Colombie: la police critiquée pour la répression des manifestants va être réformée

Les forces de l’ordre colombiennes affrontent les manifestants, le juin à Cali (Photo, AFP).
Les forces de l’ordre colombiennes affrontent les manifestants, le juin à Cali (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 06 juin 2021

Colombie: la police critiquée pour la répression des manifestants va être réformée

  • Le président a notamment annoncé la création au sein de la police d'une «direction des droits de l'homme» dirigée par un expert extérieur aux forces de l'ordre
  • La formation des policiers sera aussi revue, s'alignant sur les «standards internationaux», avec systématisation du badge d'identification et de la caméra-piéton pour les agents.

BOGOTA: Le président colombien Ivan Duque, sous pression de la rue et de la communauté internationale, a annoncé dimanche une réforme de la police mise en cause pour sa violente répression des manifestations sociales qui secouent le pays depuis fin avril et ont fait plus de 60 morts. 

Le chef de l'Etat conservateur a déclaré avoir ordonné la rédaction d'un « décret qui modernisera la structure organisationnelle de la police nationale, avant tout pour consolider la politique (...) en matière de droits humains », lors d'une cérémonie de promotion de policiers à Bogota. 

Le président a notamment annoncé la création au sein de la police d'une « direction des droits de l'homme » dirigée par un expert extérieur aux forces de l'ordre. 

Un communiqué du ministère de la Défense, dont dépendent les forces de police dans ce pays marqué par des décennies de conflit armé et la lutte contre le narcotrafic, a détaillé dans un communiqué les principaux « piliers » de la « réforme ». 

Outre la création d'une direction spécifique destinée à la « prévention, protection et respect des droits humains », le projet prévoit une restructuration des services d'inspection internes et un meilleur suivi des « plaintes » des citoyens. 

La formation des policiers sera aussi revue, s'alignant sur les « standards internationaux », avec systématisation du badge d'identification et de la caméra-piéton pour les agents. 

Le gouvernement n'a toutefois pas cédé aux revendications des manifestants qui réclamaient la démilitarisation totale de la police et sa transformation en un corps civil. 

L'annonce du chef de l'Etat intervient le jour même de l'arrivée en Colombie d'une délégation de la Commission interaméricaine des droits de l'homme (CIDH), chargée d'évaluer la situation des droits humains au cours des dernières semaines de soulèvement social. 

Pardon

Appauvrie par la pandémie avec plus de 40% des 50 millions de Colombiens en-dessous du seuil de pauvreté, confrontée à une recrudescence de la violence, la Colombie est en proie depuis le 28 avril à un mouvement de colère populaire, dans lequel les jeunes sont en première ligne.

Le mouvement social, qui se traduit par des manifestations plus ou moins intenses et des blocages routiers, a d'abord éclaté contre un projet de réforme fiscale visant à augmenter la TVA et à élargir la base de l'impôt sur le revenu, lancé par le gouvernement en pleine pandémie de coronavirus. 

Le soulèvement s'est par la suite transformé en des appels à un changement de cap politique pour une société plus égalitaire. Face à la répression, les protestataires ont également réclamé avec force une réforme en profondeur de la police. 

Au moins 61 personnes ont trouvé la mort depuis le début de la contestation, dont 59 civils et deux policiers. Selon le parquet, au moins 20 décès sont en lien direct avec les manifestations. 

L'ONG de défense des droits humains Human Rights Watch affirme disposer d' « allégations crédibles » concernant 67 décès, dont 32 « liés aux manifestations ».  

La journée la plus sanglante a eu lieu le 28 mai dans la ville de Cali (sud-ouest) lorsque treize personnes ont été tuées lors d'affrontements entre manifestants, policiers et des civils armés, poussant l'ONU à réclamer une enquête indépendante. 

En mai, l'AFP a visionné une quarantaine de vidéos d'une scène de répression policière qui a été condamnée par l'ONU, l'Union européenne, les Etats-Unis et des ONG internationales de défense des droits humains.

Après des décennies de stigmatisation de la protestation sociale, associée aux rébellions de gauche, les jeunes, qui n'ont pas connu les années noires du conflit armé contre les guérillas d'extrême gauche, n'ont plus peur et n'hésitent pas à filmer la répression à l'aide de leurs smartphones. 

