Abubakar Shekau, le chef fanatique et sanguinaire de Boko Haram

Le caractère instable d'Abubakar Shekau et la façon dont il énonce, en vidéo, les pires atrocités avec des yeux grands ouverts et un large sourire a choqué dans le monde entier. Comme en 2012, lorsqu'il prononce face caméra: « J'aime tuer (...) comme j'aime sacrifier des poulets et des moutons ». (Photo, Archives/AFP)
Le caractère instable d'Abubakar Shekau et la façon dont il énonce, en vidéo, les pires atrocités avec des yeux grands ouverts et un large sourire a choqué dans le monde entier. Comme en 2012, lorsqu'il prononce face caméra: « J'aime tuer (...) comme j'aime sacrifier des poulets et des moutons ». (Photo, Archives/AFP)
Short Url
Publié le Lundi 07 juin 2021

Abubakar Shekau, le chef fanatique et sanguinaire de Boko Haram

  • Le jihadiste fanatique réussit à gagner l'attention du monde entier notamment en 2014, lorsque son groupe enlève près de 300 adolescentes dans leur pensionnat à Chibok
  • En 2015, il fait allégeance à l'Etat islamique, mais un an plus tard, il est désavoué par l'EI… qui lui reproche ses atrocités, notamment l'utilisation d'enfants pour des attentats-suicides

KANO/LAGOS : Yeux écarquillés, rire sardonique et prêches ultra-violents: durant plus de dix ans, Abubakar Shekau, le leader de Boko Haram, a donné au monde l'image d'un chef jihadiste fanatique, depuis son fief du nord-est du Nigeria.

b
Shekau réussit à gagner l'attention du monde entier. Notamment en 2014, lorsque Boko Haram enlève près de 300 adolescentes dans leur pensionnat à Chibok. Le slogan « Bring Back Our Girls » (Ramenez-nous nos filles) avait été relayé à l'époque jusqu'à la Maison Blanche par la First Lady Michelle Obama. (Photo, Archives/AFP)

Ses rivaux du groupe Iswap, affilié à l'organisation Etat islamique, ont affirmé dans un document audio que cet homme insaisissable - et plusieurs fois donné pour mort - s'était suicidé à l'issue de combats.

C'est en 2010 que Shekau prend la tête de Boko Haram et commence à ordonner des massacres de civils, des attentats-suicides perpétrés par des enfants ou encore des assauts meurtriers contre l'armée dans le nord-est du Nigeria.

A mesure de l'expansion sanglante de son groupe, Shekau réussit à gagner l'attention du monde entier. Notamment en 2014, lorsque Boko Haram enlève près de 300 adolescentes dans leur pensionnat à Chibok.

Le slogan « Bring Back Our Girls » (Ramenez-nous nos filles) avait été relayé à l'époque jusqu'à la Maison Blanche par la First Lady Michelle Obama.

L'histoire de celui que les Etats-Unis considèrent comme un « terroriste à l'échelle mondiale » est d'abord celle d'un fils de petits fermiers pauvres aux vagues connaissances en théologie, qui s'est radicalisé au fil des années.

Ses parents, des Kanouris du sud du Niger, s'étaient installés au Nigeria voisin, dans un village de l'Etat de Yobe avant sa naissance, en 1965, 1969 ou 1975, selon le département américain de la Justice.

Jeune adulte, il part étudier le Coran à Maiduguri, la capitale de l'Etat voisin de Borno, l'un des plus pauvres du Nigeria.

Là, il prend part au mouvement Boko Haram, fondé par Mohammed Yusuf, qui séduit la jeunesse désoeuvrée de Maiduguri en accusant les valeurs occidentales d'être responsables des maux dont souffre le Nigeria, comme la corruption rampante et l'immense pauvreté.

Shekau « était un homme simple et insouciant au début. Les autres étudiants se moquaient parfois de lui pour ses comportements un peu idiots qui traduisaient son déséquilibre mental », rapporte Kayam Bulama, un de ses compagnons de classe.

Mais peu après sa rencontre avec Mohammed Yusuf, « il a commencé à être très emporté et radical », ajoute-t-il.

« J'aime tuer »

Son caractère instable et la façon dont il énonce, en vidéo, les pires atrocités avec des yeux grands ouverts et un large sourire a choqué dans le monde entier.

Comme en 2012, lorsqu'il prononce face caméra: « J'aime tuer (...) comme j'aime sacrifier des poulets et des moutons ».

Mais, « s'il paraît totalement fou dans les vidéos qu'il publie, il est assez intelligent pour avoir réussi à se maintenir à la tête de cette organisation aussi longtemps », souligne Jacob Zenn, chercheur à la Fondation Jamestown, un institut basé à Washington.

En plus de dix ans de conflit, et d'extension continue des attaques de Boko Haram au Niger, au Cameroun et au Tchad, l'armée nigériane n'a pas réussi à écraser l'insurrection. Plusieurs fois, elle avait même annoncé son décès en 2009, 2013 et 2014, avant qu'il ne réapparaisse dans des vidéos pour se lancer dans des messages de plus en plus provocants.

« Le fait d'avoir été plusieurs fois donné pour mort, à tort, ou blessé sans avoir trépassé, a certainement accentué son sentiment de toute-puissance », affirme Yan Saint-Pierre, qui dirige le centre d'analyse en sécurité Modern Security Consulting Group.

