L'Éthiopie aux urnes lundi, malgré les violences et la famine

Une femme regarde un document montrant une liste de partis politiques pour les prochaines élections générales prévues le 21 juin 2021, reçu d'un personnel du Conseil électoral national d'Éthiopie (NEBE) sous un viaduc à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 17 juin, 2021. (Yasuyoshi CHIBA/AFP)
Une femme regarde un document montrant une liste de partis politiques pour les prochaines élections générales prévues le 21 juin 2021, reçu d'un personnel du Conseil électoral national d'Éthiopie (NEBE) sous un viaduc à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 17 juin, 2021. (Yasuyoshi CHIBA/AFP)
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Publié le Vendredi 18 juin 2021

L'Éthiopie aux urnes lundi, malgré les violences et la famine

Une femme regarde un document montrant une liste de partis politiques pour les prochaines élections générales prévues le 21 juin 2021, reçu d'un personnel du Conseil électoral national d'Éthiopie (NEBE) sous un viaduc à Addis-Abeba, en Éthiopie, le 17 juin, 2021. (Yasuyoshi Chiba/ AFP)
  • Le Premier ministre Abiy Ahmed avait promis d'organiser les élections les plus démocratiques que l'Éthiopie ait jamais connues
  • Trois ans après avoir été nommé à son poste, M. Abiy exhorte les 37 millions d'électeurs à participer à cette "journée historique".

ADDIS ABEBA, Éthiopie : L'Éthiopie vote lundi lors d'élections législatives très attendues alors que le pays, le deuxième plus peuplé d'Afrique, est secoué par les violences, notamment dans la région du Tigré en proie à la guerre et à la famine.

A son arrivée au pouvoir en 2018, qui avait fait souffler un vent d'espoir et d'unité dans ce pays de la Corne de l'Afrique aux plus de 80 ethnies, le Premier ministre Abiy Ahmed avait promis d'organiser les élections les plus démocratiques que l'Éthiopie ait jamais connues.

D'abord prévues en août 2020, elles ont été reportées à deux reprises, en raison de la pandémie de coronavirus puis de difficultés logistiques.

Elle se tiendront finalement lundi. Soucieux d'asseoir son pouvoir sur une légitimité populaire, trois ans après avoir été nommé à son poste, M. Abiy a exhorté les 37 millions d'électeurs à participer à cette "journée historique".

Jeune et réputé ouvert, Abiy Ahmed a été désigné Premier ministre par la coalition de l'EPRDF, à l'époque au pouvoir depuis presque 30 ans, désireuse de calmer une longue contestation populaire contre son autoritarisme et son caractère répressif.

Dans la capitale Addis Abeba, banderoles de l'opposition et du Parti de la Prospérité de M. Abiy jalonnent les rues et différents mouvements politiques ont organisé d'ultimes rassemblements mercredi, dernier jour de campagne, scènes peu courantes lors des précédentes élections.

Avant l'arrivée de M. Abiy, "on n'aurait jamais pu faire cela", expliquait mercredi Ayenew Yehualaw, lors d'un bruyant défilé de l'opposition sur la principale place d'Addis Abeba, surveillé à distance par un petit nombre de policiers.

Aura ternie

Toutefois, les électeurs ne voteront pas dans près d'un cinquième des 547 circonscriptions du pays.

Dans 64 d'entre elles, le vote a été reporté au 6 septembre.

Dans certaines pour des questions sécuritaires, en raison d'insurrections armées et de violences intercommunautaires qui se sont aggravées sous le mandat de M. Abiy. Dans d'autres en raison de difficultés logistiques (impression et distribution de bulletins, manque de formation du personnel électoral...).

Quant aux 38 circonscriptions du Tigré, où la guerre fait rage depuis plus de sept mois, aucune date de scrutin n'y a été fixée.

Dans cette région septentrionale, la rapide opération de "maintien de l'ordre" lancée par Abiy en novembre contre les autorités régionales dissidentes s'est transformée en un conflit dévastateur: des combats persistent, les récits d'atrocités sur les civils se multiplient et selon l'ONU, au moins 350.000 personnes y sont désormais en situation de famine.

