Arabie saoudite : Veolia renforce sa stratégie environnementale avec trois accords

Installation de valorisation énergétique des déchets dangereux – Jubail, Arabie saoudite (Fournie)
Installation de valorisation énergétique des déchets dangereux – Jubail, Arabie saoudite (Fournie)
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Arabie saoudite : Veolia renforce sa stratégie environnementale avec trois accords

Arabie saoudite : Veolia renforce sa stratégie environnementale avec trois accords
  • Trois accords signés avec ACWA Power, Ma’aden et Khazeen autour de l’eau, des déchets dangereux et de la decarbonation
  • Les partenariats accompagnent les objectifs de Saudi Vision 2030 en matière de préservation des ressources, d’économie circulaire et de développement des compétences locales

DUBAI : Veolia renforce sa présence en Arabie saoudite avec trois protocoles d’accord (MoU) conclus avec des acteurs majeurs du Royaume. Les partenariats portent sur la gestion de l’eau, les déchets industriels et dangereux, l’efficacité énergétique et la décarbonation, dans un pays où la diversification industrielle accroît la pression sur les ressources.

Les accords s’inscrivent dans les objectifs de Vision 2030, qui vise notamment à diversifier l’économie, développer de nouvelles industries et préserver les ressources naturelles.

« L’ambition de Veolia en Arabie saoudite est de continuer à s’inscrire, dans la durée, comme un partenaire stratégique et durable du Royaume dans sa transformation industrielle et environnementale, portée par la Vision 2030 », explique Philippe Bourdeaux, Directeur de la Zone Afrique Moyen-Orient de Veolia.

Le groupe entend notamment poursuivre ses investissements dans des actifs industriels stratégiques, comme l’installation de traitement des déchets dangereux de Tahwil, à Jubail, ou le nouveau projet de traitement des eaux industrielles pour SATORP. Veolia souhaite également développer des solutions intégrées combinant eau, déchets et énergie pour les secteurs minier, pétrochimique et industriel.

Avec ACWA Power, acteur majeur de la désalinisation, Veolia vise à améliorer la performance des usines de dessalement grâce à une meilleure efficacité énergétique, à l’optimisation de l’utilisation des produits chimiques et aux outils numériques. ACWA dispose actuellement d’une capacité de dessalement de 9,7 millions de m³ par jour.

Selon Veolia, les améliorations envisagées pourraient permettre d’éviter jusqu’à 500 000 tonnes de CO₂ par an, tout en réduisant les coûts d’exploitation.

« Au cours de la dernière décennie, la demande pour les services de Veolia en Arabie saoudite est passée de la simple fourniture de services publics à des solutions de gestion de l’eau et des déchets plus complexes, intégrées et axées sur la technologie », souligne Bourdeaux.

Le groupe mise notamment sur ses unités mobiles de traitement de l’eau, déployables rapidement en cas de panne, de maintenance ou de besoin temporaire. Ces équipements peuvent intégrer des technologies telles que les filtres multimédias et l’osmose inverse.

Le numérique doit également jouer un rôle croissant. La plateforme Hubgrade permet de suivre les installations en temps réel, d’anticiper les éventuelles anomalies et d’optimiser les consommations d’eau et d’énergie.

Dans le traitement des eaux usées, les membranes ZeeWeed permettent de transformer les eaux usées en ressource réutilisable.

La technologie EDI, ou électrodéionisation, répond notamment aux besoins en eau ultrapure des secteurs de l’énergie, des data centers et de la production d’hydrogène.

« La sécurité environnementale est devenue une condition essentielle de la souveraineté, de la compétitivité et de l’autonomie stratégique des territoires », a déclaré Estelle Brachlianoff, directrice générale de Veolia.

Le partenariat avec Ma’aden cible les enjeux environnementaux liés au développement du secteur minier. Il prévoit notamment d’optimiser le traitement et la réutilisation des eaux industrielles et d’explorer des solutions de réduction, de récupération et de valorisation des déchets.

Avec Khazeen, filiale de GASCO spécialisée dans le stockage et la manutention du gaz de pétrole liquéfié (GPL), Veolia prévoit de déployer ses technologies de traitement des eaux industrielles et de gestion des déchets dangereux, ainsi que d’étudier une offre intégrée de gestion des installations couvrant l’eau, l’énergie et les déchets.

Pour les industriels, Veolia met en avant des solutions permettant de réduire simultanément les consommations d’eau, d’énergie et de matières premières, tout en maîtrisant les coûts.

« Cela passe notamment par l’utilisation d’énergies renouvelables pour alimenter les unités de traitement et de dessalement, la récupération de chaleur et de biogaz, le recyclage des eaux industrielles, ainsi que la valorisation des déchets et des sous-produits afin de limiter l’achat de ressources vierges », explique Bourdeaux.

« En combinant son expertise internationale avec des partenariats locaux, notamment pour la formation de talents saoudiens et la localisation progressive des équipements, Veolia peut contribuer à réduire l’empreinte carbone des sites industriels tout en renforçant leur résilience face à la hausse des exigences réglementaires, des coûts des ressources et des attentes des clients et des investisseurs », poursuit-il.

La formation constitue un autre axe de développement. Présent en Arabie saoudite depuis 50 ans, Veolia souhaite accroître la proportion de ressortissants saoudiens dans ses fonctions techniques, opérationnelles et managériales, notamment à travers des programmes de formation et des parcours de carrière.

« Le modèle multi-local de Veolia, en Arabie saoudite comme dans les cinquante pays où le Groupe est présent, consiste à recruter, former et employer des équipes locales qui connaissent bien le territoire, les populations et les secteurs d’activité dans lesquels elles travaillent au quotidien », précise Bourdeaux.

Au-delà des trois accords, le groupe français identifie plusieurs secteurs à fort potentiel : nouveaux projets miniers et de transformation des minerais, complexes industriels et pétrochimiques, infrastructures de dessalement et de réutilisation des eaux usées, ainsi que gestion et valorisation des déchets industriels et dangereux.

Les grands projets urbains et touristiques constituent également un marché potentiel pour des solutions intégrées couvrant l’eau, les déchets, l’énergie et la décarbonation.

Sur le plan numérique, Veolia mise sur l’intelligence artificielle, les capteurs connectés, les jumeaux numériques et les plateformes de pilotage à distance pour la maintenance prédictive, la détection des fuites, l’optimisation énergétique et le suivi de la qualité de l’eau.

Le groupe identifie toutefois plusieurs défis : la croissance des besoins en eau, en énergie et en infrastructures, ainsi que la gestion des déchets industriels, dangereux et miniers. D’où la nécessité de renforcer l’économie circulaire, la valorisation des déchets, la réglementation et le contrôle environnemental.

« La réussite de cette transition dépendra de la capacité à coordonner les politiques publiques, les industriels et les acteurs locaux, à développer les talents saoudiens et à démontrer que la décarbonation peut aller de pair avec la compétitivité et la diversification économique du Royaume », souligne Bourdeaux.

Présent en Arabie saoudite depuis 1975, Veolia renforce ainsi son positionnement sur l’eau, les déchets et l’énergie, notamment à travers ses activités de traitement des eaux industrielles à Jubail et son programme GreenUp.