La commission électorale éthiopienne «confiante» malgré les doutes sur le vote

Des membres de la commission électorale tendent des listes de candidats aux électeurs potentiels, à Addis Abeba (Photo, AFP).
Des membres de la commission électorale tendent des listes de candidats aux électeurs potentiels, à Addis Abeba (Photo, AFP).
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Publié le Dimanche 20 juin 2021

La commission électorale éthiopienne «confiante» malgré les doutes sur le vote

  • Le Premier ministre Abiy Ahmed a promis que ces élections législatives et régionales seraient les plus démocratiques de l'histoire de l'Ethiopie
  • Certains observateurs s'inquiètent pourtant de la crédibilité de ce double scrutin, auquel ne participeront pas lundi environ un cinquième des 547 circonscriptions

ADDIS ABEBA: La commission électorale éthiopienne assure que les élections de lundi, repoussées à deux reprises à cause de la pandémie puis de problèmes sécuritaires et logistiques, seront crédibles, malgré les doutes exprimés par certains observateurs.

Le Premier ministre Abiy Ahmed a promis que ces élections législatives et régionales seraient les plus démocratiques de l'histoire de l'Ethiopie, deuxième pays le plus peuplé d'Afrique. 

« Nous sommes très confiants », déclarait il y a quelques jours la porte-parole de la commission, Solyana Shimeles, disant espérer que ces élections seraient « meilleures, participatives et crédibles ».

Certains observateurs s'inquiètent pourtant de la crédibilité de ce double scrutin, auquel ne participeront pas lundi environ un cinquième des 547 circonscriptions. La plupart des circonscriptions en question ne voteront que le 6 septembre, tandis qu'aucune date n'a été fixée pour celles du Tigré, région du Nord en proie à la guerre et à la famine.

Lundi, de nombreuses circonscriptions n'afficheront pas de candidature de l'opposition, qui boycotte par endroits le vote. 

Ainsi en région Oromia, la plus peuplée du pays et d'où Abiy est originaire, la majorité des sièges à pourvoir ne sont brigués que par un candidat du parti au pouvoir, selon les données officielles.

Selon Solyana, seuls 3 des 49 partis enregistrés ne participent pas au scrutin, et plus de 9 500 candidats concourent pour les deux scrutins - un record absolu dans l'histoire de l'Ethiopie.

« 24 heures sur 24 »

La commission actuelle a été formée à l'arrivée au pouvoir de Abiy en 2018, dans un mouvement de démocratisation après des décennies de régime autoritaire.

Ainsi, la nomination à sa tête de Birtukan Mideska - ancienne magistrate et leader de l'opposition en exil - fut perçue comme un signe d'ouverture.

Face au défi d'organiser un vote inclusif et crédible - reporté de près d'un an à cause du coronavirus - dans un pays de 110 millions d'habitants, vaste, accidenté et aux infrastructures déficientes, la commission électorale a manqué de ressources.

Faute de pouvoir recruter et former les dizaines de milliers d'assesseurs nécessaires, elle a été contrainte de repousser de nouveau les élections, initialement prévues le 5 juin. 

Vendredi, Birtukan a réclamé dans une lettre au Premier ministre l'aide urgente du gouvernement, affirmant avoir besoin d'avions et de camions pour livrer le matériel à temps. « Nous travaillons 24 heures sur 24, à plein régime », a-t-elle écrit.

Un diplomate basé à Addis Abeba, s'exprimant sous le couvert de l'anonymat, reconnaît la « détermination » de la commission électorale, mais « reste à savoir si cela aboutira à des élections viables ».

Selon plusieurs analystes, les problèmes logistiques qui ont émaillé les préparatifs du vote pourraient se révéler problématiques au moment du dépouillement.

Les responsables de la commission « font vraiment de leur mieux mais ils travaillent dans un environnement difficile et font face à d'immenses défis d'acheminement » du matériel de vote, estime un expert électoral basé à Addis Abeba qui a requis l'anonymat. 

Le vote sera suivi par cinq missions d'observation et par des milliers de membres de la société civile. En raison de désaccords avec le gouvernement, l'Union européenne (UE) a décidé de ne pas envoyer d'observateurs.

La Commission éthiopienne des droits de l'Homme, un organisme indépendant mais nommé par le gouvernement, a, elle, été empêchée de suivre le scrutin. 

« Notre mandat nous autorise à nous déployer et à surveiller les élections sur le plan des droits de l'Homme », a déclaré son directeur de la communication, Aaron Maasho, ajoutant que les discussions se poursuivent avec la commission électorale.

A Addis Abeba, Endalkachew Girma, un électeur de 35 ans, reconnaît les efforts de cette dernière.

