ONU: Bachelet dénonce «les plus vastes et les plus sévères» reculs des droits humains qu'elle ait jamais vus

Mme Bachelet a énuméré les exécutions extrajudiciaires, les arrestations et détentions arbitraires, les violences sexuelles contre les enfants ainsi que les adultes, et les déplacements forcés. (Photo, AFP)
Mme Bachelet a énuméré les exécutions extrajudiciaires, les arrestations et détentions arbitraires, les violences sexuelles contre les enfants ainsi que les adultes, et les déplacements forcés. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 21 juin 2021

ONU: Bachelet dénonce «les plus vastes et les plus sévères» reculs des droits humains qu'elle ait jamais vus

  • «Nous avons besoin (...) de sociétés qui, bien que diverses, partagent des engagements fondamentaux pour réduire les inégalités et faire progresser tous les droits humains»
  • Elle a dit espérer obtenir cette année un «accès significatif» à la région chinoise du Xinjiang, d'où des «informations sur de graves violations des droits humains continuent de sortir»

GENEVE: La Haute-Commissaire aux droits de l'homme Michelle Bachelet a appelé à un sursaut lundi face aux "plus vastes et plus sévères reculs" des droits humains qu'elle ait jamais vus, dans un discours devant la plus haute instance de l'ONU dans ce domaine.

"Pour nous remettre des plus vastes et des plus sévères reculs des droits de l'homme que nous ayons jamais vus, nous devons avoir une vision qui change la vie et une action concertée" pour la mettre en oeuvre, a lancé Mme Bachelet à l'égard des membres du Conseil des droits de l'homme, qui démarre ce lundi sa 47ème session".

"Nous avons besoin (...) de sociétés qui, bien que diverses, partagent des engagements fondamentaux pour réduire les inégalités et faire progresser tous les droits humains", a affirmé l'ancienne présidente chilienne.

A l'occasion de son traditionnel tour d'horizon sur les abus commis dans le monde, Mme Bachelet s'est dite "profondément perturbée" par les "graves violations" des droits humains dans la région éthiopienne du Tigré, où la situation humanitaire est "terrible" avec plus de 350.000 personnes en situation de famine.

Alors que se déroulent des élections nationales en Ethiopie ce lundi, Mme Bachelet a dénoncé devant la plus haute instance de l'ONU en matière de droits de l'homme les abus commis contre les civils "par toutes les parties au conflit", contre laquelle le pouvoir central a lancé une offensive militaire en novembre.

Mme Bachelet a énuméré les exécutions extrajudiciaires, les arrestations et détentions arbitraires, les violences sexuelles contre les enfants ainsi que les adultes, et les déplacements forcés.

"Des rapports crédibles indiquent que des soldats érythréens opèrent toujours dans le Tigré et continuent de perpétrer des violations des droits humains et du droit humanitaire", a-t-elle ajouté.

Elle a également fait état, dans de nombreuses autres régions d'Ethiopie, d'"incidents alarmants de violences ethniques et intercommunautaires" et de déplacements de populations: "le déploiement actuel des forces militaires n'est pas une solution durable, et j'encourage à un dialogue global et pluridimensionnel dans tout le pays".

Xinjiang et Hong Kong

La Haute-Commissaire a également dit espérer obtenir cette année un "accès significatif" à la région chinoise du Xinjiang, d'où des "informations sur de graves violations des droits humains continuent de sortir".

Plusieurs organisations de défense des droits humains ont accusé la Chine d'avoir interné au Xinjiang au moins un million de musulmans dans des "camps de rééducation". Pékin dément ce chiffre et parle de "centres de formation professionnelle" pour soutenir l'emploi et combattre l'extrémisme religieux.

A Genève, Mme Bachelet a réclamé plusieurs fois à Pékin un "accès total" au Xinjiang. Et fin février, elle a réitéré son appel à une "évaluation complète et indépendante" de la situation des droits humains dans cette région chinoise.

Mais les défenseurs des droits humains demandent à l'ONU de durcir le ton.

Toujours concernant la Chine, Mme Bachelet a également souligné qu'un an s'est écoulé depuis l'adoption de la loi sur la sécurité nationale à Hong Kong, sur laquelle ses services ont fait part de "sérieuses préoccupations".

Russie

Parmi les nombreuses situations de reculs des droits humains dénoncées par Mme Bachelet figure également la Russie, à qui la Haute-Commissaire a appelé à "faire respecter les droits civils et politiques" en vue des élections législatives de septembre.

