La Fed campe sur ses positions: la hausse des prix est transitoire

Les responsables de la puissante institution monétaire n'ont acté aucun changement immédiat de politique monétaire. (Photo, AFP)
Les responsables de la puissante institution monétaire n'ont acté aucun changement immédiat de politique monétaire. (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 17 juin 2021

La Fed campe sur ses positions: la hausse des prix est transitoire

  • Les taux directeurs restent dans la fourchette de 0 à 0,25% dans laquelle ils avaient été abaissés en mars 2020
  • La Fed se montre plus optimiste sur la croissance, puisqu'elle table sur un Produit intérieur brut en hausse de 7,0% en 2021 contre 6,5% estimé en mars.

WASHINGTON : La Banque centrale américaine voit les prix augmenter plus qu'attendu cette année mais elle persiste et signe: il s'agit d'un phénomène temporaire dans un contexte de croissance qui s'accélère après une crise inédite due à la pandémie.

Les responsables de la puissante institution monétaire n'ont acté aucun changement immédiat de politique monétaire, à l'issue de deux jours de réunion.

Les taux directeurs restent dans la fourchette de 0 à 0,25% dans laquelle ils avaient été abaissés en mars 2020, pour stimuler le crédit et donc la consommation. Cependant, les membres du comité monétaire envisagent désormais plus largement une première hausse des taux dès 2023.

Les achats d'actifs, qui ont permis aux marchés de continuer à fonctionner malgré la crise, ont également été maintenus à leur niveau actuel de 120 milliards de dollars par mois.

Le président de la Fed Jerome Powell n'a ébauché aucun calendrier pour la réduction du soutien de l'institution à l'économie américaine, jugeant cela "prématuré".

Une telle décision sera prise "lorsque l'économie aura fait des progrès supplémentaires substantiels, et nous communiquerons en amont", a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse.

Inflation liée à la réouverture

L'économie a pourtant largement entamé son redressement.

Ces derniers mois, les progrès de la vaccination ont réduit drastiquement la propagation du Covid-19 aux États-Unis. 

Les secteurs les plus touchés par la pandémie, comme l'hôtellerie et la restauration, "restent faibles mais ont montré une amélioration". 

La Fed se montre d'ailleurs plus optimiste sur la croissance, puisqu'elle table sur un Produit intérieur brut en hausse de 7,0% en 2021 contre 6,5% estimé en mars.

Sa prévision de chômage pour cette année est, elle, inchangée. Et le retour au plein emploi, c'est-à-dire au niveau d'avant-crise de 3,5%, le plus bas en 50 ans, est attendu en 2023.

C'est surtout l'inflation qui inquiète les marchés. Elle devrait atteindre 3,4% cette année, contre 2,4% estimé en mars, avant de se stabiliser près de l'objectif de 2%, à 2,1% en 2022 et 2,2% en 2023. Des prévisions qui ont fait terminer la Bourse de New York dans le rouge.

Mais Jerome Powell a martelé  que les prix s'expliquent par des "facteurs transitoires" et s'attend à ce que la hausse "s'inverse avec le temps".

"Ce que nous voyons à court terme est principalement associé à la réouverture de l'économie, et non à un marché du travail tendu ou à des contraintes de ressources", a-t-il dit.

Il a ainsi souligné que si les prix du bois d'oeuvre, des voitures d'occasion, des billets d'avion et des hôtels ont tiré l'inflation, ils sont à comparer avec des prix qui s'étaient effondrés l'an passé.

Les prix ont augmenté en mai à 5% sur un an, leur rythme le plus rapide depuis 13 ans, selon l'indice CPI, en raison en grande partie de cet effet de comparaison. 

La Fed utilise une autre mesure de l'inflation, l'indice PCE, qui a connu en avril sa plus forte accélération depuis 2007, +3,6% sur un an.

«Forte création d'emplois»

"Nous nous attendons à ce que les prix reviennent là où ils étaient (avant la crise), il n'y a aucune raison de penser qu'ils vont continuer à augmenter beaucoup", a commenté Jerome Powell, citant les prix du bois de construction qui commencent à baisser.

La secrétaire au Trésor Janet Yellen avait précédé M. Powell plus tôt mercredi, relevant que l'inflation "reflète les difficultés de la réouverture d'une économie qui a été fermée, qui a connu d'énormes fluctuations dans les habitudes de dépenses et qui fait face à des goulets d'étranglement".

