En Israël, déguster du poulet in-vitro et mener une «révolution alimentaire»

Des techniciens produisent de la viande de « poulet d'élevage » depuis la startup de technologie alimentaire "SuperMeat" à Ness Ziona. (AFP)
Des techniciens produisent de la viande de « poulet d'élevage » depuis la startup de technologie alimentaire "SuperMeat" à Ness Ziona. (AFP)
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Publié le Mercredi 23 juin 2021

En Israël, déguster du poulet in-vitro et mener une «révolution alimentaire»

  • « C'est la première fois au monde que l'on peut goûter de la viande cultivée en laboratoire tout en observant le processus de production devant soi», s'enthousiasme Ido Savir, directeur de la société SuperMeat.
  • Dans son laboratoire, des cellules extraites d'oeufs de poule fertilisés sont mises en culture dans des bioréacteurs et nourries de liquides d'origine végétale riches en protéines, graisses, sucre, minéraux et vitamines

NESS ZIONA : Tricatel, personnage du film "L'Aile ou La Cuisse" avec Louis de Funès, en rêvait, des Israéliens l'ont fait: un restaurant près de Tel-Aviv sert du poulet fabriqué en laboratoire, présenté comme un produit écologique pouvant répondre à la demande alimentaire croissante.

Au rez-de chaussée d'un immeuble sans prétention, à Ness Ziona dans le centre d'Israël, le bien-nommé "Le poulet" sert des burgers dans un cadre original: de l'autre côté de l'élégante salle à la lumière tamisée, les convives du restaurant aperçoivent, à travers les baies vitrées, le laboratoire où des techniciens s'affairent derrière de grandes cuves en inox.

"C'est la première fois au monde que l'on peut goûter de la viande cultivée en laboratoire tout en observant le processus de production devant soi", s'enthousiasme Ido Savir, directeur de la société SuperMeat.

Ici, pas d'animaux. Dans son laboratoire, des cellules extraites d'oeufs de poule fertilisés sont mises en culture dans des bioréacteurs et nourries de liquides d'origine végétale riches en protéines, graisses, sucre, minéraux et vitamines. Grâce à ces liquides nutritifs, les cellules se développent comme elles le feraient dans le corps de l'animal, et deviennent tissu musculaire et graisses.

En attente d'homologation 

A l'issue du processus, le liquide est retiré du réacteur d'où est recueilli la viande artificielle.

Résultat: dans l'assiette, on y croit.

"C'était délicieux", raconte Gilly Kanfi, qui se décrit comme une "carnivore".

"Si je ne savais pas, j'aurais cru à un burger de poulet comme les autres", raconte cette habitante de Tel-Aviv qui a aussi goûté à des rouleaux de printemps de volaille. Mme Kanfi avait réservé des mois en avance pour être cobaye dans ce restaurant qui ne fait pas payer à ses clients cette expérience culinaire.

En décembre, du poulet artificiel avait déjà été servi dans un restaurant de Singapour. Et le premier steak "in vitro" conçu à partir de cellules souches de vache par un scientifique néerlandais de l'université de Maastricht, Mark Post, a été présenté en 2013. Plusieurs start-ups se sont depuis créées dans ce secteur. 

A la tête de SuperMeat, l'Israélien Ido Savir: cet informaticien vegan se considère comme en "première ligne d'une révolution alimentaire", visant à produire de la nourriture tout en limitant l'impact sur l'environnement.

La viande in-vitro est une filière susceptible d'"augmenter la sécurité alimentaire à travers le monde, avec un procédé durable, respectueux des animaux et efficace", selon lui. 

Elle permet de "réduire la quantité de terres, d'eau et de nombreuses autres ressources utilisées" pour la production de viande, poursuit-il, l'élevage intensif étant une source de méthane, gaz qui favorise l'effet de serre.

La production mondiale de viande devrait augmenter de 15% d'ici 2027, avait indiqué en 2018 la FAO, agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture.