« Mais comme pour les précédentes élections, je ne pense pas que ces élection seront ni historiques ni crédibles », affirme-t-il. 


Le chef de l'ONU appelle «tous les acteurs» à respecter le cessez-le-feu au Liban

Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué. (AFP)
Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué. (AFP)
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  • "Le secrétaire général salue l'annonce d'un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban" ainsi que le rôle des Etats-Unis pour y parvenir, et "espère que ce cessez-le-feu ouvrira la voie à des négociations"
  • "Il appelle tous les acteurs à respecter pleinement le cessez-le-feu et à respecter leurs obligations en vertu du droit international"

NATIONS-UNIES: Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres, saluant le cessez-le-feu entre le Liban et Israël, a appelé "tous les acteurs" à le respecter "pleinement", a indiqué jeudi son porte-parole dans un communiqué.

"Le secrétaire général salue l'annonce d'un cessez-le-feu de dix jours entre Israël et le Liban" ainsi que le rôle des Etats-Unis pour y parvenir, et "espère que ce cessez-le-feu ouvrira la voie à des négociations", a déclaré Stéphane Dujarric dans un communiqué.

"Il appelle tous les acteurs à respecter pleinement le cessez-le-feu et à respecter leurs obligations en vertu du droit international", a-t-il ajouté, une formulation qui peut viser Israël et le Liban, mais aussi le Hezbollah.

 

 

 


Trump estime les Etats-Unis et l'Iran «très proches» d'un accord

Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington. (AFP)
Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington. (AFP)
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  • "Nous sommes très proches de conclure un accord avec l'Iran", a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche, ajoutant qu'il envisagerait de se rendre au Pakistan, qui agit en médiateur, si une signature se concrétisait
  • "Il y a de très bonnes chances que nous parvenions à un accord", a-t-il insisté

WASHINGTON: Donald Trump a estimé jeudi que les Etats-Unis et l'Iran étaient "très proches" d'un accord et affirmé que Téhéran acceptait de se séparer de son uranium enrichi, une des exigences majeures de Washington.

"Nous sommes très proches de conclure un accord avec l'Iran", a déclaré le président américain aux journalistes à la Maison Blanche, ajoutant qu'il envisagerait de se rendre au Pakistan, qui agit en médiateur, si une signature se concrétisait.

"Il y a de très bonnes chances que nous parvenions à un accord", a-t-il insisté.

"Ils ont accepté de nous rendre la poussière nucléaire", a assuré Donald Trump sans plus de détail, utilisant le terme qu'il emploie pour désigner les stocks d'uranium enrichi, une des demandes américaines clés pour parvenir à un accord.

La République islamique n'a pas confirmé cet élément dans l'immédiat.

Donald Trump a en outre annoncé jeudi un cessez-le-feu de dix jours sur le front libanais, qui est entré en vigueur à 21h00 GMT. Cette trêve, dont sont convenus le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu et le président du Liban Joseph Aoun, inclut le Hezbollah libanais, mouvement chiite pro-iranien, a dit le président américain.

"Pas de date"

Entre l'Iran et les Etats-Unis, les tractations se poursuivent sous l'égide du Pakistan afin d'organiser une deuxième session de négociations, après l'échec de la première à Islamabad le week-end dernier, pour mettre durablement fin à la guerre.

L'influent chef de l'armée pakistanaise Asim Munir était en Iran jeudi pour y rencontrer le président du Parlement Mohammad Bagher Ghalibaf, considéré comme le principal interlocuteur du côté de Téhéran.

Face à un conflit qui a fait des milliers de morts, principalement en Iran et au Liban, depuis l'offensive israélo-américaine déclenchée le 28 février, et qui secoue l'économie mondiale, le monde espère a minima une prolongation du cessez-le-feu de deux semaines, en vigueur depuis le 8 avril.

Il n'y a pour l'instant "pas de date" fixée pour un deuxième round de discussions, a indiqué le porte-parole du ministère pakistanais des Affaires étrangères.

Pour l'heure, l'Iran verrouille toujours le détroit d'Ormuz, et Washington impose depuis lundi un blocus sur les navires en provenance ou à destination des ports iraniens.

"Si l'Iran fait le mauvais choix, alors il y aura un blocus et des bombes qui tomberont sur ses infrastructures électriques et énergétiques", a menacé le ministre de la Défense américain Pete Hegseth.

L'Iran menace lui de bloquer également la mer Rouge, tout en réaffirmant sa volonté de négocier.

L'ambassadeur iranien à l'ONU a qualifié Téhéran de "prudemment optimiste" quant à ces pourparlers et a exprimé son espoir d'un "résultat significatif".

