Des milliardaires qui ne paient pas d'impôt, du pain bénit pour Biden

Le patron d'Amazon Jeff Bezos qui fait partie des hommes les plus riches du monde. (AFP)
Le patron d'Amazon Jeff Bezos qui fait partie des hommes les plus riches du monde. (AFP)
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Publié le Jeudi 10 juin 2021

Des milliardaires qui ne paient pas d'impôt, du pain bénit pour Biden

  • «N'importe qui, avec des comptables avertis, est capable de minimiser et parfois ramener à zéro l'impôt à payer», a expliqué mercredi à l'AFP Maya MacGuineas, présidente du Comité pour un budget fédéral responsable, une organisation indépendante
  • Ces révélations pourraient pousser une partie de l'opinion publique dans le camp de Joe Biden, qui entend augmenter les impôts des plus riches, entreprises et ménages

WASHINGTON : Des milliardaires américains comme Jeff Bezos ou Elon Musk qui ne paient pas d'impôt en toute légalité: ces révélations pourraient donner un coup de pouce au président Joe Biden qui veut que les plus riches paient leur "juste part", mettant la pression sur le Congrès pour adopter sa réforme.

"N'importe qui, avec des comptables avertis, est capable de minimiser et parfois ramener à zéro l'impôt à payer", a expliqué mercredi à l'AFP Maya MacGuineas, présidente du Comité pour un budget fédéral responsable, une organisation indépendante.

Le débat est revenu sur le devant de la scène mardi, quand le média d'investigation ProPublica a révélé que plusieurs milliardaires, dont le patron d'Amazon Jeff Bezos et celui de Tesla Elon Musk, deux des trois hommes les plus riches du monde, avaient payé peu ou pas d'impôts sur leur richesse totale, composée en grande partie d'actions de leurs entreprises, et non de leurs seuls revenus.

Crédits d'impôts pour enfants à charge, réductions liées à des emprunts ou à des investissements supérieurs aux revenus... Le code des impôts américain est "comme du gruyère, rempli de trous", poursuit Maya MacGuineas, précisant que ces allègements représentent près de 2.000 milliards de dollars chaque année.

Et "plus vous gagnez d'argent (...), plus vous pouvez trouver d'éléments dans le code des impôts pour en profiter. Encore une fois, il n'y a rien d'illégal à le faire", souligne-t-elle, insistant sur l'importance de simplifier le système.

 Milliardaires vs travailleurs 

Ces révélations pourraient pousser une partie de l'opinion publique dans le camp de Joe Biden, qui entend augmenter les impôts des plus riches, entreprises et ménages.

"Il est temps pour les entreprises américaines et les 1% d'Américains les plus riches de payer leur juste part", avait-il répété fin avril.

La réforme proposée par la Maison Blanche prévoit ainsi d'augmenter la fiscalité des revenus supérieurs à 400.000 dollars annuels et une imposition réelle de 15% sur les bénéfices des grosses entreprises.

Plusieurs personnalités citées dans le rapport de ProPublica sont précisément celles qui dirigent les sociétés les plus profitables de la planète.

"Des milliardaires comme Jeff Bezos, Elon Musk et Warren Buffett paient une infime fraction de leur fortune en impôts par rapport aux familles qui travaillent. Ce n'est pas juste", a dénoncé dans un tweet la sénatrice démocrate Elizabeth Warren, partisane de l'instauration d'un impôt sur la richesse et qui dénonce depuis longtemps l'optimisation fiscale.

«Taxez les milliardaires»

"Taux d'imposition réel des milliardaires: Warren Buffett: 0,10% Jeff Bezos: 0,98% Michael Bloomberg: 1,30% Elon Musk: 3,27%. Taux d'imposition pour les travailleurs américains: 24,2%. Taxez les milliardaires. Faites-leur payer leur juste part", a souligné un autre sénateur démocrate très à gauche, Bernie Sanders, sur Twitter également.

L'opposition républicaine, elle, reste opposée à toute augmentation. Cela reviendrait à détricoter en partie les baisses d'impôts mises en place par Donald Trump en 2017.

"Nous savons qu'il y a plus à faire pour s'assurer que les entreprises, les individus qui ont les revenus les plus élevés, paient leur juste part", avait commenté mardi la porte-parole de la Maison Blanche Jen Psaki.

Le plan de Joe Biden prévoit ainsi que, pour les 1% de foyers à plus hauts revenus, le taux d'imposition remonte à 39,6% au lieu de 37%. 

Quant aux plus-values sur les capitaux et transactions boursières, qui jouissent jusqu'ici d'un taux d'imposition de 20%, elles pourraient désormais être taxées à hauteur de 39,6% également, pour ceux qui gagnent plus d'un million de dollars par an, soit 0,3% des foyers fiscaux, selon l'administration Biden.

Et gare à ceux qui oublient de déclarer au fisc tous leurs revenus, puisque les moyens dédiés à cette administration vont être augmentés.

