Le mouvement de Navalny assure poursuivre la lutte malgré sa liquidation

Un allié d'Alexeï Navalny, Leonid Volkov, en exil en Lituanie, a appelé à poursuivre la stratégie du « vote intelligent » qui consiste à apporter sa voix à tout candidat pouvant battre Russie Unie, quelle que soit sa couleur politique. (Photo, AFP)
Un allié d'Alexeï Navalny, Leonid Volkov, en exil en Lituanie, a appelé à poursuivre la stratégie du « vote intelligent » qui consiste à apporter sa voix à tout candidat pouvant battre Russie Unie, quelle que soit sa couleur politique. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 11 juin 2021

Le mouvement de Navalny assure poursuivre la lutte malgré sa liquidation

  • « On se débrouillera, on évoluera, on s'adaptera. Mais on ne reculera pas devant nos objectifs et nos idées »
  • Moscou a répliqué aux critiques américaines en accusant le détracteur numéro un de Vladimir Poutine d'être un « agent » de Washington

Le mouvement de l'opposant russe emprisonné Alexeï Navalny a promis jeudi de poursuivre son combat, au lendemain de son démantèlement et de son interdiction en Russie pour extrémisme, une décision dénoncée en Occident.

Moscou a répliqué aux critiques américaines en accusant le détracteur numéro un de Vladimir Poutine d'être un « agent » de Washington.

« Nous continuons de combattre la corruption », a tweeté le Fonds de lutte contre la corruption (FBK), principale organisation d'Alexeï Navalny, ironisant sur le « danger public » qu'il constituerait.

La veille, dans un message sur Instagram, l'opposant de 45 ans avait appelé ses partisans à continuer: « On se débrouillera, on évoluera, on s'adaptera. Mais on ne reculera pas devant nos objectifs et nos idées ».

A l'issue d'un procès de 12 heures à huis clos, un tribunal de Moscou a classé tard mercredi soir comme « extrémistes » les trois organisations de M. Navalny, dont son important réseau régional, entraînant leur interdiction.

Cette mesure ouvre la voie à de graves poursuites judiciaires contre les collaborateurs de ces structures qui continueraient le travail. Au terme d'une nouvelle loi, ils seront également bannis des élections.

« Coup dur »

Depuis des mois, l'opposition russe affrontait une pression accrue, marquée par l'envoi d'Alexeï Navalny en colonie pénitentiaire, l'exil de plusieurs proches ou des mesures ciblant la presse indépendante et d'autres voix critiques.

La bête noire du Kremlin avait déjà survécu en août 2020 à un empoisonnement dont il accuse Vladimir Poutine. La Russie rejette ces accusations mais a refusé d'enquêter, en dépit d'un faisceau d'indices impliquant les services secrets.

Durant ce procès pour « extrémisme », les avocats des organisations de l'opposant ont affirmé qu'« aucune preuve » n'avait été apportée tandis qu'un représentant du parquet a assuré que ces structures incitaient « à la haine et à l'hostilité envers les représentants du pouvoir ».

Pour le politologue indépendant Valeri Soloveï, l'interdiction est un « coup dur » mais il prédit l'apparition d'une « nouvelle opposition », « la nature (ayant) horreur du vide ».

« De nouveaux leaders apparaîtront assez vite dès la prochaine grande vague de protestation, sans doute plus au niveau régional que national », a déclaré M. Soloveï à l'AFP.

Offensive « délibérée »

Dans un communiqué, l'ONG Amnesty International a dénoncé un jugement qui place « des dizaines de milliers de partisans d'Alexeï Navalny sous le risque d'être poursuivis ».

« C'est l'une des tentatives les plus cyniques et scandaleuses du Kremlin à ce jour pour réprimer les droits à la liberté d'expression et d'association », a ajouté l'organisation.

D'une même voix, Washington, Londres et l'Union européenne se sont aussi insurgés. Dans un communiqué, la diplomatie européenne a elle dénoncé la « volonté délibérée » du Kremlin « de supprimer l'opposition indépendante » et de « mettre fin à l'influence du réseau politique de M. Navalny » avant les législatives de septembre.

Les collaborateurs de formations « extrémistes » sont en effet privés de participation aux élections depuis une loi promulguée la semaine dernière.

Pour l'opposition, ce texte vise à neutraliser les candidats dangereux avant les législatives alors que Russie Unie, le parti du pouvoir, est impopulaire.

Un allié de M. Navalny, Leonid Volkov, en exil en Lituanie, a appelé à poursuivre la stratégie du « vote intelligent » qui consiste à apporter sa voix à tout candidat pouvant battre Russie Unie, quelle que soit sa couleur politique.

Le porte-parole de la diplomatie américaine a condamné comme « particulièrement inquiétante » l'interdiction des mouvements de M. Navalny, le ministre britannique des Affaires étrangères regrettant une « « nouvelle attaque kafkaïenne contre ceux qui se dressent contre la corruption ».

En réaction, la porte-parole de la diplomatie russe, Maria Zakharova, a jugé que la vitesse avec laquelle Washington a condamné cette décision démontre qu'Alexeï Navalny est leur « agent ». « Ils font preuve d'un tel zèle politique car on a touché à ceux qu'ils supervisent », a-t-elle affirmé sur une radio publique.

L'affaire Navalny fait partie de la longue liste de différends entre les deux pays alors que le président américain Joe Biden rencontrera la semaine prochaine Vladimir Poutine en Suisse.

Jeudi, l'équipe de Navalny a par ailleurs publié une nouvelle enquête dans lequel elle affirme avoir eu accès au dossier médical de l'opposant dans l'hôpital de Sibérie où il a été accepté en août après avoir fait un malaise. Le dossier confirme que des traces d'empoisonnement ont été trouvées, contrairement aux déclarations des autorités.


