Dans l'Italie de Draghi, l'extrême droite gagne du terrain

Le Premier ministre italien Mario Draghi donne une conférence de presse avec son homologue libyen à l'issue de leur rencontre au palais présidentiel de Chigi, à Rome, le 31 mai 2021. (Gregorio Borgia / Pool / AFP)
Le Premier ministre italien Mario Draghi donne une conférence de presse avec son homologue libyen à l'issue de leur rencontre au palais présidentiel de Chigi, à Rome, le 31 mai 2021. (Gregorio Borgia / Pool / AFP)
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Publié le Vendredi 11 juin 2021

Dans l'Italie de Draghi, l'extrême droite gagne du terrain

Le Premier ministre italien Mario Draghi donne une conférence de presse avec son homologue libyen à l'issue de leur rencontre au palais présidentiel de Chigi, à Rome, le 31 mai 2021. (Gregorio Borgia / Pool / AFP)
  • Avec environ 20% des intentions de vote, Frères d'Italie est en pole position pour les prochaines élections
  • Les prochaines législatives ne sont pas prévues avant 2023, et Draghi reste le politique le plus populaire du pays, mais Giorgia Meloni ne fait pas mystère de ses ambitions

ROME : Presque tous les partis politiques italiens se sont ralliés à Mario Draghi lorsqu'il est devenu Premier ministre, à l'exception notable de la formation d'extrême droite dirigée par Giorgia Meloni, qui ne cesse de progresser dans les sondages.

Meloni, qui a adopté le slogan fasciste "Dieu, patrie et famille", et son parti Frères d'Italie (FDI, du nom de l'hymne national italien) sont sur le point de dépasser dans les sondages d'opinion la Ligue, le parti anti-immigration de Matteo Salvini.

Avec environ 20% des intentions de vote, Frères d'Italie est en pole position pour les prochaines élections, qui, selon les experts, devraient donner naissance au parlement le plus à droite depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

Les prochaines législatives ne sont pas prévues avant 2023, et Draghi reste le politique le plus populaire du pays, mais Giorgia Meloni ne fait pas mystère de ses ambitions: "Je n'ai pas peur, je suis prête à faire ce que les Italiens me demandent", a-t-elle affirmé le mois dernier sur les ondes de la RAI, la télévision publique.

"Je m'appelle Giorgia"

FDI a bien sûr bénéficié du fait d'être le seul grand parti dans l'opposition au gouvernement d'unité nationale de Mario Draghi, qui rassemble un large éventail allant de la gauche à la Ligue de Salvini.

"En tant que seul parti d'opposition, vous disposez de plus de temps de parole et surtout vous pouvez dire des choses que les partis membres de la coalition ne peuvent pas dire", a estimé pour l'AFP Wolfgango Piccoli, co-président du cabinet de consultants Teneo.

Meloni, 44 ans, s'est montrée particulièrement critique sur les restrictions liées au Covid, jugées excessives, et a fustigé les arrivées en Italie de migrants en provenance d'Afrique du Nord.

Selon Wolfgango Piccoli, elle progresse essentiellement en grappillant des électeurs à la Ligue, dont le leader Matteo Salvini ne peut plus surfer sur le sentiment anti-élites vu que son parti compte des ministres au gouvernement.

FDI, qui a déjà dépassé dans les intentions de vote le Mouvement 5 Etoiles (antisystème, actuellement le premier parti au parlement) et le Parti démocrate (centre-gauche), talonne désormais la Ligue.

Meloni se présente comme une championne du patriotisme et des valeurs chrétiennes traditionnelles, qu'elle juge menacées par les élites "mondialisées" et le mouvement de défense des droits des homosexuels.

Très présente dans les médias, elle a récemment publié une autobiographie à succès intitulée "Je m'appelle Giorgia", dans laquelle elle livre des détails intimes comme le fait que son père a abandonné sa mère avant sa naissance.

"Je n'ai pas peur de réaffirmer pour la énième fois que je n'ai pas le culte du fascisme", a-t-elle affirmé dans son livre, même si elle a exprimé sa sympathie pour tous les néo-fascistes tués lors des violences ayant marqué l'Italie dans les années 70.

Son livre n'a pas été épargné par la polémique: une librairie de gauche à Rome a ainsi refusé de le mettre en vente.

"Un peu de ménage"

Meloni, qui a grandi à Rome dans le quartier populaire de Garbatella, a d'abord rejoint le mouvement de jeunesse du Mouvement social italien (MSI), un parti aujourd'hui disparu fondé par des partisans de Mussolini après la Seconde Guerre mondiale.

Elle demeure une personnalité très clivante, mais pour Marco Tarchi, professeur de Sciences politiques à l'université de Florence et militant d'extrême droite dans sa jeunesse, cela n'est pas un obstacle à sa popularité.

Les gens aiment "la nature radicale de certaines de ses positions, par exemple sur l'immigration et la famille traditionnelle, et aiment la façon dont elle les exprime", a-t-il expliqué à l'AFP.

"Elle sait qu'elle ne peut pas plaire à tous les Italiens", estime-t-il, mais "elle s'adresse assez clairement" aux électeurs de droite, qui selon lui sont majoritaires dans le pays.

En outre, "c'est une femme, et de plus relativement jeune, et à une époque où le féminisme et la jeunesse dominent, ça aide!"

Giorgia Meloni, ministre dans le gouvernement de Silvio Berlusconi entre 2008 et 2011, est alliée en Europe aux extrémistes de droite anti-européens - Vox en Espagne, le parti Droit et Justice (PiS) en Pologne - et une partisane de l'ancien président américain Donald Trump.

Pour Wolfgango Piccoli, FDI doit encore faire "un peu de ménage" dans ses racines néo-fascistes et renforcer son équipe dirigeante. "En Italie, on a vu que les astres politiques peuvent cesser de briller du jour au lendemain", met-il en garde.

 


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.