Covid-19: Assouplissement des mesures US en plein débat sur la réouverture des frontières

Washington a jusqu'ici toujours invoqué la «science» pour justifier le maintien de cette fermeture. (Photo, AFP)
Washington a jusqu'ici toujours invoqué la «science» pour justifier le maintien de cette fermeture. (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 09 juin 2021

Covid-19: Assouplissement des mesures US en plein débat sur la réouverture des frontières

  • En avril, le département d'Etat avait annoncé qu'il allait classer près de 80% des pays du monde au niveau 4
  • Ce revirement intervient au moment où l'Union européenne a décidé d'autoriser l'entrée aux voyageurs américains vaccinés contre le Covid, mais demande la réciprocité aux Etats-Unis

WASHINGTON : Les Etats-Unis ont assoupli mardi leur avertissement aux voyageurs souhaitant se rendre dans plusieurs pays dont la France, après réévaluation du risque lié au Covid-19 au moment où les Européens réclament, eux, la réouverture des frontières américaines à la faveur des progrès de la vaccination.

De nombreux pays européens, dont l'Allemagne, l'Italie et l'Espagne, profitent de cette embellie juste avant la visite du président américain Joe Biden en Europe. Ainsi que le Japon, à un mois et demi des Jeux olympiques, ou encore le Canada et le Mexique, les deux voisins des Etats-Unis.

En tout, près de 60 pays qui étaient frappés par la mise en garde maximale de niveau 4 ("ne pas s'y rendre") en raison de la crise sanitaire sont ramenés au niveau 3 ("éviter de s'y rendre si possible"), a annoncé la diplomatie américaine dans un communiqué. Une vingtaine d'autres Etats descendent eux d'un cran aux niveaux 2 ou 1.

Un responsable du département d'Etat américain a expliqué les assouplissements par un "changement méthodologique" dans l'analyse du risque sanitaire pour les voyageurs réalisée par les Centres de prévention et de lutte contre les maladies (CDC).

En avril, le département d'Etat avait annoncé qu'il allait classer près de 80% des pays du monde au niveau 4, pour harmoniser ses avertissements aux voyageurs avec ceux des CDC et mieux prendre en compte le risque épidémiologique.

Ce revirement augure-t-il d'un changement de pied de Washington au sujet des frontières américaines, fermées aux non Américains et non résidents en provenance de l'espace Schengen, d'Irlande et du Royaume-Uni depuis mars 2020?

Il intervient en tout cas au moment où l'Union européenne a décidé d'autoriser l'entrée aux voyageurs américains vaccinés contre le Covid, mais demande la réciprocité aux Etats-Unis.

Familles séparées

"Nous accueillons déjà des touristes américains à partir du moment où ils sont vaccinés, à partir du moment où ils ont eu les deux doses et qu'on a attendu le délai de 15 jours. J'insiste que nous voulons la réciprocité", a dit lundi le commissaire européen chargé du Marché intérieur, Thierry Breton, promettant d'en parler avec les autorités américaines.

Au-delà des touristes, la fermeture des frontières qui, côté américain, concerne aussi la Chine, l'Iran, le Brésil, l'Afrique du Sud et l'Inde, a suscité de nombreux drames personnels, séparant des milliers de familles parfois depuis plus d'un an.

Washington a jusqu'ici toujours invoqué la "science" pour justifier le maintien de cette fermeture -- surtout lorsque la campagne de vaccination aux Etats-Unis avait une bonne longueur d'avance sur celle des pays européens. Récemment, toutefois, la vaccination s'est accélérée aussi dans l'UE, où le nombre de cas de coronavirus est en nette baisse.

 

Voyages internationaux

Les Etats-Unis ont constitué des groupes de travail avec le Canada, le Mexique, l'Union européenne et le Royaume-Uni pour préparer la reprise des voyages internationaux, a annoncé mardi un responsable du département d'Etat."Consciente de l'importance des voyages pour nos citoyens et leurs familles, et du rôle essentiel que jouent les relations commerciales et le secteur des transports dans nos économies", l'administration Biden cherche à "déterminer la meilleure façon de reprendre les voyages en toute sécurité", a-t-il ajouté.

Dans ces groupes figureront notamment des représentants du département d'Etat, des autorités sanitaires américaines, et des conseillers de la Maison Blanche. Ces groupes de travail doivent aider à "tracer la voie à suivre" pour "reprendre les voyages internationaux avec nos partenaires clé lorsqu'il sera déterminé que cela peut être fait en toute sécurité", a ajouté le responsable.

Et l'assouplissement des avertissements aux voyageurs suggère que la "science" -- en tout cas ses représentants au sein de l'administration américaine -- a revu à la baisse le risque lié au Covid-19 en cas de déplacement dans de nombreux pays, notamment européens.

