Passez à la loupe toutes les actions entreprises par les deux parties qui ont déclenché la recrudescence des hostilités entre Israël et les Palestiniens, et vous tomberez sur un modèle de comportement bien connu et tragique. Toutefois, il s'agit cette fois-ci de l'une des rares occasions où toute une série de déclencheurs se sont entrecoupés et ont enflammé ce qui couvait sous la surface depuis des dizaines d'années.
La détérioration accélérée de la situation à Jérusalem et à Gaza trouve en effet ses racines dans l'impasse qui bloque le processus de paix et dans le statu quo illusoire fragilisé par l'instabilité des trois systèmes politiques engagés dans ce conflit, à savoir les Israéliens, l'Autorité palestinienne chargée de la Cisjordanie ainsi que le gouvernement du Hamas à Gaza. En l'absence de systèmes politiques performants et en présence de dirigeants présentant un déficit de légitimité à des niveaux divers, la situation risque de basculer à tout moment.
La tendance veut que l'on se focalise sur les événements qui ont déclenché les actes de violence, lorsque ceux-ci opposent Israël et les Palestiniens. Une fois que la situation reprend son cours normal, la tendance veut, dans ce cas, que l'on ferme les yeux sur les facteurs sous-jacents persistants qui ont entraîné une spirale incontrôlable. Les événements survenus au cours de ce dernier mois démantèlent le mythe de ces relations stables entre Israël et les Palestiniens. Ce mythe est particulièrement bénéfique pour Israël, mais il est également dangereux dans la mesure où il laisse croire, à tort, que l'occupation de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, le blocus de Gaza ainsi que la relégation des Palestiniens-Israéliens au rang de citoyens de deuxième classe sont gratuits et peuvent perdurer à tout jamais.

