Grèce: la rénovation de l'Acropole fait polémique

Plus de 3,5 millions de personnes ont visité l'Acropole en 2019, avant la pandémie. (Photo, AFP)
Plus de 3,5 millions de personnes ont visité l'Acropole en 2019, avant la pandémie. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 05 juin 2021

Grèce: la rénovation de l'Acropole fait polémique

  • «»Le ministère de la Culture a annoncé cette semaine de nouveaux dispositifs sur l'Acropole pour les visiteurs handicapés
  • L'architecte chevronné Tasos Tanoulas, ancien membre de l'équipe de restauration de l'Acropole, a qualifié cette nouvelle rampe d'«incongrue» et d'«étouffante»

ATHENES: Le projet de rénovation de l'Acropole, le célèbre rocher sacré d'Athènes classé au patrimoine mondial de l'Unesco, se heurte à bien des critiques, le gouvernement grec étant accusé de détériorer un héritage inestimable.

Principal objet de cette colère: une nouvelle passerelle en béton dévoilée en décembre, dans le cadre d'une rénovation plus large présentée comme nécessaire pour accueillir des millions de visiteurs chaque année, parmi lesquels des personnes à mobilité réduite.

L'architecte chevronné Tasos Tanoulas, ancien membre de l'équipe de restauration de l'Acropole, a qualifié cette nouvelle rampe d'"incongrue" et d'"étouffante" pour le monument du Ve siècle avant J.C, tandis que le principal chef de l'opposition, Alexis Tsipras, parlait de "mauvais traitements" infligés au plus réputé site archéologique de Grèce.

Les opposants aux travaux, terminés il y a un peu plus d'un an, estiment qu'ils ont été réalisés sans les soins nécessaires à la sauvegarde du monument emblématique. 

Le gouvernement réplique que toutes les précautions ont été prises et que ces critiques sont alimentées par l'opposition.

Plus de 3,5 millions de personnes ont visité l'Acropole en 2019, avant la pandémie.

Le ministère de la Culture a annoncé cette semaine de nouveaux dispositifs sur l'Acropole pour les visiteurs handicapés, résultats selon lui d'entretiens avec les principales associations de personnes handicapées.

Des panneaux en braille vont être installés pour les visiteurs malvoyants, ainsi que des rambardes et une signalisation pour les accès en pente. 

Mais les risques demeurent.

Risque de trébucher

Le jour où l'AFP a visité l'Acropole, une femme a trébuché dans un trou au milieu de la nouvelle passerelle, l'un des nombreux creux conçus à dessein pour donner un aperçu de l'ancienne roche en dessous.

Plus loin, un employé balaie rapidement la terre vers un autre creux après le passage d'un groupe de visiteurs.

"C'est un plateau avec des nids-de-poule. Les nids-de-poule sont loin d'être sûrs", note la guide touristique Smaragda Touloupa, qui a récemment fait visiter le site à ses parents âgés.

La rénovation de l'Acropole, qui a coûté environ 1,5 milliard d'euros et comprend un éclairage nocturne, la mise en place d'un ascenseur pour handicapés et un meilleur drainage, a été financée par la Fondation privée Onassis.

Les travaux, destinés à relancer la fréquentation du site, ont été conduits par des "experts de renommée mondiale", forts de quatre décennies d'expérience, a souligné la ministre de la Culture Lina Mendoni.

"Personne ne remet en question leur travail", a noté la ministre. "Nous leur avons confié la restauration des monuments de l'Acropole. Comment peut-on douter d'eux sur un projet" de rampe en béton?, a-t-elle ajouté il y a un mois.

Mais Smaragda Touloupa, auteure d'articles sur la gestion du patrimoine et guide sur l'Acropole depuis 1998, déplore que ce projet d'envergure ait été décidé par un cercle restreint, composé surtout d'archéologues. "C'est une approche complètement technocratique", fustige-t-elle.

Même l'Unesco a appris les "interventions" sur l'Acropole par des "tiers", a rapporté à l'AFP Mechtild Rossler, directrice du Centre du patrimoine mondial de l'Unesco.

En tant que signataire de la Convention du patrimoine mondial de l'Unesco, la Grèce doit prévenir "avant de prendre toute décision qui serait difficilement réversible", poursuit-elle.

Des changements «mineurs»

Selon Lina Mendoni, il n'y avait aucune obligation d'informer l'Unesco pour ces changements "mineurs" et "entièrement réversibles".

Des experts de l'Unesco participeront à Athènes à une conférence internationale à l'automne, a précisé la ministre.

Pour les autorités, la rénovation était nécessaire car les chemins autour de l'Acropole, conçus il y a 50 ans et réaménagés pour la dernière fois en 2012, provoquaient des centaines d'accidents chaque année.

Le chef de projet, Manolis Korres, un architecte respecté, impliqué dans les travaux depuis 1975, a assuré que le béton repose sur une membrane protectrice qui peut être retirée rapidement si nécessaire.

Un pavage solide était en outre indispensable pour permettre aux lourdes machines de déplacer des dalles de plusieurs tonnes.

Sous le métro de Thessalonique

Des critiques visent également un projet de déplacement d'une voie de l'époque byzantine trouvée lors de la construction d'un nouveau métro à Thessalonique, la deuxième ville de Grèce.

Le mois dernier, des dizaines d'experts ont dénoncé une décision qui "met en péril la préservation d'importants vestiges" du passé antique et byzantine de la ville.

La route du 6e siècle avant JC "est l'une des découvertes les plus spectaculaires de cette période dans le monde", ont-ils assuré dans une tribune.

Le métro, dont la construction, d'un coût d'1,5 milliard d'euros, a débuté en 2003, devrait être opérationnel en 2023. 


