En Chine, arrestation de plus de 1 100 suspects dans le cadre de la répression du blanchiment d'argent lié aux cryptomonnaies

Des représentations de la cryptomonnaie Bitcoin sont visibles sur cette photographie prise le 7 juin 2021. (Photo, Reuters)
Des représentations de la cryptomonnaie Bitcoin sont visibles sur cette photographie prise le 7 juin 2021. (Photo, Reuters)
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Publié le Vendredi 11 juin 2021

En Chine, arrestation de plus de 1 100 suspects dans le cadre de la répression du blanchiment d'argent lié aux cryptomonnaies

  • La police a démantelé plus de 170 groupes criminels impliqués dans l'utilisation de cryptomonnaies pour blanchir de l'argent
  • Les cryptomonnaies sont déjà devenues un moyen de paiement populaire dans les pratiques illégales de jeux d’argent

SHANGHAI, Chine: La police chinoise a arrêté plus de 1 100 personnes soupçonnées d'avoir utilisé des cryptomonnaies afin de blanchir des recettes illégales provenant d'escroqueries par téléphone et par Internet lors d'une récente opération de répression, a déclaré le ministère de la Sécurité publique.

Ces arrestations interviennent alors que les autorités chinoises renforcent leur répression contre le commerce de cryptomonnaie. Le mois dernier, trois groupes industriels ont interdit les services financiers et de paiement liés aux cryptomonnaies, et le Conseil d'État, le cabinet chinois, s'est engagé à réprimer la production et le commerce de bitcoins.

La police a démantelé mercredi après-midi plus de 170 groupes criminels impliqués dans l'utilisation de cryptomonnaies afin de blanchir de l'argent, déclare le ministère de la Sécurité publique

Les suspects impliqués dans le blanchiment d'argent facturaient à leurs clients criminels une commission de 1,5 % à 5 % afin de convertir les recettes illégales en monnaie virtuelle à travers des échanges de cryptomonnaies, indique le ministère sur son compte officiel WeChat.

L'Association chinoise de paiement et de compensation a déclaré mercredi que le nombre de crimes impliquant l'utilisation de monnaies virtuelles était en augmentation.

Parce que les cryptomonnaies sont anonymes, pratiques et mondialement répandues, «elles sont devenues un canal croissant pour le blanchiment d'argent transfrontalier», souligne l'Association dans un communiqué.

Les cryptomonnaies sont déjà devenues un moyen de paiement populaire dans les pratiques illégales de jeux d’argent. Près de 13 % des sites de jeux d'argent soutiennent l'utilisation des monnaies virtuelles, et la technologie blockchain a rendu plus difficile le suivi de l'argent par les autorités, selon l'Association.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur arabnews.com


Le Sri Lanka à l'arrêt, les réserves de carburant diminuent

Des automobilistes font la queue le long d'une rue pour acheter du carburant dans une station-service à Colombo le 3 juillet 2022 (Photo, AFP).
Des automobilistes font la queue le long d'une rue pour acheter du carburant dans une station-service à Colombo le 3 juillet 2022 (Photo, AFP).
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  • Le ministre de l'Énergie Kanchana Wijesekera a déclaré que les réserves d'essence du pays s'élevaient dimanche à environ 4 000 tonnes
  • Les files d'attente devant les stations service s'étendaient sur plusieurs kilomètres à travers la capitale Colombo

COLOMBO: Les réserves de carburant au Sri Lanka sont tombées dimanche en dessous de leur valeur quotidienne, a prévenu le ministère de l'Energie, provoquant un arrêt des transports publics dans ce pays en proie à sa pire crise économique depuis son indépendance en 1948.

Le ministre de l'Énergie Kanchana Wijesekera a déclaré que les réserves d'essence du pays s'élevaient dimanche à environ 4 000 tonnes, soit légèrement en dessous du niveau habituel de consommation d'une journée.

