Au sommet du G7, les dirigeants des pays riches s'attellent à la reprise post-pandémie

Le président américain Joe Biden, le Premier ministre britannique Boris Johnson et le président français Emmanuel Macron se préparent pour la photo de famille au début du sommet du G7 à Carbis Bay, Cornwall, le 11 juin 2021. (Photo, AFP)
Le président américain Joe Biden, le Premier ministre britannique Boris Johnson et le président français Emmanuel Macron se préparent pour la photo de famille au début du sommet du G7 à Carbis Bay, Cornwall, le 11 juin 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Vendredi 11 juin 2021

Au sommet du G7, les dirigeants des pays riches s'attellent à la reprise post-pandémie

  • « C'est une rencontre qu'il faut vraiment tenir parce que nous devons nous assurer de tirer les leçons de la pandémie et de ne pas répéter certaines erreurs », a déclaré le Premier ministre britannique Boris Johnson
  • Joe Biden avait déjà donné le ton, signalant que le sommet marquait le « retour » des Etats-Unis sur la scène internationale après les années isolationnistes de Donald Trump

CARBIS BAY, ROYAUME-UNI:Les dirigeants des grandes puissances du G7 ont affiché un front uni vendredi, au début de leur sommet en Angleterre, pour s'efforcer à remettre le monde sur pied après la pandémie, en partageant pour commencer un milliard de vaccins anti-Covid. 

Pandémie oblige, les chefs d'Etat et de gouvernement se sont salués d'un coup de coude et se sont tenus à distance pour la traditionnelle photo de famille, sur la plage de la station balnéaire anglaise de Carbis Bay, en Cornouailles. 

Cette rencontre prévue jusqu'à dimanche, la première en personne en presque deux ans, permet le retour des réunions de travail mais aussi les discrets apartés pour avancer sur les crises du moment.

« C'est une rencontre qu'il faut vraiment tenir parce que nous devons nous assurer de tirer les leçons de la pandémie et de ne pas répéter certaines erreurs », a déclaré le Premier ministre britannique Boris Johnson. 

Il a salué une « occasion extraordinaire » pour les grandes puissances de « tirer les leçons de la pandémie » et de « reconstruire en mieux », de manière « plus verte » et « plus juste ».

Joe Biden avait déjà donné le ton, signalant que le sommet marquait le « retour » des Etats-Unis sur la scène internationale après les années isolationnistes de Donald Trump. « J'ai hâte de renforcer notre engagement envers le multilatéralisme et de travailler avec nos alliés et partenaires pour bâtir une économie mondiale plus juste et inclusive », a déclaré sur Twitter le président américain.  

Il cherche à rallier un front uni parmi ses partenaires face à la Russie et la Chine, qui a déjà critiqué la volonté américaine de former des « cliques ».

Réception royale

Après la table ronde et un engagement en faveur de la scolarisation des filles, et avant de déguster entre eux gaspacho, turbot rôti et pavlova aux fraises britanniques, les dirigeants du club des riches devaient se retrouver autour de la reine Elizabeth II et du prince héritier Charles pour une réception à l'Eden Project, immenses serres en Cornouailles vitrines de la diversité végétale de la planète. 

Au programme officiel du sommet figurent surtout la reprise d'une économie mondiale laminée par la pandémie et le partage plus équitable des vaccins anti-Covid par les pays riches, qui ont accaparé un maximum de doses au détriment des plus pauvres. 

Face à la multiplication des appels à la solidarité, les dirigeants devraient s'accorder pour fournir « au moins un milliard de doses » avec l'objectif de « mettre fin à la pandémie en 2022 », selon Downing Street. 

Les Etats-Unis ont d'ores et déjà promis de donner 500 millions de doses, et les Britanniques 100 millions, principalement via le dispositif de partage Covax.

Largement insuffisant, déplorent des ONG qui plaident pour la suspension des brevets sur les vaccins afin de permettre une production de masse. 

Urgence climatique

Autre priorité, l'urgence climatique avant la grande conférence de l'ONU sur le climat (COP26) prévue en novembre en Ecosse.

