Les chrétiens-démocrates dessinent l'Allemagne de l'après-Merkel

La chancelière allemande Angela Merkel arrive à une réunion de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) et de l'Union chrétienne-sociale bavaroise (CSU) à la veille du dévoilement de leur programme électoral à Berlin le 20 juin 2021. (Photo, AFP)
La chancelière allemande Angela Merkel arrive à une réunion de l'Union chrétienne-démocrate (CDU) et de l'Union chrétienne-sociale bavaroise (CSU) à la veille du dévoilement de leur programme électoral à Berlin le 20 juin 2021. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 21 juin 2021

Les chrétiens-démocrates dessinent l'Allemagne de l'après-Merkel

  • Grands favoris des prochaines élections, les conservateurs allemands dévoilent lundi leur programme, axé sur la promesse de ne pas augmenter les impôts malgré le coût de l'épidémie
  • Bien qu'impopulaire, le président de la CDU Armin Laschet a en particulier bénéficié des boulettes commises par les Verts, ses adversaires les plus dangereux

BERLIN: Grands favoris des prochaines élections qui marqueront la fin de l'ère Merkel, les conservateurs allemands dévoilent lundi leur programme, axé sur la promesse de ne pas augmenter les impôts malgré le coût de l'épidémie.

Après s'être livrés une lutte sans merci pour mener le camp conservateur de la chancelière au scrutin législatif du 26 septembre, Armin Laschet, le candidat finalement choisi, et Markus Söder, son populaire rival bavarois, présenteront ensemble le programme lundi lors d'une conférence de presse.

Le programme a été adopté dans ses grandes lignes dès dimanche dans le huis clos de la direction de l'union conservatrice CDU-CSU.

Le temps pressait: les chrétiens-démocrates sont les derniers à abattre leurs cartes et dévoiler ce qu'ils comptent faire s'ils restent aux commandes de l'Allemagne, après déjà 16 ans de règne d'Angela Merkel.

Boulettes vertes

L'affaire paraît plutôt bien engagée: après plusieurs mois de baisse, qui les ont vu un temps devancés par les écologistes, les chrétiens-démocrates sont de nouveau solidement installés en tête des intentions de vote, avec environ 30%, selon les sondages.

"Nous voulons le meilleur résultat possible", a proclamé dimanche soir Armin Laschet, perçu comme un modéré adepte de la continuité avec Angela Merkel. 

"Je serais satisfait avec un score de 32, 33 ou 35%", a-t-il ajouté, soit autour du résultat du précédent scrutin de 2017 (32,9%), considéré à l'époque comme décevant.

Bien qu'impopulaire, M. Laschet, président de la CDU et dirigeant de la région la plus peuplée, la Rhénanie du nord-Westphalie, a en particulier bénéficié des boulettes commises par les Verts, ses adversaires les plus dangereux.

Les "Grünen" et leur candidate, Annalena Baerbock, sont en nette perte de vitesse à 20%, contre plus de 25% il y a quelques semaines.

Diverses bourdes ainsi qu'un impopulaire plaidoyer en faveur d'une hausse du prix de l'essence - dans un pays où l'automobile est reine - ou de restrictions sur les vols aériens bon marché ont coûté en popularité aux écologistes.

"Avec les Verts nous aurions de grandes incertitudes dans le pays, une politique idéologique et de nombreuses interdictions", a martelé dimanche Markus Söder.

Néanmoins, la droite allemande ne veut pas aller trop loin dans ses critiques contre les Verts qui, au vu des sondages, pourraient être partenaires de la future coalition gouvernementale, peut-être élargie aux Libéraux allemands du FDP.

Candidat roué, M. Laschet peut désormais compter sur un camp qui semble parvenu à étouffer ses querelles d'ego. Un camp bien décidé à profiter d'un climat de reprise post-pandémie pour rester au pouvoir quatre ans de plus.

Les principales mesures du programme ont fuité au cours du week-end.