Avant de modifier leur politique, les responsables de la Fed veulent que le pays ait retrouvé le plein emploi. Or il manque encore 7,6 millions d'emplois.

Jerome Powell a reconnu que le retour sur le marché du travail "prend plus de temps", en raison de certains obstacles tels que l'inadéquation entre offres d'emplois et profils des chômeurs.

Il anticipe cependant "une forte création d'emplois" au cours de l'été et à l'automne.

En effet, "un nombre important de personnes se disent encore préoccupées par le retour au travail dans des emplois où elles sont en contact avec le public, à cause du Covid", une crainte qui devrait se dissiper avec la vaccination.

Et, avec les crèches et écoles qui devraient rouvrir à l'automne, la participation au marché du travail devrait progresser. Parallèlement, la fin de certaines aides d'Etat va également pousser au retour au travail.


BMW révise à la baisse ses objectifs à cause du Moyen-Orient et du marché chinois

Le spécialiste de véhicules haut de gamme a vu son bénéfice net chuter de 23,1% au premier trimestre sur un an, à 1,7 milliard d'euros, notamment en raison des droits de douane américains. (AFP)
Le spécialiste de véhicules haut de gamme a vu son bénéfice net chuter de 23,1% au premier trimestre sur un an, à 1,7 milliard d'euros, notamment en raison des droits de douane américains. (AFP)
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  • Selon un communiqué, le groupe basé à Munich prévoit désormais une baisse "significative" de son bénéfice avant impôts, contre une baisse modérée auparavant, ainsi qu'un "léger" recul des livraisons contre une stagnation plus tôt
  • Sa marge opérationnelle devrait s'établir à un niveau très faible de 1 à 3%, et non dans une fourchette de 4 à 6% comme indiqué précédemment

BERLIN: Le constructeur automobile allemand BMW a annoncé mardi revoir à la baisse ses objectifs pour 2026, en raison du conflit au Moyen-Orient et des difficultés sur le marché chinois, et a laissé entendre qu'il pourrait bientôt instaurer un plan d'économies.

Selon un communiqué, le groupe basé à Munich prévoit désormais une baisse "significative" de son bénéfice avant impôts, contre une baisse modérée auparavant, ainsi qu'un "léger" recul des livraisons contre une stagnation plus tôt.

Sa marge opérationnelle devrait s'établir à un niveau très faible de 1 à 3%, et non dans une fourchette de 4 à 6% comme indiqué précédemment.

La dégradation du marché automobile chinois s’est encore accélérée au deuxième trimestre, notamment pour les segments non électrique, note le constructeur.

De plus, les prix de l'énergie demeurent élevés, dans le sillon de la guerre en Iran, et la confiance des consommateurs dans le monde est en berne.

Ces deux effets pèseront "significativement" sur les résultats au deuxième trimestre, prévient le groupe.

Par ailleurs, BMW va "intensifier et accélérer ses initiatives en cours de réduction des coûts" via des mesures de restructuration, qui ne sont néanmoins pas détaillées.

Celles-ci entraîneront un "impact ponctuel négatif" au deuxième semestre et auront des effets sur les prochaines années, prévient le constructeur.

Le spécialiste de véhicules haut de gamme a vu son bénéfice net chuter de 23,1% au premier trimestre sur un an, à 1,7 milliard d'euros, notamment en raison des droits de douane américains.

En mai, le patron de BMW Oliver Zipse notait une conséquence positive du conflit au Moyen-Orient sur l'activité: la hausse de la demande de véhicules électriques en Europe en réponse à la flambée du carburant.

Mais cela ne soulage pas pour autant l'industrie automobile allemande, pilier de la première économie européenne, qui est prise en tenaille entre la rude compétition chinoise et les droits de douane américains.


