Les collectionneurs de «NFT», des technophiles pionniers d'un nouveau «far west»

Un NFT intitulé «SHIFT» de Mad Dog Jones est exposé le 4 juin 2021 lors d'un aperçu de la prochaine exposition «Natively Digital: A Curated NFT Sale» chez Sotheby's à New York. (Photo, AFP)
Un NFT intitulé «SHIFT» de Mad Dog Jones est exposé le 4 juin 2021 lors d'un aperçu de la prochaine exposition «Natively Digital: A Curated NFT Sale» chez Sotheby's à New York. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 07 juin 2021

Les collectionneurs de «NFT», des technophiles pionniers d'un nouveau «far west»

  • Souvent programmeurs, les collectionneurs de NFT, des hommes pour la plupart, sont aussi attirés par l'innovation permanente de ce milieu
  • Les NFT ont généré, sur les cinq premiers mois de 2021, près de 2,5 milliards de dollars de transactions, selon le site spécialisé NonFungible

NEW YORK: Ils sont passionnés de technologie, en quête d'opportunités dans le "far west" que sont les "NFT": ces objets numériques certifiés, très en vogue, ont fait émerger une nouvelle génération de collectionneurs convaincus de leur potentiel.

Brandon Kang, vidéaste de 25 ans, a commencé à acheter des NFT en décembre dernier, et en possède déjà plus de 500. En février, ce Californien a même dépensé 50 000 dollars pour "Reflection", une œuvre numérique de l'artiste de musique électronique Feed Me.

Dans sa collection: des dessins numériques de têtes de singe (Bored Ape), d'une cannette ou d'un cube, ou l'animation d'une voiture filant sur une route, tous créés par des artistes inconnus du plus grand nombre.

Ils sont exposés sur des écrans chez lui. À quelques exceptions près, il n'a pas l'intention de vendre.

M. Kang a converti plusieurs de ses proches. "Le truc qu'ils trouvent cool, c'est de pouvoir vérifier la propriété de ces NFT", dit-il.

Les "non fungible tokens" ou jetons non fongibles, sont des certificats de propriété d'un objet numérique - image, dessin, vidéo, animation, fichier texte ou son.

Confidentiels jusqu'en 2020, les NFT ont généré, sur les cinq premiers mois de 2021, près de 2,5 milliards de dollars de transactions, une estimation basée sur des chiffres du site spécialisé NonFungible. Les grandes maisons d'enchères en vendent désormais régulièrement, comme c'est le cas chez Sotheby's jusqu'au 10 juin.

La traçabilité des NFT a été décisive pour Brandon Kang, pourtant investi depuis longtemps dans les cryptomonnaies, qui utilisent la même technologie de la blockchain que les NFT. Auparavant, "il n'y avait pas moyen de prouver qu'on était bien propriétaire d'objets numériques", explique-t-il.

«Pas facile à digérer»

Cette même garantie d'authenticité a poussé Devan Mitchem, ingénieur informatique basé à Singapour, à collectionner des objets numériques, après en être resté à l'écart faute de "formats stables, de plateformes d'échange et de possibilités de stockage".

Avec l'émergence de sites comme OpenSea ou Nifty Gateway, qui permettent à des artistes de vendre directement leurs œuvres, puis à des collectionneurs de les acheter, stocker et revendre, le monde des NFT offre désormais une facilité d'utilisation proche des placements boursiers.

Devan Mitchem, qui travaille chez Google Cloud et s'est spécialisé dans la blockchain, a accumulé plus de 200 NFT. Comme Brandon Kang, il n'envisage pas de vendre. 

"C'est risqué, mais j'ai le sentiment que des œuvres créées entre 2017 et 2021 resteront comme issues de la période fondatrice de cette nouvelle catégorie", dit-il. "Cette ère aura une place à part dans les futures collections."

Ingénieur informatique, Pankaj Patil s'est séparé, en 2020, de quelques-uns des 150 objets numériques qu'il avait amassés, car il doutait de l'avenir des NFT. Aujourd'hui mordu, ce résident du New Jersey "regrette la plupart des ventes", même s'il reconnaît que "ce milieu n'est pas facile à digérer pour tout le monde".