D'abord auréolé de son prix Nobel de la paix en 2019, décerné pour la résolution du conflit avec le voisin érythréen, M. Abiy a vu sa réputation de réformateur et de pacificateur au sein la communauté internationale entamée par ce conflit, ainsi que par les violences communautaires croissantes à travers le pays.

"Le Premier ministre n'a pas besoin d'être le chouchou de l'Ouest, de l'Est, du Sud ou du Nord", a rétorqué cette semaine sa porte-parole, Billene Seyoum: "Il suffit qu'il défende le peuple éthiopien et le développement de la nation. Le 21 juin, le peuple éthiopien décidera."

Crédibilité

Dans certaines régions, des partis d'opposition boycottent le scrutin pour protester contre l'emprisonnement de leurs dirigeants ou pour dénoncer un scrutin qu'ils jugent non équitable.

Ces élections devraient offrir au Parti de la Prospérité une majorité confortable au Parlement, permettant à Abiy d'être élu Premier ministre.

"Il y aura toujours de larges doutes sur la crédibilité du processus aux yeux de nombreux Ethiopiens ainsi que des observateurs internationaux", estime William Davison, du centre d'analyse International Crisis Group (ICG).

Commerçant à Addis Abeba, Bethel Woldemichael, 37 ans, se rendra néanmoins aux urnes: "J'espère que les élections se dérouleront dans le calme, qu'elles ne seront pas truquées et que tout se passera bien dans le pays le 21 juin".

Ces élections seront scrutées de près par les Occidentaux: les États-Unis ont exprimé leur inquiétude quant à l'exclusion d'un si grand nombre d'électeurs du processus et l'Union européenne a renoncé à envoyer une mission d'observation, faute de garantie du gouvernement sur ses conditions de travail.

Elles le seront aussi par les voisins de l'Éthiopie, Égypte et Soudan en tête.

Ces deux pays s'opposent au "Grand barrage de la renaissance", titanesque projet hydroélectrique sur le Nil Bleu, source de fierté nationale en Éthiopie où il est considéré comme fondamental pour l'autonomie énergétique et le développement du pays.

M. Abiy s'est engagé à remplir le barrage, d'une capacité totale de 74 milliards de m3, à la grande colère du Caire et de Khartoum, qui voient le GERD comme une menace pour leur approvisionnement en eau.

 


Trump dit ne pas vouloir utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran

Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale. (AFP)
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  • "Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire"
  • "Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide?"

WASHINGTON: Donald Trump a dit jeudi ne pas avoir l'intention d'utiliser l'arme nucléaire contre l'Iran, pendant un échange avec la presse dans le Bureau ovale.

"Non, je ne l'utiliserais pas. Il ne devrait jamais être possible pour quiconque d'utiliser l'arme nucléaire", a dit le président américain, à qui une journaliste a demandé s'il envisageait de recourir à la bombe atomique.

"Nous n'en avons pas besoin. Pourquoi poser une question aussi stupide? Pourquoi utiliserais-je l'arme nucléaire alors que nous les avons complètement anéantis, de manière très conventionnelle?" a-t-il déclaré.

 


Le cessez-le-feu entre le Liban et Israël prolongé de trois semaines

L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
L'ambassadeur américain en Israël Mike Huckabee, l'ambassadeur israélien aux États-Unis Yechiel Leiter, le vice-président américain JD Vance, le secrétaire d'État américain Marco Rubio, l'ambassadeur du Liban aux États-Unis Nada Hamadeh Moawad et l'ambassadeur américain au Liban Michel Issa écoutent le président américain Donald Trump s'exprimer lors d'une réunion avec l'ambassadeur du Liban aux États-Unis et l'ambassadeur d'Israël aux États-Unis, à la Maison Blanche, à Washington, DC, le 23 avril 2026. (AFP)
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  • La prolongation du cessez-le-feu fait suite à des frappes israéliennes meurtrières et à la poursuite des affrontements dans le sud du Liban
  • M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun

WASHINGTON/BEIRUT/JERUSALEM : Le Liban et Israël ont prolongé leur cessez-le-feu de trois semaines après une réunion de haut niveau à la Maison Blanche, a déclaré jeudi le président américain Donald Trump. M. Trump a accueilli l'ambassadeur d'Israël à Washington, Yechiel Leiter, et l'ambassadrice du Liban aux Etats-Unis, Nada Moawad, dans le bureau ovale pour une deuxième série de discussions facilitées par les Etats-Unis, un jour après que des frappes israéliennes aient tué au moins cinq personnes, dont un journaliste.

