Le tourisme domestique, tendance mondiale 2021

En Chine, «cela fait un moment qu'il y a une réappropriation de la culture chinoise par la jeune génération et une volonté du gouvernement de rapatrier l'argent» du tourisme. (Photo, AFP)
En Chine, «cela fait un moment qu'il y a une réappropriation de la culture chinoise par la jeune génération et une volonté du gouvernement de rapatrier l'argent» du tourisme. (Photo, AFP)
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Publié le Samedi 19 juin 2021

Le tourisme domestique, tendance mondiale 2021

  • Avec une chute de 73% des arrivées, 2020 a été jugée «la pire année de l'histoire du secteur» par l'Organisation mondiale du tourisme
  • Faute de pouvoir se rendre à l'étranger, les touristes sont donc restés chez eux et ont découvert leur pays, souvent encouragés par leurs gouvernements

PARIS : Le tourisme domestique s'est développé aussi bien en Chine qu'aux Etats-Unis et en Europe, du fait des frontières fermées pendant la pandémie. Cette tendance pourrait peser à l'avenir sur le tourisme international qui doit envisager une reprise plus tardive et vertueuse.

Les arrivées de touristes internationaux ont baissé de 83% au premier trimestre 2021 en raison du maintien de restrictions généralisées sur les voyages, selon l'Organisation mondiale du tourisme (OMT).

Avec une chute de 73% des arrivées, 2020 a été jugée "la pire année de l'histoire du secteur" par l'organisation.

Faute de pouvoir se rendre à l'étranger, les touristes sont donc restés chez eux et ont découvert leur pays, souvent encouragés par leurs gouvernements.

En Chine, "cela fait un moment qu'il y a une réappropriation de la culture chinoise par la jeune génération et une volonté du gouvernement de rapatrier l'argent" du tourisme, selon la spécialiste de l'évolution des tendances socio-culturelles Cécile Poignant.

Avec la pandémie, les Chinois ont voyagé sur leur "territoire très vaste", "entre Tibet, Hainan, Sishuan, il y a plein d'endroits intéressants à visiter" et les "agences de voyages se développent dans ce sens", selon elle.

Pour encourager le tourisme domestique, le gouvernement chinois a par exemple autorisé le duty-free dans sa province insulaire de Hainan qui remporte un franc succès auprès des jeunes populations aisées avec ses plages et hôtels de luxe.

Dans une étude en début d'année dans laquelle il annonçait que le marché domestique serait le moteur de la reprise, le cabinet McKinsey notait le "rebond de la Chine" qui a déjà retrouvé "80% de son activité touristique" et une "quête de destination nature" des jeunes clients aisés.

«Un phénomène durable»

Aux Etats-Unis, les touristes locaux ont représenté 95% des revenus du tourisme en 2020, dix points de plus qu'en 2019, selon le World Trade and Tourism Council (WTTC), qui réunit les grands opérateurs du tourisme mondial.

Les Européens également sont encouragés à voyager chez eux, comme les Français avec "l'été bleu, blanc, rouge" vanté par le gouvernement ou des bons d'achats offerts aux Luxembourgeois. Au mieux, les voyages seront intra-européens.

"Le vrai mouvement qu'on a observé et qu'on va encore observer cet été c'est la somme des tourismes domestiques. C'est un phénomène qui est durable", selon Sébastien Manceau, associé expert en tourisme au cabinet Roland Berger.

Globalement, 60% des experts n'attendent un rebond du tourisme international qu'en 2022, selon l'OMT, et la moitié d'entre eux ne compte pas sur un retour aux niveaux de 2019 avant 2024.

"Cette crise a beaucoup favorisé un tourisme domestique", confirme Didier Arino, à la tête de la société de conseil Protourisme qui y voit "une très bonne chose". 

"On ne peut pas vouloir réduire l'impact du tourisme sur l'environnement, et ne pas se réjouir du développement d'un tourisme de proximité ou domestique. La venue des clientèles étrangères c'est 70% des émissions de CO2 liées au tourisme", ajoute-t-il.

"Ca laisse des traces de faire deux étés de marchés domestiques, mais des traces positives", renchérit Sébastien Manceau pour qui "la prise en compte de l'environnement est de plus en plus importante".

Selon une étude menée par son cabinet, 58% des Européens, et 62% des Français, prennent en compte des critères environnementaux lors de l'organisation de leur séjour.

"La crise du Covid-19 a accéléré des transformations déjà à l'œuvre dans le secteur du tourisme: ce qui aurait dû prendre cinq ans ou plus n'a pris que quelques mois", souligne M. Manceau.