Le Premier ministre Boris Johnson ambitionne une « révolution industrielle verte », avec en point de mire l'objectif de réduire de moitié les émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030. 

Pour préserver la biodiversité, il souhaite que le G7 s'engage à protéger « au moins 30% » des terres et océans à cette échéance. 

Le club de sept devrait également favoriser les investissements dans les infrastructures vertes dans les pays en développement pour stimuler et décarboniser leur économie. 

Avant le lancement du sommet, Boris Johnson et Joe Biden avaient affiché jeudi un front uni sur l'urgence climatique, approuvant une nouvelle « Charte de l'Atlantique » célébrant l'alliance historique entre leurs pays.

Ils avaient mis de côté en public les crispations sur l'Irlande du Nord, au cœur d'un différend post-Brexit entre le Royaume-Uni et l'Union européenne.

Les dirigeants européens, eux, comptent bien rappeler à Boris Johnson leur attachement aux accords signés, que Londres veut remettre en cause face à la colère dans la province britannique, lors d'un tête-à-tête samedi. Selon la police locale, 3 000 personnes ont manifesté jeudi soir à Belfast contre les nouvelles dispositions post-Brexit.

Un porte-parole de Boris Johnson a souligné que le dirigeant ne cherchait pas nécessairement à déboucher sur une solution lors du G7 mais qu'il leur rappellerait les « défis » posés par le protocole nord-irlandais.

 


Virus: l'Afrique du Sud retire deux millions de vaccins Johnson & Johnson

Une fiole du vaccin Johnson & Johnson. (AFP)
Une fiole du vaccin Johnson & Johnson. (AFP)
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  • L'Afrique du Sud milite pour une suspension temporaire des brevets sur les vaccins anti-Covid, pour permettre à chaque pays de produire des versions génériques à faible coût
  • L'Afrique du Sud compte sur la livraison de 31 millions de doses du vaccin J&J à dose unique, pour immuniser sa population de 59 millions

JOHANNESBURG : L'Afrique du Sud, à la traîne dans la vaccination et qui vient d'entrer dans une troisième vague de pandémie de Covid-19, a annoncé dimanche retirer deux millions de vaccins Johnson & Johnson (J&J), en raison d'"un problème de non conformité" lors de sa fabrication aux Etats-Unis.

L'agence sud-africaine du médicament (Sahpra) a indiqué dans un communiqué avoir "pris la décision de ne pas distribuer les vaccins produits à partir de lots de composants médicamenteux non appropriés".

Les autorités américaines ont annoncé vendredi que "plusieurs lots", soit plusieurs millions de doses, fabriqués à Baltimore aux Etats-Unis et dont la production avait dû être stoppée il y a plusieurs semaines, devront être jetés. Des tests avaient révélé que des composants du vaccin britannique AstraZeneca, fabriqué dans la même usine, avaient été mélangés par erreur à la formule de J&J. 

La ministre de la Santé sud-africaine, Mmamoloko Kubayi-Ngubane, qui a reconnu "un pas en arrière dans le programme de vaccination", avait précisé samedi que les lots concernés sont ceux actuellement stockés dans un laboratoire de haute technologie à Port Elizabeth (Sud). 

Le laboratoire sud-africain Aspen importe les composants du vaccin J&J sur ce site et les conditionne sur place.   

L'Afrique du Sud milite pour une suspension temporaire des brevets sur les vaccins anti-Covid, pour permettre à chaque pays de produire des versions génériques à faible coût. 

"Si nous voulons sauver des vies et en finir avec la pandémie, nous devons développer et diversifier la fabrication", a martelé samedi le président Cyril Ramaphosa au sommet du G7 en Angleterre. 

L'Afrique du Sud compte sur la livraison de 31 millions de doses du vaccin J&J à dose unique, pour immuniser sa population de 59 millions. Le pays a réussi à obtenir 30 millions de doses de Pfizer, mais ce vaccin à deux injections nécessite d'être conservé à très basse température.

Une nouvelle livraison de 300 000 vaccins J&J "approuvés" doit arriver mardi, ont affirmé les autorités sud-africaines. 