Première historique ? 

Israël a de son côté menacé l'Iran de frappes "encore plus douloureuses" s'il refusait de se plier aux demandes des Etats-Unis, notamment sur l'armement nucléaire.

A Washington, la Chambre des représentants a rejeté à nouveau jeudi une initiative des députés démocrates qui souhaitaient forcer Donald Trump à obtenir l'aval du Congrès pour éventuellement poursuivre les hostilités contre l'Iran.

La France a annoncé jeudi soir qu'une "trentaine de participants" assisteraient vendredi à une visoconférence coprésidée par Emmanuel Macron et le Premier ministre britannique Keir Starmer visant à mettre en place une mission de sécurisation du détroit d'Ormuz quand les conditions le permettront.

Au Liban, "les deux parties veulent la PAIX, et je crois que ça va se réaliser rapidement", a commenté Donald Trump, avant d'inviter les dirigeants israélien et libanais à se rencontrer à la Maison Blanche "au cours des quatre ou cinq prochains jours" - une première à un tel niveau de représentation entre les deux pays depuis 1993.

Le Liban s'est engagé à prendre des "mesures concrètes pour empêcher" toute attaque du Hezbollah contre Israël dans le cadre de la trêve, selon la diplomatie américaine.

Le mouvement pro-iranien compte respecter le cessez-le-feu "à condition qu'il s'agisse d'un arrêt global des hostilités contre nous", a déclaré à l'AFP un de ses députés, Ibrahim Moussaoui.

Echange de tirs 

S'il y voit une occasion de "paix historique" avec Beyrouth, Benjamin Netanyahu a rappelé son exigence d'un désarmement du Hezbollah comme préalable et indiqué que l'armée israélienne allait maintenir sa présence "dans le sud (du Liban) dans une bande frontalière de dix kilomètres de profondeur".

Dans les heures qui ont précédé l'entrée en vigueur de la trêve, Israël et le Hezbollah ont échangé de nouveaux tirs transfrontaliers.

L'armée israélienne a annoncé avoir frappé des lanceurs de roquettes du Hezbollah après que deux personnes ont été blessées, dont une grièvement, par des tirs vers le nord du pays,selon un bilan de l'équivalent israélien de la Croix-Rouge.

Plus tôt dans la journée, au moins sept personnes ont été tuées et 33 blessées dans une frappe israélienne sur le village de Ghazieh, dans le sud du Liban, selon les autorités.

Depuis que le Liban a été entraîné dans la guerre au Moyen-Orient début mars quand le Hezbollah a visé Israël pour soutenir l'Iran, les frappes israéliennes sur le Liban ont fait plus de 2.000 morts et un million de déplacés.

 

 


Blocus des ports iraniens: l'armée américaine dit avoir refoulé dix navires

Blocus des ports iraniens: l'armée américaine dit avoir refoulé dix navires
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  • Le Centcom avait initialement annoncé que neuf navires avaient été refoulés, mais en a ajouté un dixième qui aurait été "redirigé" vers l'Iran par un destroyer américain, dans son décompte
  • Les données de suivi maritime mardi indiquaient toutefois qu'au moins trois navires en provenance de ports iraniens avaient franchi le détroit d'Ormuz après l'entrée en vigueur du blocus militaire américain

WASHINGTON: L'armée américaine a annoncé mercredi avoir empêché dix navires de quitter les ports iraniens au cours des premières 48 heures du blocus imposé par les Etats-Unis à la République islamique.

"Dix navires ont été refoulés et AUCUN navire n'a réussi à franchir le blocus depuis son entrée en vigueur lundi", a déclaré le commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), dans une publication sur X.

Le Centcom avait initialement annoncé que neuf navires avaient été refoulés, mais en a ajouté un dixième qui aurait été "redirigé" vers l'Iran par un destroyer américain, dans son décompte.

Les données de suivi maritime mardi indiquaient toutefois qu'au moins trois navires en provenance de ports iraniens avaient franchi le détroit d'Ormuz après l'entrée en vigueur du blocus militaire américain, même si certains ont ensuite fait demi-tour, selon le fournisseur de données maritimes Kpler.

Le détroit d'Ormuz, stratégique pour le transport maritime, notamment d'hydrocarbures, est paralysé par l'Iran depuis le début de la guerre.

Faute d'accord avec Téhéran pour mettre fin au conflit, l'armée américaine a annoncé dimanche imposer son propre blocus aux "navires de toutes nationalités entrant ou sortant des ports et zones côtières iraniens" depuis lundi, à 14H00 GMT.