Nikol Pachinian, un réformateur qui a perdu une guerre

Le réformateur et ancien journaliste de 46 ans, qui dirige depuis trois ans ce pays pauvre et montagneux du Caucase, fait face à un test clé lors des législatives de dimanche. (Photo, AFP)
Le réformateur et ancien journaliste de 46 ans, qui dirige depuis trois ans ce pays pauvre et montagneux du Caucase, fait face à un test clé lors des législatives de dimanche. (Photo, AFP)
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Publié le Dimanche 20 juin 2021

Nikol Pachinian, un réformateur qui a perdu une guerre

  • Le Premier ministre a dû convoquer un scrutin anticipé sous la pression de l'opposition qui réclamait le jugement par les urnes après la défaite au Karabakh
  • «Traître», «capitulard» ou «menteur» pour les uns, il est toujours pour beaucoup d’Arméniens un réformateur qui a lancé une croisade contre les vieilles élites corrompues

EREVAN : Porté au pouvoir par une révolution pacifique, le Premier ministre arménien Nikol Pachinian joue sa survie politique après une cuisante défaite militaire fin 2020 contre l'ennemi juré, l'Azerbaïdjan.

Le réformateur et ancien journaliste de 46 ans, qui dirige depuis trois ans ce pays pauvre et montagneux du Caucase, fait face à un test clé lors des législatives de dimanche.

Il a dû convoquer ce scrutin anticipé sous la pression de l'opposition qui réclamait le jugement par les urnes de celui qui était aux commandes lors de la guerre de l'automne dernier contre l'Azerbaïdjan voisin pour le Nagorny Karabakh.

Après six semaines de combats ayant fait plus de 6500 morts, dont au moins 3700 côté arménien, Erevan a dû céder d'importants territoires sous son contrôle depuis une première guerre dans les années 1990 autour du Karabakh, une région sécessionniste d'Azerbaïdjan majoritairement peuplée d'Arméniens.

Les conditions de ce cessez-le-feu ont été perçues comme une humiliation nationale en Arménie, l'opposition et une partie de l'état-major ayant appelé au départ de M. Pachinian.

Après avoir résisté, en prenant personnellement la tête de manifestations pour dénoncer une "tentative de coup d'Etat", le dirigeant arménien s'est finalement résolu au printemps à des législatives anticipées.

Cet homme à la barbe poivre et sel a juré à ses partisans qu'ils remporteraient le scrutin et vise un score de 60%.

Mais le seul sondage disponible vendredi n'a crédité son parti que d'environ 25% des intentions de vote, derrière celui de son principal rival, l'ex-président Robert Kotcharian (29%).

« Douleur indicible »

A ceux qui critiquent sa gestion de la guerre avec l'Azerbaïdjan, M. Pachinian fait valoir que son épouse et son fils ont tous deux servi au front.

Il souligne aussi que le commandement de l'armée lui a demandé d'accepter la fin des hostilités, négociée par Vladimir Poutine, sous peine de perdre tout le contrôle du Nagorny Karabakh qui a finalement survécu amoindri.

Ce cessez-le-feu, synonyme de défaite, M. Pachinian le décrit comme "une douleur indicible pour moi et pour notre peuple".

Depuis cet échec, il s'efforce toujours de soigner son image de plébéien, qualifiant ses opposants de sbires revanchards et corrompus issus du système que la révolution pacifique de 2018 avait justement renversé.

Appelant ses partisans à lui donner "un mandat d'acier", M. Pachinian est allé jusqu'à menacer ses adversaires. "Je préviens tous ceux qui exercent des pressions sur les gens: après les élections, on viendra vous chercher", a-t-il lancé.

Il cultive un contact direct avec ses administrés dans la rue, mais aussi via les réseaux sociaux, multipliant en particulier les directs sur Facebook en temps de crise.

Héros ou traître ?

En 2018, son parti avait triomphé avec plus de 70% des voix aux législatives, porté par la fougue révolutionnaire de Nikol Pachinian dénonçant la corruption et l'autoritarisme du pouvoir en place.

Avant cela, le futur Premier ministre avait parcouru à pied des centaines de kilomètres à travers le pays, dormant à la belle étoile, grimpant sur les toits des garages et des bancs pour mobiliser.

Son aura était d'autant plus forte que son rôle dans de précédentes manifestations anti-gouvernementales, violemment réprimées en 2008, l'avait conduit en prison pendant près de deux ans (2009-2011).

S'il conserve une popularité certaine, sa cote record s'est effondrée après la guerre.

"Traître! Capitulard!". De tels cris l'ont récemment suivi lorsqu'il allait, encadré d'un lourd dispositif de sécurité, à la rencontre d'habitants d'Erevan. Beaucoup ont refusé de lui serrer la main.

Ses détracteurs dénoncent des "mensonges" de Nikol Pachinian, l'Arménie ayant perdu la guerre alors qu'il promettait, jusqu'au bout, de "briser la colonne vertébrale de l'ennemi".

Malgré une violente récession liée au Covid-19 et à la guerre, de nombreux compatriotes le remercient toujours pour ses réformes économiques et sa croisade contre les vieilles élites corrompues, dont ils craignent une revanche.


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.


