France: rejet d'un recours de Canal+ contre un avertissement pour des propos sur l'Algérie et l'islam

Logo du groupe Canal+ (Photo, AFP)
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Publié le Jeudi 17 juin 2021

France: rejet d'un recours de Canal+ contre un avertissement pour des propos sur l'Algérie et l'islam

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  • Le Conseil d'Etat français a rejeté jeudi un recours du groupe Canal+ qui demandait l'annulation d'une décision du CSA, après des propos du polémiste Eric Zemmour sur la colonisation de l'Algérie et l'islam
  • CNews a écopé en mars d'une amende du CSA de 200 000 euros pour «incitation à la haine» et «à la violence» après un autre dérapage d'Eric Zemmour sur les migrants mineurs isolés

PARIS: Le Conseil d'Etat français a rejeté jeudi un recours du groupe Canal+ qui demandait l'annulation d'une décision du CSA, régulateur de l'audiovisuel, à l'encontre de sa chaîne d'information CNews après des propos du polémiste Eric Zemmour sur la colonisation de l'Algérie et l'islam.  

A l'origine du recours de Canal+: une mise en demeure du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) en décembre 2019 adressée à CNews de respecter ses obligations, notamment en termes d'incitation à la haine et à la violence, après des propos de sa vedette Eric Zemmour. 

Lors de l'émission « Face à l'info » du 23 octobre 2019, le polémiste avait assimilé l'islam et l'islamisme, avant d'évoquer la conquête de l'Algérie par la France dans les années 1840 en se disant, en tant que Français, « du côté » du général Bugeaud qui, lorsqu'il « arrive en Algérie, (...) commence à massacrer les musulmans et même certains juifs ». 

A l'annonce de la mise en demeure de sa chaîne d'info, Canal+, filiale du groupe Vivendi détenu par le milliardaire Vincent Bolloré, avait répondu vouloir déposer un recours pour abus de pouvoir auprès du Conseil d'Etat, considérant cette mise en demeure « injustifiée » et « contraire aux principes de la liberté d'expression ».  

« Le CSA n'a pas fait une inexacte application des pouvoirs » qu'il détient, estime le Conseil d'Etat dans sa décision du 16 juin. 

« Il n'a pas plus porté une atteinte disproportionnée à la libre communication des pensées et des opinions (...) ni, en tout état de cause, méconnu l'objectif de valeur constitutionnelle du pluralisme des courants de pensée et d'opinion », poursuit la plus haute juridiction administrative. 

En outre, « la société d'exploitation d'un service d'information n'est pas fondée à demander l'annulation de la mise en demeure qu'elle attaque », relève-t-elle. 

Une mise en demeure du CSA constitue un sérieux avertissement. Elle peut précéder, en cas de manquements répétés, une sanction qui peut aller de la suspension temporaire d'un programme à un retrait de l'autorisation de la chaîne, en passant par des amendes ou privations d'écrans publicitaires. 

CNews a écopé en mars d'une amende du CSA de 200 000 euros pour « incitation à la haine » et « à la violence » après un autre dérapage d'Eric Zemmour sur les migrants mineurs isolés. Elle a été à nouveau mise en demeure le 12 juin sur ses obligations en matière de pluralisme pour avoir trop donné la parole à un candidat du Rassemblement national (RN, extrême droite) aux élections régionales par autres listes. 


Val-de-Marne: un homme mort poignardé en pleine rue

Un homme est mort après avoir été poignardé à plusieurs reprises dans une rue de Villeneuve-Saint-Georges. (Photo, AFP)
Un homme est mort après avoir été poignardé à plusieurs reprises dans une rue de Villeneuve-Saint-Georges. (Photo, AFP)
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  • Selon le quotidien, un habitant a découvert vers jeudi 6H30 l'homme d'une quarantaine d'années, allongé sur un trottoir
  • La brigade criminelle de Paris a été saisie de cette enquête

CRÉTEIL: Un homme est mort après avoir été poignardé à plusieurs reprises dans une rue de Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne), où une paire de ciseaux a été retrouvée près de lui, a indiqué jeudi une source policière à l'AFP, confirmant une information du Parisien. 

Selon le quotidien, un habitant a découvert vers jeudi 6H30 l'homme d'une quarantaine d'années, allongé sur un trottoir. 

Arrivés sur place, les pompiers n’ont pu que déclarer le décès de la victime, dont les jambes portaient des traces de lacération, a précisé une autre source policière à l'AFP. 

La brigade criminelle de Paris a été saisie de cette enquête. 

 


Allocations et immigration: Le Pen détaille les 16 milliards d'euros par an qu'elle entend économiser

Marine Le Pen tient une conférence de presse sur l'immigration dans le cadre de sa campagne à Paris, le 2 décembre 2021. (Photo, AFP)
Marine Le Pen tient une conférence de presse sur l'immigration dans le cadre de sa campagne à Paris, le 2 décembre 2021. (Photo, AFP)
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  • «Tout est fait pour dissimuler l'impact financier» de l'immigration, a affirmé Mme Le Pen
  • Le parti considère que la restriction de «l'immigration familiale», avec une «baisse de 75% des flux annuels» signifierait 2,4 milliards d'euros d'économies de 2022 à 2027

PARIS: Marine Le Pen, candidate du RN à la présidentielle, a détaillé jeudi les 16 milliards d'euros par an qu'elle entend économiser en supprimant ou réduisant les aides sociales pour les étrangers si elle arrive au pouvoir, un chiffrage contesté par des économistes.  

« Tout est fait pour dissimuler l'impact financier » de l'immigration, a affirmé Mme Le Pen lors d'un point presse dans son QG parisien, aux côtés de son directeur de cabinet Renaud Labaye, passé par Bercy. 