CMA CGM va entrer au capital d'Air France-KLM, partenariat annoncé dans le fret aérien

Le directeur général du groupe CMA CGM Rodolphe Saade pose lors de l'inauguration du porte-conteneurs "Antoine de Saint Exupéry" exploité par la compagnie maritime française CMA CGM au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 6 septembre 2018. (AFP).
Le directeur général du groupe CMA CGM Rodolphe Saade pose lors de l'inauguration du porte-conteneurs "Antoine de Saint Exupéry" exploité par la compagnie maritime française CMA CGM au Havre, dans le nord-ouest de la France, le 6 septembre 2018. (AFP).
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  • CMA CGM, qui a multiplié les acquisitions ces derniers mois dans la logistique au-delà du transport maritime, pourrait à terme contrôler jusqu'à 9% du capital du groupe aérien franco-néerlandais
  • «Cet investissement pourrait intervenir à l'occasion de l'augmentation de capital d'Air France-KLM telle qu'envisagée dans l'annonce faite le 17 février», ont précisé les deux sociétés dans un communiqué commun

PARIS : L'armateur CMA CGM va entrer au capital d'Air France-KLM dans le cadre d'un "partenariat stratégique" qui verra les deux entreprises exploiter en commun leurs capacités de fret aérien, un secteur en pleine expansion, ont-elles annoncé mercredi.

CMA CGM, qui a multiplié les acquisitions ces derniers mois dans la logistique au-delà du transport maritime, son cœur de métier initial, pourrait à terme contrôler jusqu'à 9% du capital du groupe aérien franco-néerlandais.

"Cet investissement pourrait intervenir à l'occasion de l'augmentation de capital d'Air France-KLM telle qu'envisagée dans l'annonce faite le 17 février", ont précisé les deux sociétés dans un communiqué commun.

Sorti très endetté de la pandémie de Covid-19 qui lui a fait perdre 11 milliards d'euros depuis début 2020, Air France-KLM avait indiqué, lors de ses résultats annuels voici trois mois, être prêt à lancer une nouvelle opération de recapitalisation, la seconde après celle d'avril 2021, et pouvant atteindre elle aussi jusqu'à 4 milliards d'euros.

Parmi les pistes envisagées figurait une augmentation de capital pour laquelle seraient prioritaires les actionnaires actuels, dont l'Etat français qui détient actuellement 28,6% des parts après être venu à la rescousse du groupe.

Aucun détail supplémentaire n'a été fourni mercredi sur l'échéance de cette nouvelle opération, ni sur le montant de l'investissement prévu de CMA CGM.

"Les principaux actionnaires d'Air France-KLM soutiendront une résolution pour la nomination d'un représentant de CMA CGM au conseil d'administration" du groupe aérien, lors de son assemblée générale des actionnaires prévue mardi prochain, ont souligné les entreprises.

"Cette nomination, si elle est approuvée par l'assemblée générale, serait soumise à la réalisation de l'investissement de CMA CGM", selon la même source.

Cet accord va permettre "d'accélérer significativement le développement de notre division aérienne, CMA CGM Air Cargo, créée il y a à peine plus d'un an, et de positionner nos deux entreprises parmi les principaux acteurs mondiaux du fret aérien", s'est félicité le PDG de CMA CGM, Rodolphe Saadé, cité dans le communiqué.

De son côté, le directeur général d'Air France-KLM, Benjamin Smith, a salué la décision des dirigeants de CMA CGM d'investir dans son entreprise, "témoignant ainsi de leur confiance dans le succès futur de notre groupe".


Rencontre entre le Pakistan et le FMI pour une nouvelle aide économique

Une vue extérieure du bâtiment du Fonds monétaire international (FMI), avec le logo IMG, est vue le 27 mars 2020 à Washington, DC. (AFP).
Une vue extérieure du bâtiment du Fonds monétaire international (FMI), avec le logo IMG, est vue le 27 mars 2020 à Washington, DC. (AFP).
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  • Le Pakistan a eu à plusieurs reprises recours aux programmes du FMI pour soutenir son économie plombée par la dette, une inflation galopante et une dévaluation de sa monnaie, la roupie
  • Les discussions entre représentants du fonds et responsables pakistanais doivent s'ouvrir à Doha au Qatar, et se prolongeront la semaine prochaine, a précisé le ministère pakistanais des Finances

ISLAMABAD : Le Fonds monétaire international (FMI) doit entamer mercredi des discussions avec le Pakistan autour d'une nouvelle aide économique, sur fond d'inquiétudes sur le rythme des réformes dans ce pays d'Asie du sud.

Le Pakistan a eu à plusieurs reprises recours aux programmes du FMI pour soutenir son économie plombée par la dette, une inflation galopante et une dévaluation de sa monnaie, la roupie.

Les discussions entre représentants du fonds et responsables pakistanais doivent s'ouvrir  à Doha au Qatar, et se prolongeront la semaine prochaine, a précisé le ministère pakistanais des Finances.

Le principal point de friction porte sur le montant des subventions pakistanaises au secteur de l'énergie, essence et électricité, sur lequel le ministre des Finances Miftah Ismail dit vouloir que les deux parties trouvent un compromis.