"La réunion s'est très bien passée ! Les États-Unis vont travailler avec le Liban pour l'aider à se protéger du Hezbollah", a écrit M. Trump sur Truth Social. Le Hezbollah, le groupe armé allié à l'Iran qui combat Israël, n'était pas présent aux pourparlers. Il affirme avoir "le droit de résister" aux forces d'occupation.

M. Trump a ajouté qu'il se réjouissait d'accueillir prochainement le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président libanais Joseph Aoun.

M. Trump s'est également adressé aux journalistes dans le bureau ovale, aux côtés des participants à la réunion, et a déclaré qu'il espérait que les dirigeants se rencontreraient pendant les trois semaines de cessation des hostilités. Il a ajouté qu'il y avait "une grande chance" que les deux pays parviennent à un accord de paix cette année.

Le vice-président JD Vance, le secrétaire d'État Marco Rubio, l'ambassadeur des États-Unis en Israël Mike Huckabee et l'ambassadeur des États-Unis au Liban Michel Issa ont également participé à la réunion.

Le cessez-le-feu, conclu à l'issue de discussions entre les ambassadeurs des deux pays à Washington la semaine dernière, devait expirer dimanche. Il a permis une réduction significative de la violence, mais les attaques se sont poursuivies dans le sud du Liban, où les troupes israéliennes se sont emparées d'une zone tampon autoproclamée.

Rendre au Liban sa grandeur

L'ambassadeur Moawad, qui avait demandé une prolongation du cessez-le-feu lors de la réunion, a remercié M. Trump d'avoir accueilli les pourparlers. "Je pense qu'avec votre aide et votre soutien, nous pouvons rendre au Liban sa grandeur", a-t-elle déclaré.

Un responsable libanais avait auparavant déclaré que Beyrouth ferait pression pour un retrait israélien, le retour des Libanais détenus en Israël et la délimitation de la frontière terrestre lors d'une prochaine phase de négociations.

Israël a cherché à faire cause commune avec le gouvernement libanais au sujet du Hezbollah, que Beyrouth s'efforce de désarmer pacifiquement depuis un an.

Interrogé sur la manière dont les États-Unis aideraient le Liban à lutter contre le Hezbollah, M. Trump n'a pas donné de détails, mais a déclaré que les États-Unis entretenaient "une excellente relation avec le Liban". M. Trump a déclaré qu'Israël devait être en mesure de se défendre contre les attaques du Hezbollah.

M. Trump a également appelé le Liban à abolir les lois interdisant tout engagement avec Israël. "C'est un crime de parler avec Israël ?", a-t-il répondu lorsqu'on l'a interrogé sur les lois connues sous le nom de lois anti-normalisation, qu'il ne semblait pas connaître. "Je suis certain qu'il y sera mis fin très rapidement. J'y veillerai", a déclaré M. Trump.


Bras de fer irano-américain dans le détroit d'Ormuz

Les Etats-Unis et l'Iran poursuivent jeudi leur bras de fer dans le détroit d'Ormuz, Téhéran excluant de rouvrir ce passage maritime crucial tant que Washington bloque les ports iraniens, une situation compromettant la reprise de pourparlers diplomatiques. (AFP)
Les Etats-Unis et l'Iran poursuivent jeudi leur bras de fer dans le détroit d'Ormuz, Téhéran excluant de rouvrir ce passage maritime crucial tant que Washington bloque les ports iraniens, une situation compromettant la reprise de pourparlers diplomatiques. (AFP)
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  • Selon Téhéran, les navires doivent obtenir une autorisation pour quitter ou entrer dans le Golfe via Ormuz, tandis que les Etats-Unis, eux, bloquent l'accès aux ports iraniens depuis le 13 avril
  • Le nombre de franchissements du détroit a chuté depuis dimanche, en raison des restrictions imposées par l'Iran et les Etats-Unis, tandis que les incidents touchant des bateaux se sont multipliés

TEHERAN: Les Etats-Unis et l'Iran poursuivent jeudi leur bras de fer dans le détroit d'Ormuz, Téhéran excluant de rouvrir ce passage maritime crucial tant que Washington bloque les ports iraniens, une situation compromettant la reprise de pourparlers diplomatiques.