"Je comprends tout à fait le scepticisme", abonde Devan Mitchem, car "il y a beaucoup de choses à appréhender". 

Aux amateurs, M. Mitchem suggère de se renseigner d'abord sur la technologie blockchain. "C'est encore pas mal le far west", admet l'ingénieur, "mais c'est aussi un terrain d'opportunités."

M. Kang met en garde les internautes en quête d'argent facile qui ne prendraient pas le temps de l'apprentissage. "Ce sont eux qui risquent le plus de se faire plumer", dit-il.

Pour lui, la récente correction du marché, qui a vu baisser les prix moyens et le nombre de transactions, n'hypothèque en rien les perspectives des NFT.

"Le milieu est en train de mûrir et à long terme, c'est une bonne chose d'évacuer les gens qui ne sont là que pour le profit", plaide-t-il.

Devan Mitchem se dit, comme beaucoup d'autres, sincèrement attiré par la valeur artistique de nombre de créateurs numériques émergents, là où le grand public voit souvent dans les NFT une mode, un gadget, voire une escroquerie.

Il parle avec passion du "Picasso's Bull", représentation cubiste d'un taureau par l'artiste multi-supports Trevor Jones, acheté 23 000 dollars, "une oeuvre phare", selon lui.

Souvent programmeurs, les collectionneurs de NFT, des hommes pour la plupart, sont aussi attirés par l'innovation permanente de ce milieu.

Ils entrevoient un univers dans lequel les NFT pourront voyager entre plateformes, sites et univers virtuels, dépassant les possibilités du monde physique.

Ils soulignent aussi que le milieu a entrepris d'améliorer son bilan carbone, actuellement catastrophique, avec notamment l'instauration progressive de protocoles de création de NFT et de cryptomonnaies moins énergivores.

Devan Mitchem croit tant aux NFT qu'il imagine déjà la disparition même du terme, avec l'ultra-banalisation de cette technologie. "Ce seront simplement des objets numériques," dit-il.


L’Arabie saoudite renforce sa présence dans les discussions mondiales sur la mode à Milan

Le RLC Fashion Summit a abordé les réalités auxquelles sont confrontées les industries de la mode et du luxe. (Photo fournie)
Le RLC Fashion Summit a abordé les réalités auxquelles sont confrontées les industries de la mode et du luxe. (Photo fournie)
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  • La Commission saoudienne de la mode a participé comme partenaire principal du RLC Fashion Summit 2026 à Milan, soulignant le rôle croissant du Royaume dans l’industrie mondiale de la mode
  • Les discussions ont porté sur les principaux enjeux du secteur : intelligence artificielle, évolution des consommateurs, investissements, commerce multimarque et émergence de nouveaux marchés

DHAHRAN : Des dirigeants mondiaux de la mode et du luxe se sont réunis à Milan début juin à l’occasion du Retail Leaders Circle (RLC) Fashion Summit 2026, dans le cadre du rayonnement international croissant du RLC Global Forum, dont le rendez-vous phare annuel se tient en Arabie saoudite.

Organisé au Four Seasons Hotel Milano, le RLC Fashion Summit a abordé les défis actuels auxquels font face les secteurs de la mode et du luxe : fragmentation géopolitique, évolution des attentes des consommateurs, discipline en matière d’investissement, intelligence artificielle, avenir du commerce multimarque et influence croissante des nouveaux marchés.

L’initiative Fashion Futures de la Commission saoudienne de la mode a participé au sommet en tant que partenaire principal, illustrant le rôle grandissant du Royaume dans les discussions internationales portant sur la mode, le commerce de détail, l’investissement et le développement des secteurs innovants.

