Biden arrive en Europe avec dans ses valises la promesse de vaccins pour le monde

Le président américain Joe Biden et la première dame Jill Biden arrivent à bord d'Air Force One à la RAF Mildenhall, en Angleterre, avant le sommet du G7 à Cornwall, le mercredi 9 juin 2021 (Photo, AP)
Le président américain Joe Biden et la première dame Jill Biden arrivent à bord d'Air Force One à la RAF Mildenhall, en Angleterre, avant le sommet du G7 à Cornwall, le mercredi 9 juin 2021 (Photo, AP)
La Première dame américaine Jill Biden et le président Joe Biden à leur arrivée à la Royal Air Force Mildenhall, en Angleterre, le 9 juin 2021 (Photo, AFP)
La Première dame américaine Jill Biden et le président Joe Biden à leur arrivée à la Royal Air Force Mildenhall, en Angleterre, le 9 juin 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Mercredi 09 juin 2021

Biden arrive en Europe avec dans ses valises la promesse de vaccins pour le monde

Le président américain Joe Biden et la première dame Jill Biden arrivent à bord d'Air Force One à la RAF Mildenhall, en Angleterre, avant le sommet du G7 à Cornwall, le mercredi 9 juin 2021 (Photo, AP)
La Première dame américaine Jill Biden et le président Joe Biden à leur arrivée à la Royal Air Force Mildenhall, en Angleterre, le 9 juin 2021 (Photo, AFP)
  • Joe Biden avait déclaré avant d'embarquer pour l'Europe qu'il s'apprêtait à dévoiler une stratégie vaccinale mondiale
  • Accompagné de la Première dame, Jill Biden, le dirigeant démocrate participera au sommet du G7 en Cornouailles, où pandémie et climat feront partie des priorités

ROYAUME-UNI: Le président américain Joe Biden est arrivé mercredi au Royaume-Uni, première étape d'une tournée européenne où il doit annoncer, dans un geste fort lors du sommet du G7, que les Etats-Unis fourniront au monde un demi-milliard de doses de vaccin contre le coronavirus. 

« Je sais que les démocraties peuvent se rassembler pour relever les défis de cette nouvelle ère, cette semaine, en Europe, nous avons l'occasion de la prouver », a tweeté le président américain pendant son vol à bord d'Air Force One, pour son premier déplacement à l'étranger depuis son arrivée au pouvoir, lors duquel il doit rencontrer son homologue russe Vladimir Poutine. 

Joe Biden doit annoncer que les Etats-Unis vont acheter 500 millions de doses de vaccins contre la Covid-19 de Pfizer/BioNTech pour les donner à d'autres pays, selon plusieurs médias américains. 

Les premières 200 millions de doses seront distribuées cette année, le reste l'année prochaine, selon le New York Times et le Washington Post. 

Joe Biden avait déclaré avant d'embarquer pour l'Europe qu'il s'apprêtait à dévoiler une stratégie vaccinale mondiale. 

Le président américain « s'exprimera sur ce sujet demain (jeudi) et pourra parler des mesures supplémentaires que les Etats-Unis prennent pour aider à donner plus de doses aux pays pauvres à travers le monde », a déclaré à bord d'Air Force One le conseiller à la sécurité nationale Jake Sullivan. 

Vivement critiquée pour avoir tardé à partager ses vaccins contre la Covid-19 avec le reste du monde, la Maison Blanche tente désormais se poser en leader sur ce dossier. 

Même sens de l'urgence  

« Les Etats-Unis sont déterminés à travailler sur la vaccination internationale avec le même sens de l'urgence dont nous avons fait preuve dans notre pays », martèle Joe Biden. 

Washington vient d'annoncer que 75% des 80 millions de doses de vaccins promises à des pays étrangers d'ici fin juin seraient distribuées via le dispositif de partage Covax, mis en place pour assurer une distribution équitable des vaccins, notamment aux pays à faible revenus. 

Accompagné de la Première dame, Jill Biden, le dirigeant démocrate participera au sommet du G7 en Cornouailles, où pandémie et climat feront partie des priorités. 

Premier arrêt de la tournée: la base de Mildenhall, dans l'est du Royaume-Uni, où le président doit s'exprimer devant des membres de l'US Air Force dans la soirée. 

Un tête-à-tête avec le Premier ministre britannique Boris Johnson est prévu dès jeudi. Dimanche, Joe Biden rendra visite, au château de Windsor, à la reine Elizabeth II, qui règne depuis 69 ans. 

