M. Qalibaf (actuel président du Parlement iranien) était l'un des espoirs présidentiels pointés du doigt par le président Rohani. Il avait affirmé que «4% des membres de la société sont des capitalistes qui ont de l'argent, du pouvoir, des organes de presse, et qui peuvent facilement briser n'importe quel obstacle sur leur chemin. Ils sont à même de manipuler le système, et de faire circuler la richesse entre eux. En revanche, 96% des Iraniens sont des personnes de tous horizons, qui ont goûté aux privations économiques, sociales et culturelles».

Compte tenu de la situation économique misérable dans laquelle vit la majorité de la population iranienne, le jour où les couches aisées ne se sentiront plus en sécurité dans leurs tours de luxe, leurs magnifiques villas et leurs palais n’est pas si lointain. La poursuite d’un tel niveau d’inégalités est comme une bombe à retardement plantée sous la peau de la société. Le suicide de 84 personnes en un jour n'est-il pas un signe alarmant? Cette profonde différence de classe sociale n'indique-t-elle pas l'imminence de cette explosion?