Netanyahou, Premier ministre ou pas, un justiciable presque comme les autres

Au premier plan, Benjamin Netanyahou. (Photo, AFP)
Au premier plan, Benjamin Netanyahou. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 03 juin 2021

Netanyahou, Premier ministre ou pas, un justiciable presque comme les autres

  • Si le Parlement donne son feu vert au projet de gouvernement du leader de l'opposition Yaïr Lapid, que risquera alors Benjamin Netanyahou sur le plan judiciaire ?  
  • En Israël, le Premier ministre ne dispose d'aucune immunité judiciaire mais n'a pas à démissionner ou à se retirer le temps d'un procès

JERUSALEM : Au pouvoir pendant 15 ans et poussé vers la sortie par une coalition « du changement », Benjamin Netanyahou est aussi le premier chef du gouvernement d'Israël en exercice à faire l'objet de poursuites criminelles. 

Si le Parlement donne son feu vert au projet de gouvernement du leader de l'opposition Yaïr Lapid, que risquera alors Benjamin Netanyahou sur le plan judiciaire ?   

En Israël, le Premier ministre ne dispose d'aucune immunité judiciaire mais n'a pas à démissionner ou à se retirer le temps d'un procès. 

C'est la raison pour laquelle le dirigeant de 71 ans se retrouve depuis mai 2020 à comparaître dans son procès pour corruption, fraude et abus de confiance dans plusieurs affaires, tout en maintenant ses activités de chef de gouvernement.

M. Netanyahou est notamment accusé d'avoir perçu des cadeaux (champagne, bijoux, cigares) de riches personnalités, d'avoir tenté de s'assurer une couverture favorable auprès du plus grand quotidien payant israélien, le Yediot Aharonot, ou encore d'avoir favorisé un magnat des télécommunications dans un but similaire. 

Pour échapper à cette procédure, M. Netanyahou avait cherché à obtenir une immunité judiciaire, en tentant en vain de remporter, avec ses alliés, une majorité au Parlement pour demander ensuite aux élus de le protéger, voire en tentant d'influencer, jusque dans un accord l'an dernier de partage de pouvoir, le passage d'une loi le protégeant en tant que Premier ministre.   

« Pendant deux ans, la question a été de savoir si Netanyahou allait changer la loi fondamentale d'Israël pour empêcher le procès », rappelle Amir Fuchs, constitutionnaliste au Israel Democracy Institute. S'il n'est plus Premier ministre "il n'en n'aura plus le pouvoir". 

A l'inverse, plusieurs de ses opposants ont par le passé menacé de faire passer une loi empêchant toute personne inculpée de servir à cette fonction, une manière de contrecarrer toute velléité du chef du Likoud de se représenter. 

En terme de condamnation, Benjamin Netanyahou encourt jusqu'à 10 ans de prison ferme pour corruption et trois ans pour fraude et abus de confiance. 

Le dirigeant qui plaide son innocence a publiquement exclu de passer un « plea bargain » - une « négociation de peine » - en échange de la reconnaissance de sa culpabilité, une procédure très fréquente en Israël. 

Premier ministre ou non, son procès devant le tribunal de district de Jérusalem pourrait continuer à s'étaler sur des années. En cas de condamnation, M. Netanyahou pourra également faire appel devant la Cour suprême, la plus haute juridiction d'Israël.

Reste également au citoyen Netanyahou un très improbable recours : la grâce présidentielle. Pour Amir Fuchs, ce scénario reste quasi impossible, sur le plan moral et politique. « Et ce serait un terrible recul pour l'Etat de droit que ce procès s'arrête à la faveur d'un nouveau président », conclut-il. 

 


Les Emirats interdisent à leurs ressortissants de se rendre en Iran, au Liban et en Irak

Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
Le drapeau des Émirats arabes unis flotte sur fond de la skyline d’Abou Dhabi. (Archive/AFP)
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  • Les Émirats arabes unis interdisent à leurs citoyens de voyager en Iran, au Liban et en Irak en raison des tensions régionales
  • Les autorités demandent aux Émiratis présents dans ces pays de rentrer immédiatement, après des attaques de missiles iraniennes visant des infrastructures aux EAU

DUBAI: Les Emirats arabes unis ont interdit jeudi à leurs ressortissants  de se rendre en Iran, au Liban et en Irak, en invoquant l'évolution de la situation dans la région.