« Notre priorité est de mettre en place les conditions d’une croissance durable pour l’ensemble du secteur de la mode en Arabie saoudite », a déclaré Burak Cakmak, directeur général de la Commission saoudienne de la mode, dans un communiqué. « Alors que l’industrie poursuit sa transformation, nous travaillons à multiplier les opportunités pour les marques internationales, les fabricants, les investisseurs et les partenaires du secteur afin qu’ils puissent s’engager sur le marché saoudien et contribuer à son développement. »

La participation de la commission reflète également la dynamique plus large du secteur de la mode saoudien, alors que le Royaume poursuit ses investissements dans les secteurs innovants, le développement des talents, les infrastructures commerciales et les partenariats internationaux.

« Il est rare de voir un tel niveau de leadership réuni au même endroit pour une journée entière d’échanges authentiques et ouverts », a déclaré Panos Linardos, président du RLC Global Forum.

Outre son forum annuel dédié au commerce de détail à Riyad, le RLC Global Forum organise un calendrier d’événements de premier plan à travers le monde, notamment le CEO Summit à New York et le RLC Fashion Summit à Milan.


À Dubaï, la mode se met au service de l’éducation grâce au partenariat entre OnTheList et Dubai Cares

La plateforme de ventes privées de luxe OnTheList a annoncé un partenariat stratégique avec Dubai Cares, l’organisation philanthropique mondiale basée aux Émirats arabes unis, dans le cadre d’une initiative visant à soutenir le développement humain et l’autonomisation des jeunes à travers le monde. (AFP)
La plateforme de ventes privées de luxe OnTheList a annoncé un partenariat stratégique avec Dubai Cares, l’organisation philanthropique mondiale basée aux Émirats arabes unis, dans le cadre d’une initiative visant à soutenir le développement humain et l’autonomisation des jeunes à travers le monde. (AFP)
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  • Pour marquer le lancement de cette collaboration, OnTheList organisera une vente caritative de mode au Dubai Design District (d3) du 9 au 12 juin
  • L’intégralité des bénéfices générés par cet événement sera reversée à Dubai Cares afin de soutenir ses programmes éducatifs et humanitaires à l’international

DUBAÏ: La plateforme de ventes privées de luxe OnTheList a annoncé un partenariat stratégique avec Dubai Cares, l’organisation philanthropique mondiale basée aux Émirats arabes unis, dans le cadre d’une initiative visant à soutenir le développement humain et l’autonomisation des jeunes à travers le monde.

Pour marquer le lancement de cette collaboration, OnTheList organisera une vente caritative de mode au Dubai Design District (d3) du 9 au 12 juin. L’intégralité des bénéfices générés par cet événement sera reversée à Dubai Cares afin de soutenir ses programmes éducatifs et humanitaires à l’international.

Cette opération réunira plusieurs marques du groupe BESTSELLER, dont JACK & JONES, VERO MODA, ONLY, Name It et Selected. Les visiteurs pourront accéder à une sélection de vêtements et d’accessoires pour hommes, femmes et enfants à des prix fortement réduits.

Créée pour offrir à ses membres un accès privilégié à des marques premium, OnTheList poursuit ainsi sa stratégie d’engagement social dans la région. Pour l’entreprise, ce partenariat avec Dubai Cares s’inscrit dans une volonté de donner davantage de sens à l’expérience d’achat.

« Lorsqu’on construit une marque dans cette région, il est essentiel d’aller au-delà de la simple transaction commerciale. Ce partenariat avec Dubai Cares reflète cette vision : chaque achat contribue désormais à une cause qui dépasse largement l’acte de consommation », a déclaré Delphine Lefay, cofondatrice d’OnTheList.

De son côté, Amal Al Redha, directrice des partenariats chez Dubai Cares, a salué une initiative qui démontre que commerce et responsabilité sociale peuvent se renforcer mutuellement.

« Cette collaboration offre une opportunité concrète de mobiliser une communauté de consommateurs désireux de contribuer positivement à la société. Nous sommes ravis d’accueillir OnTheList parmi nos partenaires », a-t-elle indiqué.

Depuis sa création, Dubai Cares affirme avoir impacté plus de 117 millions de personnes dans plus de 60 pays en développement grâce à ses programmes dédiés à l’éducation, à la jeunesse et au développement durable.

