Colombie: des jeunes plus politisés, fer de lance des manifestations

Des manifestants se rassemblent à Bogota contre le président Ivan Duque. (AFP)
Des manifestants se rassemblent à Bogota contre le président Ivan Duque. (AFP)
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Publié le Dimanche 13 juin 2021

Colombie: des jeunes plus politisés, fer de lance des manifestations

  • 2019, 2020, 2021. Depuis trois ans, le président Ivan Duque, dont le mandat s'achève l'année prochaine, essuie une succession de mobilisations sociales et contre la brutalité policière d'une ampleur inédite
  • Le 28 avril, l'étincelle de la protestation s'est rallumée lorsque le gouvernement de droite a lancé un projet de hausse des impôts décrié, finalement retiré

BOGOTA : "Chez moi on ne parlait pas de politique, moi je passe ma vie dans les manifs!": En Colombie, la baisse d'intensité du conflit armé a permis aux jeunes d'exprimer leur désarroi social dans la rue, et de se politiser.

2019, 2020, 2021. Depuis trois ans, le président Ivan Duque, dont le mandat s'achève l'année prochaine, essuie une succession de mobilisations sociales et contre la brutalité policière d'une ampleur inédite dans ce pays de 50 millions d'habitants, l'un des plus inégalitaires du monde.

Le 28 avril, l'étincelle de la protestation s'est rallumée lorsque le gouvernement de droite a lancé un projet de hausse des impôts décrié, finalement retiré. 

Mais les manifestations n'ont pas cessé pour autant. Elles s'enchaînent, quasi quotidiennes, avec des barrages routiers et, souvent à la nuit tombée, de violents affrontements avec les forces de l'ordre. 

Du jamais vu depuis la fin des années 1970 dans ce pays marqué par plus de cinq décennies d'un conflit complexe, et qui peine à tourner la page de la violence malgré l'accord de paix de 2016 avec la puissante guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC). 

Pour une société plus juste 

Loin du débat sur la guerre et la paix, les revendications pour "plus de justice sociale", "moins de corruption", "plus d'emplois et d'opportunités" déjà présentes en 2019 sont revenues en force dans les manifestations actuelles, alors que la pandémie de Covid-19 a dramatiquement aggravé la pauvreté. 

Chaque fois, en moteur de la mobilisation, les jeunes.

"Chez moi, on avait l'habitude de dire qu'on ne parlait pas de politique", raconte à l'AFP Jennifer Pedraza, étudiante en économie de 25 ans, qui a émergé comme leader étudiante au sein de l'Université nationale de Colombie. 

En parallèle aux manifestations, elle a participé pendant un mois au sein du Comité national de grève - initiateur du mouvement, même s'il n'en représente pas tous les secteurs - aux pourparlers, infructueux, menés avec le gouvernement. 

"Il y a une génération qui était terrorisée par le conflit armé", rappelle la jeune femme originaire du département de Santander (nord-est). Pour elle, "le processus de paix a représenté une ouverture démocratique importante. Aujourd'hui, mes parents vont manifester!", s'enthousiasme-t-elle. 

"Nous les jeunes, nous n'avons pas peur!", lance à son tour Tatiana Rodriguez, 29 ans, qui vit dans un quartier populaire du sud de Bogota. Elle se joint à toutes les manifestations lorsque son travail d'aide cantinière scolaire et l'éducation de ses deux enfants le lui permettent. 

A 74 ans, Eduvigis Palacio ne descend pas dans la rue. Cela ne l'empêche pas d'être "totalement d'accord avec les revendications sur l'éducation, la santé, les emplois" portées par la jeunesse, même si, insiste-t-elle "rien ne justifie la violence". 

Génération connectée au monde 

Cette institutrice retraitée a vécu le conflit armé lorsqu'elle enseignait dans le département de Caqueta (sud) entre 1987 et 1991. Elle évoque la "peur car nous étions pris entre deux feux", entre militaires et guérilleros.

Aujourd'hui, elle se réjouit de l'"ouverture au monde" de la jeune génération, grâce notamment à internet. "Ils ont davantage conscience de l'état du pays, voient qu'ailleurs des gens ont avancé grâce à ce type de mobilisation", dit-elle. 