"Je suis consternée par les mesures récentes qui sapent encore davantage le droit des gens à exprimer des opinions critiques, et leur capacité à prendre part aux élections parlementaires prévues en septembre", a assuré la haute responsable onusienne, en citant le cas de l'opposant russe emprisonné Alexeï Navalny et le démantèlement de son mouvement.

A l'issue d'un procès à huis clos, un tribunal de Moscou a classé il y a quelques jours comme "extrémistes" les trois organisations de M. Navalny, dont son important réseau régional, entraînant leur interdiction.

"La législation restreignant les libertés d'expression, de réunion pacifique et d'association doit être mise en conformité avec les normes et standards internationaux en matière de droits humains", souligné Mme Bachelet.

Elle a également exhorté Moscou à mettre fin à la pratique arbitraire consistant à qualifier des individus, des journalistes et des ONG d'"extrémistes", d'"agents étrangers" ou d'"organisations indésirables".


Les Etats-Unis frappent l'Iran pour la troisième nuit de suite et vont rétablir le blocus des ports

Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible". (AFP)
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  • Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna
  • Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom

TEHERAN: Les Etats-Unis ont mené une troisième nuit consécutive de frappes contre l'Iran, avant le rétablissement prévu mardi du blocus naval des ports iraniens, même si Donald Trump suggère qu'un accord avec Téhéran est encore "possible".

Pendant une mission de cinq heures, "les forces américaines ont frappé des cibles militaires" dans plusieurs villes portuaires du sud de l'Iran, comme Bouchehr et Bandar Abbas, a détaillé le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) dans la matinée.

Quatre explosions ont été entendues près de Bandar Abbas, ville portuaire située sur le détroit d'Ormuz, selon l'agence de presse iranienne Irna.

Parmi les objectifs ciblés figurent "des systèmes de défense côtière, des installations de drones et de missiles et des moyens maritimes", selon le Centcom.

"Nous allons les frapper fort ce soir, et nous allons les frapper fort demain", avait déclaré lundi Donald Trump dans une interview radio. Pour le président américain, les dirigeants iraniens "ne peuvent absolument rien faire contre" ces frappes.

Comme la veille, les Gardiens de la Révolution iraniens ont, eux, revendiqué une opération à Bahreïn - entre autres contre un bâtiment hébergeant les troupes américaines sur la base de Juffair.

L'armée idéologique iranienne a aussi annoncé avoir ciblé en Jordanie "des installations clé et les forces américaines sur une base aérienne jordanienne", dans un communiqué cité par l'agence Tasnim. L'armée jordanienne a annoncé pour sa part l'interception de quatre missiles iraniens.

Deux tankers attaqués 

Dans le détroit d'Ormuz, les Emirats arabes unis ont déploré des attaques de missiles iraniens contre deux de leurs tankers, tuant un membre d'équipage indien.

Malgré ces échanges de frappes, Donald Trump a tout de même estimé, devant la presse à la Maison Blanche, qu'un accord avec l'Iran était encore "possible".

Avant cela, il avait annoncé sur Truth Social que les Etats-Unis prendraient le contrôle du détroit d'Ormuz et que le blocus des ports iraniens serait rétabli.

Il entrera en vigueur mardi à 20H00 GMT, selon l'armée américaine.

Tout comme Téhéran souhaite instaurer un péage pour traverser Ormuz, le président américain a dit vouloir percevoir en échange de la protection du détroit "une rémunération correspondant à 20% de la valeur des cargaisons", contraire au droit international censé garantir la liberté de navigation.

Le pétrole remonte 

Le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, dont le pays a pris le contrôle du détroit au début de la guerre, a rétorqué sur X: "l'Iran a toujours été le gardien du détroit et le restera pour toujours".

Donald Trump "a tout à fait raison. Quiconque assure le passage sûr et sécurisé des navires commerciaux dans le détroit d'Ormuz devrait être rémunéré", a-t-il ironisé, ajoutant: "20%, c'est évidemment trop. Nous serons équitables".

Les Gardiens de la Révolution iraniens ont accusé les Etats-Unis de mettre en péril l'approvisionnement mondial en pétrole.

