La Chine s'active pour freiner l'industrie des cryptomonnaies

Conséquence de cette interdiction, le cours du bitcoin était en recul de plus de 8,91% lundi, à 32 440 dollars à 10H30 GMT. (Photo, AFP)
Conséquence de cette interdiction, le cours du bitcoin était en recul de plus de 8,91% lundi, à 32 440 dollars à 10H30 GMT. (Photo, AFP)
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Publié le Lundi 21 juin 2021

La Chine s'active pour freiner l'industrie des cryptomonnaies

  • La Chine est première productrice mondiale d'actifs de crpytomonnaies, avec près de 80% des échanges mondiaux, malgré une interdiction d'échanges internes depuis 2017
  • L'interdiction du mining dans la province du Sichuan a entraîné la fermeture de 26 entreprises la semaine dernière

PEKIN: Le gouvernement chinois mène un campagne active pour freiner l'industrie du "mining" de cryptomonnaies, cette pratique visant à produire de nouveaux actifs grâce à la puissance de calcul d'ordinateurs, en l'interdisant de fait dans le Sichuan, une région-clé du sud-ouest du pays.

La Chine est première productrice mondiale d'actifs de crpytomonnaies, avec près de 80% des échanges mondiaux, malgré une interdiction d'échanges internes depuis 2017, mais ces derniers mois plusieurs provinces ont ordonné la fermeture des entreprises du secteur installées sur leur territoire.

L'interdiction du mining dans la province du Sichuan a entraîné la fermeture de 26 entreprises la semaine dernière, une information non confirmée par les autorités mais largement relayée sur les réseaux sociaux chinois et confirmée par d'anciens producteurs de cryptomonnaies.

Le Sichuan est la deuxième province productrice de cryptomonnaies après le Xinjiang (nord-ouest) mais elle concentre, selon le quotidien officiel Global Times, 90% des capacités de mining de bitcoin du pays, qui en est le premier producteur mondial.

Conséquence de cette interdiction, le cours du bitcoin était en recul de plus de 8,91% lundi, à 32 440 dollars à 10H30 GMT.

Selon ces sources, les fournisseurs d'énergie ont reçu ordre de cesser de fournir de l'électricité à ces entreprises avant dimanche, alors que les autorités locales ont été incitées à chercher et fermer les entreprises concernées, dans une province considérée jusqu'ici comme la première productrice de cryptomonnaies en Chine.

Dimanche soir, la fourniture d'énergie à destination de ces entreprises était totalement stoppée, selon les médias chinois, une information en tête des tendances sur les réseaux sociaux du pays.

Lundi, la Banque centrale chinoise a précisé avoir récemment averti les banques et organismes de paiement sur les risques que représentaient la fourniture de services en lien avec les monnaies virtuelles.

Selon la Banque du Peuple, ces activités viennent "perturber l'ordre économique et financier normal et accroître le risque de transferts transfrontaliers illégaux d'actifs", demandant aux banques d'y mettre fin.

Cette opération intervient alors que la Chine tente de réduire l'importance prise par les cryptomonnaies dans le pays, tant pour des raisons environnementales qu'économiques, du fait de la spéculation entourant ces actifs, ou sociétaux.

Le gouvernement central se montre de plus en plus sévère à l'égard d'une industrie particulièrement énergivore qui pourrait l'empêcher d'atteindre ses objectifs climatiques: selon une récente étude publiée dans Nature, cette industrie pourrait produire l'équivalent des émissions carbone de l'Italie ou de l'Arabie Saoudite d'ici 2024 sans action des autorités.

Ces derniers mois, les entreprises de mining de Mongolie Inférieur et du Qinghai, régions peu peuplées mais riches en charbon et énergie hydroélectrique, ont dû fermer leurs portes, les habitants étant encouragés à signaler les activités illégales dans ce domaine.

Le mois dernier, le cours du bitcoin avait plongé après l'interdiction faite aux institutions financières chinoises d'offrir des services basées sur les cryptomonnaies, afin de réduire les risques spéculatifs autour de ces actifs.


Marque légendaire et florissante, Porsche promet d'électriser la Bourse

Volkswagen voit grand et lance Porsche jeudi en bourse, valorisant sa marque de bolides des dizaines de milliards d'euros dans l'une des plus grosses opérations boursières de la place de Francfort (Photo, AFP).
Volkswagen voit grand et lance Porsche jeudi en bourse, valorisant sa marque de bolides des dizaines de milliards d'euros dans l'une des plus grosses opérations boursières de la place de Francfort (Photo, AFP).
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  • Porsche est actuellement détenu à 100 % par le groupe Volkswagen, qui est lui-même contrôlé par la holding Porsche SE
  • Volkswagen va céder 25% du capital à Porsche SE qui disposera d'une minorité de blocage chez le constructeur de voitures de sport

FRANCFORT: En pleine morosité des marchés financiers, Volkswagen voit grand et lance Porsche jeudi en bourse, valorisant sa marque de bolides des dizaines de milliards d'euros dans l'une des plus grosses opérations boursières de la place de Francfort.