Carrefour s'engage à retirer 5.000 tonnes de plastique de ses rayons d'ici à 2030

Carrefour s'est engagé mardi à retirer 5.000 tonnes d'emballages plastique de ses magasins d'ici à 2030 au profit de matériaux plus durables et moins coûteux, et revendique avoir déjà enlevé "25.000 tonnes" de plastique de ses rayons depuis 2017. (AFP)
Carrefour s'est engagé mardi à retirer 5.000 tonnes d'emballages plastique de ses magasins d'ici à 2030 au profit de matériaux plus durables et moins coûteux, et revendique avoir déjà enlevé "25.000 tonnes" de plastique de ses rayons depuis 2017. (AFP)
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  • Carrefour veut aussi favoriser les "ventes de produits consignés" avec des prix "en moyenne 5% moins chers au litre que leur équivalent non réutilisable" et "plus de 1.000 références"
  • Objectif: 50 millions de bouteilles réutilisables ainsi commercialisées d'ici à 2030

PARIS: Bouteilles réutilisables, recharges pour les produits d'hygiène... Carrefour s'est engagé mardi à retirer 5.000 tonnes d'emballages plastique de ses magasins d'ici à 2030 au profit de matériaux plus durables et moins coûteux, et revendique avoir déjà enlevé "25.000 tonnes" de plastique de ses rayons depuis 2017.

Cette annonce survient dans "contexte de fortes tensions sur le prix et la disponibilité du plastique", dérivé du pétrole renchéri avec la guerre au Moyen-Orient, selon un communiqué du distributeur.

Le groupe compte ainsi économiser 5 millions d'euros qui seront réinvestis dans des baisses de prix pouvant aller jusqu'à 10%, est-il ajouté.

"La forte instabilité des marchés pétroliers et la hausse des éco-contributions (payées par les producteurs et distributeurs, NDLR) associées au prix des emballages ont entraîné une hausse de la tonne de plastique vierge de 50%", résume Carrefour.

Cinq actions sont prévues "dans des rayons" où le plastique reste "encore trop souvent la norme", avec l'objectif d"'initier une transformation complète" via de "nouveaux standards de marché", explique le groupe dirigé depuis 2017 par Alexandre Bompard.

Après de précédentes mesures de "déplastification" concernant les fruits et légumes, les piles, les ampoules et le textile, le distributeur promet de supprimer le suremballage plastique sur les lots promotionnels dès 2028 pour ses produits en marque propre et dès 2030 pour ceux des marques nationales.

Il entend réduire de 30% les emballages plastiques des produits d'hygiène et d'entretien "via le développement de format recharges en plastique recyclé, à un prix 10 à 20% moins cher" ou encore "de grands contenants", pour "2.000 tonnes de plastique" en moins.

Egalement au programme, un "emballage 100% papier" pour le papier hygiénique, pour une réduction de 1.500 tonnes.

Carrefour veut aussi favoriser les "ventes de produits consignés" avec des prix "en moyenne 5% moins chers au litre que leur équivalent non réutilisable" et "plus de 1.000 références". Objectif: 50 millions de bouteilles réutilisables ainsi commercialisées d'ici à 2030.

Enfin, de nouveaux emballages "associant boîte carton et fenêtre plastique" sont prévus pour les pâtisseries et viennoiseries "au rayon traditionnel".

Ces dernières semaines, des associations ont dénoncé l'omniprésence du plastique dans les supermarchés et leur recours encore trop faible à la consigne du verre pour réemploi.

Le gouvernement envisage par ailleurs la mise en place d'une consigne sur les bouteilles en plastique pour recyclage, objet d'une réunion de concertation mardi.


À Dubaï, L’Oréal accélère sa transition durable entre climat, économie circulaire et beauté inclusive

L’Oréal Middle East a réuni à Dubaï des représentants du gouvernement, des experts du développement durable et des partenaires de l’industrie à l’occasion du L’Oréal For the Future Summit 2026. (Photo: fournie)
L’Oréal Middle East a réuni à Dubaï des représentants du gouvernement, des experts du développement durable et des partenaires de l’industrie à l’occasion du L’Oréal For the Future Summit 2026. (Photo: fournie)
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  • L’Oréal Middle East a signé le UAE Climate-Responsible Companies Pledge avec le ministère du Changement climatique et de l’Environnement, consolidant son engagement en faveur de la stratégie Net Zero 2050 des Émirats arabes unis
  • Le groupe annonce l’extension de ses initiatives de beauté durable grâce au développement des solutions de recharge, tout en renforçant l’inclusion avec le don de plus de 30 dispositifs Lancôme HAPTA au centre Al Noor

DUBAÏ: L’Oréal Middle East a franchi une nouvelle étape dans sa stratégie de développement durable à l’occasion de la troisième édition du L’Oréal For the Future Summit, organisée dans ses bureaux récemment rénovés à Dubaï. Réunissant représentants gouvernementaux, experts du développement durable, partenaires du commerce de détail et acteurs de l’industrie, l’événement a été marqué par la signature du UAE Climate-Responsible Companies Pledge avec le ministère du Changement climatique et de l’Environnement (MOCCAE).