Ainsi malgré un niveau de dette record lié à la pandémie, les conservateurs s'opposent à toute hausse d'impôt. Elles "seraient le mauvais signal en ce moment, du poison pour la reprise", s'est justifié M. Laschet. Dans le même temps, des baisses d'impôts généralisées ne pourront être accordées, a-t-il prévenu.

«Catastrophe humaine»

Les conservateurs restent aussi attachés au retour du mécanisme de frein à l'endettement, suspendu durant la pandémie. Inscrit dans la Loi fondamentale allemande, il proscrit de s'endetter à plus de 0,35% du PIB par an.

La recette pour concilier absence de pression fiscale renforcée et baisse du déficit reste à ce stade assez floue, d'autant que les conservateurs écartent tout recul supplémentaire de l'âge de la retraite, déjà à 67 ans.

Le chemin que les conservateurs comptent emprunter pour que l'Allemagne tienne ses engagements climatiques reste lui aussi à tracer.

"Quiconque lit les propositions (des conservateurs évoqués dans la presse allemande, ndlr) sur la politique climatique ne réalise pas immédiatement qu'il s'agit de la lutte contre une catastrophe humaine", persifle le quotidien berlinois Tagesspiegel.

Les conservateurs reprennent à leur compte dans leur programme l'objectif national de l'Allemagne, récemment rappelée à l'ordre par la Cour de justice de l'Union européenne, d'une neutralité carbone en 2045, avec une réduction de 65% des émissions de gaz à effet de serre d'ici 2030 par rapport à 1990.


Vance lance un avertissement aux critiques de Trump en Israël

JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington. (AFP)
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  • "Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti
  • "Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président

WASHINGTON: JD Vance s'en est pris jeudi aux responsables israéliens qui critiquent Donald Trump et sa stratégie en Iran, en leur demandant d'"ouvrir les yeux" tout en rappelant la dépendance du pays au soutien militaire de Washington.

"Ce que je veux dire, et cela me dérange, c'est qu'il y a des gens dans le gouvernement de Bibi (le surnom du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, ndlr) qui se sont exprimés pour attaquer l'accord et qui d'une certaine manière ont attaqué le président des Etats-Unis très personnellement", a dit le vice-président américain pendant une conférence de presse.

"Mon message pour eux est double. D'abord, Donald J. Trump est le seul chef d'Etat dans le monde entier qui est compréhensif envers Israël aujourd'hui, et il se trouve être le chef d'Etat de la première puissance mondiale", a poursuivi JD Vance.

"Si j'étais au gouvernement israélien, peut-être que je n'attaquerais pas le seul allié puissant qui me reste sur la planète" a-t-il averti.

"Le second message que je voudrais lancer à certains de ces ministres qui attaquent le président des Etats-Unis - Bibi, et c'est tout à son honneur, n'a pas pris cette voie - c'est que ces trois derniers mois, deux tiers des armes défensives qui ont protégé votre pays ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains", a ajouté JD Vance.

"Le problème d'Israël ce n'est pas Donald Trump, et ceux qui en Israël pensent que le président des Etats-Unis est leur plus gros problème doivent ouvrir les yeux et prendre conscience de la réalité", a conclu le vice-président.


Trump veut soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès

 Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse. (AFP)
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  • "Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian
  • "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse

EVIAN: Donald Trump a dit mardi vouloir soumettre l'accord avec l'Iran au Congrès américain, et promis par ailleurs d'en donner lecture à la virgule près à la presse.

"Je n'ai jamais pensé à l'envoyer" au Parlement, a déclaré le président américain, interrogé à ce sujet en marge du sommet du G7 à Evian. "Mais je vais l'envoyer au Congrès. J'aime cette idée", a-t-il dit pendant un échange avec la presse.

Interrogé sur le texte de l'accord avec l'Iran, déjà signé électroniquement et qui fera l'objet d'une cérémonie de signature vendredi à Genève, Donald Trump a promis à nouveau de le rendre public.

