Le chef du FMI au Moyen-Orient estime que le Liban a besoin d’un programme de réforme global

La police antiémeute monte la garde, alors que des manifestants antigouvernementaux à Beyrouth scandent des slogans contre les dirigeants politiques, qu’ils considèrent responsables de la crise économique et financière. (Photo, AP)
La police antiémeute monte la garde, alors que des manifestants antigouvernementaux à Beyrouth scandent des slogans contre les dirigeants politiques, qu’ils considèrent responsables de la crise économique et financière. (Photo, AP)
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Publié le Jeudi 10 juin 2021

Le chef du FMI au Moyen-Orient estime que le Liban a besoin d’un programme de réforme global

  • Le dialogue du FMI avec le Liban est au point mort depuis la démission du gouvernement en août, à la suite d’une explosion massive au port de Beyrouth
  • Un programme de réforme nécessite un dosage différent des politiques, tant sur le plan fiscal que monétaire. Certaines leçons du passé doivent être prises en considération pour aller de l’avant

DUBAÏ: Le Liban doit tirer des leçons du passé pour élaborer un programme de réforme global, a déclaré un haut responsable du FMI.

Ces propos interviennent dans un contexte d’aggravation de la crise économique, considérée comme la pire de l’histoire moderne du pays.

Le dialogue du FMI avec le Liban est au point mort depuis la démission du gouvernement en août, à la suite d’une explosion massive au port de Beyrouth, qui a fait plus de 200 morts et 6000 sans-abris.

«Malheureusement, après l’explosion qui a eu lieu en août l’année dernière, le gouvernement a démissionné, et nous attendons la formation d’un nouveau gouvernement», a indiqué Jihad Azour, directeur régional du FMI, dans un entretien accordé à Bloomberg TV jeudi.

«Nous espérons que nous pourrons nous réengager dès que le gouvernement sera formé, afin de voir comment nous pourrions aider le Liban à faire face à une situation difficile, mais aussi à lui donner les moyens de rebondir. Ce dont le pays a besoin, c’est d’un programme de réforme global. Cela nécessite un dosage différent des politiques, tant sur le plan fiscal que monétaire. Certaines leçons du passé doivent être prises en considération pour aller de l’avant. Cela ne peut se faire sans un ferme appui de la communauté internationale», a-t-il expliqué.

La livre libanaise, qui était indexée sur le dollar au taux de 1 515 livres pour un dollar pendant plus de vingt ans, s’effondre depuis 2019, et a aujourd’hui perdu plus de 85% de sa valeur par rapport au billet vert, alimentant une inflation galopante dans le pays. Cela a incité les banques à mettre en place des contrôles de capitaux, empêchant les déposants d’accéder à leurs comptes en dollars, ce qui a attisé encore plus la colère des Libanais.

La Banque mondiale a déclaré au début du mois que la crise du Liban était l’une des pires au monde.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Bitcoin ou dollars: la diaspora salvadorienne face à la volatilité des cryptomonnaies

Un homme paie en bitcoins dans un magasin au sud-est de San Salvador, le 9 juin 2021. Le bitcoin va avoir cours légal au Salvador, a déclaré le président du pays (AFP)
Un homme paie en bitcoins dans un magasin au sud-est de San Salvador, le 9 juin 2021. Le bitcoin va avoir cours légal au Salvador, a déclaré le président du pays (AFP)
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  • Le président salvadorien Nayib Bukele a approuvé le 9 juin le bitcoin comme devise légale dans le petit pays d'Amérique centrale
  • Le Salvador est ainsi le pays d'Amérique latine percevant le plus gros volume d'argent de sa diaspora, qui vit en majorité aux Etats-Unis, proportionnellement à la taille de son économie

MONTEVIDEO : Les Salvadoriens de l'extérieur peuvent désormais transférer des fonds en bitcoin à leurs familles restées dans le pays. Mais se risqueront-ils à utiliser la cryptomonnaie au cours hautement volatile ?

Le président salvadorien Nayib Bukele a approuvé le 9 juin le bitcoin comme devise légale dans le petit pays d'Amérique centrale. Il a affirmé que son adoption évitera de perdre des "millions de dollars" en taux de change interbancaire lors des envois d'argent depuis l'extérieur.

Le Salvador, 6,4 millions d'habitants, est très dépendant de ces "remesas", qui représentent 24,1% de son Produit intérieur brut (PIB). Selon les données de la Banque mondiale (BM), en 2020, il a reçu plus de 5,9 milliards de dollars de ses ressortissants vivant hors du pays.