Pour séduire les investisseurs, le constructeur de la mythique 911 mise sur sa santé financière insolente, comme tout le secteur de l'automobile de luxe, et sur une histoire presque centenaire qui en a fait une référence des voitures de sport "made in Germany".

"Certains clients potentiels ne sont peut-être pas encore en mesure de s'offrir une Porsche, mais ils peuvent acheter des actions", notait récemment le directeur financier Lutz Meschke, confiant dans la puissance de la marque.

En termes de volume d'émission, il s'agira de la deuxième introduction en bourse en Allemagne après celle de Deutsche Telekom en 1996 et de la plus importante en Europe depuis 2011 avec le géant suisse des matières premières Glencore.

Si Volkswagen ne place pas plus de 12,5% du capital de sa pépite en Bourse, le deuxième groupe automobile mondial compte en tirer des milliards de liquidités à injecter dans sa coûteuse transition vers la voiture électrique et autonome.

Mega valorisation 

Volkswagen propose un total de 114 millions d'actions de "Porsche AG", à un prix unitaire compris entre 76,50 à 82,50 euros. Soit un volume d'émission entre 8,7 à 9,4 milliards d'euros et une valorisation stratosphérique d'environ 75 milliards d'euros.

Cette capitalisation dépasserait la valeur d'autres géants allemands tels que BMW (49 milliards d'euros) et Mercedes-Benz (61 milliards d'euros) qui vendent bien plus de voitures que la firme de Zuffenhausen, près de Stuttgart (sud).

L'opération est d'autant plus exceptionnelle que, ces derniers mois, les introductions en Bourse sont rares en Europe dans un environnement marqué par l'inflation, la hausse des taux et la guerre en Ukraine.

Mais l'arrivée de Porsche en Bourse suscite l'appétit : des titres s'échangeaient la semaine dernière à près de 94 euros sur le marché gris, selon Bloomberg.

Volkswagen a déjà confirmé avoir attiré des actionnaires de référence comme les fonds d'investissement publics du Qatar et d'Abu Dhabi, le fonds souverain norvégien et le gestionnaire d'actifs américain T. Rowe Price.

Ensemble, ils vont détenir près de 3,6 milliards d'euros d'actions préférentielles, le Qatar représentant la plus grande part.

Les perspectives florissantes de l'entreprise y sont pour beaucoup : le nombre d'unités vendues a franchi l'an dernier la barre symbolique des 300 000.

Pour cette année, Porsche a relevé son objectif de marge opérationnelle qui doit désormais atteindre entre 17 et 18 %. Le chiffre d'affaires est attendu en croissance de 11 à 14% par rapport à 2021.

Exception dans sur un marché automobile poussif, le secteur des voitures de luxe se porte au mieux, il "augmentera de 13 % par an à long terme, soit plus de trois fois plus vite que le segment du marché de masse", selon les analystes de Berenberg.

Le fabricant de bolides se convertit progressivement à l'électrique, avec le "Tycan" dont il a écoulé près de 20.000 exemplaires de janvier à juin, une nouvelle "Macan" électrique attendue en 2024 et le lancement d'un nouveau SUV au milieu de la décennie.

Influence des familles Porsche et Piëch 

Porsche est actuellement détenu à 100 % par le groupe Volkswagen, qui est lui-même contrôlé par la holding Porsche SE, trésor des familles Porsche et Piëch qui vont renforcer leur assise à travers cette IPO.

Outre les actions dites préférentielles - sans droit de vote - que vont s'arracher les investisseurs, Volkswagen va céder 25% du capital à Porsche SE qui disposera d'une minorité de blocage chez le constructeur de voitures de sport.

Volkswagen va au total encaisser une manne d'environ 19 milliards d'euros, dont la moitié servira aux investissements dans l'électrique, le groupe prévoyant de construire six usines de cellules de batteries en Europe et de muscler Cariad, la filiale qui développe les logiciels des voitures électriques et autonomes.

Volkswagen espère aussi que la cession partielle de Porsche va gonfler sa valeur en Bourse qui est d'environ 90 milliards d'euros, soit une fraction de la capitalisation boursière de son rival américain Tesla, valorisé environ 950 milliards de dollars


Les actifs du secteur bancaire saoudien devraient atteindre 1 200 milliards de dollars d’ici à 2030

Le total des actifs bancaires s’élève à 3 500 milliards de riyals saoudiens à la fin du deuxième trimestre 2022. (Shutterstock)
Le total des actifs bancaires s’élève à 3 500 milliards de riyals saoudiens à la fin du deuxième trimestre 2022. (Shutterstock)
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  • Le ministre des Finances note que le dynamisme croissant de l’économie saoudienne reflète la solidité des politiques financières et son aptitude à s’adapter aux défis
  • Il salue les résultats obtenus par le Programme de développement du secteur financier, le Programme de viabilité financière et le Programme du centre national de privatisation

RIYAD: Le secteur financier saoudien vise à porter le total des actifs du secteur bancaire à plus de 4 500 milliards de riyals saoudiens (SAR), soit 1,2 milliard de dollars (1 dollar = 1,04 euro) d’ici à 2030, a déclaré le ministre des Finances du Royaume.

