Arménie: Pachinian conforté par une large victoire aux législatives

Le Premier ministre arménien par intérim Nikol Pachinian lors des élections législatives anticipées à Erevan le 20 juin 2021 (Photo, AFP)
Le Premier ministre arménien par intérim Nikol Pachinian lors des élections législatives anticipées à Erevan le 20 juin 2021 (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 21 juin 2021

Arménie: Pachinian conforté par une large victoire aux législatives

Le Premier ministre arménien par intérim Nikol Pachinian lors des élections législatives anticipées à Erevan le 20 juin 2021 (Photo, AFP)
  • Le parti Contrat civil de M. Pachinian a obtenu 53,9% des voix après le dépouillement de 100% des bulletins, ce que lui permettra de former tout seul un nouveau gouvernement et de reconduire le chef du gouvernement actuel
  • Le bloc Arménie de Robert Kotcharian a reçu 21% des bulletins, selon la même source

EREVAN : Le Premier ministre arménien Nikol Pachinian a triomphé lors de législatives anticipées, selon les résultats publiés lundi, prenant une revanche sur ceux qui lui reprochaient l'humiliante défaite militaire contre l'Azerbaïdjan à l'automne. 

Le pari du réformateur porté au pouvoir par une révolution pacifique en 2018 semble avoir marché: il a consolidé son pouvoir à l'issue du scrutin, convoqué alors qu'il était sous pression de ses détracteurs, y compris ses généraux, après la déroute militaire au Nagorny Karabakh en novembre 2020. 

Son parti, Contrat Civil, a obtenu 53,9% des voix après le dépouillement de tous les bulletins, ce qui lui permettra de former un nouveau gouvernement sans avoir à recourir à des alliances avec d'autres partis et de reconduire M. Pachinian à son poste. 

L'ex-journaliste de 46 ans devrait toutefois rester chahuté par ses opposants. Et de nombreux observateurs craignent des protestations après une campagne électorale véhémente qui a polarisé la société arménienne. 

Son principal rival, le bloc Arménie mené par l'ex-président Robert Kotcharian et crédité de 21% des bulletins a dénoncé des "fraudes", refusé de reconnaître les résultats du scrutin et s'apprête à les contester en justice. 

Mais la mission d'observation de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) a qualifié les élections de "concurrentielles et bien organisées", louant une campagne "démocratique" et le dépouillement des bulletins "hautement transparent". 

Accueilli par des "Bravo!" et des "Victoire!" criés lors de son arrivée à son QG de campagne dimanche dans la nuit, Nikol Pachinian a appelé ses partisans à fêter sa victoire lundi soir dans le centre d'Erevan. 

"Nous avons réalisé une deuxième révolution en trois ans", celle "d'acier", a-t-il lancé.  

Malgré ce triomphe, la stabilité politique en Arménie "semble fragile", estime l'analyste Tim Ash, basé à Londres.  

"Je m'inquiéterais de la réaction de l'armée arménienne", très critique vis-à-vis de la gestion du conflit militaire de 2020 par M. Pachinian, a-t-il ajouté.  

 L'ombre de la guerre 

Ces législatives se sont déroulées à l'ombre de la guerre au Nagorny Karabakh, enclave montagneuse disputée depuis des décennies avec le voisin et ennemi juré, l'Azerbaïdjan. 

Les six semaines de combats ont fait plus de 6.500 morts dans les deux camps. L'Arménie a dû céder, à l'aune d'un accord de cessation des hostilités négocié par Moscou, d'importants territoires qu'elle contrôlait depuis une première guerre avec Bakou dans les années 1990. 

La défaite a mis à mal la réputation de M. Pachinian, qui jouissait d'une aura de combattant contre les vieilles élites jugées corrompues.  

Dénoncé par ses détracteurs comme "traître" pour avoir signé le cessez-le-feu, il a été confronté à des manifestations d'ampleur et la rancoeur se fait toujours sentir. 

"Avec la guerre que nous avons vécu, les nombreuses victimes", le Premier ministre "aurait dû démissionner et partir, mais il s'accroche au pouvoir", a estimé lundi Marine Lenyan, cantatrice d'opéra de 59 ans.  