Le gouvernement avait déjà suspendu temporairement le vaccin en avril, après des cas de caillots sanguins aux Etats-Unis. En février, il avait aussi renoncé à 1,5 million de doses d'AstraZeneca, après des doutes sur son efficacité contre le variant local Beta.

En retard par rapport au reste du monde, l'Afrique du Sud n'a vacciné qu'un peu plus d'1% de sa population. Pays africain officiellement le plus touché, l'Afrique du Sud compte plus de 1,7 million de cas, dont près de 58 000 décès. Plus de 9 300 nouvelles infections ont été recensées ces dernières 24 heures. 


Produire une fusée comme une voiture, le défi d'Ariane 6

 Un ouvrier du groupe Ariane se tient devant le Vulcain 2.1 d'une fusée Ariane 6. (AFP)
Un ouvrier du groupe Ariane se tient devant le Vulcain 2.1 d'une fusée Ariane 6. (AFP)
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  • Vu de l'extérieur, rien ne trahit la destination de l'immense bâtiment aux murs aveugles qui étend sa superficie de trois terrains de football sur le site d'ArianeGroup aux Mureaux, près de Paris
  • L'usine a un objectif de cadence maximale de douze unités (étages) par an, deux fois plus rapide que pour les premiers étages d'Ariane 5 dont l'usine se trouve à deux pas

LES MUREAUX : A priori rien ne ressemble moins à une automobile qu'une fusée atteignant plus de 60 mètres de haut, mais le défi engagé avec la future Ariane 6 est celui d'une véritable chaîne de production en flux.

Vu de l'extérieur, rien ne trahit la destination de l'immense bâtiment aux murs aveugles qui étend sa superficie de trois terrains de football sur le site d'ArianeGroup aux Mureaux, près de Paris. 

Devant une maquette en Lego de l'usine, son directeur Vincent Lavisse parle "séquences de production" où "tout bouge en même temps". Avec au bout de l'immense "chaîne" en forme de U, un conteneur de 30 mètres de long pour accueillir dans quelques jours le premier exemplaire du premier étage de la fusée.

Du quai voisin, il filera doucement par la Seine jusqu'au port du Havre, puis de là jusqu'à Kourou, pour l'assemblage final d'Ariane 6. Avec un vol inaugural prévu au deuxième trimestre 2022.

L'usine a un objectif de cadence maximale de douze unités (étages) par an, deux fois plus rapide que pour les premiers étages d'Ariane 5 dont l'usine se trouve à deux pas.

Mais là où cette fabrication est verticale, elle se fait horizontalement pour Ariane 6. "Cela revient moins cher", résume M. Lavisse.

150 tonnes d'hydrogène 

Illustration avec le contrôle d'étanchéité du colossal réservoir d'hydrogène liquide, un cylindre d'une quinzaine de mètres de long, qui ne tolère aucune fuite avant un remplissage de 150 tonnes d'hydrogène maintenu à -250 degrés Celsius. On le soumet à un test de pression comme une vulgaire chambre à air.

Pour Ariane 5, il faut descendre le réservoir avec un pont roulant dans un puits vertigineux, capable d'encaisser une déflagration si l'étanchéité venait à flancher. Pour Ariane 6, on le roule simplement dans une salle de l'usine, isolée par une porte de 50 tonnes.

Tout est dans la même veine. Là où des hommes collaient à la main des plaques isolantes sur les réservoirs, on y projette maintenant une couche de protection thermique.

Les soudures à l'arc des plaques d'alliage d'aluminium pour Ariane 5 sont remplacées par un procédé de "friction-malaxage", effectué avec une machine sur mesure qui les joint "comme deux pâtes à modeler". Plus fiable, moins cher et plus rapide.

"Tous les gains de coût sont dans la façon de faire", résume Mathieu Chaize, ingénieur systèmes d'Ariane 6, en ajoutant qu'ici, "l'enjeu industriel est de créer une culture de flux". Un atout incontournable pour affronter une concurrence toujours plus féroce sur le marché international des lanceurs, Space X en tête.