Le Salvador est ainsi le pays d'Amérique latine percevant le plus gros volume d'argent de sa diaspora, qui vit en majorité aux Etats-Unis, proportionnellement à la taille de son économie.

Avec une contraction de 7,9% du PIB en 2020 en raison de la pandémie, le Salvador parie sur la croissance de ces transferts de fonds (+4,8 % l'an dernier) comme un soutien important pour son économie dollarisée.

"En mai, les expéditions de bitcoins vers le Salvador ont quadruplé et pourraient encore s'accroître si le cours (des cryptomonnaies) continue d'augmenter", constate Edward Moya, analyste de marché chez Oanda.

"Il s'agit d'une expérience en cours qui pourrait être couronnée de succès si la volatilité du bitcoin continue de baisser et que son prix évolue à la hausse", ajoute-t-il.

Mais M. Moya estime que dans un premier temps les "méthodes traditionnelles" d'envoi de dollars perdureront "jusqu'à ce que le bitcoin devienne un actif stable".

Manuel Orozco, directeur du Centre pour la migration et la stabilisation économique à Washington, prévient cependant qu'"il est faux de supposer qu'il n'y aura pas de frais de transaction" pour l'envoi de fonds en bitcoins "car le traitement lui-même et le sceau réglementaire entraînent des coûts".

«Lacunes»

Le bitcoin est régulièrement critiqué par les régulateurs pour ses usages illégaux, notamment le blanchiment d'argent provenant d'activités criminelles, le financement du terrorisme et le manque de protection de ses utilisateurs.

D'autres pointent du doigt son empreinte carbone.

La Banque mondiale a rejeté jeudi la demande d'assistance du Salvador dans sa tentative d'adopter le bitcoin comme devise légale et devenir le premier pays au monde à l'utiliser à partir de septembre pour toutes les transactions.

"Ce n'est pas quelque chose que la Banque mondiale peut soutenir étant donné les lacunes en matière d'environnement et de transparence", a expliqué  un responsable de la BM.

La semaine dernière, le Fonds monétaire international (FMI) avait, lui, avait fait part de ses inquiétudes."L'adoption du bitcoin comme monnaie légale soulève un certain nombre de problèmes macroéconomiques, financiers et juridiques qui nécessitent une analyse très minutieuse", avait déclaré un porte-parole, notant les "risques importants".

Le FMI a cependant accepté de rencontrer cette semaine des représentants du gouvernement salvadorien. La Banque centraméricaine d'intégration économique (BCIE) a annoncé qu'elle fournirait son assistance technique.

Volatilité

L'extrême volatilité du prix du bitcoin, qui peut faire varier la valeur d'un envoi entre son point de départ et son arrivée au Salvador, est l'un des problèmes les plus généralement pointés.

"Pour qu'une monnaie remplisse la fonction de réserve de valeur (...) elle ne devrait pas être aussi volatile", juge Oscar Cabrera, ancien président de la Banque centrale de réserve du Salvador.

Une enquête de la Chambre de commerce et d'industrie du Salvador, publiée la semaine dernière, dévoile que 96,4% des hommes d'affaires du pays préfèrent que l'utilisation du bitcoin soit facultative, que 93,2% des salariés préfèrent conserver le dollar pour percevoir leurs salaires, et 82,5 % choisiraient la monnaie américaine plutôt que le bitcoin pour recevoir des transferts de fonds.

Pour M. Orozco, la circulation du bitcoin aurait cependant un côté positif : la génération d'"une importante liquidité qui générerait un surplus pour le crédit et l'investissement", en plus de la modernisation du système bancaire.

"À court terme, sur le plan stratégique, c'est une opportunité pour le système financier salvadorien", juge-t-il.


Un nouveau fonds saoudien rivalise avec la plus grande caisse au monde

Ceci s’inscrit parmi les nombreuses mesures prises par l'Arabie saoudite dans le cadre d'un plan de diversification de l'économie au-delà du pétrole. (Photo, Shutterstock)
Ceci s’inscrit parmi les nombreuses mesures prises par l'Arabie saoudite dans le cadre d'un plan de diversification de l'économie au-delà du pétrole. (Photo, Shutterstock)
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  • La fusion va entraîner une réduction des coûts et contribuer à l’augmentation des retours sur investissement
  • Le gouvernement a présenté un plan pour porter les actifs de ses fonds souverains à plus de mille milliards de dollars d'ici 2025

RIYAD : L'Arabie saoudite s’apprête à faire concurrence aux plus grands investisseurs mondiaux dans le secteur des assurances, après la fusion de deux de ses plus grands fonds.

