Algérie: le régime est «capable de tout», selon des Algériens de France

Un homme âgé est assis dans une gare routière couverte d'affiches électorales d'un candidat du parti politique "Front de l'avenir" à Alger, la capitale algérienne, le 11 juin 2021, la veille des élections législatives algériennes. L'Algérie organise samedi des élections législatives sous l'ombre d'un boycott du mouvement de protestation et d'un profond scepticisme (AFP)
Un homme âgé est assis dans une gare routière couverte d'affiches électorales d'un candidat du parti politique "Front de l'avenir" à Alger, la capitale algérienne, le 11 juin 2021, la veille des élections législatives algériennes. L'Algérie organise samedi des élections législatives sous l'ombre d'un boycott du mouvement de protestation et d'un profond scepticisme (AFP)
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Publié le Vendredi 11 juin 2021

Algérie: le régime est «capable de tout», selon des Algériens de France

  • «L'Algérie, elle est périmée. L'avenir, là-bas, c'est la taule», lance un jeune homme de 24 ans, Rahim à Marseille (sud), deuxième ville de France où vit une importante communauté d'origine algérienne
  • Le régime du président algérien Abdelmadjid Tebboune tente d'étouffer depuis des mois le mouvement contestataire du Hirak: plus de 220 personnes sont actuellement incarcérées

PARIS: Ils jugent le régime "capable de tout" pour assurer sa survie et craignent d'être "tous des prisonniers potentiels": de Paris à Marseille, des Algériens de France dénoncent les arrestations de contestataires et la répression en Algérie à la veille d'élections controversées.

"Il n'y a pas un mètre carré qui est resté libre pour le peuple algérien pour qu'il puisse s'exprimer. Le peuple algérien aujourd'hui il est réprimé sauvagement", a déploré auprès de l'AFP à Paris Omar Tarmelit, membre du collectif Libérons l'Algérie.

"On est tous en fait des prisonniers potentiels. Il suffit juste de dire qu'on n'est pas d'accord avec ce qu'il se passe, qu'on rejette ces élections-là pour aller en prison", estime aussi Farida Hamidi, activiste du mouvement contestataire Hirak qui réclame depuis 2019 un profond changement politique dans ce pays du Maghreb.

"L'Algérie, elle est périmée. L'avenir, là-bas, c'est la taule", lance un jeune homme de 24 ans, Rahim à Marseille (sud), deuxième ville de France où vit une importante communauté d'origine algérienne.

De l'autre côté de la Méditerranée, un coup de filet a visé jeudi des figures du Hirak, juste avant les législatives. Parmi les personnes interpellées à Alger figurent l'opposant Karim Tabbou, Ihsane El Kadi, directeur du site en ligne Maghreb Emergent et de Radio M, proches du Hirak, et le journaliste indépendant Khaled Drareni, qui collabore à cette station.

La capitale algérienne était bouclée vendredi.

- "Jusqu'à quand?" -

"Depuis deux vendredis, Alger s'appelle la bleue. La bleue, car il y a les forces de police partout. Jusqu'à quand?", a lancé à l'AFP Aziz Bensaadek, à Marseille.

"Cela ne m'étonne pas, avec eux tout est possible", résumait Karim, un commerçant du quartier de Noailles dans cette ville.

Le régime du président algérien Abdelmadjid Tebboune tente d'étouffer depuis des mois le mouvement contestataire du Hirak: plus de 220 personnes sont actuellement incarcérées.

"A la veille des élections, ils embarquent deux journalistes et un militant politique? Ils ne font même plus semblant, ils ne se cachent plus. C'est un point de non-retour, il n'y a plus aucune limite à ce régime", s'indigne l'activiste politique Samir Yahiaoui, disant "craindre le pire".

Devant le consulat algérien à Paris, où le scrutin est ouvert depuis jeudi, quelques opposants installent des banderoles "A bas la dictature" et "Hirak debout". 

"Le pouvoir algérien, c'est comme un virus, il préfère évoluer dans les milieux malsains pour se préserver. Il continuera à violenter, à broyer les militants", lance Tahar Sesirir, un militant. "Mais on ne lâchera pas", affirme-t-il, tandis qu'un homme d'une soixantaine d'années, Saïd, veut croire que "la révolution tient le bon bout, car cette fois ce sont les jeunes qui se sont approprié le mouvement, pas des vieux schnoks comme nous".

A Marseille, quelques rares personnes sont aussi venues voter dans des locaux au parc des expositions Chanot. 

"Si tous les gens du Hirak, ils décidaient de voter, ça seraient 40 millions de bulletins dans les urnes et je vous garantis que la démocratie là elle s'exprimerait vivement", souligne Azdine Dehou, qui est venu mettre son bulletin dans l'urne "parce que la démocratie c'est participer au vote".

Hors du bureau de vote, Aziz Bensadek estime au contraire que "ce vote approfondit la crise" et rappelle: "Les jeunes sont demandeurs de discussions pour changer les règles du jeu au pays".


Un mort après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël

 Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave. (AFP)
Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave. (AFP)
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  • Des images tournées par l'AFP ont montré des équipes de secouristes et forces de sécurité déployées dans une rue de la localité de Yehud, dans le centre d'Israël, allant ensuite inspecter un bâtiment voisin
  • Sur place, un journaliste de l'AFP a vu un monte-charge explosé sous l'effet d'un impact, qui a touché selon les secouristes une structure bétonnée encore en construction

YEHUD: Les secouristes israéliens ont annoncé lundi la mort d'un homme d'environ 40 ans, tué sur un chantier de construction, après une salve de missiles iraniens sur le centre d'Israël qui a fait aussi un blessé grave.