En appliquant sa « priorité nationale », la candidate d'extrême droite considère pouvoir économiser  « 80,5 milliards d'euros » durant un quinquennat, « 16,1 milliards » par an, grâce à « six mesures chiffrées ».  

Le parti veut « réserver les prestations familiales aux foyers dont au moins un des parents est Français » pour un « gain » de 15,6 milliards durant le quinquennat. Il table sur 21,9 milliards d'économies en réservant le RSA, la prime d'activité, l'allocation adultes handicapés ou les allocations logement aux « étrangers ayant travaillé au moins cinq ans à temps plein ».  

Pour le RN, « renvoyer les étrangers qui n'ont pas eu d'emploi pendant un an » serait synonyme d'une économie de 5,4 milliards d'euros à l'échelle du quinquennat. 

Le parti considère que la restriction de « l'immigration familiale », avec une « baisse de 75% des flux annuels » signifierait 2,4 milliards d'euros d'économies de 2022 à 2027.  

Marine Le Pen estime encore à 30,7 milliards d'économies sa réforme de l'asile, dont la « fin de l'accueil des mineurs non accompagnés ». Enfin, la dirigeante d'extrême droite entend faire 4,5 milliards d'euros d'économies durant son éventuel quinquennat en remplaçant l'aide médicale d’État (la couverture santé des étrangers en situation irrégulière) par une « aide d'urgence vitale ». 

Avant de réduire ces allocations, Marine Le Pen compte, si elle est élue, laisser un « délai de huit mois à un an » pour « permettre aux gens de se retourner ». 

Un cadre du RN a indiqué à l'AFP que ce point presse était une réponse directe à un article du Monde, qui calculait à seulement quelque 6,3 milliards d'euros d'économies par an les propositions de Marine Le Pen en la matière. 

Contactée, la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) indique que la totalité des allocations qu'elle verse aux étrangers -prestations familiales, logement, handicapés, RSA, prime d'activité- correspond à « neuf milliards d'euros » par an (chiffre 2019), sans le minimum vieillesse gérée par la Caisse nationale d'assurance vieillesse (Cnav). 

Plus globalement, l'économiste Lionel Ragot (Paris-Nanterre), spécialiste de l'immigration, juge son impact budgétaire « quasi nul ». Car même si les immigrés « sont plus au chômage » et « perçoivent plus d'allocations », ces chiffres sont « compensés » par la « structure d'âge des immigrés qui sont souvent dans la population active et qui cotisent beaucoup », estime-t-il. Un récent rapport de l'OCDE va dans ce sens. 


Migrants: la France rejette les patrouilles conjointes avec la Grande-Bretagne

Une migrante porte ses enfants après avoir été aidée depuis un canot de sauvetage de la RNLI (Royal National Lifeboat Institution) sur une plage de Dungeness, sur la côte sud-est de l'Angleterre, le 24 novembre 2021, après avoir été secourue lors de la traversée de la Manche. (AFP)
Une migrante porte ses enfants après avoir été aidée depuis un canot de sauvetage de la RNLI (Royal National Lifeboat Institution) sur une plage de Dungeness, sur la côte sud-est de l'Angleterre, le 24 novembre 2021, après avoir été secourue lors de la traversée de la Manche. (AFP)
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  • Boris Johnson avait fait cette proposition lors d'une conversation téléphonique avec le président français Emmanuel Macron le 25 novembre, au lendemain d'un naufrage dans la Manche qui a fait 27 morts
  • «Nous ne pouvons pas accepter, par exemple, que des policiers ou des militaires britanniques patrouillent sur nos côtes; il en va de notre souveraineté»

PARIS: Le Premier ministre français Jean Castex a rejeté dans une lettre à son homologue britannique Boris Johnson sa proposition de "patrouilles conjointes" sur le sol français afin d'empêcher le départ de migrants vers la Grande-Bretagne.

"Nous avons toujours accepté d'examiner et de discuter de bonne foi des propositions britanniques de renforcement de la coopération. Nous en avons accepté certaines, nous en avons décliné d'autres", écrit M. Castex dans ce texte dont l'AFP a eu copie. 

"Nous ne pouvons pas accepter, par exemple, que des policiers ou des militaires britanniques patrouillent sur nos côtes; il en va de notre souveraineté", souligne-t-il.

Boris Johnson avait fait cette proposition lors d'une conversation téléphonique avec le président français Emmanuel Macron le 25 novembre, au lendemain d'un naufrage dans la Manche qui a fait 27 morts.

Elle figurait également dans une lettre de M. Johnson à M. Macron, dont la publication par le gouvernement britannique a ulcéré Paris et provoqué une nouvelle crise entre les deux pays. Dans sa lettre M. Johnson proposait également à la France "un accord bilatéral de réadmission pour permettre le retour de tous les migrants illégaux qui traversent la Manche".

"Renvoyer les migrants, pour nous ce n'est pas une option, ce n'est pas une manière sérieuse ou responsable d'aborder la question", a affirmé à l'AFP une source à Matignon sous le couvert de l'anonymat.

"Plus de 700 policiers et gendarmes arpentent chaque jour la côte d'Opale (nord), pour empêcher des embarcations de fortune de prendre la mer" vers l'Angleterre, indique M. Castex dans sa lettre.

"Une partie de ces opérations est réalisée avec la contribution financière de votre gouvernement, conformément à nos accords de coopération", rappelle-t-il.

"Cependant, ces efforts ne permettent que de contenir le phénomène, non d'y apporter une réponse durable", estime le Premier ministre français, appelant la Grande-Bretagne à mener "une politique de retour plus efficace" et à ouvrir "des voies d'immigration légale à ceux qui ont des raisons légitimes de vouloir se rendre" dans ce pays.