MARIGNANE: Plusieurs dizaines d'employés grévistes de l'aéroport Marseille-Provence se sont réunis vendredi à Marignane (Bouches-du-Rhône) pour dénoncer des conditions de travail dégradées et demander des revalorisations salariales, avec un impact limité sur les passagers en raison de réquisitions.
"Compte tenu de la nécessité d'assurer notre mission de service public et la sécurité des opérations, les personnels indispensables ont été réquisitionnés", avait annoncé jeudi soir la direction de l'aéroport dans un communiqué, disant anticiper deux annulations de vols en provenance de Paris Charles-de-Gaulle "en raison du mouvement de grève parisien".
"Nous n'avons pas prévu de blocage, nous avons juste prévu du tractage" car "la volonté, ce n'est pas de pénaliser les passagers", a déclaré à l'AFP Michel Tremori, secrétaire général du syndicat FO à l'aéroport de Marseille-Provence.
Les réquisitions sont une "atteinte au droit de grève", a-t-il dénoncé. "C'est la première fois que le préfet prend ces dispositions-là alors qu'on n'a jamais intenté de mouvement qui bloque" l'activité, dit-il, en demandant la réouverture des négociations.
À l'appel d'une intersyndicale FO-CGT-CFE-CGC, un préavis de grève a été déposé de vendredi à lundi pour dénoncer un "manque d'embauches" et "des primes qui n'ont pas été revalorisées depuis avant la Covid", a détaillé M. Tremori, et ce, malgré l'inflation.
"Nous avons perdu 15 000 emplois dans l'aérien en deux ans" dans un secteur "sinistré" depuis plusieurs années, a-t-il rappelé. "C'est de la précarisation, de la paupérisation, et pas que chez les navigants de Ryanair".
Sur cet aéroport "nous avons des effectifs à la baisse", jusqu'à 20% qui n'ont pas été renouvelés, ce qui "pose énormément de problèmes étant donné le retour du trafic" à un niveau d'avant la pandémie, comme en mai dernier où il a même été supérieur à mai 2019, a détaillé le représentant syndical.
Chez les sous-traitants, qui représentent deux tiers de l'activité de l'aéroport, ces réductions d'effectifs atteignent 60%, selon lui.
Conséquence: des conditions de travail "très dégradées" et "un stress permanent", a développé M. Tremori.
"On est submergé avec le nombre de passagers", confirme Audrey, agent d'information, 48 ans, en grève pour la première fois.
Les personnels grévistes "sont très motivés", a estimé pour sa part Robert Aruanno, délégué syndical CGT, qui menace de reposer un préavis dès la semaine prochaine et "tant qu'on n'aura pas eu gain de cause".





