L’enquête sur l’islamophobie chez les Tories a exclu ses membres musulmans

Sajjad Karim décrit le rapport rendu public la semaine dernière comme une «tentative de se disculper». Le document nie l’existence d’islamophobie «institutionnelle» parmi les rangs des conservateurs. (Photo, Twitter)
Sajjad Karim décrit le rapport rendu public la semaine dernière comme une «tentative de se disculper». Le document nie l’existence d’islamophobie «institutionnelle» parmi les rangs des conservateurs. (Photo, Twitter)
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Publié le Vendredi 04 juin 2021

L’enquête sur l’islamophobie chez les Tories a exclu ses membres musulmans

  • Sajjad Karim: «Il faut un regard extérieur sur les rouages internes du Parti conservateur»
  • L’ancien membre conservateur du Parlement européen a qualifié l’enquête, qui n’a mentionné aucune preuve d’«islamophobie institutionnelle», de «tentative de dissimulation»

LONDRES: Les membres musulmans du Parti conservateur au pouvoir en Grande-Bretagne ont été délibérément exclus d’une enquête sur l’islamophobie au sein du parti, a déclaré un ancien député conservateur du Parlement européen (MPE).

Sajjad Karim, qui a représenté le nord-ouest de l’Angleterre au Parlement européen pendant quinze ans, décrit le rapport rendu public la semaine dernière comme une «tentative de se disculper». Le document nie l’existence d’islamophobie «institutionnelle» parmi les rangs des conservateurs.

Il a confié au quotidien The Guardian qu’il craint que le parti n’ait recours à un «tour de passe-passe» pour esquiver les recommandations formulées par l’enquête.

«Le rapport conclut qu’il existe un problème d’attitude et de comportement en ce qui concerne l’islamophobie, des associations locales en bas de l’échelle, jusqu’au sommet de la hiérarchie, autrement dit le Premier ministre», affirme la baronne Sayida Warsi, ancienne coprésidente du Parti conservateur.

M. Karim a affirmé que les membres de son groupe politique, y compris lui-même, n’ont «plus confiance dans la volonté interne du parti d’aborder cette question».

Le parti a été accusé à maintes reprises d’islamophobie. Dans un incident très médiatisé, le Premier ministre Boris Johnson avait comparé les femmes musulmanes qui portent le voile intégral à des «boîtes aux lettres» et des «voleurs de banque».

M. Karim estime que les excuses du Premier ministre sur ces déclarations n’étaient «pas sincères», et les trouve «tout simplement insultantes». Il a également remis en question la volonté du parti d’effectuer un changement interne.

«Nous ne pouvons pas compter uniquement sur les processus internes pour faire changer les choses», indique M. Karim. «Il est temps d’avoir un regard extérieur sur les rouages internes du Parti conservateur à cet égard».

Il a révélé qu’il avait fait part aux responsables du parti d’une «plainte particulière» avant le début de l’enquête. On lui avait assuré qu’il serait contacté une fois l’enquête en cours, mais il n’a «absolument rien» entendu de leur part.

Il n’a appris la fin de l’enquête qu’en lisant les journaux, et précise que le parti l’a uniquement contacté pour lui dire: «Nous sommes vraiment désolés, il est trop tard pour que vous puissiez contribuer à l’enquête. Elle était ouverte au public, mais elle est désormais close.»

«Beaucoup d’autres personnes ont simplement été exclues du processus, et je pense que c’était véritablement intentionnel», ajoute M. Karim.

Il raconte également que des activistes conservateurs lui ont rapporté «un certain nombre de témoignages» d’islamophobie, et qu’il en avait lui-même fait l’expérience «tant au niveau local qu’au niveau parlementaire». Le problème «est répandu dans tout le parti».

M. Karim a souligné l’importance pour le Royaume-Uni de demeurer une «société ouverte, libérale, tolérante, et fondée sur des règles».

Il a averti que le déclin de ces valeurs, qui considèrent la liberté de religion comme un droit fondamental, creuse un fossé entre l’Angleterre et les autres pays du Royaume-Uni: l’Écosse, le Pays de Galles, et l’Irlande du Nord.

Amanda Milling, coprésidente du Parti conservateur, a déclaré qu’elle accepte toutes les recommandations formulées par l’enquête, et que le parti devait «travailler davantage pour éradiquer toute forme de discrimination».

Elle a ajouté au nom du parti : « Je souhaite présenter mes excuses à tous ceux qui ont été blessés par le comportement discriminatoire d’autres personnes, ou qui ont été déçus par notre système».

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Les procureurs américains s'opposent à la publication des raisons de la perquisition chez Trump

Le sceau du FBI, devant le siège de l'organisation à Washington, le 15 août 2022 (Photo, AFP).
Le sceau du FBI, devant le siège de l'organisation à Washington, le 15 août 2022 (Photo, AFP).
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  • Á la demande des procureurs cette fois-ci, un juge avait rendu publics le mandat autorisant la perquisition
  • «Trump s'est dit victime d'une attaque contre un opposant politique comme on n'en a jamais vu dans notre pays»

WASHINGTON: Le ministère américain de la Justice s'est opposé lundi à la publication d'un document judiciaire censé donner les raisons qui ont poussé les enquêteurs fédéraux à mener une perquisition inédite chez l'ancien président Donald Trump la semaine dernière.