« America is back »  

« Mon voyage en Europe est l'occasion pour l'Amérique de mobiliser les démocraties du monde entier », a assuré celui qui martèle, depuis son arrivée au pouvoir, que les Etats-Unis sont de retour ( »America is back ») et entendent s'impliquer pleinement dans les affaires du monde. 

Au sortir du mandat de Donald Trump, les alliés « accueilleront ces propos rassurants avec un peu scepticisme », souligne cependant Suzanne Maloney, du centre de réflexion Brookings, basé à Washington. 

« La volonté de Biden de renouer avec eux devra surmonter non seulement les cicatrices des quatre années écoulées mais aussi les questions persistantes sur l'état de santé de la démocratie américaine », écrit-elle. 

Comment le locataire de la Maison Blanche s'est-il préparé à ce déplacement de huit jours, qui le mènera aussi à Bruxelles et au cours duquel il multipliera les rencontres bilatérales? 

« Il se prépare depuis 50 ans », a répondu sa porte-parole Jen Psaki, dans une allusion à la très longue carrière politique du président de 78 ans qui fut élu pour la première fois au Sénat en 1972, à l'âge de 29 ans. 

« Il connait certains de ces dirigeants, dont le président Poutine, depuis des décennies », a-t-elle insisté. 

Point culminant 

Le sommet avec Vladimir Poutine, prévu le 16 juin à Genève, sera le point culminant de ce premier déplacement, qui intervient au moment où Joe Biden est en difficulté dans son pays, sur fond de tensions au sein de son propre camp. 

Ukraine, Bélarus, sort de l'opposant russe emprisonné Alexeï Navalny, cyberattaques: les discussions s'annoncent âpres et difficiles, notamment sur ce dernier point. 

La question cyber sera »un sujet de notre discussion » a assuré Joe Biden mercredi avant son départ. 

Concernant la Russie, la Maison Blanche, qui alterne messages conciliants et mises en garde, martèle qu'elle a des attentes modestes. Seul objectif avancé: rendre les relations entre les deux pays plus « stables et prévisibles ». 

« Le problème est que Poutine ne veut pas nécessairement une relation plus stable et plus prévisible », résume le diplomate américain Alexander Vershbow, ancien numéro 2 de l'Alliance atlantique. 

La présidence américaine a donné peu de détails sur le déroulement de ce tête-à-tête. Elle a seulement laissé entendre que, contrairement à ce qui s'était passé avec Donald Trump à Helsinki en 2018, une conférence de presse commune des deux hommes n'était pas à l'ordre du jour. 

 


Les Etats-Unis suppriment un statut de protection pour les exilés yéménites

La secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a déclaré que le Yémen ne remplissait plus les conditions légales pour bénéficier du statut de protection temporaire. (Reuters)
La secrétaire américaine à la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a déclaré que le Yémen ne remplissait plus les conditions légales pour bénéficier du statut de protection temporaire. (Reuters)
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  • Les États‑Unis ont annoncé la fin du statut de protection temporaire (TPS) pour les ressortissants yéménites, accordé depuis 2015 en raison du conflit armé, avec une mise en œuvre prévue dans 60 jours selon le Département de la Sécurité intérieure
  • Cette décision reflète une politique plus large du gouvernement américain visant à réduire les protections humanitaires pour les migrants

WASHINGTON: Le gouvernement américain a annoncé vendredi mettre fin au statut de protection accordé aux exilés originaires du Yémen, qui était en vigueur depuis dix ans.

La ministre de la Sécurité intérieure, Kristi Noem, a affirmé que le statut de protection temporaire (TPS), initialement accordé aux ressortissants de ce pays en septembre 2015 en raison du conflit armé qui y sévit, prendrait fin dans 60 jours.

Le TPS permet à un petit nombre de personnes de vivre et de travailler aux États-Unis si elles sont considérées comme étant en danger en cas de retour dans leur pays d'origine, en raison d'une guerre, d'une catastrophe naturelle ou d'autres circonstances exceptionnelles.

Environ 1.400 Yéménites bénéficient de ce statut aux Etats-Unis.

L'administration Trump a déjà supprimé les protections TPS de nombreux Etats, comme le Venezuela, Haïti ou le Népal, dans le cadre de sa politique drastique visant à réduire l'immigration.

Le Yémen est un des pays les plus pauvres du monde et fait face à une guerre civile depuis 2014.