La question devrait être soulevée par les homologues du président Biden lors de son déplacement au Royaume-Uni pour le sommet du G7 et à Bruxelles pour une réunion avec les dirigeants de l'UE.

"Nous avons très clairement entendu le désir de nos amis en Europe et au Royaume-Uni de pouvoir rouvrir les voyages transatlantiques, et nous voulons aussi cela. Mais nous devons suivre la science et les recommandations de nos professionnels de santé publique", avait assuré lundi le conseiller de la Maison Blanche pour la sécurité nationale Jake Sullivan. "Donc nous discutons activement avec eux pour définir le calendrier", avait-il ajouté.

"L'administration Biden se rend compte qu'à l'approche du sommet avec l'UE, elle va devoir s'occuper de ce dossier alors que ce n'était pas à l'agenda de la Maison Blanche, en raison de la demande européenne de réciprocité et de la pression des compagnies aériennes qui veulent voir le trafic transatlantique reprendre", a dit Célia Belin, politologue à la Brookings Institution à Washington, qui avait appelé la semaine dernière le président américain à un "geste fort" en ce sens lors de son voyage en Europe.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.


Washington prévoit d'envoyer un nouveau porte-avions au Moyen-Orient dans les prochaines semaines 

Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain. (AFP)
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  • L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine
  • Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage

WASHINGTON: Les Etats-Unis préparent le déploiement d'un nouveau porte-avions vers le Moyen-Orient "dans les prochaines semaines" pour y relayer un autre bâtiment déjà sur place, selon une information de l'Institut naval américain.

L'organisation a précisé mercredi que le Theodore Roosevelt et son escorte quitteront leur port d'attache de San Diego, en Californie, "dans les prochaines semaines" afin de "relayer le George Washington" arrivé dans la région depuis une semaine.

Ce dernier avait lui-même remplacé le porte-avions Abraham Lincoln, dont la mission de très longue durée - plus de huit mois en mer sans escale - a fait émerger des critiques sur les conditions de vie à bord et la santé mentale de l'équipage.

Selon un haut responsable de la marine américaine cité par l'Institut naval américain, le déploiement du Theodore Roosevelt durera "plus de sept mois". "Leur commandement leur fait tabler sur huit mois", a-t-il encore déclaré.

Contacté par l'AFP, le Pentagone n'a pas fait de commentaire dans l'immédiat.

Le porte-avions Abraham Lincoln et ses quelque 5.000 marins s'apprêtent enfin à toucher terre, en Thaïlande, a indiqué la marine thaïlandaise à l'AFP jeudi. Cette escale est attendue du 2 au 6 septembre, selon des médias locaux.

Le bâtiment avait quitté San Diego le 21 novembre 2025 pour une mission en mer de Chine méridionale et avait été redirigé vers le Moyen-Orient avant que les Etats-Unis et Israël lancent leur offensive conjointe contre l'Iran le 28 février.


Emmanuel Macron rencontrera Andy Burnham à Londres la semaine prochaine

Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
Le président français Emmanuel Macron attend l’arrivée du prince héritier d’Arabie saoudite pour une rencontre au palais de l’Élysée à Paris, le 24 août 2026. (AFP)
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  • Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine et sera reçu à Downing Street par le Premier ministre britannique Andy Burnham
  • Cette visite intervient avant l’exposition de la tapisserie de Bayeux au British Museum et dans un contexte de rapprochement entre Londres et l’UE sur l’Ukraine

LONDRES: Emmanuel Macron se rendra à Londres la semaine prochaine pour une visite au cours de laquelle le président français sera reçu à Downing Street par le nouveau Premier ministre britannique Andy Burnham, a indiqué jeudi à l'AFP une source gouvernementale britannique.

Cette visite intervient à quelques jours de l'ouverture de l'exposition exceptionnelle de la tapisserie de Bayeux, prêtée au British Museum à Londres, projet dans lequel Emmanuel Macron s'est beaucoup investi.

Le président français est le deuxième dirigeant étranger, et le premier d'un pays de l'Union européenne (UE), à être reçu par le chef du gouvernement travailliste depuis son accession au pouvoir le 20 juillet, après son homologue ukrainien Volodymyr Zelensky fin juillet.

MM. Macron et Burnham ont co-présidé cette semaine, avec le chancelier allemand Friedrich Merz, une réunion de la coalition des volontaires pour l'Ukraine.

Le chef de l'Etat français y a participé en visioconférence, tandis que le Premier ministre britannique s'est rendu à Kiev, pour son premier déplacement à l'étranger.

A cette occasion, il a notamment rencontré le président du Conseil européen, Antonio Costa, à qui il a affirmé que le Royaume-Uni devait faire preuve de "plus d'audace" pour se rapprocher de l'UE, selon un compte-rendu de leur entretien publié par Downing Street.