"A la lumière des développements régionaux actuels", le ministère des Affaires étrangères du pays a émis "une interdiction de voyager pour les ressortissants émiratis se rendant en République islamique d'Iran, en République libanaise et en République d'Irak", a rapporté l'agence de presse officielle WAM, indiquant qu'il appelait "tous les ressortissants émiratis actuellement dans ces pays à accélérer leur retour immédiat".

L'Iran a pris pour cible les Emirats, par des tirs de missiles visant des infrastructures civiles et énergétiques, lors du conflit déclenché le 28 février par l'attaque israélo-américaine contre Téhéran, avant l'annonce d'un fragile cessez-le-feu.


Liban: le président condamne les «violations persistantes» du cessez-le-feu par Israël

Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international. (AFP)
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  • "Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte"
  • "Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes"

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a condamné jeudi les "violations persistantes" de la trêve par Israël, sur lequel il a appelé à faire "pression" pour faire respecter le droit international.

"Les violations israéliennes persistent dans le sud malgré le cessez-le-feu, ainsi que la démolition de maisons (...), alors que le nombre de victimes (...) monte", a-t-il déclaré, selon un communiqué de la présidence. De nouvelles frappes israéliennes meurtrières ont visé jeudi des localités dans le sud, selon un média officiel.

"Il faut faire pression sur Israël pour qu'il respecte les lois et les accords internationaux et cesse de viser les civils et les secouristes", a ajouté Joseph Aoun, alors que la trêve est entrée en vigueur le 17 avril.

 


Le président iranien affirme que le blocus naval américain est «voué à l'échec»

Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
Des jeunes filles chantent une chanson tout en mimant le mouvement des missiles avec leurs mains, à côté des portraits de l'ayatollah Khomeini, fondateur de la révolution iranienne aujourd'hui décédé, et de ses successeurs (Photo AP/Vahid Salemi)
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  • "Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec"
  • Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril

TEHERAN: Le président iranien a affirmé jeudi que le blocus des ports de son pays par les Etats-Unis était "voué à l'échec" et ne ferait qu'aggraver les perturbations dans le Golfe.

"Toute tentative d'imposer un blocus maritime est contraire aux lois internationales (...) et est vouée à l'échec", a assuré Massoud Pezeshkian dans un communiqué, après qu'un haut responsable de la Maison Blanche a mentionné une possible prolongation de ce blocus "pendant plusieurs mois".

Alors que ces déclarations ont contribué à provoquer un bond des cours du pétrole, le président iranien a estimé que de telles mesures de blocage "non seulement ne permettaient pas d'améliorer la sécurité régionale, mais constituaient une source de tension et une perturbation de la stabilité à long terme du golfe".

Si un cessez-le-feu est en vigueur depuis le 8 avril, les Etats-Unis imposent un blocus des ports iraniens depuis le 13 avril.

Dans ces conditions, les forces armées iraniennes ont décidé de maintenir leur contrôle sur le détroit d'Ormuz, par lequel transitait avant le conflit un cinquième des hydrocarbures consommés dans le monde.

Elles menacent de représailles si Washington ne lève pas son blocus.

"Nous ne tolérerons pas le blocus naval. S'il se poursuit, l'Iran ripostera", a averti mercredi sur la télévision d'Etat Mohsen Rezaei, ancien commandant en chef des Gardiens de la Révolution, nommé en mars conseiller militaire du nouveau guide suprême Mojtaba Khamenei.

Il a également mis en garde contre une reprise des hostilités entre l'Iran et les Etats-Unis, qui pourrait selon lui se solder par le naufrage de navires américains et la mort ou l'emprisonnement de nombreux soldats ennemis.

Et un haut responsable de la marine iranienne a évoqué le déploiement "dans un avenir très proche" d'armes navales récemment mises au point.

Le ministre du Pétrole, Mohsen Paknejad, a pour sa part minimisé l'impact du blocus mené par les Etats-Unis, assurant qu'il "ne produirait aucun résultat".

"Les employés de l'industrie pétrolière travaillent sans relâche pour garantir un approvisionnement sans problème", a-t-il dit.