"Après avoir examiné la situation dans le pays et consulté les agences gouvernementales américaines compétentes, j'ai déterminé que le Yémen ne remplissait plus les conditions légales pour bénéficier du statut de protection temporaire", a déclaré Mme Noem dans un communiqué.

"Permettre aux bénéficiaires du TPS yéménites de rester temporairement aux États-Unis est contraire à notre intérêt national", a ajouté la ministre.

Les bénéficiaires du TPS yéménite qui n'ont aucune autre base légale pour rester aux États-Unis ont 60 jours pour quitter le territoire américain, sous peine d'être arrêtés, précise le communiqué, promettant un billet d'avion gratuit et une "prime de départ" de 2.600 dollars à ceux qui partiront de leur plein gré.


Iran: Trump évoque désormais un renversement du pouvoir

Le président Donald Trump avant d’embarquer à bord de l’Air Force One après une visite de la base de l’armée américaine de Fort Bragg, vendredi. (AFP)
Le président Donald Trump avant d’embarquer à bord de l’Air Force One après une visite de la base de l’armée américaine de Fort Bragg, vendredi. (AFP)
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  • Le président américain Donald Trump a évoqué un possible renversement du régime iranien tout en envoyant un deuxième porte-avions dans le Golfe, sur fond de négociations difficiles avec Téhéran
  • Les manifestations en Iran, réprimées début janvier, ont fait des milliers de morts et plus de 53.000 arrestations ; Reza Pahlavi appelle à de nouvelles mobilisations internationales et à l’intérieur du pays pour faire pression sur le régime

WASHINGTON: Donald Trump a évoqué ouvertement vendredi un renversement du pouvoir en Iran, sur fond de difficile dialogue entre Washington et Téhéran sur les capacités nucléaires et balistiques de la République islamique.

Le président américain, qui oscille entre promesses d'une issue négociée et menaces militaires, avait peu auparavant confirmé l'envoi "très bientôt" d'un deuxième porte-avions américain dans la région.

"Il semble que ce serait la meilleure chose qui puisse arriver", a dit le président américain à des journalistes qui l'interrogeaient sur éventualité d'un "changement de régime".

"Depuis 47 ans, ils parlent et parlent et parlent. Et pendant ce temps nous avons perdu beaucoup de vies", a ajouté le dirigeant républicain, en quittant la base militaire de Fort Bragg (Caroline du Nord, sud-est).

Reza Pahlavi, le fils exilé du dernier chah d'Iran, a lui appelé les Iraniens à de nouvelles actions de protestation, après la vague de mobilisation réprimée dans le sang début janvier, parallèlement à des rassemblements prévus samedi à l'étranger.

Le président américain avait brandi la menace d'une intervention militaire en Iran face à la répression des manifestations qui, selon des ONG de défense des droits humains, a fait des milliers de morts.

Il a ensuite continué de menacer Téhéran pour pousser à un accord, notamment sur le dossier nucléaire.

- "Traumatisantes" -

Des négociations entre les deux pays ennemis ont repris le 6 février à Oman mais leur poursuite demeure incertaine tant les positions restent éloignées.

Washington, encouragé par Israël, veut également limiter le programme de missiles balistiques de l'Iran et mettre fin au soutien à des groupes armées dans la région.

L'Iran de son côté ne veut parler que du programme nucléaire et insiste pour conserver des capacités de raffinage d'uranium.

Faute d'accord, Donald Trump a menacé jeudi le pays de conséquences "traumatisantes", en rappelant le bombardement par les Etats-Unis de sites nucléaires iraniens lors d'une guerre de 12 jours déclenchée par Israël en juin.

A l'époque, le président américain avait déjà évoqué en termes confus un possible changement du pouvoir en Iran mais avait ensuite rejeté cette idée, jugeant que cela apporterait du "chaos".

Après l'envoi en janvier dans la région du Golfe du porte-avions USS Abraham Lincoln et de ses navires d'escorte, un deuxième porte-avions, le Gerald Ford, doit donc les rejoindre, à une date qui reste incertaine.

Les cibles que Washington pourrait viser dans le cas d'une intervention ne sont pas claires non plus.

Le secrétaire général de l'Agence internationale de l'énergie atomique, Rafael Grossi, a lui indiqué vendredi qu'un accord entre l'AIEA et Téhéran sur les inspections du programme nucléaire était "possible", mais "terriblement difficile".