Ormuz, voie maritime cruciale pour le transport mondial des hydrocarbures, est devenu un enjeu majeur du conflit et cristallise les tensions en dépit de la prolongation unilatérale de la trêve par Donald Trump, entrée en vigueur le 8 avril.

Depuis le 28 février, date du début de la guerre déclenchée par une attaque israélo-américaine contre l'Iran, Téhéran n'a autorisé qu'un nombre très limité de navires à franchir le détroit qui, outre les exportations mondiales de pétrole et de gaz, sert au transport d’autres biens essentiels.

Selon Téhéran, les navires doivent obtenir une autorisation pour quitter ou entrer dans le Golfe via Ormuz, tandis que les Etats-Unis, eux, bloquent l'accès aux ports iraniens depuis le 13 avril.

Le nombre de franchissements du détroit a chuté depuis dimanche, en raison des restrictions imposées par l'Iran et les Etats-Unis, tandis que les incidents touchant des bateaux se sont multipliés, selon des données compilées par l'AFP.

L'Iran a ainsi saisi mercredi deux navires dans le détroit, et un troisième a essuyé des tirs au large d'Oman.

"Réouverture d'Ormuz impossible" 

"La réouverture du détroit d'Ormuz est impossible tant que le cessez-le-feu est ouvertement violé", a affirmé le président du Parlement iranien, Mohammad Bagher Ghalibaf, dans un message sur X, Téhéran dénonçant régulièrement le blocus américain des ports iraniens.

Téhéran a par ailleurs reçu ses premiers revenus issus des droits de passage qu'il a unilatéralement imposés dans le détroit, selon un haut responsable iranien.

Dans le cadre de son blocus, Washington de son côté a ordonné à 31 navires, des pétroliers pour la plupart, de retourner au port, selon le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom).

Pour Danny Citronowicz, chercheur au Tel-Aviv Institute for National Security Studies, "il est tentant de croire que le temps et la pression finiront par contraindre l’Iran à céder. Ce ne sera pas le cas. Prolonger un cessez-le-feu ou renforcer un blocus maritime peut faire gagner du temps à Washington, mais aucune de ces options n’offre une voie vers une issue durable", a-t-il écrit sur X.

Le blocage du détroit pèse lourdement sur l'économie mondiale, et la grande incertitude sur l'issue du conflit inquiète les marchés.

Les prix du pétrole ont ainsi bondi brièvement jeudi de plus de 4% en début d'échanges en Asie, avant de se modérer.

Même si les belligérants trouvaient un accord, déminer le détroit d'Ormuz pourrait prendre six mois, pesant d'autant sur les cours des hydrocarbures à l'échelle mondiale, a estimé le Pentagone lors d'une présentation classifiée au Congrès américain, révélé mercredi par le Washington Post.

Les négociations entre Américains et Iraniens, qui étaient censées reprendre en début de semaine à Islamabad, après une première session le 11 avril, sont toujours en suspens, en dépit de l'optimisme du président américain Donald Trump qui a jugé "possible" une reprise d'ici vendredi.

La capitale pakistanaise, sous haute surveillance policière et militaire, fonctionne depuis plusieurs jours au ralenti -écoles et commerces fermés dans la zone devant accueillir les pourparlers- dans l'attente d'une hypothétique arrivée des délégations.

Le Premier ministre pakistanais, Shehbaz Sharif, a dit espérer que les deux parties parviendraient "à conclure un +accord de paix+" à l'issue de la guerre, qui a fait des milliers de morts, essentiellement en Iran et au Liban.