Guy Manoukian, entre héritage oriental et ambitions internationales

(Photo: fournie)
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Guy Manoukian, entre héritage oriental et ambitions internationales

Guy Manoukian, entre héritage oriental et ambitions internationales
  • Guy Manoukian fusionne ses racines libanaises et arméniennes avec les influences classiques et contemporaines pour développer un langage musical universel
  • The Theater prépare une nouvelle production pour le deuxième trimestre 2027 avec de nouvelles collaborations internationals

DUBAI: De ses débuts au piano dans un Liban marqué par la guerre à son rôle de directeur artistique de The Theater à Dubaï, Guy Manoukian revient sur son parcours, son identité musicale et sa vision de l'avenir du divertissement au Moyen-Orient.

Pour Guy Manoukian, la musique est bien plus qu'une vocation : elle est intimement liée à son histoire. Pianiste, compositeur et directeur artistique, il a construit un parcours qui associe héritage libanais et arménien, formation classique et influences internationales. Aujourd'hui, il met cette identité au service de l'univers du divertissement, avec l'ambition de proposer des expériences qui dépassent le spectacle traditionnel.

Il commence le piano à l'âge de quatre ans, alors que le Liban traverse une période de conflit. « J'ai grandi au Liban pendant la guerre, et le piano était la seule chose qui n'avait pas besoin d'électricité. Il est devenu mon compagnon avant même que je comprenne qu'il s'agissait d'une passion, » , a-t-il confié à Arab News en français.

Pourtant, son premier rêve était le basketball. Le déclic survient à 16 ans, lors de son premier concert solo, devant plus de mille personnes. « Cette nuit-là, j'ai compris que ce n'était pas un simple passe-temps. C'était qui j'étais », a-t-il ajouté.

Ses racines constituent aujourd'hui le socle de son identité artistique. Il ne cherche pas à opposer ses influences, mais à les réunir dans un même langage musical. « Mes racines arméniennes m'apportent la profondeur, le Liban me donne le rythme et ma formation classique m'offre la structure. » Le tournant de sa carrière vient de la fusion des mélodies arabes avec des arrangements contemporains. « L'Orient est l'âme de ma musique, et l'Occident en est le cadre. »

Parmi les moments marquants de son parcours figurent ses prestations au palais présidentiel à sept ans, à la grotte de Jeita et au Palais de l'UNESCO, au début de sa carrière, ainsi qu'à l'Opéra de Sydney. Mais The Theater occupe une place à part dans son parcours.

« Un concert se termine lorsque les lumières s'éteignent. The Theater est une maison pour les artistes, et il continue de vivre chaque soir. » Il souhaite en faire un espace durable de rencontres et d'expression artistique.

Ses collaborations avec Wyclef Jean et les Gipsy Kings ont également enrichi sa vision de la créativité. Pour lui, la réussite collective repose sur l'écoute plutôt que sur l'ego.

« L'ego est l'ennemi de la bonne musique. Les plus grands artistes sont souvent ceux qui savent le mieux écouter. » Ces échanges permettent de sortir de sa zone de confort et de découvrir de nouvelles perspectives.

Cette approche influence directement la programmation de The Theater. Il imagine chaque spectacle comme une composition musicale, avec une introduction, une montée en puissance et un point culminant. « Une soirée ne devrait pas être un simple bruit de fond. Elle devrait être un voyage. » Le respect des artistes demeure également essentiel : « Lorsque les artistes sont respectés, le public le resent, » confirme-t-il.

Concernant l'évolution du divertissement régional, Guy Manoukian souligne le rôle pionnier de Dubaï dans l'accueil des artistes. Mais il estime que le Moyen-Orient doit désormais développer ses propres productions. « La prochaine étape consiste à créer, et pas seulement à importer. Nous avons le talent et les histoires. Le monde est prêt à les entendre, racontées à notre manière. »

Ses études de droit et son expérience dans la gestion d'un club de basketball lui ont appris la discipline et la rigueur financière. Il reste toutefois convaincu que l'art doit guider les décisions commerciales. « Je commence toujours par l'art. Si l'expérience est authentique et exceptionnelle, le succès commercial suit. » Pour lui, vision artistique et stratégie sont indissociables.

Alors que The Theater célèbre son cinquième anniversaire, l'établissement vient de présenter VENUS, sa dernière production. De nouvelles collaborations avec des artistes de renom sont également en préparation, tandis que le prochain spectacle est attendu au deuxième trimestre 2027. « Je suis toujours attiré par les artistes qui créent des passerelles entre les cultures », affirme-t-il.

À travers The Theater, Guy Manoukian entend ainsi contribuer à faire du Moyen-Orient non seulement une destination pour les grandes productions internationales, mais aussi un pôle de rayonnement artistique.