ZAOUTAR AL-GHARBIYE: L'ambassadeur des Etats-Unis au Liban s'est rendu mardi dans le sud du pays où il a, selon l'ambassade, visité un village récemment passé sous le contrôle de l'armée, premier test d'un accord israélo-libanais dont l'application piétine.
Cet accord-cadre signé fin juin sous parrainage américain prévoit le déploiement de l'armée libanaise dans des "zones pilotes" dont Israël se retirerait au fur et à mesure, sous réserve d'un désarmement du Hezbollah pro-iranien.
Un correspondant de l'AFP a vu le convoi de l'ambassadeur américain Michel Issa entrer à Zawtar al-Gharbiya, où il a visité une église selon l'Agence nationale d'information (Ani, officielle).
Michel Issa "s'est rendu dans le sud du Liban aujourd'hui pour évaluer la situation sur le terrain et constater de visu les progrès et les défis rencontrés dans les +zones pilotes+", a déclaré l'ambassade américaine.
M. Issa, cité par l'ambassade, a pu être "le témoin direct" des enjeux auxquels sont confrontées les communautés locales.
"Je compatis profondément avec les habitants qui ont subi le déplacement et l'incertitude, et je comprends leur désir ardent de rentrer chez eux et de reconstruire leur vie dans la sécurité et la dignité", a-t-il déclaré.
L'ANI a souligné qu'un drone israélien a survolé le secteur, alors que des "mouvements de véhicules" de l'armée israélienne étaient signalés dans le village tout proche de Zawtar al-Charqiya.
L'armée israélienne occupe une large zone du sud du Liban et a récemment dynamité une base stratégique du Hezbollah sous la crête d'Ali Taher, dont elle a pris le contrôle, dans la région proche de Nabatiyé.
La mise en oeuvre de l'accord cadre piétine alors qu'une nouvelle session de négociations entre le Liban et Israël, initialement prévue en septembre, a été reportée au mois d'octobre.
Selon une source au sein de la présidence libanaise, les Israéliens avaient, lors de la dernière session de négociations en août, refusé de discuter de nouvelles "zones pilotes" avant de s'assurer du contrôle effectif de l'armée libanaise des premières zones.
Les ambassadeurs du Liban et d'Israël aux Etats-Unis doivent se rencontrer cette semaine à Washington pour discuter de la mise en oeuvre "progressive" de l'accord, "seul mécanisme viable pour rétablir la souveraineté du Liban et la sécurité d'Israël", avait insisté la semaine dernière un responsable américain.
Le président libanais Joseph Aoun s'était lui aussi rendu samedi à Zawtar al-Gharbiya, où il a inspecté les unités de l'armée sur place et "observé les positions de l'armée israélienne" à Zawtar al-Charqiya selon la présidence.
Les hostilités avaient baissé d'intensité depuis fin juin, à la faveur de l'accord-cadre et d'un protocole d'accord américano-iranien, mais Israël mène toujours des frappes au Liban.
Le Hezbollah, opposé aux négociations entre le Liban et Israël, refuse de livrer ses armes mais n'a plus revendiqué d'attaques.
Le Hezbollah a entraîné le Liban dans le conflit régional en lançant début mars des attaques contre Israël en soutien à son parrain iranien. Les frappes massives israéliennes ont fait plus de 4.300 morts depuis, selon les autorités.