La large victoire de M. Pachinian a trompé le seul sondage disponible, qui ne créditait sa formation que de 25% des intentions de vote, contre 29% pour le bloc de M. Kotcharian. 

Président de 1998 à 2008 de cette ex-république soviétique pauvre et montagneuse, Robert Kotcharian a été accusé par le passé de fraudes électorales et est visé par une enquête pour des accusations de corruption. Il est pour de nombreux Arméniens l'incarnation du système honni qu'ils ont chassé en 2018. 

Selon l'analyste arméno-américain Richard Guiragosyan, nombre d'électeurs ont ainsi voté pour le parti de Pachinian "par peur et par antipathie envers Kotcharian". 

"Les gens veulent avoir un dirigeant honnête, qui ne vole pas, qui n'est pas un oligarque", a estimé Rouben Kazarian, un employé de 60 ans. 

Pachinian fait des "erreurs" à cause "du manque d'expérience, "il faut l'aider", a-t-il poursuivi.   

Environ 2,6 millions d'électeurs étaient appelés aux urnes pour élire au moins 101 députés pour cinq ans. La participation a dépassé 49%. 

 


Israël continuera à opérer dans le sud du Liban 

 L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais. (AFP)
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  • Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban
  • Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais

JERUSALEM: L'armée israélienne a annoncé jeudi poursuivre ses opérations dans le sud du Liban face aux "menaces", après la signature par les Etats-Unis et l'Iran d'un accord visant à mettre fin à la guerre au Moyen-Orient, y compris sur le front libanais.

L'armée a publié une carte de ce qu'elle déclare être son "espace de sécurité", s'étendant sur une dizaine de kilomètres à l'intérieur du territoire libanais.

Elle indique que des troupes continueront d'y être déployées "afin d'éliminer les menaces et d'améliorer la défense des habitants du nord d'Israël".

Un responsable militaire israélien a précisé que l'armée pourrait également agir pour "neutraliser" les risques identifiés au-delà de la zone de sécurité, et appelé les civils libanais à ne pas y pénétrer.

Depuis l'annonce lundi de l'accord entre Téhéran et Washington, signé mercredi soir par les présidents de deux pays, l'intensité des violences a drastiquement baissé dans le sud du Liban et le Hezbollah pro-iranien n'a plus revendiqué d'attaques contre Israël.

Mais des échanges de tirs limités sont signalés et au moins huit personnes ont depuis été tuées dans des frappes israéliennes, dont trois sur la seule journée de jeudi selon un média d'Etat libanais.

L'armée israélienne a pour sa part annoncé la mort de l'un de ses soldats dans la nuit de mercredi à jeudi, lors d'un incident survenu dans le sud du Liban. Sept soldats ont également été blessés.

Le groupe armé Hezbollah soutenu par l'Iran a entraîné le Liban dans la guerre début mars en attaquant Israël pour venger l'assassinat du guide suprême de la République islamique au début de la campagne américano-israélienne.

Israël a riposté par de vastes frappes à travers le Liban et par le lancement d'une invasion terrestre dans le sud, région frontalière d'Israël et de longue date sous l'influence du Hezbollah.

Le Liban et Israël mènent depuis avril des pourparlers directs à Washington afin de tenter de mettre fin aux hostilités et de dissocier leur conflit de la guerre régionale.

"D'autres étapes sont en cours de discussion" dans le cadre de ces pourparlers, a déclaré jeudi la même source militaire, ajoutant que "les représentants se rencontreront à nouveau la semaine prochaine".

 


Iran: le guide suprême dit avoir approuvé l'accord avec les Etats-Unis, malgré une «opinion différente»

Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails. (AFP)
Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails. (AFP)
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  • "J'avais une opinion différente, mais j’ai donné mon autorisation en raison de l’engagement que le respectable président (iranien), en tant que président du Conseil suprême de sécurité nationale, a pris envers moi en son nom"
  • Selon lui, le président l'a aussi assuré que "si la partie américaine formule des exigences excessives" dans la suite des négociations en vue d'un accord final, "ils ne s’y soumettront pas"

TEHERAN: Le guide suprême iranien, l’ayatollah Mojtaba Khamenei, a déclaré jeudi avoir approuvé l'accord avec les États-Unis pour mettre fin à la guerre, malgré une "opinion différente" sur la question, sans plus de détails.