En 2020 déjà, la police avait suscité l'indignation après la mort à Bogota d'un homme de 43 ans, Javier Ordoñez, brutalisé par des policiers. Une cinquantaine de commissariats de quartier avaient été attaqués et 13 personnes avaient péri, en majorité des jeunes tués par balles. 

La mairie de Bogota avait dénoncé des tirs de la police sans discernement sur des civils et le gouvernement, sous pression de la CIDH, avait dû demander pardon.


Le président iranien estime que la reprise des hostilités avec les Etats-Unis n'est pas dans l'intérêt de son pays

Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie. (AFP)
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  • Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA
  • L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense"

BICHEK: Le président iranien Masoud Pezeshkian a estimé lundi que poursuivre la guerre contre les Etats-Unis n'était pas dans l'intérêt de son pays, alors que les hostilités ont repris entre les deux pays après un mois d'accalmie.

"Nous continuons de nous efforcer de trouver un chemin d'accord et de compréhension, et nous pensons que continuer la guerre n'est pas dans notre intérêt, ni dans l'intérêt de la région", a expliqué le président iranien lors d'une réunion avec le Premier ministre indien Narendra Modi avant le sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS) au Kirghistan.

"Nous pensons que la solution aux problèmes existants réside dans le dialogue et la compréhension, et toutes les capacités doivent être mobilisées pour éviter l'extension de l'insécurité et du conflit", a-t-il ajouté, selon un communiqué de la présidence iranienne.

Ses déclarations sont intervenues après des frappes américaines sur l'île iranienne de Larak, qui ont fait deux morts et plusieurs blessés, selon l'agence officielle iranienne IRNA. L'Iran a de son côté affirmé lundi avoir attaqué avec des drones une base aux Emirats arabes unis en Jordanie en "légitime défense".

Le conflit est entré dans son septième mois et les efforts diplomatiques pour y mettre fin patinent.

Ces dernières semaines ont été marquées par une accalmie au Moyen-Orient, même si des tirs sporadiques ont été recensés, surtout dans et autour du détroit d'Ormuz.

Des dizaines de dirigeants, dont le dirigeant chinois Xi Jinping, le russe Vladimir Poutine, le Premier ministre indien Narendra Modi et son homologue pakistanais Shehbaz Sharif, doivent participer lundi et mardi au sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui se déroule cette année dans la capitale kirghize, Bichkek.

 


Crise migratoire à Ceuta : Sánchez réfute toute implication marocaine

Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
Des soldats espagnols observent des manifestants brandissant des drapeaux espagnols lors d’une manifestation contre la présence de migrants et la situation suite à l’arrivée de dizaines de milliers de migrants le mois dernier à Ceuta, en Espagne, le 29 août 2026. (AFP)
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  • Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines
  • "Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines"

MADRID: Le Premier ministre espagnol a écarté lundi toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines dans le brusque afflux de migrants arrivés dans le territoire espagnol de Ceuta depuis le Maroc il y a un mois.

"Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines", a déclaré le chef de gouvernement socialiste sur la radio Cadena Ser.


Les Etats-Unis et le Venezuela annoncent un accord pétrolier "historique"

Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
Donald Trump lors d’une rencontre avec Volodymyr Zelensky et des dirigeants européens à la Maison-Blanche, le 18 août 2025, et Delcy Rodriguez au palais présidentiel de Miraflores à Caracas, le 4 mars 2026. Caracas a confirmé le 28 août 2026 la signature d’un accord pétrolier majeur avec les États-Unis portant sur 65 milliards de barils de réserves prouvées. (AFP)
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  • Washington et Caracas annoncent un accord pétrolier présenté comme historique, portant sur 17 champs vénézuéliens, avec 65 milliards de barils de potentiel et plus de 100 milliards de dollars d’investissements
  • L’accord vise à relancer la production pétrolière du Venezuela et à réduire les prix de l’énergie aux États-Unis, mais des incertitudes persistent sur les investissements, la sécurité et la stabilité politique

WASHINGTON: Washington et Caracas ont annoncé vendredi avoir conclu un accord pétrolier "historique", qui verra les Etats-Unis prendre le contrôle majoritaire de plus de 65 milliards de barils des réserves du Venezuela.

