La seule fois où un gouvernement traite un organisme de défense des droits humains de «groupe terroriste», c’est lorsque cet organisme met en lumière ses violations des droits humains.
La semaine dernière, le gouvernement d’apartheid israélien ne s’est pas contenté de qualifier un seul organisme de défense des droits humains de «groupe terroriste». L’État hébreu prétend que six d’entre eux sont affiliés à des organisations terroristes. Cela montre qu’Israël est très préoccupé par la manière dont ses politiques sont perçues à travers le monde.
Les six organismes en question ont l’habitude de défendre les droits humains des Palestiniens non seulement dans les territoires occupés mais aussi en Israël.
Cette odieuse attaque politique menée par Israël a été annoncée vendredi par le ministre de la Défense, Benny Gantz. Elle porte atteinte à l’essence même des droits humains – un moyen de détourner l’attention de la politique d’Israël, qui viole les droits humains des non-juifs.
Al-Haq, une organisation indépendante de défense des droits humains fondée en 1979, fait partie des organismes visés par Israël. Son mandat est de défendre la primauté du droit dans les territoires occupés soumis au contrôle militaire d’Israël.
Une autre cible est Addameer («conscience» en arabe), qui se concentre principalement sur les droits des civils arrêtés, détenus et emprisonnés pour des raisons politiques. Israël détient actuellement 4 650 Palestiniens dans ses prisons. Nombre d’entre eux ont été incarcérés sans procès ni inculpation officielle. Israël a toujours recours à l’ancien système de détention administrative – une disposition héritée du mandat britannique – qui contourne l'État de droit.
Al-Haq et Addameer documentent les abus du gouvernement israélien mais aussi ceux de l’Autorité palestinienne, qui coordonne souvent les raids de «sécurité» et les détentions par la police secrète israélienne du Shin Bet.
Cette directive de Benny Gantz permet à Israël de fermer les bureaux des six organismes, de saisir leurs biens et d’arrêter les membres du personnel, afin de les mettre en prison sans procès ni procédure officielle.
Amnesty International et Human Rights Watch, principaux organismes mondiaux de défense des droits de l’homme, ont condamné la déclaration. Israël avait également attaqué ces deux organisations dans le passé. En réalité, Israël s’en prend à toutes les organisations qui dénoncent ses violations des droits humains.