"Le gouvernement va tenter de convaincre le FMI que pour des raisons de stabilité politique, il est important de garder au moins certaines de ces subventions", a jugé l'économiste Shahrukh Wani. 

"Le FMI dira probablement, et avec raison, qu'elles ne sont pas soutenables et qu'elles devraient être supprimées pour alléger le déficit budgétaire et commercial", a-t-il ajouté.

Une aide du FMI de six milliards de dollars, signée par l'ancien Premier ministre Imran Khan en 2019 n'a jamais été totalement mise en œuvre, le gouvernement d'Islamabad ayant renoncé à sa promesse de réduire certaines de ces subventions et d'augmenter les recettes fiscales.

Islamabad a reçu jusqu'à présent la moitié de ce programme d'aide, le reste étant normalement dû plus tard cette année.

Les responsables pakistanais souhaitent une prolongation de ce programme jusqu'en juin 2023, ainsi que le versement d'une prochaine tranche d'un montant d'un milliard de dollars.


Sony avance de dix ans son objectif de neutralité carbone, à 2040

Sur cette photo prise le 9 mai 2022, le logo Sony est affiché au siège de la société à Tokyo. (AFP).
Sur cette photo prise le 9 mai 2022, le logo Sony est affiché au siège de la société à Tokyo. (AFP).
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  • Le groupe, qui voulait jusque-là parvenir à zéro émission nette de gaz à effet de serre d'ici 2050, a expliqué dans un communiqué vouloir «accélérer la réduction de son impact sur l'environnement»
  • Sony dit vouloir dans un premier temps viser la neutralité carbone d'ici 2030 pour les émissions directement liées à son activité et celles dues à l'énergie qu'elles consomment

TOKYO : Le géant japonais Sony a annoncé mercredi avoir avancé de dix ans ses objectifs environnementaux, visant désormais la neutralité carbone pour l'ensemble de ses opérations à l'horizon 2040, et l'utilisation de 100% d'électricité d'origine renouvelable d'ici 2030.

Le groupe, qui voulait jusque-là parvenir à zéro émission nette de gaz à effet de serre d'ici 2050, a expliqué dans un communiqué vouloir "accélérer la réduction de son impact sur l'environnement" alors que les risques liés au changement climatique "deviennent plus évidents et graves" dans le monde.

Pilier des industries du jeu vidéo, de la musique et du cinéma, fabricant aussi de produits électroménagers et de composants électroniques, Sony dit vouloir dans un premier temps viser la neutralité carbone d'ici 2030 pour les émissions directement liées à son activité et celles dues à l'énergie qu'elles consomment ("scope 1" et "scope 2").

Il veut ensuite parvenir à la neutralité carbone avant 2040 y compris pour les émissions en lien avec le cycle de vie des produits fabriqués et les chaînes logistiques ("scope 3").

En ce qui concerne l'utilisation d'énergies renouvelables pour ses activités, afin d'atteindre les 100% à l'horizon 2030, Sony vise désormais 35% d'énergies renouvelables d'ici 2025, contre 15% jusqu'à présent.

Il compte pour atteindre cet objectif réduire progressivement l'impact environnemental de ses propres installations via des économies d'énergie et l'installation d'équipements de production d'énergie solaire, et encourager ses partenaires commerciaux à faire de même.

Ces engagements sont "un signal positif montrant que (Sony) prend au sérieux la lutte contre le changement climatique", selon Eri Watanabe, une responsable pour le Japon de l'ONG environnementale 350.org, qui se dit cependant plus sceptique sur les moyens d'y parvenir.

Le groupe dit vouloir contribuer à l'extraction et à la fixation de carbone, notamment par des moyens technologiques (en investissant dans des start-up dans ce domaine). Mais l'efficacité de "l'extraction technologique n'est pas prouvée et il n'est pas certain qu'elle puisse contribuer à la décarbonisation", note Mme Watanabe, interrogée par l'AFP.

"Sony peut être un vrai meneur en matière de climat" et influencer d'autres entreprises japonaises pour qu'elles relèvent leurs objectifs environnementaux, convient-elle, à condition "qu'il ne s'appuie pas trop sur des technologies à l'efficacité non prouvée" pour réduire ses émissions.

Début 2021, plus de 90 grandes entreprises privées japonaises, dont Sony, avaient exhorté le gouvernement nippon à doubler son objectif 2030 en matière d'énergies renouvelables par rapport à sa cible actuelle, jugée trop peu ambitieuse.

Le Japon s'est fixé en 2020 un objectif de neutralité carbone à horizon 2050 avant de porter sa cible 2030 de réduction d'émissions de CO2 à 46% par rapport à leurs niveaux de 2013, contre un objectif précédent de 26% à même échéance.

L'an dernier, le Japon a aussi relevé à 36-38% la part d'énergies renouvelables qu'il vise dans sa production d'électricité d'ici 2030, contre un précédent objectif de 22-24%.