Cinq anciens secrétaires au Trésor, démocrates et républicains, ont publié mercredi une tribune commune soutenant cette dernière initiative. 

"Nous croyons en l'importance de renforcer le système fiscal en faisant plus pour collecter les impôts dus mais non perçus", écrivent Timothy Geithner, Jacob Lew, Henry Paulson, Robert Rubin et Lawrence Summers dans ce texte paru dans le New York Times. 

Cela "générera des recettes importantes et créera un système d'imposition plus juste et efficace", concluent-ils.


Des salariés de TAP Air Portugal manifestent à Lisbonne

Le groupe aérien portugais, dont les difficultés financières s'étaient encore accrues avec la crise sanitaire, a été sauvé en urgence en 2020 par l'État (Photo, AFP).
Le groupe aérien portugais, dont les difficultés financières s'étaient encore accrues avec la crise sanitaire, a été sauvé en urgence en 2020 par l'État (Photo, AFP).
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  • Des pilotes de TAP avaient déjà manifesté début août afin de s'opposer aux coupes salariales, prévues dans le plan de restructuration
  • Le plan de sauvetage de TAP prévoit notamment des baisses de 25% pour les salaires supérieurs à 1 410 euros jusqu'en 2025

LISBONNE: Des centaines de salariés de TAP Air Portugal ont manifesté mardi à Lisbonne contre les "erreurs" de gestion qui compromettent, selon eux, le succès du plan de restructuration de la compagnie aérienne renationalisée en 2020 à la suite de la crise sanitaire.

Des pilotes, des techniciens de maintenance ou encore des membres d'équipage, majoritairement en uniforme, ont défilé en silence jusqu'au ministère des Infrastructures qui a la tutelle des transports.

"Nous sommes des salariés mais également des contribuables", "les licenciements chez TAP reviennent cher": pouvait-on lire sur les pancartes brandies par un millier de manifestants, selon les organisateurs, qui ont participé à ce mouvement à l'appel de trois syndicats.

"Nous demandons au ministre de reconnaître" les "erreurs de gestion" de TAP, a déclaré Tiago Faria Lopes, président du syndicat des pilotes de l'aviation civile (SPAC).

Les syndicats reprochent notamment à la compagnie de "gaspiller les recettes" générées par la reprise du trafic aérien cet été en faisant notamment appel à des prestataires externes, après un plan de départs ayant entraîné une pénurie de personnel et de nombreuses annulations cet été.

Des pilotes de TAP avaient déjà manifesté début août afin de s'opposer aux coupes salariales, prévues dans le plan de restructuration, qu'ils estiment supérieures à celles des autres salariés de la compagnie.

Le plan de sauvetage de TAP prévoit notamment des baisses de 25% pour les salaires supérieurs à 1 410 euros jusqu'en 2025, ainsi qu'une réduction de la flotte de TAP et la cession de créneaux de décollage et d'atterrissage.

"Sans cet effort, nous n'aurions pas obtenu le feu vert de la commission européenne pour le plan de restructuration qui a permis de sauver TAP", a estimé la direction du transporteur portugais, rappelant que les syndicats avaient validé cet accord.

Le groupe aérien portugais, dont les difficultés financières s'étaient encore accrues avec la crise sanitaire, a été sauvé en urgence en 2020 par l'État, qui va injecter 3,2 milliards d'euros au total, en échange d'un plan de restructuration imposé par Bruxelles.

Alors que ce plan est "mis en œuvre avec succès", le ministère des Infrastructures a appelé mardi les salariés "au sens des responsabilités" afin de transformer TAP en une compagnie "rentable".


Le fonds souverain saoudien acquiert des actions dans Alphabet, Zoom et Microsoft

Le PIF se place actuellement au cinquième rang des plus grands fonds souverains du monde; ses actifs sont évalués à 620 milliards de dollars. (Shutterstock)
Le PIF se place actuellement au cinquième rang des plus grands fonds souverains du monde; ses actifs sont évalués à 620 milliards de dollars. (Shutterstock)
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  • Le PIF de l'Arabie saoudite a acquis des actions chez JPMorgan (3,9 millions d'actions) et BlackRock (741 693 actions)
  • Le Fonds d'investissement saoudien est également l'actionnaire majoritaire de la société Lucid Motors, dont le siège social se situe en Californie

RIYAD: Le Public Investment Fund (PIF), en l’occurrence le fonds souverain saoudien, a acquis des actions auprès des entreprises Alphabet, Zoom Video et Microsoft. Cette opération s'inscrit dans le cadre d'une sélection plus large d'actions américaines, et porte à quelque 40,8 milliards de dollars les investissements du fonds souverain saoudien au cours du deuxième trimestre.

Selon une déclaration de la US Securities and Exchange Commission (l'organisme fédéral américain de réglementation et de contrôle des marchés financiers, NDLR), le PIF a acheté 213 000 actions de classe A dans Alphabet, 4,7 millions d'actions de classe A dans Zoom et 1,8 million d'actions dans Microsoft.