"On se rend compte que dans d'autres pays l'éducation est gratuite, qu'on te paye à l'heure et pas au forfait", s'enflamme Tatiana. "Les gens voient que se battre sert à quelque chose, comme au Chili", ajoute Jennifer.

Eduvigis n'en ferraille pas moins régulièrement avec son mari, partisan de l'ex-président de droite dure Alvaro Uribe (2002-2010) et mentor de l'actuel chef de l'Etat, élu en 2018. Son époux dénonce "un mouvement influencé par le communisme, la Chine, la Russie, Cuba et le Venezuela". 

De son côté, Tatiana débat avec sa soeur aînée Viviana, femme de ménage qui, tout en "appuyant les revendications", se dit "pénalisée" par les blocages qui l'obligent à des détours et donc à dépenser plus d'argent en transport pour se rendre à son travail. Elle souhaite que la crise se résolve dans les urnes. 

Dans ce pays sud-américain, qui n'a jamais été dirigé par la gauche et où l'abstention reste forte (47% au scrutin de 2018), en particulier chez les jeunes, la question de l'impact de la contestation sur l'élection présidentielle de 2022 reste entière. 

"J'espère que l'abstention va diminuer et que des jeunes se lanceront en politique", déclare Jennifer. 


Trump menace de cibler les champs gaziers iraniens après des attaques contre le Qatar

Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi. (AFP)
Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi. (AFP)
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  • Le président américain a confirmé qu'Israël était à l'origine de l'attaque mercredi contre la partie iranienne de ce site gazier offshore du Golfe persique, dont l'autre partie est exploitée par le Qatar
  • Les Etats-Unis "ne savaient rien" de cette attaque, a assuré M. Trump

DOHA: Donald Trump a menacé de cibler les champs gaziers iraniens si Téhéran ne cesse pas ses attaques contre le Qatar, deuxième exportateur de GNL, qui ont à nouveau fait grimper les cours du pétrole jeudi.

Si l'Iran "décide imprudemment d'attaquer un pays tout à fait innocent, en l'occurrence le Qatar", alors "les Etats-Unis d'Amérique, avec ou sans l'aide ou le consentement d'Israël, détruiront massivement l'intégralité du gisement de gaz de South Pars avec une force et une puissance que l'Iran n'a jamais vues ni connues auparavant", a écrit Donald Trump sur sa plateforme Truth Social.

Le président américain a confirmé qu'Israël était à l'origine de l'attaque mercredi contre la partie iranienne de ce site gazier offshore du Golfe persique, dont l'autre partie est exploitée par le Qatar. Les Etats-Unis "ne savaient rien" de cette attaque, a assuré M. Trump.

En représailles, l'Iran s'en est pris mercredi au complexe gazier qatari de Ras Laffan, plus important site de gaz naturel liquéfié (GNL) au monde. Cela a de nouveau été le cas jeudi.

La compagnie énergétique publique du Qatar, QatarEnergy, a fait état de "dommages considérables" causés à l'aube sur ce site.

Les incendies provoqués par l'attaque ont été maîtrisés en début de matinée, selon le ministère de l'Intérieur. Aucune victime n'a été signalée.

Pétrole à plus de 112 dollars 

Le Qatar est le deuxième exportateur mondial de gaz naturel liquéfié (GNL) derrière les Etats-Unis et Ras Laffan son premier site de production de GNL.

Déjà mercredi, ce site avait subi des dommages "considérables" dans une attaque attribuée à l'Iran.

Aux Emirats arabes unis, Abou Dhabi a fermé un complexe gazier après la chute de débris de missiles interceptés

Le ministère des Affaires étrangères du Qatar a déploré que ces attaques dans la région "ont franchi toutes les lignes rouges en ciblant des civils, des installations civiles et vitales".

Ce nouvel épisode dans la guerre déclenchée le 28 février par l'offensive américano-israélienne sur l'Iran a de nouveau fait grimper le prix pétrole, poussant le baril de Brent au-delà des 112 dollars.