Des interrogations persistent toutefois sur le réel impact environnemental de la production de viande en laboratoire, notamment leur consommation énergétique, et sur leur sécurité sanitaire.

Ido Savir espère lui obtenir des homologations qui lui permettront de vendre son poulet en Israël voire à l'étranger. Son entreprise est capable de produire des centaines de kilos de viande chaque semaine, explique-t-il à l'AFP.

«Incroyable»

Avoir de la viande dans son assiette sans culpabiliser pour le bien-être animal, "c'est incroyable", estime Annabelle Silver, qui n'avait pas mangé de produits carnés depuis des années.

"Une des raisons pour lesquelles je suis devenue végétarienne c'est parce que (l'industrie de la viande) n'est pas éthique, pas durable", explique-t-elle.

Mais du poulet in-vitro, est-ce de la viande?

Les végétariens ne sont pas les seuls à se poser la question en Israël, où de nombreux habitants suivent les règles de la cacherout, le code alimentaire du judaïsme.

Le rabbin Eliezer Simcha Weisz, membre du Grand rabbinat d'Israël, estime que la production de viande respectueuse de l'environnement et des animaux pourrait résoudre certains "problèmes dans le monde" et que du poulet de laboratoire pourrait prochainement être labellisé casher.

Pour Tal Gilboa, une militante vegan ayant conseillé l'ancien Premier ministre Benjamin Netanyahu sur des questions alimentaires, la viande cultivée en laboratoire doit avant tout être une première étape vers le végétarisme.

"La population mondiale augmente à une vitesse folle", la seule façon d'y répondre sera de passer "par la technologie", d'après elle.


Salam : ceux qui ont entraîné le Liban dans la guerre ne peuvent parler de souveraineté

Le Premier ministre libanais Nawaf Salam. (Photo d’archives/AFP)
Le Premier ministre libanais Nawaf Salam. (Photo d’archives/AFP)
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  • Salam a critiqué ceux qui, selon lui, ont monopolisé les décisions de guerre et de paix en dehors de l’autorité de l’État

DUBAÏ : Le Premier ministre libanais Nawaf Salam a déclaré mardi que ceux qui « ont entraîné le Liban dans des guerres inutiles » n’avaient aucun droit de donner des leçons de patriotisme ou de souveraineté nationale.

Dans une déclaration qui semblait viser le Hezbollah sans le nommer, Salam a rejeté les accusations selon lesquelles les dirigeants politiques du pays auraient soutenu Israël au lieu de défendre la souveraineté du Liban.

« Quelqu’un vient nous rendre visite et accuse les autorités politiques d’avoir soutenu Israël au lieu de défendre la souveraineté du Liban, puis appelle au dialogue et à l’unité comme si les Libanais n’avaient aucune mémoire », a déclaré Salam.

Selon lui, le plus grand service rendu à Israël a été celui de ceux qui ont entraîné le Liban dans ce qu’il a qualifié de « guerres de soutien inutiles », offrant à Israël un prétexte pour lancer des attaques portant atteinte à la souveraineté du pays, détruisant villes et villages, tuant des civils et déplaçant des centaines de milliers de personnes.

Salam a également critiqué ceux qui, selon lui, ont monopolisé les décisions de guerre et de paix en dehors de l’autorité de l’État, les accusant d’avoir lié le Liban à des agendas régionaux au détriment des intérêts du peuple libanais.

« Il n’y a de souveraineté pour le Liban qu’à travers une décision unique et indépendante, prise par un État doté d’une seule armée exerçant son autorité sur l’ensemble du territoire », a-t-il affirmé.

Le Premier ministre a estimé qu’un véritable dialogue et une véritable unité nationale ne pouvaient être atteints qu’en reconnaissant les erreurs du passé et en assumant la responsabilité de décisions dont les Libanais continuent de subir les conséquences.

Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à mettre fin à l’occupation israélienne de territoires libanais, obtenir la libération des détenus libanais, permettre le retour en toute sécurité des déplacés dans leurs foyers et reconstruire les zones touchées par le conflit.

Salam a également appelé à mettre fin aux accusations de trahison dans le discours politique, estimant qu’un dialogue sincère et une solidarité nationale étaient indispensables pour permettre au Liban de faire face aux défis actuels.

Ces déclarations interviennent alors que le Liban et Israël poursuivent à Rome un nouveau cycle de négociations, sous médiation américaine, visant à mettre en œuvre l’accord-cadre conclu à Washington en juin.

Cet accord prévoit un retrait progressif des forces israéliennes du sud du Liban, le déploiement de l’armée libanaise dans les zones évacuées par Israël ainsi que le désarmement progressif du Hezbollah.

Ces négociations, entamées mardi et prévues jusqu’à jeudi, constituent le septième cycle de discussions sous médiation américaine depuis que le Hezbollah a ouvert un front contre Israël en soutien à l’Iran après le début de la guerre à Gaza, déclenchant des mois d’affrontements transfrontaliers puis une offensive israélienne de plus grande ampleur au Liban.

Plus tôt dans la journée de mardi, le secrétaire général du Hezbollah, Naïm Qassem, a rejeté ces négociations, estimant qu’elles n’apporteraient au Liban « rien d’autre que la honte, l’humiliation et des compromis successifs ». Il a également critiqué le président Joseph Aoun, l’accusant d’avoir renoncé à son rôle de figure nationale neutre. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Le prince héritier saoudien et le président turc discutent de la sécurité régionale et des attaques en mer Rouge

Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane s’est entretenu lundi par téléphone avec le président turc Recep Tayyip Erdogan pour discuter des relations bilatérales et des derniers développements dans la région. (SPA/AFP)
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  • Les deux dirigeants abordent la sécurité régionale et la situation en mer Rouge, Ankara condamnant les attaques des Houthis contre les navires

RIYAD: Le prince héritier saoudien Mohammed ben Salmane a eu lundi un entretien téléphonique avec le président turc Recep Tayyip Erdogan afin d’évoquer les relations entre les deux pays et les récents développements régionaux, a rapporté l’Agence de presse saoudienne (SPA).

Au cours de l’appel, les deux dirigeants ont passé en revue les liens entre l’Arabie saoudite et la Turquie et examiné les moyens de renforcer la coopération dans plusieurs domaines, a ajouté la SPA.

Ils ont également discuté de l’évolution de la situation régionale, dans un contexte de tensions accrues au Moyen-Orient, ainsi que de la sécurité en mer Rouge.

Le président Erdogan a réaffirmé la condamnation de la Turquie des attaques menées par les Houthis, soutenus par l’Iran, contre des navires en mer Rouge, et a exprimé le plein soutien de son pays à l’Arabie saoudite.

Le dirigeant turc a également salué la mise en place de la coalition multinationale de défense maritime dirigée par le Royaume, exprimant l’espoir qu’elle réussira à protéger la navigation internationale et à atteindre ses objectifs. 

Ce texte est la traduction d’un article paru sur Arabnews.com


Trump annonce une reprise des négociations lundi avec l'Iran

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Donald Trump a annoncé une reprise des négociations lundi avec l'Iran, après avoir suspendu les bombardements américains sur la République islamique et fait état de progrès diplomatiques en vue de rouvrir le détroit d'Ormuz.

La signature mi-juin d'un protocole d'accord n'a débouché pour l'instant sur aucune percée diplomatique majeure en vue d'arriver à la fin d'un conflit qui, depuis plus de cinq mois, a embrasé le Moyen-Orient et ébranlé l'économie mondiale.

Après avoir menacé l'Iran d'une nouvelle attaque majeure, le président américain a annoncé samedi soir y renoncer et a laissé entendre que des progrès avaient été réalisés sur le plan diplomatique.

