Quatrième édition du prix du design arabe à l’IMA, en partenariat avec AFALULA

Pour sa quatrième édition, le Prix du design de l’Institut du monde arabe a célébré à Paris une création arabe contemporaine aussi inventive qu’ancrée dans ses territoires.
Pour sa quatrième édition, le Prix du design de l’Institut du monde arabe a célébré à Paris une création arabe contemporaine aussi inventive qu’ancrée dans ses territoires.
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Quatrième édition du prix du design arabe à l’IMA, en partenariat avec AFALULA

Quatrième édition du prix du design arabe à l’IMA, en partenariat avec AFALULA
  • Cette édition a introduit un partenariat avec l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA) et un nouveau Prix du public.
  • Des milliers de votes ont été enregistrés pour le Prix du public, attribué à Areen Hassan pour sa réinterprétation contemporaine de la broderie palestinienne.

PARIS: Pour sa quatrième édition, le Prix du design de l’Institut du monde arabe a célébré à Paris une création arabe contemporaine aussi inventive qu’ancrée dans ses territoires.

Une soirée placée sous le signe des talents, mais aussi de deux nouveautés qui pourraient donner au prix une nouvelle dimension : le rapprochement avec AlUla et la création d’un Prix du public.

La vitrine présente une sélection de pièces artisanales en terre cuite, mettant en valeur l'harmonie entre tradition et innovation dans le design contemporain.
La vitrine présente une sélection de pièces artisanales en terre cuite, mettant en valeur l'harmonie entre tradition et innovation dans le design contemporain.

Il y avait, mercredi soir, comme un air de fête à l’Institut du monde arabe, où, à l’entrée de l’auditorium, le design avait pris possession des lieux, avec ses formes et ses matières, et surtout cette étonnante capacité à raconter les sociétés dont il est issu.

Pour cette quatrième édition, vingt-six finalistes venus de différentes scènes du monde arabe étaient en compétition. Cinq catégories ont finalement distingué des personnalités et des projets qui, chacun à leur manière, témoignent d’une création contemporaine qui ne cherche ni à effacer ses racines ni à les enfermer dans la nostalgie.

Une exposition de design contemporain mettant en avant des objets en textile et en céramique, illustrant l'innovation artistique et l'artisanat traditionnel.
Une exposition de design contemporain mettant en avant des objets en textile et en céramique, illustrant l'innovation artistique et l'artisanat traditionnel.

En ouvrant la cérémonie, Anne-Claire Legendre, présidente de l’IMA, a rappelé l’ambition de l’institution : faire de l’Institut « une plate-forme vivante de la création contemporaine du monde arabe et des diasporas arabes », en réunissant « toutes pratiques, toute génération, toute mouvance confondues ».

Le Prix du design, créé en 2023, est ainsi devenu, selon elle, « un rendez-vous incontournable de la Paris Design Week », pour raconter des territoires, des métiers, des mémoires et des préoccupations très actuelles, dont l’environnement, la transmission des savoir-faire, l’innovation ou encore les nouvelles manières d’habiter.

Une sculpture contemporaine, composée de formes empilées, est mise en avant dans une exposition moderne, soulignant l'interaction entre lumière et matière.
Une sculpture contemporaine, composée de formes empilées, est mise en avant dans une exposition moderne, soulignant l'interaction entre lumière et matière.

Cette quatrième édition aura toutefois été particulière puisqu’elle marque le début d’un rapprochement renforcé entre l’IMA et l’Agence française pour le développement d’AlUla (AFALULA).

Le partenariat s’est notamment concrétisé avec l’exposition « AlUla, Design d’un territoire vivant », présentée à l’IMA du 10 au 20 septembre, dans le cadre de la Saison culturelle d’AlUla à Paris.

Les deux institutions souhaitent désormais inscrire cette coopération dans la durée, autour de la création, du patrimoine, de la recherche et de la transmission.

Jean-Yves Le Drian, président d’AFALULA, s’est dit « particulièrement heureux » d’ouvrir cette quatrième édition, soulignant que le prix occupait désormais « une place singulière dans le paysage du design ».