L'opération de la police fédérale dans sa résidence de Mar-a-Lago, en Floride - une première pour un ex-président - a provoqué une tempête politique, M. Trump et ses partisans dénonçant une "chasse aux sorcières".

Plusieurs organisations, dont des médias, avaient demandé à un juge de publier un document judiciaire dans lequel les enquêteurs expliquent habituellement pourquoi la perquisition était nécessaire.

Le ministère de la Justice a assuré lundi qu'une telle publication "nuirait de manière irréparable à l'enquête pénale en cours", selon un document judiciaire.

Vendredi, à la demande des procureurs cette fois-ci, un juge avait rendu publics le mandat autorisant la perquisition et une liste des documents saisis.

Mais, à l'inverse des premiers, le document dont la publication était cette fois demandée contient "des informations très sensibles sur des témoins", des techniques utilisées par la police et des faits "extrêmement importants sur l'enquête", a estimé le ministère.

Sa publication pourrait révéler la stratégie des enquêteurs et "compromettre (la réussite) de prochaines étapes de l'investigation", a-t-il ajouté.

Selon les documents révélés vendredi, la justice soupçonne le républicain d'avoir violé une loi américaine sur l'espionnage qui encadre très strictement la détention de documents confidentiels. La liste des objets saisis mentionne de nombreux documents classés "top secret".

Donald Trump, pressenti pour se relancer dans la course à la Maison Blanche pour 2024, a assuré que ces documents avaient été déclassifiés.

Lundi, en indiquant avoir vu ses passeports saisis lors de la perquisition, le républicain s'est dit victime d'une "attaque contre un opposant politique comme on n'en a jamais vu dans notre pays".


Ukraine: Une «catastrophe» à Zaporojjia menacerait l'Europe entière, avertit Zelensky

Des militaires ukrainiens dans la région de Donetsk (Photo, AFP).
Des militaires ukrainiens dans la région de Donetsk (Photo, AFP).
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  • Depuis fin juillet, plusieurs frappes, dont les deux parties s'accusent mutuellement, ont visé le site
  • La centrale nucléaire de Zaporijjia, la plus grande d'Europe, avait été prise début mars par les troupes russes

KIEV: Une "catastrophe" à la centrale nucléaire de Zaporojjia, sous contrôle russe dans le sud de l'Ukraine, menacerait l'Europe toute entière, a averti lundi le président ukrainien Volodymyr Zelensky.

"A l'abri de la station, les occupants bombardent les villes et communautés des environs", a accusé M. Zelensky dans son adresse de lundi soir.

"Tout incident radioactif à la centrale nucléaire de Zaporojjia peut porter un coup aux pays de l'Union européenne, à la Turquie, à la Géorgie, et à des pays de régions plus éloignées. Tout dépend de la direction et de la force du vent", a poursuivi le président ukrainien.

"Si les actions de la Russie conduisent à une catastrophe, les conséquences pourraient frapper ceux qui restent silencieux pour l'instant", a-t-il averti.


Cameroun: Un militaire et un policier tués par des séparatistes anglophones

Le conflit avait éclaté en octobre 2016 (Photo, AFP).
Le conflit avait éclaté en octobre 2016 (Photo, AFP).
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  • Une partie de la population anglophone s'estime ostracisée par les francophones
  • Le conflit a fait plus de 6.000 morts depuis fin 2016 et forcé plus d'un million de personnes à se déplacer

YAOUNDÉ, Cameroun: Trois personnes, dont un militaire et un policier, ont été tuées dimanche par des rebelles dans l'ouest du Cameroun, tout près d'une région où une guerre meurtrière oppose des groupes armés séparatistes anglophones aux forces de l'ordre, a indiqué lundi à l'AFP le gouverneur de la région.

Un groupe de rebelles a attaqué, dimanche matin, un avant-poste de l'armée à Kengwo, un village situé dans la région de l'Ouest et limitrophe de celle du Nord-Ouest, peuplée principalement par la minorité anglophone d'un pays majoritairement francophone, a expliqué Augustine Awa Fonka, gouverneur de la région de l'Ouest.

"Il y a eu trois morts. Un policier, un militaire et un conducteur de moto. Les assaillants ont emporté des armes. A ma connaissance, il n'y a pas eu de victime de leur côté", a précisé M. Fonka.

Les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest sont le théâtre depuis cinq ans d'un conflit meurtrier entre des groupes armés réclamant l'indépendance d'un État qu'ils appellent l'"Ambazonie" et des forces de sécurités massivement déployées par le pouvoir du président Paul Biya, 89 ans, qui dirige le Cameroun d'une main de fer depuis près de 40 ans.

Une partie de la population anglophone s'estime ostracisée par les francophones. Le conflit a fait plus de 6.000 morts depuis fin 2016 et forcé plus d'un million de personnes à se déplacer, selon le centre de réflexion International Crisis Group (ICG).

Les rebelles - comme les militaires et les policiers - sont régulièrement accusés par les ONG internationales et l'ONU de commettre exactions et crimes contre les civils.

En juin, cinq militaires avaient été tués par des rebelles anglophones dans l'attaque d'un poste de gendarmerie à Njitapon, dans l'ouest du pays.

Le conflit anglophone avait éclaté en octobre 2016 après des manifestations pacifiques d'une partie de la minorité anglophone, qui s'estimait marginalisée et réclamaient plus d'autonomie ou l'indépendance, et violemment réprimées par les forces de l’ordre.