En 2015, il fait allégeance à l'EI, et son groupe devient le groupe Etat islamique en Afrique de l'Ouest (Iswap).

Mais un an plus tard, il est désavoué par l'EI, qui lui reproche notamment l'utilisation d'enfants pour des attentats-suicides.

Selon M. Saint-Pierre, « son intransigeance, sa radicalité, lui a été reprochée par une partie des jihadistes », pourtant eux-mêmes rompus aux méthodes violentes.

Abubakar Shekau relance alors sa faction historique. Depuis cette date, deux groupes jihadistes se partagent une grande partie du nord-est du Nigeria: l'Iswap sur les pourtours du lac Tchad, et Boko Haram dans son bastion historique de la forêt de Sambisa.

Ces dernières années l'Iswap est monté en puissance, gagnant du territoire et lançant des attaques plus sophistiquées.

C'est au cœur de la forêt de Sambisa, durant des combats entre les deux groupes rivaux, que Shekau avait été grièvement blessé récemment. Alors que les rumeurs ont enflé depuis lors sur sa mort, Boko Haram n'avait dimanche soir pas réagi à l'annonce du décès de celui qui aura été son visage et sa voix.


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Short Url
  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Short Url
  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.


Washington désigne le groupe Palestine Action comme «organisation terroriste étrangère»

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio. (AFP)
Short Url
  • L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor
  • L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants à travers le monde

WASHINGTON: Les Etats-Unis ont désigné mercredi comme "organisations terroristes" le groupe Palestine Action, basé au Royaume-Uni, ainsi qu'un groupe italien d'extrême gauche, dans le cadre d'une offensive de l'administration Trump contre les mouvements extrémistes de gauche.

"Le terrorisme d'extrême gauche représente une menace grave pour les Etats-Unis et l'Occident dans son ensemble", a déclaré sur X le secrétaire d'Etat américain, Marco Rubio.

"Nous utiliserons tous les moyens et toutes les prérogatives dont nous disposons pour lutter contre le terrorisme et protéger notre mode de vie contre la coercition terroriste", a-t-il ajouté.

L'organisation propalestinienne Palestine Action est accusée d'avoir "apporté une aide substantielle (...) à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci", a rapporté dans un communiqué le département du Trésor.

L'entité italienne visée est Autistici/Inventati (Collectif A/I), que Washington considère comme "un groupe extrémiste qui met en place et gère l'infrastructure numérique de cellules Antifa violentes et d'autres militants d'extrême gauche à travers le monde", selon un autre communiqué du département d'Etat.

"Ces outils sont spécifiquement conçus pour faciliter les activités des réseaux terroristes d'extrême gauche, et permettent à ces derniers de s'organiser, recruter, communiquer, diffuser de la propagande, partager des informations sur leurs cibles et des tactiques, et mener des attaques violentes – tout en restant anonymes, intraçables", est-il reproché.

Le département d'Etat affirme aussi que les "cellules anarchistes responsables des actes de sabotage commis contre les réseaux ferroviaires en France, en Italie, en Allemagne et aux Pays-Bas en 2026 ont utilisé les outils et services du collectif A/I pour revendiquer ces attaques, publier des communiqués officiels et diffuser des manuels expliquant comment fabriquer des engins incendiaires de fortune pour les voies ferrées et d'autres infrastructures critiques".

Liberté d'expression 

Au Royaume-Uni, le groupe Palestine Action a été déclaré "terroriste" par le gouvernement travailliste en 2025 après des actes de vandalisme commis par ses militants, notamment sur une base de la Royal Air Force et une attaque à Bristol contre un site de l'entreprise d'armement israélienne Elbit Systems.

La mesure, qui entraîne son interdiction, a déclenché des manifestations d'ampleur et est contestée devant la justice.

"Le fait que Trump s'inspire désormais de la répression exercée par la Grande-Bretagne à l'encontre du mouvement pour la liberté des Palestiniens montre à quel point cette interdiction est dangereuse et devrait servir de signal d'alarme à tous ceux qui ont à cœur la liberté d'expression et les libertés civiles", a réagi Huda Ammori, co-fondatrice de Palestine Action.

Elle a appelé le nouveau Premier ministre britannique, Andy Burnham, à lever cette interdiction qui représente une "attaque sans précédent contre la liberté d'expression en Grande-Bretagne".

Créé en 2020, Palestine Action a gagné en visibilité après le début de la guerre dans la bande de Gaza, provoquée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas contre Israël le 7 octobre 2023.

Les sanctions américaines impliquent pour les organisations visées un gel des avoirs éventuellement détenus aux Etats-Unis. Les entreprises et citoyens américains ont interdiction de commercer avec elles, sous peine d'être à leur tour sanctionnés.

Mi-juillet, les Etats-Unis ont accueilli une conférence internationale sur "la résurgence du terrorisme politique", visant notamment le mouvement Antifa, pour "antifasciste". Il s'agit d'un mouvement nébuleux d'activistes de gauche qui, selon les experts, relève davantage d'une idéologie politique que d'un groupe organisé.

Dans un récent rapport sur l'antiterrorisme, l'administration Trump a défini trois principales "menaces" contre la première puissance mondiale: "les narcoterroristes et les gangs internationaux", les "terroristes islamistes historiques" et les "extrémistes violents de gauche, y compris les anarchistes et les antifascistes".

Les détracteurs de l'administration Trump relèvent que la violence d'extrême gauche reste historiquement bien en-deçà de celle de l'extrême droite.