Au lendemain d'une envolée spectaculaire de plus de 9%, les cours du pétrole continuaient leur ascension dans ce contexte. Le baril de Brent de la mer du Nord, référence internationale, gagnait 1,19% à 84,29 dollars vers 02H00 GMT.

Après quasiment 40 jours de bombardements dans le conflit déclenché par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu était entré en vigueur début avril, avant d'être entériné le 17 juin par un protocole d'accord.

Mais depuis des attaques survenues mardi contre des navires tentant de franchir Ormuz, les affrontements ont repris avec une intensité inédite depuis des semaines, faisant dire à Donald Trump que le cessez-le-feu était "terminé".

La semaine dernière, le président américain a d'ailleurs envoyé une notice officielle au Congrès indiquant que le conflit avec l'Iran avait repris, a confirmé la Maison Blanche à l'AFP.

Et au total, 25 personnes ont été tuées depuis mercredi, selon un décompte de l'AFP à partir des médias iraniens et sources officielles.

 Protocole d'accord "en crise" 

Pour le porte-parole de la diplomatie iranienne Esmaïl Baghaï, "il ne fait aucun doute" que le protocole d'accord "est en crise".

"Mais l'Iran n'a jamais été le premier à violer ses engagements", a-t-il tancé lors d'une conférence de presse lundi à Téhéran à laquelle assistait l'AFP.

Les consultations avec les médiateurs que sont le Qatar, le Pakistan et Oman se poursuivent afin de "prévenir une escalade", a-t-il toutefois assuré.

Le protocole d'accord prévoyait la réouverture du détroit, Téhéran n'autorisant toutefois qu'un seul couloir de navigation, le long de ses côtes.

"Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", avait averti dimanche le conseiller militaire du guide suprême, Mohsen Rezaï.


L'armée américaine dit avoir conclu une série de frappes en Iran contre «des dizaines de cibles»

  • L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran
  • Elle a "visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations"

WASHINGTON: L'armée américaine a affirmé avoir conclu dimanche une série de frappes contre "des dizaines de cibles" en Iran, pour la deuxième journée consécutive, se disant prête à "garantir que la liberté de navigation reste assurée" dans le détroit d'Ormuz.

Les forces américaines "ont visé des systèmes iraniens de défense aérienne, des radars côtiers, des capacités de missiles et de drones, ainsi que de petites embarcations", a écrit le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom) sur X.

 


Le chef de la diplomatie iranienne se rend à Oman au sujet du détroit d'Ormuz

La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
La visite sera axée sur le détroit d'Ormuz et la sécurité de la navigation, a rapporté l'agence de presse officielle iranienne. (AFP)
  • Abbas Araghchi se rend à Oman pour des discussions sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime
  • Malgré le cessez-le-feu avec Washington, le contrôle du détroit d'Ormuz reste une source de tensions

TEHERAN: Le chef de la diplomatie iranienne Abbas Araghchi va se rendre samedi à Oman pour une visite axée "sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime", a annoncé son porte-parole.

La visite "portera principalement sur le détroit d'Ormuz et la sécurité maritime" et s'inscrit "dans le prolongement des consultations que nous avons entamées avec Oman depuis un mois ou deux", a déclaré le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, selon des propos rapportés par l'agence de presse officielle iranienne IRNA.

Malgré l'accord conclu le 17 juin entre les Etats-Unis et l'Iran pour mettre fin à la guerre déclenchée fin février par des attaques américano-israéliennes, la question du détroit demeure un point de contentieux majeur.

L'Iran a profité du conflit pour prendre le contrôle de ce point de passage clef pour le commerce mondial des hydrocarbures et refuse de revenir à la situation antérieure.

Téhéran veut imposer des droits de passage sur les bateaux et autorise uniquement une route longeant ses côtes, dans le nord. Des navires passant au sud, au large d'Oman, ont récemment été attaqués, ce qui a déclenché une reprise des hostilités avec les Etats-Unis.

En mai, le président Donald Trump avait menacé à la surprise générale de "pulvériser" le sultanat d'Oman s'il continuait de discuter avec Téhéran d'une gestion commune du détroit.

"Plusieurs séries de réunions techniques ont eu lieu jusqu'à présent, tant à Téhéran qu'à Mascate, et ce déplacement s'inscrit dans le prolongement de ces consultations, afin de contribuer à faciliter la circulation en toute sécurité dans le détroit d'Ormuz", a également fait savoir le porte-parole de la diplomatie iranienne.