Les craintes d'une régionalisation du conflit à tout le Moyen-Orient s'accentue, l'Arabie saoudite ayant souligné jeudi se "réserver le droit" de répliquer militairement à l'Iran, qui cible régulièrement le pays avec des drones et des missiles.

Un couloir sécurisé pour Ormuz ? 

Le blocage par l'Iran du détroit stratégique d'Ormuz, par où circule d'ordinaire 20% du pétrole et du gaz mondiaux, reste au coeur de l'attention.

C'est au sud de ce passage, dans le golfe d'Oman, qu'un navire a de nouveau été touché jeudi par un "projectile inconnu", selon l'agence maritime britannique UKMTO. Un incendie s'est déclenché à bord du bateau. Un autre navire a été touché au large de Ras Laffan, selon l'UKMTO.

Réunie en urgence à Londres, l'Organisation maritime internationale (OMI) doit demander jeudi la mise en place d'un couloir maritime sécurisé pour évacuer les bateaux bloqués dans le Golfe persique.

L'organe onusien chargé de la sécurité en mer estime que 20.000 marins patientent actuellement à bord de 3.200 bateaux près du détroit d'Ormuz.

Après la réserve fédérale américaine mercredi (Fed), la flambée des prix de l'énergie due à la guerre dominera jeudi la réunion de la Banque centrale européenne (BCE), qui redoute des conséquences sur l'inflation et la croissance.

Le président français Emmanuel Macron a appelé jeudi à un moratoire concernant "les infrastructures civiles", notamment énergétiques, après un échange avec Donald Trump et l'émir du Qatar, cheikh Tamim ben Hamad al-Thani.

"Les populations civiles et leurs besoins essentiels, ainsi que la sécurité des approvisionnements énergétiques, doivent être préservés de l'escalade militaire", a-t-il souligné.

En presque trois semaines, la guerre a fait plus de 2.200 morts, selon les autorités, essentiellement en Iran et au Liban, deuxième principal front de guerre, où s'affrontent le mouvement chiite pro-iranien Hezbollah et Israël.

 


Trump s'en prend aux pays de l'Otan qui ont rejeté sa demande d'aide

Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis. (Reuters)
Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis. (Reuters)
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  • "Nous avons aidé avec l'Ukraine et ils n'aident pas avec l'Iran, et ils reconnaissent tous que l'Iran ne doit pas avoir l'arme nucléaire", a encore dit Donald Trump. "C'est une très mauvaise chose pour l'Otan", a-t-il estimé
  • "Nous n'avons plus besoin et nous ne voulons plus de l'aide des pays de l'Otan. NOUS N'EN AVONS JAMAIS EU BESOIN," avait assuré le président américain peu auparavant sur son réseau Truth Social, en citant aussi le Japon, l'Australie et la Corée du Sud

WASHINGTON: Donald Trump a qualifié mardi d'"erreur vraiment stupide" le refus de nombreux pays de l'Otan de porter assistance aux Etats-Unis pour sécuriser le détroit d'Ormuz, bloqué par l'Iran à la suite de l'attaque d'Israël et des Etats-Unis.

"Je pense que l'Otan fait une erreur vraiment stupide", a-t-il déclaré à la presse depuis le Bureau ovale de la Maison Blanche, peu après avoir affirmé sur son réseau Truth Social qu'il n'avait plus besoin de leur aide pour sécuriser ce passage stratégique pour l'économie mondiale.

"J'ai longtemps dit que je me demandais si l'Otan serait jamais là pour nous. Donc ceci est, ceci était un grand test, parce que nous n'avons pas besoin d'eux mais ils auraient dû être là", a-t-il insisté.

"L'autre chose, qui est, je pense, très importante, c'est que nous n'avions pas à être là pour l'Ukraine", a ajouté le président américain, qui recevait le Premier ministre irlandais Micheal Martin à l'occasion de la Saint-Patrick.

"Nous avons aidé avec l'Ukraine et ils n'aident pas avec l'Iran, et ils reconnaissent tous que l'Iran ne doit pas avoir l'arme nucléaire", a encore dit Donald Trump. "C'est une très mauvaise chose pour l'Otan", a-t-il estimé.