Lors du discours qu’il a prononcé à l’occasion de la 92e fête nationale, Mohammed ben Abdallah al-Jadaan précise que le total des actifs bancaires s’élève à 3 500 milliards de riyals saoudiens à la fin du deuxième trimestre 2022, selon Asharq al-Awsat.

Il indique que le dynamisme croissant de l’économie saoudienne reflète la solidité des politiques financières et son aptitude à s’adapter aux défis.

Il salue les résultats obtenus par le Programme de développement du secteur financier, le Programme de viabilité financière et le Programme du centre national de privatisation.

En septembre 2022, le Programme de développement du secteur financier avait déjà porté le nombre d’entreprises efficaces dans la technologie financière à plus de cent vingt, ajoute M. Al-Jadaan.

En ce qui concerne le Programme de viabilité financière, le ministre note qu’il contribue à la réalisation de nombreuses réformes structurelles.

Il fait en outre observer que l’augmentation des taux de croissance et d’emploi ainsi que le maintien de la viabilité financière permettront d’atteindre la stabilité financière et économique.
M. Al-Jadaan explique que le programme de privatisation a contribué à renforcer le partenariat entre les secteurs public et privé.

Il ajoute que le Programme du centre national de privatisation a aidé à l’élaboration des structures générales du système de privatisation.

En août, le secteur bancaire saoudien a montré qu’il continuait à surpasser ses homologues régionaux en 2021. Ses actifs connaissent en effet une croissance record de 10%, ayant atteint 3 300 milliards de SAR, selon un rapport publié par The Banker.

Le classement des cent meilleures banques arabes établi par ce magazine a montré que les fonds propres de catégorie 1 combinés des prêteurs saoudiens sont plus élevés que ceux de tout autre pays de la région.

Le classement a été publié pour l’année 2022 et les données utilisées pour la liste se rapportaient à 2021.

Alors que la hausse des prix du pétrole a favorisé un redressement de la croissance économique du Royaume de 3,1% en 2021, contre une contraction de 4,1% l’année précédente, c'est le marché hypothécaire en plein essor du pays, alimenté par les initiatives gouvernementales visant à aider les citoyens saoudiens à acquérir des biens, qui continue de dynamiser les bilans des banques.

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


L'industrie en Ukraine, autre grande victime de la guerre

Des employés travaillent sur une machine à coulée continue dans l'usine de l'entreprise sidérurgique intégrée ArcelorMittal Kryvyj Rih, dans la ville de Kryvyj Rih, dans le centre de l'Ukraine, le 21 septembre 2022 (Photo, AFP).
Des employés travaillent sur une machine à coulée continue dans l'usine de l'entreprise sidérurgique intégrée ArcelorMittal Kryvyj Rih, dans la ville de Kryvyj Rih, dans le centre de l'Ukraine, le 21 septembre 2022 (Photo, AFP).
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  • En envahissant le sud-est ukrainien, Moscou a pris le contrôle de ports majeurs, notamment ceux de Marioupol et Berdiansk
  • Dans le sud-ouest, ceux d'Odessa et Tchornomorsk sont encore sous bannière ukrainienne

KRYVYÏ RIG: Dans le gigantesque complexe ArcelorMittal de Kryvyï Rig (Sud), trois des quatre hauts fourneaux sont à l'arrêt, tout comme la mine de fer et le reste tourne au ralenti. En Ukraine, la guerre frappe l'industrie, poumon de l'économie nationale.

Le dernier haut fourneau en activité, immense cathédrale de métal qu'enserrent de colossaux tuyaux, est en activité réduite lors de la venue de l'AFP. Une poignée d'ouvriers se relaie autour d'une petite rivière de métal rougeoyant.

Dans un autre hangar de ce site de 70 km2, grand comme les deux tiers de la ville de Paris, des billettes, grosses poutres d'acier carrées, sortent sur un vaste tapis roulant. Mais deux autres installations similaires attendent en silence, un peu plus loin, que le travail reprenne.

Plus grand site "intégré" d'Ukraine, comprenant une mine de fer et une aciérie, le complexe de Kryvyï Rig est un joyau national, acheté en 2005 par ArcelorMittal pour 4,85 milliards de dollars. Ses produits ont permis l'édification de Burj Khalifa, plus haut gratte-ciel du monde, à Dubaï.

Mais depuis l'invasion de l'Ukraine le 24 février, le complexe connaît un énorme coup de frein. D'abord arrêté pendant un mois, alors que les troupes russes étaient aux portes de Kryvyï Rig, il a ensuite redémarré, à un rythme bien moins élevé.

Fin août, la production atteignait "entre 15 et 20%" de ce qu'elle était sur les huit premiers mois de 2021, estime Artem Filipiev, le directeur adjoint du site.