Cette signature formalise l’engagement de L’Oréal Middle East dans la stratégie nationale de décarbonation des Émirats arabes unis et dans l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050. Réalisée en présence de l’ingénieure Aisha Mohamed Al Abdooli, directrice du département du Développement vert et des Affaires environnementales au sein du ministère, cette initiative illustre la volonté du groupe d’inscrire ses actions climatiques dans un cadre mesurable et transparent. 

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L’ingénieure Aisha Mohamed Al Abdooli, directrice du département du Développement vert et des Affaires environnementales au ministère du Changement climatique et de l’Environnement des Émirats arabes unis, lors du L’Oréal For the Future Summit 2026 à Dubaï. (Photo: fournie)

Pour L’Oréal, les Émirats arabes unis occupent une place centrale dans le déploiement de ses initiatives environnementales. Le pays constitue aujourd’hui un laboratoire régional pour tester et accélérer des solutions de beauté durable conciliant impact environnemental et performance économique.

Le sommet s’est tenu dans les bureaux rénovés de L’Oréal Middle East à Dubaï, conçus pour refléter concrètement les ambitions du programme « L’Oréal For the Future ». Efficacité énergétique, pratiques de travail responsables et choix de matériaux durables font de cet espace un exemple tangible de la transformation environnementale engagée par le groupe.

Lors de l’événement, L’Oréal Middle East a également annoncé le renforcement prochain de ses partenariats avec plusieurs acteurs du commerce de détail afin d’étendre l’accès aux stations de recharge de produits de beauté à travers les Émirats arabes unis.

Après une première collaboration avec BinSina Pharmacy, de nouvelles alliances stratégiques doivent permettre d’accélérer l’adoption de modèles de consommation plus circulaires et de réduire les déchets plastiques. Les solutions rechargeables sont désormais disponibles dans l’ensemble des catégories du groupe, des soins de la peau aux parfums, en passant par le maquillage et les soins capillaires.

Parmi les exemples mis en avant, le parfum rechargeable Prada Paradoxe permet de réduire l’utilisation de matériaux de 44 % pour le verre, 67 % pour le plastique, 100 % pour les métaux et 61 % pour le carton, par rapport aux formats traditionnels.

Le groupe indique également que l’ensemble de ses supports promotionnels en point de vente sont désormais éco-conçus, tandis qu’un travail est mené avec les fournisseurs pour mesurer et réduire les émissions de CO₂ tout au long de la chaîne de valeur.

Au-delà de ses ambitions environnementales, L’Oréal Middle East a réaffirmé son engagement en faveur de l’inclusion. Dans ce cadre, l’entreprise a annoncé le don de plus de 30 dispositifs Lancôme HAPTA au centre de formation Al Noor.

Présenté comme le premier applicateur de maquillage informatisé portable au monde, HAPTA a été développé pour accompagner les personnes souffrant de troubles de la motricité, d’arthrite, de la maladie de Huntington ou de séquelles liées à un accident vasculaire cérébral. Grâce à ses capteurs avancés et à sa technologie de stabilisation du mouvement, l’appareil facilite l’accès au maquillage et favorise l’autonomie des utilisatrices.

« La signature du UAE Climate-Responsible Companies Pledge démontre notre volonté de contribuer concrètement à l’ambitieux programme de durabilité des Émirats arabes unis. L’expansion de nos initiatives de recharge et de nos partenariats dans le commerce de détail permettra également de rendre les choix de beauté durable plus accessibles à un plus grand nombre de consommateurs », a déclaré Laurent Duffier, directeur général de L’Oréal Middle East.

À travers ce sommet, L’Oréal Middle East entend démontrer que leadership environnemental, innovation et croissance économique peuvent avancer de concert, tout en accélérant la transition vers une industrie de la beauté plus responsable dans la région.