À l'occasion du premier anniversaire des émeutes de Washington, qui visaient à renverser l'élection du président américain, Joe Biden, de nombreux experts politiques émettent l'hypothèse que 2022 sera une année décisive pour la démocratie américaine.
Avec les élections de mi-mandat du mois de novembre, l'électorat américain aura pour la première fois l'occasion de se prononcer sur la première moitié de la présidence Biden. À dix mois d'intervalle, les prévisions ne sont guère optimistes pour le locataire de la Maison Blanche, âgé de 79 ans.
La popularité de Biden a chuté dans les sondages d'opinion; une majorité significative d'électeurs désapprouvent désormais son bilan. Après l’impression positive laissée par ses six premiers mois d’exercice, les électeurs, depuis l'été dernier, ont commencé à se retourner contre le leader américain.
Les raisons en sont nombreuses et variées. Malgré la promesse de l'administration de «battre» le virus Covid-19 d'ici à l'été, le programme de vaccination a perdu de son élan et le variant Omicron a frappé fort, avec le recensement récemment effectué de plus d'un million de cas par jour, un record mondial.
Cela a pesé sur l'économie. Bien que les prévisions de croissance économique cette année aient peu changé, le développement de l'emploi a ralenti, car les employeurs réfléchissent à deux fois avant d'embaucher en pleine vague d'Omicron; par ailleurs, les problèmes dont souffre la chaîne d'approvisionnement mondiale entravent la productivité.
Aux États-Unis, si vous êtes un employé qui ne travaillez pas dans le secteur financier – en plein essor –, vos perspectives de niveau de vie semblent aussi incertaines qu'à n’importe quel moment depuis le début de la pandémie, avec une flambée de l'inflation – à son plus haut niveau depuis quatre décennies – qui assombrit davantage l’avenir.
L'initiative Build Back Better («Reconstruire en mieux», NDLR) lancée par Biden pour relancer la croissance a également rencontré des difficultés: elle a été entravée par le Congrès et par l'opposition républicaine. Le paquet de 1,7 billion de dollars (1 dollar = 0,89 euro) est actuellement tombé dans l’oubli.
Toute l’incertitude qui régnait à l’intérieur du pays s'est accompagnée d'un sentiment de dérive de la politique étrangère américaine. Le retrait chaotique d'Afghanistan l'été dernier a assombri le tableau, tandis que d'autres situations internationales se sont détériorées.