"La prochaine livraison d'essence est attendue entre le 22 et le 23" juillet, a précisé M. Wijesekera. "Nous avons contacté d'autres fournisseurs, mais nous ne pouvons pas confirmer de nouvelles livraisons avant le 22".

Les files d'attente devant les stations service s'étendaient sur plusieurs kilomètres à travers la capitale Colombo, a constaté un journaliste de l'AFP. Mais dans la plupart d'entre elles, pas de diesel ni d'essence en vue, et ce depuis plusieurs jours.

Conséquence de cette pénurie de carburant, les bus privés, qui représentent les deux tiers de la flotte du pays, ont réduit leur service dimanche.

"Nous avons fait circuler environ 1 000 bus à travers le pays sur (un total de) 20 000", a déclaré Gemunu Wijeratne, le président de l'Association des opérateurs de bus privés.

"La situation va certainement empirer demain car nous n'avons aucun moyen de nous procurer du diesel", a-t-il ajouté.

Plusieurs personnes tentaient d'interpeller les quelques véhicules circulant sur les routes, dans l'espoir d'être prises en charge.

La plupart des bureaux et des magasins étaient fermés dimanche mais la situation devrait s'aggraver lundi, lorsque les banques et le secteur privé rouvriront.

Toutes les institutions gouvernementales "non essentielles", ainsi que les écoles, ont reçu l'ordre de fermer jusqu'au 10 juillet afin de réduire les déplacements et d'économiser l'énergie.

Depuis des mois, les 22 millions d'habitants de l'île vivent au rythme de pannes d'électricité quotidiennes, de rationnements des carburants et denrées alimentaires, et d'une inflation galopante.

Une grave pénurie de devises étrangères ne lui permet plus d'importer suffisamment de nourriture, de carburants et autres produits essentiels.

Incapable de rembourser sa dette extérieure de 51 milliards de dollars, le gouvernement s'est déclaré en défaut de paiement en avril et négocie actuellement avec le Fonds monétaire international en vue d'un éventuel renflouement.


Mode de seconde main en ligne: une tendance à la surconsommation

Selon une étude de l'institut Kantar, 46% des personnes qui achetaient en 2020 des vêtements de seconde main le faisaient aussi «par souci d'écologie, pour limiter le gaspillage». (AFP)
Selon une étude de l'institut Kantar, 46% des personnes qui achetaient en 2020 des vêtements de seconde main le faisaient aussi «par souci d'écologie, pour limiter le gaspillage». (AFP)
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  • Pour les 19 millions d'utilisateurs français revendiqués par Vinted, revendre sur cette plateforme lituanienne les vêtements dont ils ne veulent plus vise avant tout à faire des économies
  • Mais l'opportunité de donner «une seconde vie» à ses vêtements, vantée par l'entreprise, fait aussi écho chez les consommateurs

PARIS: L'achat et la vente des vêtements de seconde main en ligne sont plébiscités par les Français qui veulent faire des économies en protégeant l'environnement, mais des chercheurs mettent en garde: cette solution favorise la surconsommation.

Pour les 19 millions d'utilisateurs français revendiqués par Vinted, revendre sur cette plateforme lituanienne les vêtements dont ils ne veulent plus vise avant tout à faire des économies, surtout dans un contexte de perte de pouvoir d'achat. Mais l'opportunité de donner "une seconde vie" à ses vêtements, vantée par l'entreprise, fait aussi écho chez les consommateurs.

Selon une étude de l'institut Kantar, 46% des personnes qui achetaient en 2020 des vêtements de seconde main le faisaient aussi "par souci d'écologie, pour limiter le gaspillage".

De fait, l'industrie de la mode est la deuxième plus émettrice de gaz à effet de serre au monde, devant les transports maritimes et aériens. La mondialisation de l'industrie, qui produit en Asie avant de distribuer la marchandise dans le monde entier, explique ce fort impact. Il faut y ajouter une forte consommation d'eau et d'intrants chimiques et un faible recyclage des produits jetés.

