Téhéran juge les pourparlers «compliqués, sans être insurmontables»

Ali Rabiei, porte-parole du gouvernement iranien. (Photo fournie)
Ali Rabiei, porte-parole du gouvernement iranien. (Photo fournie)
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Publié le Mercredi 02 juin 2021

Téhéran juge les pourparlers «compliqués, sans être insurmontables»

  • Lundi, le négociateur nucléaire iranien a dit douter que le tour de pourparlers en cours soit le dernier
  • L'ancien président américain Donald Trump s'est retiré de l'accord il y a trois ans, et a réimposé des sanctions contre l'Iran

DUBAÏ, TÉHÉRAN : L'Iran estime que les obstacles à la relance de son accord nucléaire de 2015 avec les puissances mondiales sont compliqués sans être insurmontables, a déclaré mardi un porte-parole, qui a d’ailleurs nié que les négociations soient au point mort.

L'Iran et les six puissances mondiales sont en négociations à Vienne depuis avril dans le but de déterminer les mesures que Téhéran et Washington doivent prendre, respectivement, sur les activités nucléaires et les sanctions, pour toute reprise du pacte nucléaire.

Deux diplomates occidentaux et un responsable iranien ont déclaré que les pourparlers seraient probablement interrompus jeudi pour permettre des consultations dans les deux capitales respectives, Washington et Téhéran. On ignore toujours s'ils reprendront avant l'élection présidentielle iranienne du 18 juin, qui pourrait voir un éminent partisan de la ligne dure remplacer le pragmatiste Hassan Rouhani.

«Il n'y a pas d'impasse dans les pourparlers de Vienne», insiste le porte-parole du gouvernement iranien, Ali Rabiei, lors d'une conférence de presse diffusée en direct par un site Internet géré par l'État. «Les négociations ont atteint un stade où quelques questions importantes doivent être tranchées, et ces questions nécessitent une attention, un perfectionnisme ainsi que du temps».

L'ancien président américain Donald Trump s'est retiré de l'accord il y a trois ans, et a réimposé des sanctions contre l'Iran. Téhéran a pris des contre-mesures, notamment la restructuration de ses réserves d'uranium enrichi, une potentielle voie vers la fabrication d’une bombe nucléaire.

«Il est tout à fait naturel qu'en raison des complexités créées par les nombreuses sanctions de l'administration Trump et les mesures prises par l'Iran (…) de nombreux détails soient pris en considération, mais aucun de ces obstacles n'est insurmontable», ajoute Rabiei.

Lundi, le négociateur nucléaire iranien a dit douter que le tour de pourparlers en cours soit le dernier.

Le président américain Joe Biden affirme que Washington reviendra au pacte si Téhéran commence par observer de nouveau les strictes limites sur l'enrichissement d'uranium.

Par ailleurs, la France, également signataire de l'accord, a fait part de son inquiétude après qu’un rapport de l'Agence de surveillance nucléaire des Nations Unies (AIEA)  ait montré lundi que l'Iran n'a pas fourni d’explication concernant les traces d'uranium trouvées sur plusieurs sites secrets.

La porte-parole du ministère français des Affaires étrangères, Agnes von der Muhll, s’est fait demander si Paris compte ressusciter une résolution critique de l'Iran auprès de l’AIEA, pour ne pas avoir clarifié la question de l'uranium. «Nous appelons fermement l'Iran à fournir ces réponses aussi rapidement que possible».

Il y a trois mois, la Grande-Bretagne, la France et l'Allemagne ont abandonné un plan appuyé par les États-Unis. Le Conseil des gouverneurs de l'AIEA, composé de 35 pays, devait réprimander l'Iran pour ne pas avoir offert une réponse satisfaisante sur l'origine des particules trouvés dans les sites secrets.

Les trois puissances ont fait marche arrière lorsque le chef de l'AIEA, Rafael Grossi, a annoncé de nouvelles négociations avec l'Iran.

Deux pilotes tués

Deux pilotes d'avions de chasse iraniens ont perdu la vie mardi dans un accident survenu sur une base aérienne militaire du sud-ouest du pays, selon les médias officiels.