Un rare panneau du XIXe siècle exposé au Musée de la mer Rouge présente le texte complet du Coran

Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
Le manuscrit soigneusement réalisé commence par la sourate Al-Fatihah au sommet. (SPA)
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  • Cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran intégrée dans une illustration détaillée

DJEDDAH : Un rare panneau de calligraphie coranique du XIXe siècle est exposé au Musée de la mer Rouge, dans la ville historique de Djeddah.

Réalisée vers 1859–1860 par Ghouth Mahboob Ghalib à Mysore, en Inde, cette œuvre d’une seule page présente l’intégralité du texte du Saint Coran disposée au sein d’une illustration détaillée de la Grande Mosquée de La Mecque.

Rédigé en écriture Diwani à l’encre noire et avec des dorures, le manuscrit place la Kaaba en son centre, a rapporté la SPA.

Le texte minutieusement élaboré commence par la sourate Al-Fatihah au sommet, s’entrelace avec les détails architecturaux de la mosquée et s’achève par la sourate An-Nas.

Cet artefact met en lumière les parcours historiques et spirituels des pèlerins qui traversaient la mer Rouge vers La Mecque, emportant avec eux des objets d’art témoignant du patrimoine culturel et de l’histoire du Hajj. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Asharq Al-Awsat.


La tapisserie de Bayeux n'a subi "aucune altération visible" pendant son transfert à Londres

La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
La ministre française de la Culture, Catherine Pégard (au centre), observe la tapisserie de Bayeux lors de son dévoilement au British Museum, le 17 juillet 2026, une semaine après son arrivée de France. Cette œuvre du XIe siècle, qui retrace la conquête normande de l'Angleterre en 1066, sera exposée pour la première fois au Royaume-Uni à partir de septembre. (AFP)
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  • La tapisserie de Bayeux est arrivée au British Museum sans dommage visible après son transport exceptionnel depuis la France
  • Elle sera exposée à Londres du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027 avant son retour à Bayeux pour une rénovation

PARIS: La tapisserie de Bayeux a été extraite jeudi à Londres de son caisson dans lequel elle avait été acheminée la semaine dernière et n'a subi "aucune altération visible" pendant ce voyage, a affirmé à l'AFP une responsable du ministère de la Culture français.

"Je suis en mesure de vous confirmer qu'il n'y a eu aucune altération visible et que la tapisserie a bien voyagé", a déclaré Delphine Christophe, directrice générale des patrimoines et de l'architecture, depuis le British Museum de Londres.

A l'issue d'une opération à hauts risques pour sa conservation, cette broderie millénaire de près de 70 mètres de long avait été acheminée le 10 juillet au British Museum pour un prêt d'un an décidé en 2025 par le président français Emmanuel Macron.

Transportée à Londres sous haute surveillance et par camion depuis l'ouest de la France, la tapisserie du XIe siècle avait jusque-là été maintenue dans son double caisson spécialement conçu pour limiter les vibrations et maintenir une température et un taux d'humidité constants.

Elle en a été extraite jeudi pour être entièrement déployée, selon la responsable française. "L'extraction s'est très bien passée et mobilise plusieurs dizaines de personnes", a détaillé Mme Christophe, précisant que l'opération impliquait notamment des équipes française et britannique de conservateurs.

Un constat plus précis doit prochainement être fait par les conservateurs pour s'assurer de l'état de la tapisserie, mais Mme Christophe s'est montrée confiante. "S'il y avait eu un problème, on l'aurait constaté parce qu'on l'a vue en totalité, complètement déployée", a-t-elle affirmé.

Ce transfert historique vers Londres avait donné des sueurs froides à certains experts et défenseurs du patrimoine en France qui redoutaient la dégradation irréversible d'une œuvre déjà fragilisée par 30 déchirures non stabilisées et près de 10.000 trous.

La ministre de la Culture française Catherine Pégard est attendue vendredi au British Museum, où la tapisserie sera exposée au public, à plat, du 10 septembre 2026 au 11 juillet 2027.

A son retour en France courant 2027, cette œuvre, qui décrit la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066, regagnera son musée de Bayeux (ouest de la France) et devra faire l'objet en 2028 d'une rénovation plusieurs fois repoussée par le passé.


Un rare manuscrit du Coran exposé à La Mecque

Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA) 
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  • Le manuscrit figure parmi les principales attractions de l’exposition, mettant en lumière le soin accordé par les musulmans au Saint Coran à travers les siècles

LA MECQUE : Un rare manuscrit du Saint Coran attire les visiteurs de l’exposition « Iqra », organisée par la Présidence des Affaires religieuses de la Grande Mosquée et de la Mosquée du Prophète, au complexe du King Abdulaziz Endowment.

Ce manuscrit constitue l’une des principales attractions de l’exposition, illustrant l’attention et le respect portés par les musulmans au Saint Coran à travers les âges.

L’exposition présente un exemplaire rare du Saint Coran réalisé il y a plus de 1 000 ans par le célèbre calligraphe Ali bin Hilal, connu sous le nom d’Ibn Al-Bawwab. 

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Un rare manuscrit du Saint Coran est l’une des principales attractions de l’exposition « Iqra ». (SPA)

Le manuscrit est exposé aux côtés d’un index scientifique et d’une analyse de sa calligraphie et de ses enluminures, permettant aux visiteurs d’en découvrir la valeur historique et artistique, tout en retraçant l’évolution de la calligraphie arabe et de l’ornementation islamique au fil des siècles.

Le manuscrit est considéré comme l’un des plus rares manuscrits islamiques en raison de son exceptionnelle valeur scientifique, artistique et historique. Seuls deux exemplaires connus subsistent dans le monde, témoignant de la place éminente qu’occupe le Saint Coran à travers l’histoire islamique.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com