"Je ne vais pas seulement le publier, je vais sûrement donner une conférence de presse et vous le lire à la virgule près pour être sûr que la presse le couvre correctement", a lancé le dirigeant républicain.

Il avait déjà indiqué vouloir attendre après la cérémonie de signature vendredi pour publier le texte.


Les principaux points de l'accord Iran-Etats-Unis

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours. (AFP)
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  • Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban"
  • Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban"

TEHERAN: Voici les principaux points du protocole d'accord signé entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-orient, dont le contenu a été rendu public par Washington et Téhéran:

Cessation permanente des hostilités 

Les Etats-Unis, l'Iran et leurs alliés respectifs "déclarent la cessation immédiate et permanente des opérations militaires sur tous les fronts, y compris au Liban".

Ils s'engagent "à ne pas initier de guerre ou d'opération militaire l'un contre l'autre et à s'abstenir de la menace ou de l'usage de la force l'un contre l'autre, tout en garantissant l'intégrité territoriale et la souveraineté du Liban".

Accord final sous 60 jours 

L'Iran et les Etats-Unis "s'engagent à négocier et à conclure l'accord final dans un délai maximum de 60 jours, extensible d'un commun accord".

Levée du blocus naval américain 

Les Etats-Unis commenceront "immédiatement" à lever leur blocus des ports iraniens qu'ils avaient mis en place le 13 avril, et y mettront complètement fin dans un délai de 30 jours.

Les Etats-Unis s'engagent en outre "à retirer leurs forces des abords de la République islamique d'Iran dans les 30 jours suivant l'accord final".

Réouverture du détroit d'Ormuz 

L'Iran s'engage à "assurer la sécurité du passage des navires commerciaux, sans frais pendant 60 jours uniquement, du golfe Persique vers la mer d'Oman, et inversement. Le trafic des navires commerciaux commencera immédiatement" et sera pleinement rétabli dans un délai de 30 jours, une fois le détroit d'Ormuz déminé.

Plan de 300 milliards de dollars pour l'Iran 

Les Etats-Unis et leurs partenaires régionaux élaboreront un plan "d'un montant d'au moins 300 milliards de dollars, destiné à la reconstruction et au développement économique" de l'Iran.

Levée des sanctions 

Les Etats-Unis "s'engagent à mettre fin à tous les types de sanctions" unilatérales et internationales contre l'Iran, selon un calendrier qui sera convenu dans l'accord final.

En attendant, les Etats-Unis "s'engagent à rendre pleinement disponibles et utilisables les fonds et avoirs de la République islamique d'Iran gelés ou soumis à des restrictions dès la mise en œuvre du présent protocole d'accord".

De façon immédiate et jusqu'à la levée des sanctions, le département du Trésor américain délivrera "des dérogations pour l'exportation de pétrole brut iranien, de produits pétroliers et dérivés, ainsi que pour tous les services associés, y compris les transactions bancaires, les assurances, le transport, etc".

Nucléaire 

L'Iran réaffirme qu'il "ne se procurera ni ne développera d'armes nucléaires".

Le sort de l'uranium enrichi accumulé par l'Iran sera réglé "selon un mécanisme qui sera convenu mutuellement (...) la méthodologie a minima consistant en une méthode de dilution sur place sous la supervision de l'AIEA" (Agence internationale de l'énergie atomique).

En attendant cet accord final, l'Iran "maintiendra le statu quo actuel de son programme nucléaire", et les Etats-Unis "n'imposeront aucune nouvelle sanction et ne déploieront pas de forces supplémentaires dans la région".

Signature 

Selon le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont la médiation a été cruciale, l'accord a été signé électroniquement et à distance jeudi, heure d'Islamabad, par les présidents iranien Massoud Pezeshkian et américain Donald Trump.

Une cérémonie de signature est confirmée vendredi en Suisse "pour commémorer cet événement marquant et donner le coup d'envoi des discussions techniques".

Résolution de l'ONU 

L'accord final sera entériné par une résolution contraignante du Conseil de sécurité de l'ONU.