L'accident s'est produit avant que l'avion F-5 dans lequel ils se trouvaient ne décolle de la base de Dezful, a confié le gouverneur de la ville, Ali Farahmandpour, selon l'agence de presse officielle IRNA.

La base aérienne a été fermée et la cause de l'accident, initialement qualifiée de «technique», fait actuellement l'objet d'une enquête, a-t-il ajouté.

Farahmandpour insiste qu'il n'y a pas eu «d'accident d’avion ou de catastrophe aérienne», et que de plus amples détails sur ce qui s'était passé seraient rendus publics après l'enquête, selon le site Web de la télévision d'État.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Netanyahu affirme que la menace du Hezbollah impose la poursuite de l'action militaire au Liban

Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé lundi que la menace des roquettes et drones du Hezbollah pro-iranien imposait la poursuite de l'action militaire au Liban, où les deux camps ont revendiqué de nouvelles attaques sur leurs positions respectives. (AFP)
Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé lundi que la menace des roquettes et drones du Hezbollah pro-iranien imposait la poursuite de l'action militaire au Liban, où les deux camps ont revendiqué de nouvelles attaques sur leurs positions respectives. (AFP)
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  • Le président libanais Jospeh Aoun, et le mouvement chiite ont pour leur part échangé des accusations, au sujet des négociations directes prévues entre Israël et le Liban
  • Sur le terrain, de nouvelles frappes israéliennes ont visé lundi des localités dans le sud du Liban, selon l'agence nationale d'information (Ani, officielle)

BEYROUTH: Le Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, a affirmé lundi que la menace des roquettes et drones du Hezbollah pro-iranien imposait la poursuite de l'action militaire au Liban, où les deux camps ont revendiqué de nouvelles attaques sur leurs positions respectives.

Le président libanais Jospeh Aoun, et le mouvement chiite ont pour leur part échangé des accusations, au sujet des négociations directes prévues entre Israël et le Liban.

M. Aoun a souligné que leur objectif était de mettre fin au conflit, ajoutant à l'intention du Hezbollah que la véritable "trahison" était d'avoir entraîné le Liban dans la guerre.

Le chef du Hezbollah, Naïm Kassem, avait auparavant accusé les autorités libanaises d'avoir fait "des concessions gratuites et humiliantes".

"Naïm Qassem joue avec le feu, et ce feu brûlera le Hezbollah et tout le Liban", a averti le ministre israélien de la Défense, Israël Katz, lors d'une rencontre avec l'envoyée de l'ONU au Liban.

Sur le terrain, de nouvelles frappes israéliennes ont visé lundi des localités dans le sud du Liban, selon l'agence nationale d'information (Ani, officielle).

L'armée israélienne a annoncé avoir commencé à frapper "des sites d'infrastructures du Hezbollah" dans la vallée de la Bekaa (est) et dans d'autres zones du sud.

Elle a affirmé avoir "détruit au cours des derniers jours plus de cinquante infrastructures terroristes dans le sud du Liban, y compris un complexe souterrain utilisé par le Hezbollah" pour des attaques contre Israël.

Le Hezbollah a pour sa part revendiqué de nouvelles attaques contre les troupes israéliennes déployées dans des localités frontalières du sud,  notamment contre un char Merkava à Kantara, et un bulldozer qui "démolissait des maisons dans la ville de Bint Jbeil".

"10% des missiles" 

Les deux parties s'accusent mutuellement de violer le cessez-le-feu, entré en vigueur le 17 avril puis prolongé de trois semaines le 23 avril, après deux sessions de pourparlers à Washington au niveau des ambassadeurs libanais et israélien.

Selon M. Netanyahu, il "reste encore deux menaces principales venant du Hezbollah: les roquettes de type 122 et les drones. Cela exige une combinaison d'actions opérationnelles et technologiques", a-t-il affirmé devant des gradés.

Selon lui, le mouvement dispose encore "d’environ 10% des missiles" qu'il détenait au début de la guerre, déclenchée le 2 mars par des tirs du Hezbollah sur Israël en riposte à l'offensive israélo-américaine contre l'Iran.