Alors qu’OnTheList continue d’étendre sa présence aux Émirats arabes unis, cette initiative illustre une tendance croissante au sein du secteur de la mode : mettre le pouvoir d’achat au service de causes sociales et humanitaires à l’échelle mondiale.


BBC World Questions au Maroc : la jeunesse féminine au cœur du changement

Morocco's forward #19 Sakina Ouzraoui celebrates with defender #14 Aziza Rabbah after scoring her team's equaliser during the 2025 Women's Africa Cup of Nations semi-final football match against Ghana at Prince Moulay Abdellah Stadium in Rabat on July 22, 2025. (AFP)
Morocco's forward #19 Sakina Ouzraoui celebrates with defender #14 Aziza Rabbah after scoring her team's equaliser during the 2025 Women's Africa Cup of Nations semi-final football match against Ghana at Prince Moulay Abdellah Stadium in Rabat on July 22, 2025. (AFP)
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  • Une édition spéciale de BBC World Questions réunira à Marrakech des jeunes femmes engagées pour débattre des évolutions sociales, des droits des femmes et de la réforme du droit de la famille au Maroc
  • Au cœur des échanges : des questions de société telles que le mariage des mineures et les libertés individuelles

DUBAI: La BBC World Service organisera le 10 juin à Marrakech une édition spéciale de son émission de débat international BBC World Questions, centrée sur la place des femmes dans une société en pleine évolution.

À l’heure où une nouvelle génération porte des revendications en faveur du changement, les questions liées aux droits des femmes, à la foi et à la réforme du droit de la famille occupent une place croissante dans le débat public. Cette émission entend donner la parole aux jeunes Marocaines et mettre en lumière leurs aspirations, leurs préoccupations et leur vision de l’avenir.

Animée par le journaliste Jonny Dymond, l’émission réunira un panel de personnalités engagées dans les questions d’égalité et de participation des femmes à la vie publique. Parmi les intervenantes figurent la rappeuse et chanteuse Frizzy, connue pour son implication dans la campagne pour l’égalité des femmes « The Time Has Come », Meryem Redouane, responsable de la section féminine de la Fédération islamique internationale des organisations étudiantes (IIFSO), Kaoutar Rias, étudiante à l’École nationale d’architecture de Tétouan et membre du Conseil national du renouveau étudiant (OREMA), ainsi que Yousra Salhi, créatrice de contenu numérique féministe et militante pour les droits des femmes.

Les discussions porteront notamment sur le mariage des mineures, la polygamie, les règles d’héritage, le harcèlement sexuel, ainsi que les questions de liberté individuelle et de pudeur. Fidèle au format de BBC World Questions, le public présent jouera un rôle central en posant directement ses questions aux intervenantes.

Gwenan Roberts, responsable des commandes éditoriales au BBC World Service, s’est félicitée de la tenue de cette édition à Marrakech. « Nous sommes ravis de venir à Marrakech et impatients d’entendre directement notre panel et notre public sur la manière dont les femmes marocaines perçoivent leur place dans la société et les évolutions culturelles en cours », a-t-elle déclaré.

L’événement se tiendra au centre Les Étoiles de Jemaa el-Fna à Marrakech et est organisé en partenariat avec BBC News Arabic et la Fondation Ali Zaoua. L’enregistrement sera diffusé à l’échelle mondiale à la radio, à la télévision et sur les plateformes numériques de la BBC.

Pour Gwenan Roberts, rédactrice en chef des commandes à BBC World Service, cette édition représente une occasion unique d’entendre directement les jeunes Marocaines sur leur place dans la société et sur les transformations culturelles qui traversent actuellement le pays.

L’émission sera diffusée pour la première fois sur BBC World Service Radio le 13 juin avant d’être mise à disposition en ligne, sur BBC Sounds et sur les principales plateformes de podcasts. Une version télévisée sera également proposée à partir du 20 juin sur les chaînes et plateformes numériques de la BBC.