Une œuvre d'art contemporaine, représentant une sculpture en forme de bloc rouge, exposée dans un espace créatif. Cette pièce met en avant l'utilisation audacieuse de la couleur et la texture dans le design moderne.
Une œuvre d'art contemporaine, représentant une sculpture en forme de bloc rouge, exposée dans un espace créatif. Cette pièce met en avant l'utilisation audacieuse de la couleur et la texture dans le design moderne.

Il voit dans AlUla un territoire où patrimoine et création peuvent se rencontrer et où le design occupe « une place essentielle dans le projet culturel » depuis le début.

Son ambition est claire : faire de cette collaboration un véritable échange entre les expertises françaises et saoudiennes. « Ce rapprochement avec l’Institut du monde arabe marque une nouvelle étape dans notre coopération », a-t-il souligné.

Anne-Claire Legendre insiste, elle aussi, sur la portée de cette alliance. « C’est la mission de l’IMA : faire dialoguer les cultures par des projets concrets », affirme-t-elle. Et dès 2027, ce dialogue prendra une forme très concrète avec la création d’un Prix de l’émergence IMA x Villa Hegra, dont le lauréat bénéficiera d’une résidence à AlUla.

Deux sculptures contemporaines en exposition, l'une représentant des formes abstraites en bois et l'autre une interprétation de structures monumentales en pierre et métal.
Deux sculptures contemporaines en exposition, l'une représentant des formes abstraites en bois et l'autre une interprétation de structures monumentales en pierre et métal.

L’autre nouveauté de cette édition est la création du Prix du public, puisque, pour la première fois, le public pouvait lui aussi avoir son mot à dire.

Des milliers de votes ont été enregistrés sur les réseaux sociaux, permettant à une audience bien plus large que celle des professionnels et du jury de participer au choix final.

Avec plus de 7 000 votes, le Prix du public a été attribué à Areen Hassan, artiste textile palestinienne, pour son travail autour de la broderie palestinienne, qu’elle réinterprète dans un langage contemporain. Une manière particulièrement émouvante de montrer que la tradition peut être non pas figée, mais réinventée.

Cinq lauréats, cinq regards

Les distinctions ont récompensé des démarches très différentes, mais réunies par une même attention portée aux territoires, aux savoir-faire et à la transmission :

● Grand Prix : Salima Naji

Architecte marocaine, Salima Naji est engagée dans la sauvegarde et la réinvention du patrimoine oasien. À travers ses projets et son agence, fondée en 2004, elle défend des alternatives constructives qui conjuguent innovation, respect de l’environnement et attention aux territoires. Son travail montre que l’architecture contemporaine et le patrimoine peuvent avancer ensemble.

● Prix du talent émergent : Assil Alamoudi

Architecte et artiste saoudienne basée à Djeddah, Assil Alamoudi transforme les lignes et les paysages géologiques en formes douces, presque ludiques. Son approche traduit le regard neuf d’une génération de créateurs saoudiens attentive à son environnement et désireuse de le réinterpréter.

● Prix de l’impact : Foukhar Studio, Christopher Gossoub

Soutenu par Arab Bank Switzerland, ce prix revient au Libanais Christopher Gossoub, dernier potier encore actif dans le village de Beit Chabab. Son ambition est de créer un atelier capable de former une nouvelle génération de potiers. Le design devient ici un outil de sauvegarde culturelle, de transmission et de développement local.

● Prix du jury : Sahel Al-Hiyari

Architecte jordanien formé à la fois à l’architecture et aux beaux-arts, Sahel Al-Hiyari est spécialisé dans le management urbain. Son parcours illustre la porosité croissante entre les disciplines et la richesse des approches qui nourrissent aujourd’hui la création contemporaine.

● Prix du public : Areen Hassan

Avec plus de 7 000 votes, l’artiste textile palestinienne a séduit le public grâce à son travail sur la broderie palestinienne, réinterprétée dans un langage contemporain. Sa démarche donne une nouvelle vie à un patrimoine textile chargé de mémoire.

● Prix de l’artisanat contemporain : Alain Studio

Fondé par le duo Yasmine et Mehdi, Alain Studio se distingue par des compositions singulières, caractérisées par leur finesse et leur minimalisme. Une approche qui rappelle combien l’artisanat peut être un terrain d’expérimentation formelle.