"J'avais une opinion différente, mais j’ai donné mon autorisation en raison de l’engagement que le respectable président (iranien), en tant que président du Conseil suprême de sécurité nationale, a pris envers moi en son nom et au nom des autres membres pour protéger les droits de la nation iranienne et du front de la résistance" à Israël, a déclaré Mojtaba Khamenei, dans un message écrit lu à la télévision d’État.

Selon lui, le président l'a aussi assuré que "si la partie américaine formule des exigences excessives" dans la suite des négociations en vue d'un accord final, "ils ne s’y soumettront pas".

"Il est évident que les négociations en face-à-face qui se tiendront à l'avenir ne présagent pas de l'acceptation du point de vue de l'ennemi", a souligné le guide suprême, dans cette première réaction à l’accord irano-américain visant à mettre fin à la guerre, signé tôt jeudi par les présidents américain Donald Trump et iranien Masoud Pezeshkian.

Le dirigeant n’a pas été vu en public depuis son entrée en fonction en mars, à la suite de l’assassinat de son père et prédécesseur, l’ayatollah Ali Khamenei, lors des premières frappes américano-israéliennes contre l’Iran, le 28 février, qui ont déclenché la guerre régionale.

Mojtaba Khamenei a encore affirmé que Donald Trump avait "par désespoir, actionné toutes sortes de leviers" pour obtenir cet accord avec l’Iran,  afin de mettre fin à la guerre.


Trump et Netanyahu sur le Liban, un « petit différend »

Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille. (AFP)
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  • "Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré
  • "Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend"

EVIAN: Donald Trump a vanté mercredi, depuis le sommet du G7 en France, son "formidable partenariat" avec le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu, un changement de ton après ses critiques acerbes de la veille.

"Pour être tout à fait juste envers Bibi (surnom du Premier ministre israélien) Netanyahu, qui se trouve être un homme bien, il s'emporte un peu parfois", a-t-il déclaré.

"Nous avons un partenariat formidable", a-t-il ajouté, qualifiant leur désaccord sur le Liban de "petit différend".

Le président américain a indiqué que le protocole d'accord avec l'Iran pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient serait signé "bientôt", "peut-être" jeudi ou vendredi.

La signature a été annoncée pour vendredi à Genève.

Interrogé sur son intention de rester en Europe pour la signature, il a répondu qu'il "pourrait" rester, tout en ajoutant: "Ce n'est pas le genre de document que je devrais signer".

Sur "la partie libanaise, c'est une chose sur laquelle il va falloir qu'on travaille un peu", a reconnu Donald Trump, alors que les Iraniens exigent qu'Israël cesse ses frappes contre le groupe armé pro-iranien Hezbollah au Liban.

"C'est en fait une toute petite pièce du puzzle, mais elle fait quand même beaucoup de bruit", a également commenté Donald Trump, estimant que "le vrai sujet, c'est l'accord avec l'Iran".

Car "c'est là qu'est l'argent, là que se trouvait le pouvoir", a-t-il ajouté.

Il a en outre répété que les Etats-Unis "prendront" l'uranium hautement enrichi de l'Iran même s'il est "sans valeur".

Le président américain a par ailleurs promis une discussion "parallèle" avec les pays du Golfe portant sur les missiles balistiques.

Ces pays ont été la cible des frappes de Téhéran durant la guerre américano-israélienne contre la République islamique iranienne.

Donald Trump était depuis lundi à Evian, station thermale des Alpes, pour le sommet des chefs d'Etat et de gouvernement de sept des plus grandes puissances industrialisées (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni).

Il prolonge son séjour en France avec un dîner au château de Versailles avec Emmanuel Macron.