- Répression -

L'Iran avait refusé en novembre que l'AIEA inspecte ses différents sites bombardés en juin.

Dans le même temps, Reza Pahlavi, qui vit aux Etats-Unis et n'a pas remis les pieds dans son pays natal depuis la Révolution islamique de 1979, a appelé à manifester samedi à Munich, Toronto et Los Angeles pour réclamer une action internationale contre l'Iran.

Dans un message publié sur X, le fils exilé du dernier chah a exhorté en outre les Iraniens de l'intérieur à s'associer à ces manifestations en scandant, samedi et dimanche, des slogans depuis leurs fenêtres et leurs toits.

Selon le groupe basé aux Etats-Unis Human Rights Activists News Agency (HRANA), au moins 7.008 personnes, la plupart des manifestants, ont été tuées lors des protestations, début janvier, et plus de 53.000 personnes ont été arrêtées depuis.

Si quelques figures du courant réformateur ont été libérées, selon l'ONG Iran Human Rights (IHR) des centaines de personnes sont poursuivies pour des chefs d'accusation liés aux manifestations, qui pourraient aboutir à leur condamnation à mort.

Selon les autorités iraniennes, les manifestations ont fait plus de 3.000 morts, en grande majorité des membres des forces de sécurité ou des passants tués par des "terroristes", à la solde selon Téhéran d'Israël et des Etats-Unis.


Merz et Macron évoquent leur discussion sur la dissuasion nucléaire avant un discours français

Le Premier ministre britannique Keir Starmer, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron posent pour une photo au début de la réunion E-3, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le 13 février 2026 à Munich. (AFP)
Le Premier ministre britannique Keir Starmer, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président français Emmanuel Macron posent pour une photo au début de la réunion E-3, lors de la Conférence de Munich sur la sécurité, le 13 février 2026 à Munich. (AFP)
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  • Le chancelier Friedrich Merz a confirmé des discussions avec Emmanuel Macron sur la dissuasion nucléaire européenne, alors que la France envisage d’articuler sa doctrine nationale avec des intérêts de sécurité communs à certains pays européens
  • Berlin insiste pour que toute évolution s’inscrive strictement dans le cadre de l’OTAN et refuse l’émergence de niveaux de protection nucléaire différenciés entre États européens

MUNICH: Le chancelier allemand Friedrich Merz a évoqué vendredi ses "discussions confidentielles" avec Emmanuel Macron sur "la dissuasion nucléaire européenne", le président français envisageant d'"articuler" la "doctrine nationale" française avec des "intérêts de sécurité communs" de certains pays européens.

La France est le seul pays de l'Union européenne, et le seul pays européen avec le Royaume-Uni, à disposer de l'arme nucléaire. Tous les autres pays sont protégés par la dissuasion élargie américaine dans le cadre l'alliance atlantique Otan.

Emmanuel Macron doit prononcer fin février un important et rare discours mettant à jour la doctrine nucléaire française, alors que plusieurs voix en Europe ont appelé à réfléchir à de nouvelles pistes pour protéger le Vieux continent.

Mais le chancelier allemand a estimé qu'il ne fallait pas que ces réflexions aboutissent à créer des différences de protection nucléaire entre Européens.

Toute dissuasion nucléaire européenne doit "s'inscrire strictement dans le cadre de notre participation nucléaire à l'Otan. Et nous ne laisserons pas apparaître en Europe des zones de sécurité différentes", a-t-il mis en garde.

Les Etats-Unis, qui ont assumé depuis des décennies la protection de l'Europe tandis que les pays du Vieux Continent réduisaient leurs dépenses de défense, exigent désormais de leurs alliés qu'ils se prennent en main. Dans le même temps, la Russie a envahi l'Ukraine, menant une guerre en Europe protégée par son propre arsenal nucléaire.

Interrogé sur le sujet à Munich, le président français a expliqué envisager d'"articuler" la "doctrine nationale, qui est garantie et contrôlée par la Constitution, avec des coopérations spéciales, des excercices communs, et des intérêts de sécurité communs avec certains pays-clés".

"C'est exactement ce que nous faisons pour la première fois de l'histoire avec l'Allemagne", a-t-il dit.

Selon lui, la dissuasion doit être "articulée dans une approche holistique de défense et sécurité". "C'est une manière de créer de la convergence dans notre approche statégique et culture stratégique entre l'Allemagne et la France", a-t-il ajouté.