Dans un message publié sur Truth Social, le président américain Donald Trump l'a qualifié de "plus grand accord pétrolier de l'histoire mondiale" qui doublerait, selon lui, les réserves pétrolières des Etats-Unis.

Il précise que l'accord a été établi "en étroite collaboration avec la présidente par intérim du Venezuela, Delcy Rodriguez" et "au travers d'un partenariat avec des entreprises privées".

Caracas a confirmé avoir signé un accord pétrolier "historique" avec les Etats-Unis, Mme Rodriguez remerciant "chaleureusement" Donald Trump dans un communiqué publié sur les réseaux sociaux.

Selon elle, l'accord prévoit "de développer 17 champs stratégiques, avec un potentiel avéré de 65 milliards de barils de pétrole, un investissement de plus de 100 milliards de dollars et plus de 209 milliards de dollars de recettes fiscales pour l'État" vénézuélien.

"Pour le peuple vénézuélien, cet accord (...) soutiendra des milliers d'emplois bien rémunérés et favorisera la reconstruction de l'économie vénézuélienne", a également déclaré le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio sur X, confirmant "près de 100 milliards de dollars d'investissements privés" dans le pays.

Le Venezuela dispose des plus grandes réserves prouvées de pétrole au monde, avec plus de 303 milliards de barils. Mais sa production reste limitée.

En parallèle, les stocks stratégiques américains ("strategic petroleum reserve", ou SPR) sont à leur plus bas niveau depuis novembre 1982, selon les données de l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA).

Washington s'est engagé à libérer progressivement 172 millions de barils sur les 415 millions qui composaient la SPR fin février pour pallier les perturbations d'approvisionnement et la hausse des cours du brut liées à la guerre en cours au Moyen-Orient.

Selon Donald Trump, "cette transaction historique" entre les Etats-Unis et le Venezuela permettra "de réduire considérablement le prix de l'essence pour tous les Américains, et ce pendant de nombreuses années".

Le président américain assure par ailleurs que cet accord "ne coûtera rien aux contribuables américains".

 

- Mainmise américaine -

 

Depuis le raid militaire américain qui a permis début janvier la capture de Nicolas Maduro, Donald Trump veut relancer l'exploitation des ressources pétrolières et gazières vénézuéliennes sous son propre patronage.

Le gouvernement américain essaye de pousser les entreprises américaines à s'engager dans le pays, suscitant toutefois des réactions mitigées face aux lourds investissements nécessaires pour remettre en état les infrastructures pétrolières du pays et y extraire de l'or noir.

Une réticence suscitée aussi par les expropriations menées par le régime vénézuélien dans le passé. Le géant américain ExxonMobil l'a notamment été à deux reprises.

"Le principal problème au Venezuela concernait la sûreté et la sécurité", a commenté auprès de l'AFP John Kilduff, analyste d'Again Capital.

Selon lui, les Etats-Unis pourraient chercher avec cet accord à "créer une sorte de zone d'État où les entreprises américaines peuvent s'implanter, exercer leurs activités sans subir de répercussions, et (...) éliminer le risque politique qui accompagne habituellement les investissements au Venezuela".

Pour Jorge R. Pinon, chercheur à l'Energy Institute de l'Université du Texas à Austin, de nombreuses "zones d'ombre" subsistent toutefois, notamment le risque qu'un futur gouvernement vénézuélien change brutalement "les règles du jeu", remettant en cause tout accord actuel.

"Ce sont des projets qui mettront très certainement de nombreuses années avant de voir le jour et de porter leurs fruits", estime par ailleurs l'expert pétrolier Oswaldo Felizzola.

Pour Elias Ferrer, fondateur du Think tank Orinoco Research, cette annonce relève d'"un jeu de récits autour d'accords qui étaient déjà en cours de négociation", l'achat par les Etats-Unis de brut vénézuélien étant dans tous les cas "garanti".

D'après l'expert, Donald Trump présente ces arrangements comme une victoire politique, en les inscrivant dans le contexte plus large du conflit au Moyen-Orient et de la flambée des prix de l'énergie.