Le Bon coin, Videdressing, Vinted, Vestiaire collective... il existe des dizaines de plateformes pour revendre ses vêtements en ligne, mais Vinted à lui seul captait 70% des achats en 2020, selon Kantar.

«Boulimie d'achat»

"Les sites d'occasion poussent à une boulimie d'achat. Pour le même prix qu'un vêtement neuf, on peut en acheter trois ou quatre", critique Dominique Roux, chercheuse à l'Université de Reims, spécialisée dans les modes de consommation alternatifs.

En 2019, les acheteurs de mode qui consommaient de la seconde main en plus du neuf avaient tendance à acheter davantage que ceux qui achetaient exclusivement du neuf, souligne Kantar, avec sept actes d'achat en plus par an en moyenne.

"Si l'achat de seconde main remplace un achat neuf, on gagne (l'impact environnemental) de la première vie du vêtement", explique Maud Herbert, co-fondatrice de la chaire Tex & Care à l'IAE Lille. Cependant, ce modèle n'est pas viable écologiquement car pour la chercheuse, "c'est une forme alternative de surconsommation".

Selon Elodie Juge, docteure en sciences de gestion à l'Université de Lille, le modèle de fonctionnement de certaines plateformes, comme Vinted, est en cause. "Il y a une accélération: pour que la plateforme soit vivante, il faut l'alimenter souvent, il faut de la rotation" dans les produits, explique-t-elle.

"Celles qui font tourner les plateformes, ce sont les modeuses, qui commandent sur Zara, H&M, Shein, portent leurs robes deux fois et les revendent." Pour Elodie Juge, ces plateformes de vente de seconde main répondent au besoin "d'être toujours à la mode".

Un constat partagé par Hélène Janicaud, directrice du pôle mode de l'institut Kantar. Elle compare le comportement de certains acheteurs, qui achètent d'occasion pour "avoir beaucoup d'articles à moindre prix", au "mécanisme de l'achat compulsif qu'on voit dans le neuf". Un comportement particulièrement visible chez les 25-34 ans.

«S'engager» vers l'occasion 

Pourtant, sur son site internet ou son compte Instagram, Vinted vante les mérites de la sobriété en incitant ses membres "à séparer (leurs) envies de (leurs) besoins", ou encore en encourageant à acheter des vêtements "(qu'on) souhaite porter au moins 20 fois". Un message en contradiction avec le fonctionnement détaillé par Elodie Juge.

"Les bobos décroissants ne sont pas sur Vinted, ils sont mêmes vites invisibilisés par la plateforme", estime-t-elle. En effet, le système de notation des vendeurs donne plus de visibilité aux profils les mieux notés et pour être bien noté... il faut être actif sur la plateforme.

Interrogé par l'AFP, Vinted explique dans un mail que le système de notation "contribue à créer un climat de confiance entre les membres". La plateforme revendique ainsi de "faciliter l'expérience" des utilisateurs, ce qui "les aide à s'engager (...) vers le marché de l'occasion", plutôt que celui du neuf, rappelant son engagement à faire "de la seconde main le premier choix". Vinted assure vouloir encourager "l'allongement de la durée d'utilisation" des vêtements.

Pour les chercheurs interrogés, la solution la moins polluante pour se débarrasser de ses vêtements reste le don. "Souvent on donne à nos proches ou à des associations à proximité, on ne va pas faire des kilomètres pour ça", argumente Dominique Roux.


Deezer: «C'est le bon moment pour devenir une société cotée», selon son patron

Le logo de Deezer (fourni)
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  • « Le streaming musical est vraiment établi, il représente presque deux tiers des revenus de la musique enregistrée, ce qui n'était pas le cas avant »
  • Le Spac I2PO, fondé par la famille Pinault, l'homme d'affaires Matthieu Pigasse, et l'ancienne dirigeante de WarnerMedia, Iris Knobloch, a déjà permis à Deezer de récolter 143 millions d'euros

PARIS : Sept ans après une première tentative avortée, les conditions sont plus favorables aujourd'hui pour devenir une société cotée car «le streaming musical est vraiment établi», confie le directeur général de Deezer, avant son premier jour à la Bourse de Paris, mardi.