Des images tournées par l'AFP ont montré des équipes de secouristes et forces de sécurité déployées dans une rue de la localité de Yehud, dans le centre d'Israël, allant ensuite inspecter un bâtiment voisin.

Sur place, un journaliste de l'AFP a vu un monte-charge explosé sous l'effet d'un impact, qui a touché selon les secouristes une structure bétonnée encore en construction.

"Immédiatement après l'activation des sirènes", des équipes de secours ont été dépêchées "sur plusieurs sites du centre d'Israël", parmi lesquels le chantier de Yehud, a déclaré le Magen David Adom (MDA), l'équivalent israélien de la Croix-Rouge.

Deux hommes "souffrant de blessures graves provoquées par des débris" ont été dégagés des décombres, et l'un est décédé peu après, a ajouté le MDA.

"La situation était difficile. Les deux victimes gisaient inconscientes et souffraient de graves blessures dues à des débris", a témoigné Liz Goral, une ambulancière paramédicale du MDA, citée dans un communiqué.

Le chef de l'opposition israélienne, Yaïr Lapid, qui s'est rendu sur les lieux, a affirmé aux journalistes que "l'Iran visait des civils de manière délibérée".

"Voyez-vous des installations militaires autour de vous?", a-t-il dit, "ce qu'ils essaient de faire, c'est de transformer cette guerre, d'une guerre entre armées en une guerre contre les civils".

Dans une rue de Bat Yam, une autre localité frappée au sud de Tel-Aviv, un photographe de l'AFP a vu une voiture écrasée alors que les forces de sécurité inspectaient les lieux.

L'armée a indiqué que des soldats menaient des recherches sur plusieurs sites touchés dans le centre d'Israël.

Selon les services de secours, 11 personnes ont été tuées et des dizaines d'autres blessées, dont trois grièvement, après des tirs de missiles en Israël depuis le début de la guerre avec l'Iran, le 28 février, déclenchée par une offensive israélo-américaine massive contre la République islamique.

 

 


L'émir du Koweït condamne l'attaque «brutale» de l'Iran contre son pays

L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes. (AFP)
L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes. (AFP)
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  • "Notre pays a été la cible d'une attaque brutale de la part d'un pays musulman voisin, que nous considérons comme ami, alors même que nous n'avons autorisé l'utilisation ni de notre territoire, ni de notre espace aérien"
  • Il a également réaffirmé le "droit plein et inhérent du Koweït à la légitime défense", s'exprimant pour la première fois depuis le début des attaques iraniennes le 28 février

KOWEIT: L'émir du Koweït a condamné lundi les attaques de l'Iran contre son pays, où 12 personnes ont été tuées jusqu'à présent, alors que Téhéran lance missiles et drones sur le Golfe en représailles à des frappes américano-israéliennes.

"Notre pays a été la cible d'une attaque brutale de la part d'un pays musulman voisin, que nous considérons comme ami, alors même que nous n'avons autorisé l'utilisation ni de notre territoire, ni de notre espace aérien, ni de nos côtes pour aucune action militaire contre lui, et que nous le leur avons répété à maintes reprises par nos canaux diplomatiques", a déclaré l'émir, Mechaal al-Ahmad Al-Sabah, dans un discours télévisé.

Il a également réaffirmé le "droit plein et inhérent du Koweït à la légitime défense", s'exprimant pour la première fois depuis le début des attaques iraniennes le 28 février.

 

 


Le président libanais se déchaîne contre le Hezbollah, veut des négociations avec Israël

Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre. (AFP)
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  • Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël
  • "Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du Hezbollah

BEYROUTH: Le président libanais Joseph Aoun a accusé lundi le Hezbollah de vouloir provoquer "l'effondrement" du Liban pour le compte de l'Iran et appelé à des négociations "directes" avec Israël pour mettre fin à la guerre.

Israël pilonne sans relâche le Liban depuis que la formation pro-iranienne a entraîné le pays dans la guerre régionale avec l'Iran le 2 mars en lançant des missiles sur Israël.

"Ceux qui ont lancé les missiles" sur Israël ont voulu "provoquer l'effondrement du Liban (..) pour le compte de l'Iran, et c'est ce que nous avons mis en échec", a affirmé le dirigeant libanais, adoptant un ton extrêmement ferme à l'égard du groupe pro-iranien.

Il a tenu ces propos lors d'une rencontre par visioconférence avec les chefs des institutions européennes Ursula von der Leyen et Antonio Costa.

Joseph Aoun a qualifié le Hezbollah "de faction armée échappant à l'autorité de l'Etat au Liban, qui n'accorde aucun poids aux intérêts du Liban, ni à la vie de son peuple".

Il a assuré que la décision, lundi, du gouvernement d'interdire toute activité militaire ou sécuritaire du Hezbollah était "claire et irrévocable". "C'est ce que nous voulons mettre en oeuvre avec fermeté et clarté", a déclaré Joseph Aoun.

Le chef de l'Etat a proposé, pour mettre un terme à la guerre, "une trêve" avec Israël, suivie par une aide logistique à l'armée libanaise pour qu'elle puisse se déployer dans les zones de conflit et "désarmer le Hezbollah".

Dans le même temps, il s'est déclaré pour "que le Liban et Israël entament des négociations directes sous parrainage international" entre les deux pays toujours en état de guerre.

Les frappes israéliennes ont fait depuis le 2 mars près de 400 morts et un demi-million de déplacés.