"Nous n'avons plus besoin et nous ne voulons plus de l'aide des pays de l'Otan. NOUS N'EN AVONS JAMAIS EU BESOIN," avait assuré le président américain peu auparavant sur son réseau Truth Social, en citant aussi le Japon, l'Australie et la Corée du Sud, autres alliés ayant rejeté ses demandes d'assistance.

Dans le Bureau ovale, il a toutefois déclaré que les Etats-Unis "aimeraient avoir un peu d'aide" pour détecter des mines dans le détroit d'Ormuz.

Interrogé sur ses intentions concernant l'alliance de défense transatlantique, dont les Etats-Unis sont le pilier, le républicain est resté vague.

"Je n'ai rien de précis en tête", a-t-il déclaré, tout en lançant, après avoir parlé des dépenses que les Etats-Unis font pour l'Otan: "C'est certainement quelque chose à quoi nous devrions réfléchir".

Il a jugé que le Premier ministre britannique Keir Starmer avait fait une "grosse erreur" en rejetant sa demande d'aide, et a balayé l'opposition du président français Emmanuel Macron en déclarant que ce dernier quitterait bientôt ses fonctions.

 


Iran: l'armée israélienne dit avoir éliminé le général commandant la milice Bassidj

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  • "Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone
  • "Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution

JERUSALEM: L'armée israélienne a déclaré mardi matin avoir éliminé dans une frappe à Téhéran le général Gholamréza Soleimani, commandant du Bassidj, milice de volontaires islamistes chargés notamment du maintien de l'ordre en Iran.

Les médias israéliens affirment également qu'Ali Larijani, l'un des plus hauts dirigeants iraniens, a été la cible d'une tentative d'élimination dans une autre frappe au cours de la nuit.

"Le Premier ministre Benjamin Netanyahu ordonne l'élimination de hauts responsables du régime iranien", a annoncé par ailleurs le bureau du Premier ministre israélien, publiant une photo légendée de M. Netanyahu au téléphone.

"Hier (lundi), l'armée de l'Air israélienne, sur la base de renseignements (militaires), a visé et éliminé Gholamréza Soleimani", indique un communiqué militaire israélien, ajoutant que ce général de brigade du corps des Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique de la République islamique, avait été tué dans "une frappe ciblée à Téhéran".

Selon Kan, la radio TV publique israélienne, Ali Larijani, chef du Conseil suprême de la sécurité nationale, "a été la cible d'une tentative d'élimination". "Les résultats de la frappe sont encore en cours d'examen", a annoncé pour sa part la chaîne N12.

"Nous ciblons des éléments des Gardiens de la Révolution et de l'appareil répressif du régime", a déclaré l'armée, citant dans un communiqué son chef d'état-major.

"Des résultats préventifs significatifs ont été enregistrés cette nuit, susceptibles d'influencer l'issue des opérations et les objectifs de l'armée israélienne", a indiqué le lieutenant-général Eyal Zamir.

Depuis l'élimination du guide suprême de la Révolution islamique, Ali Khamenei, au premier jour des frappes israélo-américaines en Iran le 28 février, M. Larijani est l'un des principaux visages du pouvoir iranien.

Avec les Gardiens de la Révolution, le Bassidj est depuis plusieurs jours la cible des frappes aériennes d'Israël. Cette milice recrute essentiellement dans la jeunesse, et agit comme une organisation idéologique insérée dans toutes les institutions et strates de la société.

Elle "fait partie de l'appareil armé du régime terroriste iranien" et a "mené les principales opérations de répression, recourant à une violence extrême, à des arrestations massives et à l'usage de la force contre des manifestants civils", a commenté l'armée israélienne.

"L'élimination de Soleimani s'ajoute à celle de dizaines de hauts commandants des forces armées du régime iranien qui ont été éliminés au cours de l'opération, et constitue un nouveau coup dur porté aux structures de commandement et de contrôle du régime en matière de sécurité", affirme l'armée.