Le prince héritier saoudien et Trump évoquent les pourparlers entre Washington et Téhéran et la sécurité dans le Golfe

  • Les dirigeants mettent l’accent sur la diplomatie et la sécurité maritime dans un contexte de regain des tensions au Moyen-Orient
  • Le ministre saoudien des Affaires étrangères et Marco Rubio discutent de leur coordination alors que les tensions entre Washington et Téhéran persistent

RIYAD : Le prince héritier d’Arabie saoudite, Mohammed ben Salmane, et le président américain Donald Trump ont discuté vendredi, lors d’un entretien téléphonique, de la sécurité régionale, de la liberté de navigation maritime et des contacts en cours entre les États-Unis et l’Iran, alors que Riyad et Washington renforcent leur coordination diplomatique à la suite d’une nouvelle montée des tensions dans le Golfe.

Selon l’Agence de presse saoudienne (SPA), les deux dirigeants ont passé en revue la coopération bilatérale et les moyens de renforcer les relations dans divers secteurs. Ils ont également échangé leurs points de vue sur les évolutions régionales et internationales, notamment sur les discussions entre Washington et Téhéran.

Le prince héritier et Donald Trump ont souligné l’importance de garantir la sécurité de la navigation maritime, de protéger les voies maritimes internationales et de soutenir les efforts visant à renforcer la sécurité et la stabilité régionales.

Par ailleurs, le ministre saoudien des Affaires étrangères, le prince Faisal ben Farhane, s’est entretenu par téléphone avec le secrétaire d’État américain Marco Rubio. Les deux responsables ont réaffirmé l’importance de poursuivre la coordination et les consultations afin de promouvoir la sécurité et la stabilité dans l’ensemble de la région, a rapporté la SPA.

Ces échanges interviennent après une nouvelle escalade entre les États-Unis et l’Iran, qui menace de compromettre les récents efforts diplomatiques visant à mettre fin à plusieurs mois d’hostilités.

La dernière crise a éclaté après que des forces iraniennes ont attaqué des pétroliers commerciaux transitant par le détroit d’Ormuz, malgré un accord de cessez-le-feu, entraînant des frappes aériennes américaines contre des cibles situées en Iran. Téhéran a ensuite riposté par des attaques de missiles et de drones contre des alliés des États-Unis dans le Golfe, ravivant les craintes d’un conflit régional de plus grande ampleur.

Cette reprise des violences a intensifié les appels de la communauté internationale en faveur d’un retour des États-Unis et de l’Iran à la table des négociations.

L’Égypte et le Qatar ont exhorté les deux parties à reprendre le dialogue et à mettre en œuvre le protocole d’accord conclu plus tôt cette année comme base d’un règlement plus large, tandis que le Pakistan a appelé à la retenue et proposé de poursuivre son rôle de médiateur entre les deux pays.

Vendredi, Donald Trump a déclaré que les États-Unis avaient accepté de poursuivre les discussions avec l’Iran, tout en estimant que le cessez-le-feu était, dans les faits, caduc après les derniers échanges d’attaques.

L’Arabie saoudite a constamment appelé à la retenue, au dialogue et à des solutions diplomatiques afin de préserver la stabilité régionale et de garantir la sécurité des routes maritimes internationales, en particulier à travers le détroit d’Ormuz, l’un des corridors énergétiques les plus stratégiques au monde. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Attaques de drones sur des infrastructures pétrolières en Russie, une raffinerie en feu

Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
Un véhicule de recrutement militaire renversé à Lviv, à la suite des troubles qui ont éclaté après que des officiers ont interpellé un homme soupçonné de se soustraire au service militaire et l'ont conduit dans un centre de recrutement le 8 juillet 2026, dans le contexte de l'invasion russe de l'Ukraine. (Photo : document fourni / Bureau du procureur général ukrainien / AFP)
  • Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes
  • Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine

MOSCOU: Des attaques de drones ont visé plusieurs infrastructures pétrolières dans le sud de la Russie vendredi, déclenchant un incendie dans une raffinerie de la région de Krasnodar, ont indiqué les autorités, faisant état de la destruction de 376 drones ukrainiens dans la nuit.

"A la suite de la chute de débris de drones, un incendie s’est déclaré à la raffinerie d'Ilskiï", a indiqué le quartier général opérationnel de la région de Krasnodar sur Telegram, précisant qu'il n'y a pas eu de victimes.

Le gouverneur de la région de Rostov, Iouri Slioussar, également dans le sud de la Russie, a indiqué que deux installations de stockage d'hydrocarbures à Azov avaient pris feu, suite à des frappes.

Ces nouvelles attaques contre des infrastructures pétrolières interviennent au moment où le pays connaît des difficultés d'approvisionnement en carburant, qui sont particulièrement sévères dans la péninsule de Crimée voisine.

Entre 20H00 locales jeudi et vendredi 7H00, les forces russes ont détruit 376 drones ukrainiens, a précisé le ministère russe de la Défense sur la messagerie Max.

La Russie continue de frapper presque quotidiennement l'Ukraine, plus de quatre ans après le début de la guerre, pire conflit en Europe depuis la Deuxième Guerre mondiale, jusqu'à présent sans issue diplomatique.

L'Ukraine a également intensifié ses frappes sur le territoire russe, parfois très loin de la frontière, visant particulièrement des infrastructures de transport et de stockage d'hydrocarbures pour tenter d'assécher la capacité de Moscou à financer son effort de guerre.