Même scénario dans la "salle blanche" où des ingénieurs, coiffés de charlottes, circulent au pied du moteur principal de la fusée, le Vulcain 2.1. On pourra à terme en intégrer trois en parallèle.

Une nouvelle génération 

Ils sont fabriqués à une poignée de kilomètres de là, dans l'usine de Vernon, nichée dans une épaisse forêt des coteaux de Seine, en Normandie. Tout y a été pensé pour accélérer la cadence en facilitant le travail des hommes sur les machines.

Un manipulateur 3D, sorte de robot capable de déplacer ses 14 tonnes sur un coussin d'air, tient fermement dans ses bras un Vulcain 2.1 qui pointe lui à plus de deux tonnes. Commandé sur une tablette tactile, il permet d'orienter le moteur sous tous les angles pour en faciliter l'accès.

Dans un grand hall adjacent, c'est déjà l'après Ariane 6 qui se dessine. Avec le projet Themis, un démonstrateur de premier étage de fusée réutilisable, pour assurer la relève à l'horizon 2030.

Avec en pièce maîtresse un moteur, Prometheus, dont la première mise à feu interviendra d'ici à la fin de l'année. Réalisé à 70% en impression 3D, avec l'objectif d'un coût dix fois moindre que le Vulcain 2.1, pour une puissance équivalente.

Fait nouveau, cet avenir s'écrit en rassemblant dans un même espace des personnels de toute la chaîne, des concepteurs aux commerciaux en passant par le développement et le montage. Parce que si les machines ont toujours le beau rôle, il revient à une nouvelle génération de leur donner vie.

"On a essayé de mettre beaucoup de jeunes, pour qu'ils prennent le pouvoir", explique Emmanuel Edeline, responsable du programme Prometheus, qui cache bien sa soixantaine passée derrière un masque anti-covid.


Un patrouilleur grec «harcelé» par un bateau turc

Ce genre de confrontation se produit souvent au cours des patrouilles dans la mer Egée pour repérer les migrants tentant de traverser pour arriver sur l'île grecque de Lesbos.(AFP)
Ce genre de confrontation se produit souvent au cours des patrouilles dans la mer Egée pour repérer les migrants tentant de traverser pour arriver sur l'île grecque de Lesbos.(AFP)
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  • «Tôt dimanche, à l'est de l'île de Lesbos, un patrouilleur des garde-côtes turcs a harcelé un patrouilleur des garde-côtes de Lesbos, causant des dommages légers»
  • Ce genre de confrontation se produit souvent au cours des patrouilles dans la mer Egée pour repérer les migrants tentant de traverser pour arriver sur l'île grecque de Lesbos

ATHENES : Les garde-côtes grecs ont déclaré dimanche qu'un de leurs patrouilleurs chargés en Mer Egée de repérer les migrants avait été légèrement touché par un patrouilleur turc qui le "harcelait", à la veille d'une rencontre à Bruxelles entre les deux pays.

"Tôt dimanche, à l'est de l'île de Lesbos, un patrouilleur des garde-côtes turcs a harcelé un patrouilleur des garde-côtes de Lesbos, causant des dommages légers", a déclaré le service des garde-côtes grecs dans un communiqué, ajoutant que personne n'avait été blessé.

Ce genre de confrontation se produit souvent au cours des patrouilles dans la mer Egée pour repérer les migrants tentant de traverser pour arriver sur l'île grecque de Lesbos.

Athènes avait accusé en avril la Turquie de "provoquer une escalade" dans cette zone avec des manoeuvres "dangereuses" et une assistance illégale aux bateaux de migrants.

La Grèce demande constamment à la Turquie de respecter les accords passés avec l'Union européenne et de mieux surveiller ses côtes pour empêcher les départs, et de reprendre les centaines de demandeurs d'asile - actuellement près de 1 500 - à qui celui-ci a été refusé après examen de leur dossier.

Le Premier ministre grec Kyriakos Mitsotakis doit rencontrer lundi à Bruxelles le président turc Recep Tayip Erdogan, en marge d'un sommet de l'Otan.