«C'est une deuxième tentative mais la situation est différente de ce qu'elle était en 2015. (...) Le streaming musical est vraiment établi, il représente presque deux tiers des revenus de la musique enregistrée, ce qui n'était pas le cas avant», explique Jeronimo Folgueira, 40 ans, à la tête de la licorne française depuis juillet 2021.

«L'état dans lequel se trouve l'entreprise est aujourd'hui bien meilleur qu'il y a sept ans. L'entreprise a changé, le marché a changé: c'est le bon moment pour franchir cette étape et devenir une société cotée», complète le dirigeant espagnol.

Plus jeune patron européen du New York Stock Exchange après avoir supervisé la cotation du groupe de rencontres en ligne Spark Networks, il va vivre pour la deuxième fois une entrée en Bourse, alors que le contexte est «difficile en ce moment» pour les valeurs technologiques sur les marchés financiers.

Pour réussir cette nouvelle tentative, les principaux actionnaires de la plateforme française – notamment le milliardaire anglo-américain Len Blavatnik qui détient 43% des parts – ont choisi un système d'introduction moins risqué, via le Spac I2PO, qui a déjà levé des fonds en Bourse dans le but de fusionner avec une société et faciliter sa cotation.

Ce véhicule d'investissement, fondé par la famille Pinault, l'homme d'affaires Matthieu Pigasse, et l'ancienne dirigeante de WarnerMedia, Iris Knobloch, a déjà permis à Deezer de récolter 143 millions d'euros.

«Ils nous apportent le soutien, l'expertise et le capital dont nous avons besoin pour exécuter notre stratégie», souligne Jeronimo Folgueira, alors que la valorisation de Deezer va atteindre 1,05 milliard d'euros, soit une décote de 23% depuis l'entrée au capital du groupe mexicain de télévision Azteca en 2020.

- Stratégie de partenariats -

Lancé en 2007, le service d'écoute musicale par abonnement revendique près de 30% du marché en France, mais ses 9,6 millions d'abonnés ne pèsent que 2% du marché mondial du streaming musical, loin derrière le leader suédois Spotify (31% de parts de marché), Apple, Amazon et Tencent, selon le cabinet MIDiA.

La stratégie de Deezer, qui veut plus que doubler ses revenus d'ici 2025, est de miser sur la musique, son univers et sa technologie, contrairement à Spotify qui multiplie les lancements de podcasts ou Amazon qui fonce sur les livres audios.

Pour profiter de la croissance rapide du marché mondial du streaming (+26,4% d'utilisateurs en un an au second semestre 2021), Deezer compte surtout s'allier avec des acteurs déjà implantés dans plusieurs «marchés clés» pour s'appuyer sur des bases de clients déjà existantes, comme les opérateurs Orange en France et Tim au Brésil, ou nouvellement avec le groupe RTL en Allemagne.

«Notre intention est de trouver des partenaires avec lesquels nous pouvons entrer sur de nouveaux marchés, car nous avons un produit extrêmement compétitif et, avec la bonne distribution, nous savons que nous pouvons conquérir des parts de marché et rivaliser avec les grands acteurs», explique Jeronimo Folgueira.

«Il est bien plus avantageux pour nous de concentrer nos ressources» sur «les cinq à dix marchés» qui comptent dans le secteur comme les Etats-Unis, le Royaume-Uni, l'Espagne, l'Italie, ou encore les Pays-Bas, souligne-t-il.

Si l'entreprise basée à Paris a des ambitions «globales», elle compte bien cultiver sa «fierté» française pour devenir l'un des «nombreux exemples de grandes entreprises françaises de consommation qui ont vraiment réussi dans le monde», prévient encore le dirigeant espagnol, avant de sonner la cloche dans les locaux d'Euronext à La Défense

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