"Bien sûr qu'ils ne veulent pas être attaqués. Ils connaissaient l'ampleur de cette attaque car ils la voyaient prendre forme", a-t-il déclaré dimanche soir dans son avion présidentiel.

"Ce que l'on fait maintenant, c'est parler avec eux sous la forme d'une négociation", a ajouté M. Trump, précisant simplement que ces discussions devaient commencer lundi après-midi, sans autre détail.

Ni Téhéran ni les pays médiateurs du conflit n'ont confirmé la tenue de ces discussions, mais la République islamique s'était dite dimanche proche d'un accord avec Oman sur le détroit d'Ormuz.

 

- Chute du pétrole -

 

Crucial pour le commerce mondial d'hydrocarbures, le détroit d'Ormuz est de nouveau verrouillé par la République islamique depuis la reprise début juillet des affrontements avec les Etats-Unis, provoquant de fortes perturbations de l'économie mondiale.

L'Iran, qui ne veut pas d'un retour à la situation d'avant-guerre, n'autorise pour l'heure qu'un seul itinéraire le long de ses côtes et entend garder le contrôle du détroit, également situé dans les eaux omanaises.

En juin, la mise en place d'une route omanaise avait suscité la colère des autorités iraniennes mais un compromis semble se dessiner si l'on en croit Téhéran, Mascate n'ayant pas réagi dans l'immédiat.

"Nous sommes sur le point de parvenir à un accord sur une route acceptable pour les deux parties - ni la route nord, ni la route sud -, dans le respect des droits souverains de chaque pays et la garantie de nos intérêts nationaux et de notre sécurité", a déclaré le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaï, à la télévision d'Etat.

Ces apparentes avancées ont été suivies d'une chute des prix du pétrole à la réouverture du marché lundi matin, le baril de Brent, référence du marché mondial, reculant de près de 5% pour s'échanger autour de 84 dollars. Il avait brièvement dépassé les 100 dollars fin juillet.

En attendant un possible accord, la situation dans le détroit d'Ormuz reste tendue: une explosion près d'un pétrolier y a été rapportée dans la nuit de dimanche à lundi par l'agence de sécurité maritime britannique UKMTO.

 

- Volte-face -

 

Depuis le début du conflit, déclenché le 28 février par une offensive israélo-américaine, le président américain a menacé à plusieurs reprises de bombarder massivement l'Iran, avant de faire volte-face.

Donald Trump, à la peine pour trouver une issue à un conflit très impopulaire parmi ses électeurs, a conditionné la suspension des frappes américaines à la conclusion rapide d'un accord avec Téhéran, en particulier sur Ormuz.

Selon des médias américains, Washington envisageait de nouveaux bombardements massifs au cours du week-end: CBS News avait notamment mentionné la possibilité de frappes contre des raffineries de pétrole et des centrales électriques, menées par les Etats-Unis mais aussi Israël, ce qui aurait été une première depuis deux mois.

Donald Trump a dit avoir renoncé à une nouvelle attaque à la demande de pays de la région, qui selon lui "pensent qu'on a un accord": "Il y a un accord sur Ormuz, et il y aura ensuite un accord sur le nucléaire, on pourrait même dire sur la dénucléarisation de l'Iran".

Le président américain a affirmé que la demande provenait de l'Arabie saoudite, des Emirats arabes unis, du Qatar et de l'Iran lui-même.

D'après l'agence de presse officielle saoudienne, il avait eu une conversation téléphonique avec le prince héritier Mohamed ben Salmane, un allié clef dans la région, qui l'a appelé à "privilégier le dialogue afin de réduire les tensions".

La guerre s'est étendue récemment, avec un nouveau front en mer Rouge, où les rebelles yéménites Houthis, soutenus par l'Iran, ont annoncé imposer un blocus aux ports saoudiens et ont depuis revendiqué des attaques contre des pétroliers et des installations pétrolières du royaume.