L'armée américaine dit avoir avoir tiré sur un navire qui violait son blocus des ports iraniens

L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington. (AFP)
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  • Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains
  • C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mardi avoir tiré sur un navire battant pavillon du Panama qui tentait de s'approcher d'un port iranien en violation du blocus instauré par Washington.

Un hélicoptère a tiré deux missiles sur la salle des machines du bateau cargo, le Vela Nova, après que son équipage a "ignoré" les avertissements américains, précise le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient, le Centcom, dans un communiqué publié sur X.

C'est la troisième fois que l'armée américaine utilise la force pour faire respecter son blocus des ports iraniens depuis sa remise en place le 14 juillet. Depuis, les forces américaines affirment avoir redirigé 55 navires qui tentaient de passer.

Lors de la première mise en place du blocus, entre mi-avril et mi-juin, l'armée américaine avait tiré sur neuf navires et redirigé plus de 140 autres.


Trump assure que sa relation avec Netanyahu est "très bonne" en dépit des désaccords sur Gaza

Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
Le président américain Donald Trump (à droite) accueille le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu (à gauche) à son arrivée à la résidence de Trump à Mar-a-Lago, à Palm Beach, en Floride, le 29 décembre 2025. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que sa relation avec Benjamin Netanyahu reste « très bonne », malgré les désaccords sur la feuille de route américaine pour Gaza
  • Netanyahu refuse tout retrait israélien tant que le Hamas ne sera pas désarmé, tout en affirmant qu’Israël continuera à défendre ses propres positions face à Washington

WASHINGTON: Donald Trump a assuré lundi que sa relation avec Benjamin Netanyahu restait "très bonne", après que ce dernier a rejeté la dernière feuille de route américaine pour Gaza.

Le Premier ministre israélien avait déjà exprimé des réticences sur ce texte censé lancer la deuxième étape du plan de paix.

L'armée israélienne "n'effectuera aucun retrait tant que le Hamas ne sera pas véritablement désarmé", a déclaré Benjamin Netanyahu, qui tente de donner des gages à ses alliés d'extrême droite avant de délicates élections législatives en septembre.

Il a qualifié le président américain de "plus grand ami (d'Israël) à la Maison Blanche", tout en faisant comprendre qu'il était prêt à lui tenir tête: "Ils ont des idées, certaines nous conviennent et d'autres non, et nous savons défendre nos positions sur ces questions."

Les relations entre les deux dirigeants ont connu des difficultés au printemps.

Donald Trump, en des termes très virulents, a reproché en avril à Benjamin Netanyahu de saper des négociations en vue d'un cessez-le-feu avec l'Iran.


Trump va réclamer lui aussi des "compensations" à l'Iran

Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
Le président Trump a appelé l’Iran à verser des compensations. (AFP)
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  • Donald Trump affirme que Washington réclamera à l’Iran des compensations pour les victimes et dégâts liés à ses attaques et conflits passés
  • Ces nouvelles exigences pourraient compliquer davantage les négociations sur le détroit d’Ormuz, alors que Téhéran réclame lui aussi des réparations et la levée des sanctions américaines

WASHINGTON: Donald Trump a déclaré lundi sur son réseau Truth Social que les Etats-Unis allaient réclamer des "compensations" pour des attaques menées par l'Iran depuis des décennies contre des adversaires à l'étranger ou contre des manifestants sur son sol.

Le président américain a assuré que cette demande serait faite "fermement" dans toute négociation, en réponse à une exigence de longue date des autorités iraniennes, qui conditionnent tout accord sur le détroit d'Ormuz au versement de réparations américaines.

L'Iran "demande des compensations pour les dommages qu'ils ont subis pendant les cinq mois de conflit militaire", a écrit Donald Trump, "bien que cela n'ait jamais été évoqué dans aucune de nos négociations ou réunions."

"Mais c'est une idée intéressante parce que, de la même manière, je demande moi aussi des compensations à l'Iran, pour tous les gens qu'ils ont tués et blessés" dans des attaques et "conflits", dont "les familles de ceux tués sur l'USS Cole", un navire de guerre américain frappé par un attentat meurtrier en 2000 au Yémen, a ajouté le milliardaire républicain.

Donald Trump a ajouté que "des compensations devraient être versées pour les familles des centaines de milliers de manifestants innocents que l'Iran a tués ces dernières cinquante années, sans même parler des 52.000 tués ces cinq derniers mois".

Un peu plus tard, dans une autre publication, le président octogénaire a jugé que l'Iran devait être tenu "responsable des dégâts et morts causés au Liban, en Syrie, au Yémen et à Gaza".

Ces nouvelles exigences de l'imprévisible dirigeant américain risquent de mettre hors de portée un accord rapide sur le détroit d'Ormuz, qui paraissait déjà bien improbable alors que l'Iran exige de son côté l'acceptation par Washington de "toutes" ses conditions.

Téhéran juge que les Etats-Unis doivent "mettre fin définitivement à la guerre et à l'agression" contre l'Iran et ses alliés, y compris au Yémen et en Irak, lever leur blocus des ports iraniens, "indemniser intégralement l'Iran pour les dommages causés" par les hostilités, lever les sanctions contre l'économie et débloquer "sans condition" les avoirs iraniens gelés.

Dimanche, Donald Trump a laissé entendre qu'il n'avait besoin d'engager ni une offensive militaire majeure ni un effort diplomatique particulier, en assurant qu'il lui suffisait d'"observer" les difficultés économiques de l'Iran.