Au terme de l'accord de cessez-le-feu, rendu public par le département d'Etat américain, Israël "se réserve le droit de prendre, à tout moment, toutes les mesures nécessaires en légitime défense contre des attaques planifiées, imminentes ou en cours".

Ses forces ont délimité par une "ligne jaune" une zone le long de la frontière pour, selon le gouvernement, assurer la sécurité des Israéliens.

"Pas d'accord humiliant" 

"Mon objectif est de parvenir à la fin de l'état de guerre avec Israël", a affirmé M. Aoun, assurant qu'il "n'accepterait pas un accord humiliant".

"Ce que nous faisons n'est pas une trahison, la trahison est plutôt commise par ceux qui entraînent le pays dans une guerre au profit d'intérêts étrangers", a-t-il rétorqué au mouvement chiite.

Ce dernier, qui dénonce une "capitulation" et se pose en défenseur de la souveraineté territoriale du Liban, "refuse catégoriquement de négocier directement avec Israël", a réaffirmé lundi son chef, dans un communiqué lu par la chaîne al-Manar, affiliée au mouvement.

Il a demandé au gouvernement libanais de renoncer à "un grave pêché qui place le Liban dans un cycle d'instabilité", ajoutant que son mouvement, dont Israël exige le désarmement, ne renoncerait pas à ses armes.

Le chef d'état-major de l'armée israélienne, Eyal Zamir, a pour sa part affirmé que 2026 "pourrait encore être une année de combats" sur tous les fronts.

Selon des chiffres de l'AFP fondés sur des sources officielles libanaises, les opérations israéliennes ont fait depuis le début de la trêve au moins 36 morts, dont 14 dimanche.

Depuis le 2 mars, la campagne militaire israélienne a tué 2.521 personnes et en a blessé 7.804 blessées, selon le dernier bilan du ministère de la Santé.

Côté israélien, 16 soldats ont été tués au Liban depuis le 2 mars, dont un dimanche, selon les autorités.


Le chef de la diplomatie iranienne accuse depuis Saint-Pétersbourg les Etats-Unis de l'échec des discussions au Pakistan 

Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
Le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi. (AFP)
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  • "Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives"
  • Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique

TEHERAN: Le ministre iranien des Affaires étrangères a accusé lundi les Etats-Unis d'être responsables de l'échec des pourparlers de paix au Pakistan, après son arrivée en Russie où il doit rencontrer le président Vladimir Poutine.

"Les approches américaines ont fait que le précédent cycle de négociations, malgré des progrès, n'a pas atteint ses objectifs en raison d'exigences excessives", a-t-il déclaré, cité par les médias d'Etat iraniens. Il a également affirmé que "la sécurité du passage dans le détroit d'Ormuz est une question mondiale importante", alors que les Etats-Unis et l'Iran poursuivent leurs blocus sur ce détroit stratégique.

 

 


Liban: le Hezbollah refuse «catégoriquement» les négociations directes avec Israël

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine. (AFP)
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  • "Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité"
  • Le président libanais dit au Hezbollah que "la trahison" est d'entraîner le pays dans la guerre

BEYROUTH: Le chef du Hezbollah, Naïm Qassem, a réaffirmé lundi son refus des négociations directes entre Beyrouth et Israël, estimant qu'elles risquaient d'entraîner le Liban dans un "cycle d'instabilité".

"Nous refusons catégoriquement de négocier directement avec Israël" et il est de la responsabilité du pouvoir libanais d'éviter une "erreur dangereuse qui entraîne" le pays "dans un cycle d'instabilité", a déclaré le chef du groupe pro-iranien dans un communiqué lu par la chaîne al-Manar, qui lui est affiliée.

Israël et le Liban ont déjà tenu deux sessions de pourparlers au niveau des ambassadeurs à Washington, à propos de la guerre dans laquelle le Liban a été entraîné le 2 mars par des tirs du Hezbollah contre son ennemi juré israélien, en soutien à l'Iran visé par une offensive israélo-américaine.