Le PIF de l'Arabie saoudite a par ailleurs acquis des actions chez JPMorgan (3,9 millions d'actions) et BlackRock (741 693 actions).

Le PIF a acquis également 6,3 millions d'actions dans Starbucks et d'autres actions encore notamment dans les sociétés suivantes: Adobe Systems, Advanced Micro Devices, Salesforce, Home Depot, Costco, Freeport-McMoRan, Datadog et NextEra Energy.

Fort de ses 620 milliards de dollars (1 dollar = 0,98 euro) d'actifs, le PIF occupe une place centrale dans la stratégie de l'Arabie saoudite visant à transformer l'économie en développant de nouveaux secteurs et en élargissant les sources de revenus au-delà du pétrole.

Une stratégie à deux volets est poursuivie par le PIF: créer un portefeuille international d'investissements et investir au niveau local dans des projets qui réduiront la dépendance du Royaume vis-à-vis du pétrole.

Outre les entreprises susmentionnées, le Fonds d'investissement saoudien est également l'actionnaire majoritaire de la société Lucid Motors, dont le siège social se situe en Californie. Aujourd'hui, plus de 60% des parts de ce constructeur de véhicules électriques appartiennent au PIF.

Durant le premier trimestre de cette année, le PIF a réduit de 22% la part des actions qu'il détient sur le marché américain: celle-ci se chiffre à 43,6 milliards de dollars, contre 55,9 milliards de dollars un trimestre auparavant.

La US Securities and Exchange Commission a révélé dans un rapport publié à la fin du premier trimestre que le PIF a baissé sa participation dans trois sociétés: Visa Inc, Plug Power et Walmart.

Le fonds a en revanche augmenté sa participation dans Take-Two Interactive, PayPal, Alibaba et Farfetch Ltd.

Les données publiées par le Sovereign Wealth Fund Institute au mois d'avril révèlent que le PIF se classe actuellement au cinquième rang des fonds souverains les plus importants au monde; ses actifs représentent un total de 620 milliards de dollars. 

(Avec Reuters)

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le gaz monte avec les craintes en Europe, le pétrole stable

Des tuyaux et des manomètres pour conduites de gaz à Open Grid Europe, l'un des plus grands opérateurs de réseau de transport de gaz d'Europe, à Werne, dans l'ouest de l'Allemagne (Photo, AFP).
Des tuyaux et des manomètres pour conduites de gaz à Open Grid Europe, l'un des plus grands opérateurs de réseau de transport de gaz d'Europe, à Werne, dans l'ouest de l'Allemagne (Photo, AFP).
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  • Historiquement, le prix du gaz n'a été plus élevé que lors de deux séances, début mars, quand les sanctions économiques contre la Russie après son invasion de l'Ukraine ont bouleversé le marché
  • Et l'impact de la crise énergétique semble désormais se profiler

LONDRES: Le prix du gaz grimpait mardi à son plus haut niveau en six mois en Europe où les inquiétudes sur l'approvisionnement énergétique s'intensifient, tandis que les cours du pétrole se stabilisaient.

Le TTF néerlandais, la référence du gaz naturel en Europe, prenait 4,72% à 230,50 euros le mégawattheure (MWh) vers 09H35 GMT (11H35 à Paris).

Historiquement, le prix du gaz n'a été plus élevé que lors de deux séances, début mars, quand les sanctions économiques contre la Russie après son invasion de l'Ukraine ont bouleversé le marché.

Et l'impact de la crise énergétique semble désormais se profiler: les factures de gaz vont augmenter en Allemagne.

Même si le gouvernement a promis lundi d'amortir le choc pour les plus modestes, à partir du 1er octobre, les importateurs pourront prélever 2,4 centimes de plus par kilowattheure (KWh) de gaz auprès des entreprises et des particuliers.

"Les gouvernements espèrent que de telles mesures suffiront à réduire la demande, et permettront à tout le continent de passer l'hiver", commentent les analystes de Deutsche Bank.

Très dépendante des importations de gaz russe, l'Allemagne est également confrontée à une sécheresse qui fait baisser le niveau du Rhin sous son niveau nécessaire au transport fluvial.

"Le niveau du Rhin est assez bas pour que les centrales à charbon, qui dépendent des barges pour leur amener le matériau de base, peinent à faire venir le carburant jusqu'à elles", commentent les analystes de UniCredit.

Du côté du pétrole, l'Union européenne (UE) a annoncé mardi qu'elle examinait la réponse de l'Iran à son compromis sur le dossier nucléaire, une étape cruciale qui pourrait marquer l'entrée de longues et difficiles négociations dans leur dernière ligne droite.

La perspective du retour des barils iraniens sur le marché a fait reculer les prix, d'autant que la faiblesse de l'économie mondiale promet une demande en berne.

Le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en octobre perdait 0,88% à 94,27 dollars.

Le baril de West Texas Intermediate (WTI) américain pour livraison en septembre cédait quant à lui 0,53%, à 88,94 dollars.