Le cabinet saoudien a approuvé la semaine dernière la fusion de l'Agence des pensions publiques avec l'Organisation générale de l'assurance sociale (GOSI) afin de consolider le parapluie de protection des assurances publiques et privées.

La nouvelle entité va disposer d'actifs de plus de 250 milliards de dollars, rapporte Bloomberg d’après Saad Al-Fadly, le PDG de Hassana Investment Co, la branche de gestion des investissements de l'Organisation générale des assurances sociales du Royaume (GOSI).

Ce chiffre la place parmi les dix premiers fonds mondiaux, et qui sont mesurés par rapport aux actifs sous gestion.

La fusion va entraîner une réduction des coûts et contribuer à l’augmentation des retours sur investissement, explique Al-Fadly dans l’interview.

«La fusion va renforcer la position du fonds, améliorer les performances et positionner GOSI parmi les dix meilleurs investisseurs dans les régimes de retraite au monde», affirme-t-il.

«L’ampleur d’un fonds constitue un avantage dans la gestion des relations, des coûts et des négociations. Elle est utile à bien des égards, ce qui améliore les rendements», explique-t-il.

Ceci s’inscrit parmi les nombreuses mesures prises par l'Arabie saoudite dans le cadre d'un plan de diversification de l'économie au-delà du pétrole.

Le gouvernement a présenté un plan pour porter les actifs de ses fonds souverains à plus de mille milliards de dollars d'ici 2025.

 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com

 


Croissance fulgurante de Tesla et TikTok parmi les marques les plus puissantes

Tesla est la marque qui a enregistré la croissance la plus forte (Photo, AFP).
Tesla est la marque qui a enregistré la croissance la plus forte (Photo, AFP).
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  • Selon les experts du cabinet Kantar, «ces marques ont su réagir et profiter des nouvelles attentes générées par la crise COVID»
  • Tesla est la marque qui a enregistré la croissance la plus forte : +275% par rapport à 2020, à 42,6 milliards de dollars

PARIS: Le constructeur de véhicules électriques Tesla et l'application chinoise TikTok font partie des entreprises ayant connu les plus fortes croissances au cours de l'année écoulée, selon le classement Kantar des marques les plus puissantes publié lundi.

Le logiciel Zoom, un des symboles de la généralisation du télétravail et des confinements, la plateforme audio Spotify ou encore les fabricants de puces Nvidia et AMD font par ailleurs leur entrée dans l'édition 2021 de ce classement Brandz Top 100 réalisé par le cabinet Kantar, qui prend en compte la performance financière et l'avis des consommateurs.

La valeur cumulée de ces 100 marques a progressé « de 42%, ce qui constitue une performance historique (soit plus de quatre fois la croissance moyenne observée depuis 15 ans) », souligne Kantar dans un communiqué. 

Selon les experts du cabinet, « ces marques ont su réagir et profiter des nouvelles attentes générées par la crise COVID ».

« 2020-2021 a été une année record pour la croissance des marques, et ce, malgré le fait que beaucoup d'entre elles ont connu une année difficile. Notre étude a de nouveau démontré que les marques fortes offrent des rendements supérieurs pour les actionnaires, sont plus résilientes et se rétablissent plus rapidement », estime Marie-Agathe Nicoli, de Kantar, citée dans le communiqué.

En tête du classement, les mastodontes Amazon et Apple, tous les deux avec une valeur bien au-dessus du demi-milliard de dollars, conservent leur place et scellent l'hégémonie américaine au sein de ce classement (56 des 100 premières marques).

« La valeur totale du classement atteint 7 100 milliards de dollars, soit l'équivalent du PIB combiné de la France et de l'Allemagne », relève Kantar.

Dans le sillage d'Amazon, Alibaba, 7e au classement, a consolidé sa deuxième place parmi les distributeurs.

Tesla est la marque qui a enregistré la croissance la plus forte : +275% par rapport à 2020, à 42,6 milliards de dollars. C'est l'une des cinq marques qui a plus que doublé sa valeur, aux côtés de TikTok et de trois autres entreprises chinoises (Pinduoduo, Meituan, Moutai).

Les experts de Kantar notent également la forte croissance des entreprises proposant des solutions d'abonnement, comme Spotify, Xbox, Disney ou Netflix.